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AVANT-PROPOS
Voici un livre sans prétention doctrinale et qui se présente
au lecteur sous un titre peut-être trop modeste. Sans doute,
c'est un guide essentiellement pratique que l'auteur s'est
proposé d'offrir aux artistes, aux peintres, aux sculpteurs,
aux architectes, à toute la grande famille qui relève des Arts
du dessin; mais, en dehors de la partie documentaire, les
esprits curieux trouveront dans ce petit volume des aperçus
inattendus et pleins d'intérêt.
Il y a quelques années déjà, sous les auspices d'un autre
illustre maître, nous avons eu le privilège de présenter
M. Albert Jacquot au lecteur*. Depuis ce premier essai,
notre auteur a poursuivi avec ardeur ses études de Curiosité
instrumentale, et il nous revient aujourd'hui avec un livre où
abondent des renseignements précieux, patiemment recueillis,
puisés aux sources et appuyés de dessins relevés d'un crayon
aussi habile que judicieux.
* Histoire de la Musique en Lon*ai7ie, précédée d'une lettre
autographe de Gh. Gouuod, dç rinstitiit de France .
1^
Chercheur passionné, fils et petit-fils de luthiers, nourri
d'études techniques, M. Jacquot s'est rendu maître dans Tart
difficile de fouiller les bibliothèques du pays lorrain, de
déchiffrer les archives locales, et il a fait de véritables
trouvailles dans une matière qui, au "premier coup d'œil,
semble ne comporter ni intérêt ni agrément. Il fallait un
certain courage pour entreprendre et mener à bien une
pareille tâche ! M. Jacquot l'a accomplie avec un rare bonheur,
et il suffira de parcourir quelques pages de son livre pour
s'en convaincre.
La difficulté était de. garder une juste mesure dans le
développement de ces petites monographies qui,' sous peine
d'être incomplètes, devaient enregistrer une longue suite
d'instruments de toutes sortes, de toute origine, relever les
types les plus simples comme les plus compliqués d'un art
qui, depuis Kerlino jusqu'à nos jours, a été constamment lié
aux manifestations du génie musical.
Et maintenant, une étude aussi spéciale répondait-elle à un
besoin artistique ? Nous laisserons les artistes-peintres, les
dessinateurs, les architectes, les graveurs et les modeleurs,
répondre à cette question ; mais, sans insister sur cette
nécessité d'une information exacte, le simple curieux
dédaignera-t-il de connaître par le dessin, appuyé d'un
commentaire clair et précis, le rôle que jouait dans les
orchestres du siècle dernier tel instrument aujourd'hui
délaissé, et que nos arrière-grand'pères ne dédaignaient
pas de manier et parfois de faire chanter fort habilement?
De nos jours, la vue d'une humble cornemuse aux mains
d'un pauvre pifFeraro, ne peut faire supposer qu'un
instrument assez semblable à celui-là ait fait les délices
de la Société élégante et raffinée du siècle de Louis XIV?
C'est pourtant l'exacte vérité; et nous en trouvons le
témoignage dans ce passage d'un grave jurisconsulte,
avocat au Parlement, qui occupait ses loisirs en composant
un Traité de musette avec une nouvelle méthode pour
apprendre soi-même à jouer de cet instrument facilement et
en peu de temps \ En manière d'introduction, l'auteur
ajoutait :
« Il n'est rien d'aussi commun, depuis quelques années,
« que de voir la noblesse, particulièrement celle qui fait
a son séjour ordinaire à la campagne, compter parmi ses
« plaisirs celui de jouer de la musette. Les villes sont pleines
« de gens qui s'en divertissent. Combien d'excellents hommes,
« et pour les sciences et pour la conduite des affaires, délassent,
« par ce charmant exercice leur esprit fatigué ! Et combien de
« dames prennent soin d'ajouter à toutes leurs autres bonnes
« qualités celle de jouer de la musette I »
Il nous serait facile de multiplier les citations ; mais elles
nous éloigneraient du but que nous nous sommes proposé.
Disons seulement que les instruments primitifs ofiraient un
vaste champ d'observation à l'expérience archéologique e{
à la sagacité de M. Jacquot qui a su les faire revivre avec
intérêt, et les éclairer d'un jour nouveau.
* Gh.-Em. Borjon de Scellery, né à Pont-de-Vaux, en Bresse^ en
1631.
xn
L'art du luthier est aujourd'hui si complètement identifié
avec le nom d'Amati, de Stradivarius et de ses successeurs,
qu'il semble que rien d'intéressant n'avait été fait avant la
venue du Maître. On voit, en s'inspirant aux sources,
que les chefs-d'œuvre des écoles italiennes sont tout-à-fait
.indépendants de la curiosité instrumentale proprement dite ;
que les précurseurs, les primitifs, les luthiers-sculpteurs, et
les ornemanistes nous ofirent, à ce point de vue particulier,
des observations nouvelles. Il suffit de visiter l'église de
Santa-Maria in Organo à Vérone et d'examiner son admirable
lutrin de bois, œuvre capitale de fra Giovanni, ses fines
sculptures, l'élégance du dessin et ses précieuses marqueteries
pour comprendre en quel honneur étaient tenus les accessoires
musicaux, les ornements des maîtrises et des sacristies,
et surtout les bufifets d'orgue de nos vieilles basiliques.
Nous bornerons ici ces réflexions. Aussi bien, le lecteur
n'avait pas besoin d'un si ample informé. Cette nouvelle
étude de curiosité instrumentale doit trouver l'accueil que
lui assure sa valeur propre; et, en lui souhaitant la
bienvenue, nous la plaçons sous Tin vocation du vieil
Amati et de Stradivarius, qui sont toujours nos dieux
domestiques.
J. GAL.L.AY.
DICTIONISTAIRE
DES
mSTRlMENTS DE MUSIQUE
ANCIENS ET MODERNES
A
ACB
ABAT- VOIX. Construction ajoutée en dehors d'un kiosque
ou d'une scène afin de diriger les sons vers les auditeurs.
ABRÉGÉ. Mécanisme du grand orgue, transmettant le
mouvement des claviers aux soupapes des sommiers correspon-
dants.
ABRÉGÉ PNEUMATIQUE. Mécanisme adapté aux grandes
orgues, par Moitessier, de Montpellier, vers 1850.
ABUD ou ABHUD. Ce mot a été appliqué par les uns
à la trompette des Hébreux, par d'autres à une flûte; et, enfin,
à la baguette à l'aide de laquelle ce peuple frappait le tambour.
ACBABÈ. Monocorde persan, composé d'un manche long et
1
2 ACO
creux; une caisse recouverte de peau, et servant de table'
(rharmonie, termine ce manche. La corde, fortement tendue, est
frottée pai* un petit cylindre imprégné de résine, servant
'^'archet.
ACCORD. Grosse contre-basse en bois, ayant de douze à
(luinze cordes, usitée au XVII* et au XVIIP siècle. Le Père
Mersenne la nomme Lyre moderne.
ACCORDÉON. Petit harmonium portatif à système d'anches
libres, avec réservoir d'air et clavier vertical correspondant à
des lames métalliques, inventé par C. Buffet, en 1827. La souf-
flerie de cet instrument est tirée et poussée à la main, les doigts
faisant ouvrir ou fermer les touches qui laissent passer Tair au
travers des lames vibrantes.
Il y a des accordéons à bascules, nommés ainsi parce qu'il
laut appuyer sur deux petites bascules de cuivre placées sur le
dessus, afin d'ouvrir les soupapes d'harmonie. Ce genre est déjà
ancien. Il y a des accordéons depuis six touches jusqu'à qua-
torze et seize touches.
ACCORDÉON PIANO. Instrument dans le genre de l'har-
moniflûte, inventé en 1852, par Boulon, de Paris.
ACCORDÉON A PISTON. Instrument à anches, muni de
registres faisant parler une ou plusieurs notes, à volonté, par
la même touche.
ACETABULUM. Instrument à percussion des Anciens, ap-
pelé par les Italiens « Crepitacolo ». Il avait la forme d'une
grosse sphère en argent ou en bronze ; une baguette de métal
servait à le frapper.
ACOUCRYPTOPHONE. Instrument ayant la forme de
rancienne lyre, sans corde, sans clavier, inventé par l'Anglais
Wheatstone, en 182*2. On le suspendait au plafond à l'aide d'un
cordon de soie et, pour le mettre en vibration, une clef était
appliquée à une ouverture ménagée dans l'instrument. Cette
clef servait à remonter une sorte de ressort, mettant en mou-
vement l'harmonie qui 'semblait provenir de la lyre, mais qui,
en réalité, venait d'une sorte de piano conique et d'un tympa-
hon placés près de Tacoucryptophone.
AÉR 8
ACOUMÈTRE. Instrument mesurant retendue des sons
perçus par l'ouïe de l'homme.
ADHARGAIDH CUIL. Sorte de cornemuse irlandaise.
ADIAPHONON, Piano inventé à Vienne par un horloger
nommé Schuter; sa qualité, suivant son inventeur, était de ne
jamais perdre son accord. Bien des essais furent faits en ce
genre, mais ne donnèrent jamais de résultat sérieux.
ADOUFE. Tambour mauresque.
AEGUAL. Registre d'orgue de huit pieds.
AÉLODICON. Sorte d'harmonium, inventé, par Rectein,
en 1820.
AËLODION. Instrument à anches libres, précurseur de Tuc-
cordéon, inventé par Eschenbach.
' AËLOMÉDIGON. Instrument, inventé par Brunner, dans le
genre de TAéoline. Il ne diffère de ce dernier que par la souffle-
rie, qui est à vent continu.
AELOMËLODICON. Instrument à anches libres, inventé
en 1818, par Brunet, de Varsovie.
AELO-PENTALON. Instrument intermédiaire, entre le
physharmonica et le piano, construit en 1824, par Dagosi, do
Varsovie.
AÉLOSKLAVIER. Instrument inventé par Schortmann.
Un soufflet alimenté d'air, de la même forme et conduit comme
la cornemuse, produit un courant d'air sur des plaques de
métal.
AËNATOR. Nom généralement donné, chez les Grecs et
chez les Romains, aux musiciens qui se servaient des instru-
ments à vent dans les jeux, les armées et le culte religieux. Ce
titre s'appliquait aux TuMcines^ aux Cornicines et aux Bucci-
natores.
AËOLINE. Sorte d'harmonica, inventé par Kœnigshoven et
par Schlimbach.
AËRO-CLAVICORDE. Genre de clavecin, inventé, en 1790,
par ïschirscki et Schell ; il se rapproche de la harpe éolienne
par sa construction, et le son est semblable à la voix humaine.
AÉROPHONE. Instrument à anches libres du genre de l'ac-
4 ALP
cordéon, qui n'est autre que le physharmonica d'Hsekel, perfec-
tionné en 1828 par Christian Dietz.
AÈS THERMARUM. Cloches métalliques suspendues aux
fenêtres des bains publics des Grecs et des Romains. En les
faisant résonner, on annonçait aux baigneurs que Teau chaude
ét^-it prête. Ces cloches avaient deux formes : la première était
un disque de bronze renflé dans le milieu; la deuxième se com-
posait de deux clochettes semblables à celles employées actuel-
lement et placées Tune au-dessus de l'autre.
AFFUT. Instrument à cordes des Hébreux, dont il est fait
mention dans la Bible.
AGADA ou KWETZ. Instrument à vent du genre des flûtes
à bec, employé chez les Abyssins et chez les Egyptiens.
AGADA. Flûte abyssinienne, employée aussi par les anciens
Egyptiens ; cet instrument se joue avec une anche de roseau.
AGALIG^MAN. Instrument turc se posant sur un pied et
se jouant avec un archet, de la même façon que le violoncelle,
AGALS KEMAN. Genre de violoncelle turc.
AGIOSYMANDRUM. Cliquettes usitées par les chrétiens
grecs, pour convoquer les fidèles au temple.
AGROSIDËRON. Cloche primitive de la religion grecque,
se composant d'une barre de fer frappée à l'aide d'un marteau.
On l'employa jusqu'au XVIII* siècle.
ALABU-SARANGI. Violon d'amour indien à quatre cordes
de boyau et à sept cordes sympathiques. Son accord est par
quintes descendantes. La dimension est de 0"',52, et la largeur
de la table est de 0"*,22.
ALARUM. Instrument japonais, dans le genre du Cong.
ALBOGUET. i Instrument de cuivre, dans le genre des
cimbales.
ALGHEYA. Instrument indien dont le nom seul est parvenu
jusqu'à nous.
ALGOSAH ou ALGOZA. Flageolet à sept trous, du Bengale,
dont le son est agréable et doux.
ALP-HORN. Cor des Alpes, construit en bois, connu depuis
le treizième siècle, en Suisse ; c'est un instrument pastoral e t
AME 5
primitif; il a beaucoup d'analogie avec le « lituus droit » des
Romains. Les tubes de bois, sont souvent enroulés d'écorce
d'arbre.
ALTAMBOR. Les Espagnols appelaient ainsi les grandes
timbales que leur laissèrent les Maures.
ALTO (bois). En allemand : Bratsche; en anglais et en italien:
Viola, Instrument en bois, à quatre cordes, dont trois en boyau
et deux garnies de métal ; plus grand que le violon et nommé
aussi quinte ou viola^ parce qu'il descend une quinte plus bas
que le violon. La musique pour l'alto, s'écrit sur la clef A'ut^
troisième ligne. L'alto, comme le violon, est monté de quinte en
quinte, et date, à peu près, de l'époque où le violon a été défini-
tivement adopté. Son étendue est de trois octaves et une sixte.
ALTO (cuivre). Instrument en cuivre, muni de trois pis-
tons, destiné à remplacer le cor dans les musiques militaires. Il
est en si bémol. (Voyez Sax-horn-alto.)
ALTO. Instrument en bois, à anche, du genre de la clari-
nette, avec un pavillon courbe.
ALTO-BASSE. Ancien instrument à cordes et à percussion
se frappant d'une main avec un bâtonnet, l'autre main tenant
une flûte ; l'accord se fait sur la quarte, la quinte ou l'octave.
ALTO-BASSO. Caisse carrée creuse, sur laquelle quelques
cordes étaient tendues et accordées. Ces cordes se frappaient
avec une baguette, en même temps que l'on jouait du fifre ;
c'est principalement en Italie qu'il était en usage au XVIP et au
XVin« siècle.
AMBIRA. Instrument do l'Afrique méridionale, formé de
tringles de fer en un seul rang, dans un bois creux ; les tiges
étant de longueurs inégales, les sons, par conséquent, en de-
viennent variés.
AMBULAEC. Chanteuses et musiciennes d'origine syrienne,
qui fréquentaient les places publiques et les cirques. Leurs
mœurs n'étaient pas souvent très régulières.
AME. Pièce cylindrique de bois se plaçant dans le violon et
ses dérivés, entre la table d'harmonie et le fond. Ainsi que son
nom l'indiqua, l'âme transmet le son, et de sa place, qui varie
fTp—
f> ANE
suivant l'instrument, dépend la beauté et la qualité du son.
AMPHICORDUM. Grosse contre-basse en bois, appelée
aussi « Lyre Barberirie^ » usitée autrefois en Italie, et montée
de douze cordes ; un troisième nom fut donné à cet instrument,
c'est celui d'AccoyxL
ANACAIRE. Instrument à percussion du moyen-âge res-
semblant aux timbales.
ANACARA. Timbale de cavalerie des Orientaux, connue
et importée en Eluropepar les Croisés, sous le nom d'Anacaire.
(Voyez ce moi.)
ANACATA. Nom donné quelquefois à TAnacaire. (Voyez
ce mot).
ANANDA LAHARI. Instrument monocorde, usité par les
chanteurs mendiants de l'Inde.
ANANTA VIJAYA. Sorte de conque des Indiens.
ANCHE. On donne ce nom : 1» aux deux tubes de roseau
amincis à leur extrémité et réunis par des ligaments de fil ciré
à un petit tube de métal s'emboitant dans l'extrémité supérieure
du hautbois, du basson, du cor anglais, etc ; 2^ à un seul mor-
ceau do roseau diminué se plaçant sur la surface plane d'un
bec, comme pour la clarinette, pour le saxophone, etc.
ANCHE LIBRE. Principe de lames vibrantes, d'origine
chinoise ; ces lames ont été importées en France depuis une
époque très ancienne ; c'est une sorte de guinibarde modifiée.
L'anche libre est employée pour les accordéons, les harmo
nicas, les harmoniums, etc.
ANDARAS. Instrument péruvien appelé aussi Zampona ;
c'est une sorte de flûte de Pan.
ANËMOCORDE ou ANIMOCORDE. Sorte d'harmonium à
cordes, construit à Paris, en 1789, par un Allemand, Jean
Schnell, pour utiliser la propriété qu'ont les cordes de vibrer
sous TactiSn du vent. Un clavier réglait la distribution du cou-
rant d'air, donnant ainsi des notes déterminées. Il avait des
sons très doux.
ANGELICA-VOX. Registres d'orgues à anches et à forme
cylindrique.
ANT 7
ANGÉLIQUE. Grande guitare du XVIIP siècle ; elle avait
dix-sept cordes et son manche était garni de dix-huit cases. Elle
ressemblait au luth ; on l'employait surtout en Angleterre, où
elle eut une grande vogue. Elle fut, dit-on, inventée en Alsace.
ANGKLANG ou ANKLONG. Instrument malais, formé de
bambous évidés dont la partie supérieure est coupée oblique-
ment : le pied est taillé en deux bandes étroites qui jouent dans
une rainure de la base d'un léger châssis. Par des mouvements
d'oscillation, les tuyaux rendent de très beaux sons, en se heur-
tant contre les parois de la rainure dans laquelle ils se meuvent.
Fétis remarque que cet instrument n'a pas été fait avec l'inten-
tion de former des rapports harmoniques. Il faut cependant
observer que les Malais accordent TAngklang, en remplissant
plus ou moins les tuyaux d'eau'; ce que le célèbre musico-
graphe semble ignorer.
ANNEAUX (flûte à). Système d'anneaux adaptés au méca-
nisme des flûtes par Th. Bœhm.
ANNULUS ou ANULUS. Anneaux de fer qui, chez les
Grecs ou les Romains, étaient passés dans un cerceau métal-
lique servant de jouet aux enfants.
ANTIPHONAIRE. Recueil de musique religieuse notée en
plain-chant.
ANTIPHONEL. Instrument inventée par A. Debain, vers
1840, permettant d'exécuter, sur l'harmonium, à l'aide d'un
moyen mécanique, non-seulement le plain-chant, mais toute
autre musique. Ce sont des planchettes munies d'un côté de
petites pointes saillantes, plus ou moins allongées selon la
valeur musicale qui leur est attribuée. On les place sur un appa-
reil s'adaptant au clavier, et, par la fonction d'un levier pour le
plain-chant, ou d'une manivelle, les petites pointes font baisser
les dents correspondantes d'un peigne horizontal, communi-
quant, par des prolonges et des pilotes, aux touches Tjui doivent
s'abaisser. Ce mécanisme transpose à volonté, dans une étendue
de douze demi-tons, tout morceau ainsi noté. L'invention, des
plus ingénieuses, a valu à M. Debain, un succès et des éloges
mérités. Lorsque TAntiphonel est usité dans les églises qui ne
*8 ARC
possèdent pas d'organiste, il comble ainsi une véritable lacune
et rend de grands services.
APOLLO ou APOLLON. Instrument à vingt cordes, inventé
en France au XYIP siècle ; les cordes étaient pincées ; TAppollo
ressemblait assez au Théorise,
APOLLONICON. Orgue mécanique, inventé, en 1817, par
les mécaniciens anglais Flight et Robson ; il contient 45 jeux et
1.800 tuyaux.
APOLLONION. Instrument à clavier surmonté d'un auto-
mate jouant de la flûte; il fut inventé vers la fin du
XVIIP siècle.
APOLLYRICON. Nom donné quelquefois à l'ancien piano.
ARABEBBAH, Instrument des côtes de la Barbarie, formé
d'une vessie surmontée par une corde.
m
ARAINE. Grande trompette de guerre de gros calibre et à
tige droite, tirant son nom du métal, cuivre ou airain qui sert à
sa confection; cette trompette était déjà employée, en France,
sous le règne de Philippe-Auguste. On appliqua aussi ce nom
aux sonnettes ou grelots usités sous Charles VI.
ARAMANA. Tambourin siamois.
ARC DES CAFFRES. Instrument cité par le Père Bonanni,
et formé d'un arc muni d'une ou de plusieurs cordes de boyau,
qui sont mises en vibration par une plume de cygne garnie de
plomb ou de bois et de sonnettes. On presse les cordes avec la
main gauche pour donner différents sons.
ARCHET. Arco en italien, Bogen en allemand, l)ow
en anglais. Baguette de bois de fernambouc ou de bois de fer,
ainsi nommée parce qu'elle avait autrefois la forme d'un arc.
L'archet ne remonte pas au-delà des Bardes bretons, pour l'Eu-
rope; ceux-ci l'employaient en jouant du crooth. Les Arabes
le connaissaient depuis longtemps et l'avaient reçu, sans aucun
doute, de l'Inde, d'où il est originaire. Les crins qui le gar-
nissent et qui, grippant sur les cordes, les mettent en vibration,
sont tendus par une vis adaptée à l'extrémité inférieure de la
baguette; cette vis tourne dans un écrou placé sur la partie
plane de la hausse appliquée sur la baguette et où est creusé
^lOI
f'l"â.
<tt>f fAUtfilililaiid
i#SJil!^HiA<||;Toiii
(g^7t|i:Mt1§'ttt»iwéi|ers r
|jSf^lk^§^l|g|, qui sont maintenus à
j^ÇB^^Vi'Slt^kHDCIâe bois placé dans une
'" mv"^ dix-huitième siècle,
[Tourte en régla la con-
'S^^ISFâ'W'"'^''*^^'^^^ ^'^^^' ^^^ »i'<:li^ts de
^'â4Sl"^€i'6l Hf9lPJ|K ^^ violon, et ceux de
H^j^^^Hnii^n^lPjjIus courts aussi. On a
**'''Hll'A^§»tt fl'3^- Vuillaume, de Paris,
.-.. ,—.._!■_,■— ■ donnait à tout exécu-
lèclie de crins, lorsque
charger un luthier de
BdfflâjJB'^IJijaPépondn aux espérances
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!^<|ï'e'è»-S^^^H^C£JeË:!t^nt des cordes très éten-
«^*ïiJ^:
10 ARP
dues sur deux manches superposés. Cet instrument, usité aux
XVI*' et XVII*^ siècles, possédait dix-huit cordes, dont les grosses
sont doublées d'une petite octave, et les Unes, d'un unisson.
ARCHICEMBALO. Sorte d'instrument à clavier, destiné à
donner des accords. Il fut usité en Italie en 1557, et on croit
que Don Nicolas Yicentini de Yicence l'inventa, mais, en tous
les cas, il n'eut aucun succès.
ARGHIVIOLE. Clavecin auquel un jeu de vielle, accordé en
même temps, a été adapté, et qui fonctionne à l'aide d'une roue
et d'une manivelle. On aurait plutôt diiVa^^elev Archivielle.
ARGHIVIOLE DE LYRE. Il ne faut pas confondre l'Archi-
viole de Lyre avec l'Archiviole simple, qui était une sorte de cla-
vecin, tandis que la première, usitée pendant longtemps en Italie,
avait douze à seize cordes; deux cordes à la basse débordaient
du manche, qui était plus large que celui de la Basse de viole.
ARDAVALIN. Flûte de Pan des Hébreux.
ARGIENNE. Flûte grecque dont on ignore la forme et la
matière dont elle était fixité.
ARGHAN. Orgue des Arabes.
ARGHOUL. Musette arabe à anche, formée de deux tuvaux
en roseau, dont l'un est percé de trous et l'autre forme le bour-
don; ces deux tubes sont réunis par des liens de ficelle enduite de
poix et de résine et contiennent des tiges de roseau plus étroites
dans lesquelles sont découpées deux languettes qui forment
anches, en n'étant maintenues que par le bas.
ARIGOT. Flûte primitive à six trous sur une même ligne, a
donnée naissance au flageolet; elle se jouait comme la flûte tra-
versière, mais avait un son assez aigu.
ARISTON. Orgue à lames du genre de YAniiplionel, mais
composé d'une caisse carrée avec un peigne et des disques do
papier percés de trous. Cet instrument a été inventé récemment
par Ehrlich de Leinzich.
AEMANDINE. Harpe-psaltérion avec des cordes en boyau,
nommée Armandine, par son inventeur Pascal Taskin, 1723,
en l'honneur d'Anne-Aimée Armand, qui, de pianiste, devint
cantatrice à l'Opéra.
ATH 11
ARPANETTA, En Sillemdind Spitzhco'fe ou Davkisharfe.
Instrument à deux tables d'harmonie, ressemblant à la harpe et
au psaltérion; TArpanetta a donné l'idée du clavicorde vertical.
ARPICORDE ou ARPICORDO. Ancien clavecin imitant la
harpe.
ARPINELLA. Sorte de harpe, dont la forme se rapprochait
de celle de la lyre.
ARPONE. Instrument à cordes do boyau, semblable à la
harpe, mais ayant la forme d'un piano vertical et se pinçant
avec les doigts ; il fut inventé à Palerme, par Michel Barbici,
vers la fin du XVIIP siècle.
ARTAB. Variété du luth arabe.
ARUNDA CÉRATA. Nom appliqué, par les Romains, à la
flûte de Pan, parce que les différents tubes de roseau étaient
réunis entre eux par de la cire.
ARUNDO. Les Romains désignaient ainsi la flflte de Pan,
construite avec des roseaux.
ASGARUM. Instrument de la Libye, formé de petits canons
de plume qui donnaient, en tournant, un certain son.
ASC ARUS, Instrument des anciens Grecs. Plusieurs auteurs
prétendent que c'était un instrument de percussion garni do
cordes et muni d'un appareil tournant, portant des plumes, qui
accrochaient les cordes, mais il est plus vraisemblable de le consi-
dérer comme une variété du grand psaltérion.
ASCAULE. Cornemuse grecque employée principalement
par les paysans.
ASIAS. Première forme de la cithare des Anciens.
ASOR (Ascior ou Hazur)« Lyre à dix cordes, des Hébreux.
ASORRA. Longue trompette métallique des Hébreux.
ASOSBA ou ASOSTRA. L'historien Joséphe donne ce nom
à une trompette d'argent qui, selon lui, aurait été inventée par
Moïse.
ASSA-TIBIA. Nom donné au solo de .flûte, chez les
Romains, lorsque cet instrument était employé sans l'accom-
pagnement de voix. (Sev ad Virg.^ G. II, 417.)
ASTABOLO. Genre de tambour des Maures.
ATAMO. Tambour de Basque des Ethiopiens.
13 BAC
ATHENA. On nommait ainsi, chez les anciens Grecs, une
sorte de flûte et une variété de trompette.
ATROPUS. Instrument de musique des anciens, sur lequel
on n'a plus aucune donnée.
ATTABALES. Nom attribué, au XVIIP siècle, aux cli-
quettes ou castagnettes à manche.
ATZE-BERUSCIM. Instrument de percussion des Hébreux,
ayant la forme d'un mortier en bois; on le frappait avec un
pilon également en bois.
AULOEDUS. On désignait ainsi, chez les Romains, et chez
les Grecs, ceux qui chantaient avec l'accompagnement des
flûtes. {Cic. Mur., 13.)
AULOS. Flûte des anciens Grecs.
AULIQUE. Nom donné au rebec, à l'époque de la Renais-
sance. ( Fozr Rabelais.)
AURA. Nom donné à la guimbarde (Voyez ce mot), en
italien, Spassa pensieri.
AVENA. On désignait sous ce nom, la flûte de Pan primi-
tive, jouée par les paysans grecs et romains. Cet instrument
était fait de la tige de la folle avoine. ( Virg. TîJmL; Ov. Mety 8,
192.)
AYACACHTLI. Instrument en terre cuite des anciens
Mexicains, servant à accompagner les danses.
AZF. Instrument à cordes des Arabes.
B
BAAZAS. Luth ou guitare primitive à quatre cordes, des
Nègres d'Amérique.
BAB. Instrument des Hébreux, mentionné dans la Bible,
mais sans aucune autre indication ; on pourrait supposer que
ce serait un diminutif du Rebab arabe.
BACCIOCOLO. Instrument usité par les paysans de la
Toscane. C'est un vase ressemblant à une écuelle, dont les sons
harmonieux servent à marquer la mesure pour les danses
BAG 13
pastorales. On le tient de la main gauche, et de la droite, on le
frappe avec un pilon de quatre pouces de longueur.
BAGANA. Lyre d'Abyssinie, à dix cordes accouplées, dont
Tune sonne à Foctave de Tautre ; cette lyre se frappe avec le
plectrum, et ressemble assez à une sorte de magadis. Au milieu
de la table se trouve une grande ouïe et au-desssus est placé un
tire-cordes. Sur les éclisses du haut, deux montants de bois
aboutissent à une traverse garnie d'anneaux de toile avec des
tourniquets en crorx, servant à faire rouler plus facilement ces
anneaux, dans lesquels sont passées les cordes. Le plectrum,
en cuir bouilli, a la forme d'un fer de lance.
BAGLAMAH ou BA6LAMA ou BA6LATEA. Tambour
ou mandoline d'entant en usage en Arabie. Cet instrument
est monté de quatre cordes de laiton et de trois d'acier, ou de
deux cordes d'acier et d'une de laiton. D'autres en boyau sont
attachées autour du manche, pour rendre les sons aigus. Une
plume sert à lei pincer. Le corps est fait d'un bois mince.
BAGUETTES. On désigne ainsi les deux bâtons de bois,
terminés presque toujours en petites pointes ou en boules, du
côté avec lequel on frappe le tambour ou le tambourin. L'autre
côté, qui est souvent garni de viroles de métal, est plus gros et
par conséquent donne un poids nécessaire au maniement de ces
baguettes. Pour les timbales, on garnit les extrémités exposées
au contact de la peau, de petites éponges, ou simplement de
peau de daim, mais pour le tam-tam et la grosse caisse, on se
sert d'une baguette plus forte, garnie d'un tampon (Voir Mail-
loche). La longueur des baguettes de tambour est ordinaire-
riient d'un pied ou de quinze pouces de long sur neuf lignes de
diamètre à la plus forte extrémité et vont en s'amincissant. On
emploie de préférence l'ébène ou le bois blanc très dur ; autre-
fois, on les faisait de buis.
BAGUETTES DE PSALTÉRION, DE TYMPANON ET
DE TAMBOURIN. Les baguettes de psaltérion et de tympa-
non avaient la forme d'un petit marteau de bois garni d'étoupes^
ou étaient terminées en crochet ; celles de tambourin sont plus
minces et plus courtes que celles de tambour.
14 BAN
BAGUETTES DE TIMBALES. Elles sont faites en bois
ou en tiges de baleine ; l'extrémité la plus mince est terminée
par une tête ayant la forme d'un champignon garni de peau.
Souvent cette tête est remplacée par deux petites éponges très
rondes.
BALAFO DU SÉNÉGAL. Instrument appelé aussi Balafou,
Ballard, Balafeu ou Bulafo. C'est toujours le genre de l'harmo-
nica, mais à lames de bois, placées sur des montants de bam-
bou ; des calebasses creuses correspondent à chaque lame de
bois et augmentent ainsi l'intensité du son. Il y a des Balafo
de une et de deux octaves; on les joue avec deux plectres de
bois ou avec une manique garnie d'anneaux de l'en qui ajoutent
un son métallique en accompagnement de celui de l'instrument.
BALAFO. ïympanon du Sénégal, à lames vibrantes, en
métal.
BALALAÏKA ou BALALEIGA. Sorte de guitare russe
à long manche, munie de deux cordes.
BANAY. Tambour moderne des Indiens ayant la caisse
sonore en terre.
BANGLOCHE. Nom donné autrefois à la cloche d'alarme
qui appelait le ban et l'arrière-ban au secours d'une ville
quelconque.
BANDORA ou BANDORE. Sorte de luth russe, originaire
de l'Ukraine. (Il est intéressant de remarquer la ressemblance
des termes, Bandose., instrument du temps de Gharlemagnc,
Banzas, luth ou guitare indienne et Banjos des Américains,
avec le Bandora des Russes.)
BANDOSE. Instrument à cordes de la famille du luth, dont
parle Aimery du Peyrat, abbé de Moissac, dans son manuscrit
de la Vie de CUarleiiuigne,
BANDURRIA. Mandoline espagnole à fond plat ; cet instru
ment est muni de six doubles cordes. Elle fut surtout usitée en
Espagne, au XYIII^ siècle.
BANGSI. Elûte indienne, du genre du flageolet, dont les
sons ont beaucoup de douceur.
BANJO. Sorte de guitare américaine de une à cin 5 cordes.
BAR 15
Dans les banjos à cinq cordes, quatre se trouvent sur le manche
et une en dehors, pour le bourdon. Le manche mesure
50 centimètres de long; trois entailles y sont faites, et il
surplombe la caisse sonore pour imiter la touche des violons,
mais sans avancer sur la table, qui est formée d'une peau
d'animal tendue sur un cercle de bois courbé. Le chevalet qui
élève les cordes est mobile, et se glisse ou s'éloigne pour
hausser ou baisser le son de l'instrument.
BANSI. Flageolet indien, long de 29 centimètres, à huit
trous.
BANSOULI ou BANSÉ. Flûte à bec de l'Inde; est percée
de huit trous et munie d'un siftlet.
BANSY. Instrument indou du genre de la flûte à bec.
BANZAS ou BANZA. Guitare à quatre cordes, d'une
facture assez grossière, en usage chez les Nègres.
BARATAKA. Grande conque-trompette des Indiens.
BARBITOS ou BARBITON. Instrument de grande dimen-
sion, usité autrefois en Grèce, ayant une forme se rapprochant
de la lyre, neuf cordes le garnissait. Les sons en étaient
graves, et il se jouait avec la Pectis, mais à l'octave. Il était à
la lyre ce qu'est le violoncelle au violon. Pollux dit que les
cordes étaient plus grosses que celles ^le la lyre et qu'elles
étaient faites en lin. On se servait des doigts et du plectre
(Claud. Prœm, ad Epith in Nupt, Hon et Mar 9). A Pompéï,
on voit encore une peinture représentant Apollon ayant à ses
côtés un Barbiton : l'instrument est posé à terre, sur une petite
boule, il a la moitié de la hauteur d'un homme ; on en attribue
l'invention à Alcée, à Terpandre et à Anacréon.
BARBYTOS-MAJOR. Petite basse de viole à six cordes,
décrite par le P. Mersenne. (V. Ilannonicorum instrument
iorii7n liber primus, p. 44).
BARGHONNI. Corne indienne faite d'oryx ou de coudou:
une entaille longitudinale se trouve à environ 6 centimètres
de l'extrémité la plus mince.
BAROXITON. Sorte de contre-basse d'harmonie en cuivre,
inventée par Cerveny's, en 1853.
16 BAS
BARRE D'HARMONIE. Lame de sapin, collée dans
rintérieur des instruments à archet, contre la table dite
d'harmonie et dans le sens du bois de celle-ci ; son effet est de
renforcer les sons et de maintenir l'équilibre, principalement
pour les deux plus grosses cordes. Sa longueur est de 0",281
son épaisseur d'à peu près un demi-centimètre.
BARYTON (Bois). Variété de la famille des hautbois,
donnant une octave plus grave que ce dernier instrument; les
plus anciens avaient deux clefs et il y en eut jusqu'à onze trous,
dont huit étaient bouchés avec des clefs et deux doubles trous
ouverts. Le baryton aurait été inventé en 1539, par le chanoine
Afranio, de Pavie ; il a remplacé, dans la deuxième moitié du
XVIP siècle, les Gromornes. On donnait aussi ce nom à la
Basse de viole {Voyez ce mot).
BARYTON (bois). Sorte de gros violon ou de petite viole,
inventé en 1855 ; s'accordant à l'octave inférieure du violon et
se jouant comme l'alto. Il ne faut pas confondre cet instrument
avec la basse de viole du XVIP et du XVIIP siècles.
BARYTON (Cuivre). Instrument de la famille des saxhorns,
correspondant à l'alto des instruments à cordes, intermédiaire
entre l'alto de cuivre et la basse ; le son en est agréable. Il est à
trois pistons, en si bémol et en ut,
BASSANELLI. (Voyez Bassanello).
BASSANELLO. On désignait quelquefois sous ce nom la
Basse de viole, ou, plus souvent, un hautbois ayant un tube tout
droit, inventé par le compositeur vénitien Giovanni Bassano.
Dans ce cas, le son était plus bas que celui de nos bassons.
BASSE. (Fo^r Violoncelle).
BASSE-COR. Genre de serpent, inventé par Frichot,
en 1806.
BASSE DE CORNET. Ainsi que le nom l'indique, c'est la
première basse inventée pour les instruments à vent; le serpent
m
en fut le dernier perfectionnement.
BASSE DE FLANDRE. Trompette massive toute primitive,
formée d'un bâton sur lequel une ou deux cordes étaient tendues
. et passaient sur une vessie de porc.
BAS 17
BASSE-DE-FLUTE. Instrument à vent et en bois, usité
encore au siècle dernier; il donnait la quinte au dessous de la
flûte traversière, le tube aboutissant à l'embouchure était
légèrement recourbé. On l'employait comme basse dans les
concerts de flûtes, et le bois, qui servait à construire la Basse-
de-flûte^ était principalement le buis.
BASSE DE FLUTE A BEC. Instrument du XVP siècle,
mesurant plus d'un mètre de long et possédant six trous ; il
donnait Toctave au-dessous de la taille ou flûte à bec. et la
tablature en était semblable. Le ton le plus grave était l'unisson
du fa de la clef de fa des clavecins ; son étendue était d'une
treizième.
BASSE GUERRIÈRE. Instrument dans le genre de la
clarinette-basse moderne, inventé à Paris par Dumas; on
l'employa, vers 1811, dans les musiques militaires françaises.
BASSE DE HAUTBOIS. La Basse de hautbois et la
Bombarde sont un seul et même instrument. Le Basson les a
remplacés ; un autre, d'un timbre plus grave, s'appelait
BomMr donne,
BASSE DE NOMHORNE ou NOMORNE. ,Nom donné
quelquefois au Basson.
BASSE DES ITALIENS. C'est le violoncelle ( Voyez ce mot).
BASSE DE VIOLE. Instrument en bois, d'une octave
au-dessous de la viole. Elle eut, au XVII^^ siècle, trois, quatre,
cinq et six cordes, qui alors s'accordaient ainsi : sol^ la^ mi, ut^
sol^ ré^ clef de fa^ quatrième ligne. On l'accordait tantôt par
quartes, tantôt par quintes. Vers 1675, Sainte Colombe ajouta
la septième corde, et introduisit en France l'usage des cordes
filées. La touche était divisée par cases.
BASSE DE VIOLE A CLAVIER. Instrument monté de
cordes à boyau qui résonnaient lorsque de petites roues,
enduites de colophane, étaient mises en mouvement à l'aide
d'une plus grande roue placée sous la caisse. C'est l'Allemand
Risch, du grand duché de Weimar, qui l'inventa, en 1710.
BASSE DE VIOLON. {Voyez Viole da braggio, au mot
Viole) .
2
18 BAS
BASSE D'HARMONÎE. Sorte d'ophicléïde munie de dix
clefs, et perfectionnée par Labbaye, en 1821.
BASSE D'HARMONIE. On donnait (luelquefois co nom à
rophicléïde.
BASSE-HORN. Genre de trompette chromatique, en cuivre,
ayant trois trous et neuf clefs. C'est en 1820 que Stratwolf, de
Gœttingue, construisit cet instrument.
BASSE-ORGUE. Genre de basson ancien à trois octaves.
BASSE-ORGUE. Instrument inventé à Lyon, en 1812, par
Sautermeister.
BASSET-HORN. Instrument à tuyau courbé en demi-cercle
et recouvert de cuir (XVIIP siècle). Un spécimen de ce genre,
datant de cette époque, se voyait à l'Exposition universelle de
Paris, en 1878, dans la section belge (Art ancien),
BASSE-TROMPETTE. Instrument à vent, en cuivre,
inventé par Frichot, en 1810. Il se joue avec deux embouchures,
une de serpent, l'autre de trompette ; le timbre de l'instrument
avait donc deux caractères différents.
BASSETTO. Terme italien signifiant violoncelle ou petite
basse, servant à distinguer ce dernier instrument du violone ou
contrebasse à cordes.
BASSE-TUBA. Bombardon perfectionné par Wilbrecht,
chef de musique du roi de Prusse. L'étendue de cet instrument
est de quatre octaves, du la, deux octaves, au-dessous des
lignes, clef de fa, jusqu'au la du ténor, une octave au-dessus
des lignes de la même clef.
BASSON. Instrument à vent et à anches, composé de quatre
pièces de bois garnies de huit trous et de cinq clefs, dans le
basson primitif; des améliorations sensibles y furent apportées
vers la fin du XVIIP siècle, par l'adjonction de nombreuses clefs.
L'anche est adaptée à un tube de cuivre en S, qui se nomme
bocal. Le basson aurait été inventé par Afranio^ chanoine de
Pavie, au conimencement du XVP siècle ; mais il est probable
qu'il ne fit qu'en donner la forme, plusieurs instruments, ayant
ce timbre, existant avant lui. Il y a une grande variété de
bassons; les Italiens le nomment fagotto, parce que ses pièces.
I
L
■
BAT 19 \
*
en se démontant, ressemblent à une sorte de fagot. Le Père
]3onanni dit, qu'au XYIP siècle, les Allemands aimaient
beaucoup le Fagot. L'étendue du basson actuel est de trois
octaves et d'une quinte, à partir du si bémol, en-dessous des
portées de la clef de fa. On l'a malheureusement remplacé,
dans nos musiques militaires, par le saxophone, qui, à la vérité,
possède un beau timbre, mais tout différent. Les plus célèbres
professeurs de basson furent : Gebauer, Barizel, Willet,
Cokken, etc. M. Jancourt, professeur au Conservatoire de
Paris, a ajouté, comme perfectionnement, plusieurs clefs, qui
en facilitent singulièrement l'exécution.
BASSON A FUSÉE. Genre de basson dont le tube a neuf
tours de développement ; il fut inventé vers 1680 par Deuner,
de Leipsig.
BASSON ANTIQUE. Ancien basson à sept trous sur le côté
et aune clef en bas.
BASSON (Jeu de). Jeu d'orgue complétant celui du hautbois
et lui servant de basse. Il a deux octaves d'étendue.
BASSON-QUINTE. Diminutif du basson, à une quinte
au-dessus.
BASSONORE. Variété du basson ayant une étendue de trois
octaves et d'une tierce. L'anche est plus forte que celle du
basson et a des sons plus volumineux. Cet instrument fut
inventé, par Nicolas Winneu, à la lin du XVIIIe siècle.
BASSON-RUSSE. Instrument de bois, à pavillon de cuivre,
ayant remplacé le serpent. Il est muni de six trous ouverts et
de quatre autres, bouchés à Taide de clefs de cuivre garnies de
tampons. Il fut inventé, en 1780, par Rigibo.
BASSON-SOPRANO. Instrument en bois, à vent, en fa, à
quatre et ensuite à sept clefs, datant du XVIIP siècle.
BASSPOMMER. Variété ancienne du basson.
BASS-ZINKE. On désigne ainsi, en allemand, la basse de
cornet à bouquin.
BATON DE MESURE. Petite baguette de bois, souvent
terminée par des viroles de métal, servant aux chefs d'or-
chestre pour battre la mesui'e, diriger les mouvements, préve-
■i§ - lifi'
"' ^'fB<|S||j^^f^4liïn]9y^t"'^'^^^ ^^^^ ^^^ symphonieB.
[^ill^j|g|Mltifcjtt^ywS'l»s volumineux que celui
jl^UlyKMviuHjlSl 9l£*s oiit> à cet effet, des petites
^.tt«^3§|g;|^L')^l^|<gfentail, qu'Us agitent les unes
BATTOCHIO. Nom ita-
lien d'un instrumentservant
à donner l'intonation à d'au-
BATYPHONE ou BA-
TIPHONE. Variété d'ophl-
cléïde à dix-huit clefs, d'o-
rigine prussienne, ayant un
bocal recourbé.
BAUERNLEYER. Nom
allemand de la vielle à roue.
BAUNK. Sorte de trom-
pette indienne.
BAY-PIPE. Nom de la
cornemuse écossaise.
BAZ. Petite timbale
arabe.
BEC. Partie mobile, or-
dinairement en bois d'é-
bène , se plaçant sur les
lèvres de l'exécutant, et sur
laquelle s'ajuste, à l'aide
d'une ligature à vis, une
anche de roseau. Le bec
sert d'embouchure à la cla-
rinette et au saxophone.
I3S tambourin du moyen-Age,
à l'aide d'un ou de deux
■tB.de gros tambour de basque,
pillaient ornés de grelots. Il ne
feEtstLiKa;;*;»:
BHÉ 21
faut pas le confondre avec le Bedon du moyen-âge. (Voyez ce
mot.)
BEEN. Guitare indienne.
BEFFROI ou TOCSIN. Cloche d'alarme employée en Europe
pour annoncer les sinistres ou les émeutes. C'est aussi une
sorte de tam-tam des Orientaux.
BEG. Lyre d'Abyssinie, sans plectre.
BELAPELLA. Castagnettes indiennes, ayant souvent la
forme de petites cymbales métalliques.
BELLONCON. Physarmonica inventé par Kaufmann, de
Dresde, en 1804, et imitant des fanfares de trompettes avec
timbales et tambours.
BENDAÏR. Tambour de basque des Arabes, garni de quatre
ou cinq^ cordes de boyau qui résonnent lorsqu'on frappe le
tambour.
BENDIR. Grand tambour arabe, ayant cinq cordes tendues
effleurant l'intérieur de la peau ; le cercle est percé de trous,
dans lesquels des lames de tôle sont suspendues. Une peau de
chèvre couvre le dessus. Plusieurs cordes de résonnance sont
fixées en dedans du fût et vibrent lorsque le tambour est
frappé avec vigueur.
. BENU. Flûte indienne formée d'un tuyau conique de bam-
bou de 0"*,98, et donnant tous les sons diatoniques de la
gamme.
BÉOTIENNE (flûte). C'est le même instrument connu sous
le nom de Bombykos, et usité autrefois en Grèce.
BERBEKIA. Variété du luth Arabe.
BERBETH. Barbytos ou grande lyre des Arabes, montée de
quatre cordes.
BHARATA VINA. Instrument moderne de la famille des
Sitars. Les Indiens l'emploient fréquemment.
BHÉRÉ. Grande trompette droite en cuivre, usitée dans
l'Inde.
BHEROUBUATHIC. Cor en cuivre du Bengale et de
Népaul:
BIBEBREGAL. Régale ( Voyez ce mot) destinée à accom-
22 BOG
pagner le chant dans les églises d'Allemagne, vers le milieu du
XVP siècle.
BIJUGA CITHER. Nom anglais de la Pandore. (Voyez ce
mot.)
BILANCOYEL ou VILLANCOYEL. Flûte indienne à bec,
munie de sept trous. •
BIN ou BINA et VINA DE BÉNARÉS. Vina moderne de
l'Inde, appelée aussi Vina de Bénarés. Le corps de l'instrument
a la forme du luth et se termine par la tète d'un oiseau de proie,
La longueur totale est de 0"\62; le corps sonore mesure 0"^,22;
il est garni de onze cordes : les chevilles partent du milieu du
manche ; les cordes les plus longues sont à droite, et ayx deux
tiers, sous le manche, se trouve une courge semblable à celle de
l'ancienne vîna. Les chevalets sont fixes et forment l'échelle
chromatique de sons. Les deux cordes de droite sont appuyées
par les doigts de la main gauche ; les trois suivantes se pincent
à vide; les six autres sont sympathiques. La Bina de la collec-
tion Sauvageot est en ivoire admirablement travaillé ; elle ne
possède que quatre cordes.
BINIOU ou BIGNOU ou BINVIOU. Cornemuse des
Gallo-Bretons, composée d'une peau de chèvre, formant réservoir
d'air et de deux tubes ou chalumeaux, percés de six trous.
L'outre est munie d'un tube d'insufflation.
BIPANGHI VINA. Instrument indien de la famille des
Sitars et monté de 5 cordes.
BISSEX. Instrument ayant à peu près la forme du luth,
monté de douze cordes, \[et garni de vingt cases ; il fut inventé
vers 1773, par Van-Hecke. Son étendue était à peu près de trois
octaves et demie d'étendue.
BIVA, Sorte de luth japonais, dont la table d'harmonie est
percée d'ouïes pour en laisser sortir le son ; on joue cet instru-
ment avec un plectre.
BOGAL. Petit tube de cuivre ou de maillechort, ayant la
forme d'unfS, qui se place à la partie supérieure du basson. Un
trou latéral, de la grosseur d'une tête d'épingle, y est aménagé
afin que la salive ne puisse séjourner en jouant. Une anche de
BOM 23
roseau s'adapte au bout du bocal ; on donne souvent ce nom à
certaines embouchures d'instruments.
BOGENKLAVIER. Clavecin à archet ; mécanisme inventé
par le berlinois Johann Hohlfeld, en 1751.
BOITE A MUSIQUE. Instrument automatique composé
d'un peigne d'acier, mis en vibration par un cylindre muni de
petites pointes placées selon la notation et pourvu d'un mouve-
ment de rotation d'horlogerie. Genève a une spécialité pour la
fabrication de ces instruments.
BOMBARDE. Sorte de chalemie qui a donné naissance au
hautbois, instrument à vent, à anche battante, à double
languette, originairement percé de sept trous et muni, au
XVI» siècle, d'une clef. Du grave à l'aigu, la Bombarde offre
quatre types de tailles différentes pour la formation du quatuor.
BOMBARDE. Instrument à timbre grave dans le genre du
hautbois, usité par les Gallo-Bretons, jusqu'au XVIIP siècle,
formé du mot Boni (son) et de Barz (barde ou chant). Les
Italiens le nomment piffero pastorale ; c'est un instrument à
anche et en bois ; il était muni de sept trous. Il y avait plusieurs
genres de bombardes, savoir : la hombar de-soprano, à une et
deux clefs; la petite honibarhe, à une clef; le picolo ou
honibar de-contralto y à une clef ; la bombarde-ténor, ayant
deux octaves d'étendue ; la bombarde-basse, à quatre clefs, et
enfin la contre-basse de bombarde ou bombardon, à quatre
clefs. C'est aussi dans l'orgue, un registre de 16 et quelquefois
de 32 pieds.
BOMBARDON. (Voyez Sax-horn-Contrebasse.)
BOMBIX. Sorte de chalumeau primitif des anciens Grecs.
BOMBULUM. Instrument romain. Sorte d'orgue formé
d'une sphère métallique munie de sept tuyaux, dont une
reproduction existe sur le monument du Musée d'Arles.
BOMBY-KAS. Nom des clefs des instruments chez les Grecs.
Il ne faut pas confondre ce nom avec celui de l'instrument grec
Bombykos (Voyez ce mot).
BOMBYKOS. Grande flûte grecque double, faite de roseau
du lac Orchomène,
24 BOU
BONBALOU. Instrument de percussion des Nègres, plus
sonore que le Boutalou^ mais ayant à peu près la forme de la
trompette marine.
BOUANG ou KROME. Instrument malais, composé d'une
série de bassins de cuivre^ de diverses grandeurs.
BOUBNI. Tam-tam de guerre des Russes.
BOUCHE. Ouverture horizontale qui laisse échapper l'air
dans les tuyaux d'orgue.
BOUK. Clairon de cuivre des chasseurs de l'Arabie.
BOULE MÉTALLIQUE. Instrument sonore indiqué par
le Père Bonanni dans sa Description des Instruments
harmoniques. Ce sont deux boules de cuivre creusées et
contenues dans une troisième beaucoup plus grosse. Les deux
boules sont coupées en deux et munies de dents qui, en étant
agitées et frappées les unes contre les autres, produisent un son
métallique.
BOULOU. Harpe des nègres de la Sénégambie ; cet
instrument était monté de dix cordes de boyau, retenues par de
longues chevilles.
BOUNY. Harpe égyptienne ; c'est le plus ancien genre que
l'on connaisse.
BOUQUIN (Cornet à). (Toî/^^ Cornet a bouquin).
BOURBUI. Trompette de guerre, en cuivre, usitée autrefois
par les Russes.
BOURDON. Ce mot a plusieurs applications : c'est, premiè-
rement, le nom de la plus grosse des cloches d'une église ;
deuxièmement, le nom de la plus grosse corde des instruments
à archet ; et troisièmement, le nom d'un jeu d'orgue de plus ou
moins de tuyaux.
BOURET. Petit cor de chasse des Anciens. Selon P'abretti,
il aurait été fait, non seulement de bronze, mais de buffle et,
était destiné à l'infanterie et à la cavalerie romaine. On s'en
servait à l'armée pour avertir les soldats de nuit, des heures
pendant lesquelles ils devaient monter ou descendre leur garde.
C'est aussi une conque marine dont il est fait mention dans la
Mythologie (Fo^/e^ Buccin-Marin).
BUC 25
BOURI. Trompette de Madras ; se composant d'un tube de
cuivre ayant un renflement dans le milieu et terminée par un
pavillon.
BOUTALOU ou BONTALOU. Tambour des nègres de
Bilba, en usage, dans ce pays, au XVIIP siècle ; c'est un tronc
d'arbre creusé et recouvert, d'un côté, d'une peau de chèvre ou
de brebis.
BOUTON. Petite pièce circulaire et métallique, munie d'une
tige à pas de vis, qui est reçue dans une autre tige creusée,
également à pas de vis, surmontant la partie supérieure d'un
piston quelconque. Le bouton reçoit l'efTort du doigt pour faire
fonctionner le piston.
BRASS-HORN. Cor anglais eii bronze.
BRISSEX. Sorte de guitare ancienne à deux cordes.
BUCCIN. Genre de trompette basse ancienne, percée au
milieu. De nos jours on désigne ainsi une sorte de trombone à
coulisse, dont le pavillon à l'antique est terminé par une tète de
dragon ou de monstre.
BUCCIN A COULISSE. Instrument employé en Flandre,
au X VHP siècle ; un spécimen de ce genre existait à l'Exposition
universelle de Paris, en 1878, à la section belge de l'Art ancien ;
il portait le nom de l'auteur : Tuerlinckœ, à Malines,
BUCCINATOR ou BUCINATOR. Dénomination donnée à
celui qui se servait de la Buccine.
BUCCINA. Nom donné par les Romains au cor ou cornet
étrusque. Cette trompette était tantôt recourbée en spirale
ou toi'due en cercle et se joignait, dit-on, à volonté au Liimis.
Dans l'origine elle fut faite d'une coquille de poisson; et
sous cette forme elle servait principalement aux bou\iers
et aux bergers, aux accensi pour annoncer les heures et dans
les premiers temps pour convoquer les Quirites à l'Assemblée
ou Ifs réunir dans des circonstances pressantes. Mais c'est
surtout la dénomination des trois instruments militaires des
Romains; ils leurs servaient à faire des signaux ou à com-
mander les troupes ; dans ce cas leur forme variait légère-
ment ; l'embouchure était plus large et l'instrument lui-même
36 GAI
était en corne. On donna aussi ce nom à une sorte de tambour
des Romains.
BUCCIN-MARIN ou BOURET DE MER, Grosse coquille
semblable à une conque marine, dont l'extrémité pointue était
percée d'un trou qui servait de tube d'insufflation.
BUCHE. Les Flamands l'appellent Noordischebalk. Epinette
des Vosges, ayant la forme arrondie d'une bûche ; c'est le
premier type de la cithare horizontale.
BUFFET D'ORGUE. Immense caisse dans laquelle est
contenu le mécanisme du grand orgue.
BUGLE. Instrument de cuivre, à vent et à pistons ou à
cylindres, un peu plus grand que le clairon. 11 est en si bémol,
fut inventé par Weidinger, et a remplacé le bugle à clef. ( Voyez
Sax-horn-Contralto).
BULAFFO. (Foi/^* Baluffo).
BUONACCORDO. Petite epinette italienne, dont se servaient
les enfants au XYIIP siècle.
BUSCA TIBIA. Instrument très primitif, dans le genre de
la flûte, formé de l'ossement d'un animal.
BUSINE ou BUISINE, BOSINE. Synonimes de Buccina.
( T o^r ce dernier mot).
BUXUM. Flûte grecque en bois, dont deux spécimens
existent encore au musée Britannique.
c
CABINET D'ORGUE. Petit buffet d'orgue, sans montre,
employé surtout dans les salons, au XVIIP siècle.
CAISSE. Nom donné quelquefois au tambour (Voyez ce mot).
CAISSE. Terme employé pour désigner la boite d'instru-
ments, tels que piano, harmonium, violon, violoncelle, etc.
C'est aussi le nom donné aux tambours, excepté ou tambourin
et au tambour de basque.
CAL 27
CAISSE PLATE. Tambour réduit de hauteur; c'est un
tambour de la garde nationale de Paris, nommé Grégoire, qui
eut le premier Tidée de diminuer ainsi les caisses de tambour.
Au milieu du XIX^ siècle, la grande dimension avait prévalu.
CAISSE ROULANTE ou CAISSE CLAIRE. Perfection-
nement du tambour adopté comme instrument de percussion
dans les musiques militaires ou dans les orchestres. On
appelait aussi caisse roulante, un long tambour de bois,
encore en usage dans les musiques de Tarmée, vers le milieu
du XIX® siècle. .
CAJAS. Tambour du nord du Pérou, formé de planchettes
concentriques, reliées par des cercles de cordes; les deux côtés
sont tendus de peaux de lama.
CALAMAULE. Nom que l'on donnait, en Grèce, à la flûte
rnonaule, quand le tube de cet instrument était formé d'un
roseau.
CALAMEL. Nom donné par les Anciens au chalumeau
[Voyez ce mot).
CALAMUS. Nom général donné chez les Romains et chez les
Grecs à la flûte de Pan.
CALANDRONE. Sorte de flûte italienne, jouée par les
paysans. Deux ressorts placés à l'embouchure, lorsqu'ils sont
pressés, émettent le son par deux trous diamétralement opposé?.
CALASCIONNE. Nom italien du tamboiirah. (Voxjez ce
mot.)
CALIBRE. Ce nom s'applique : \^ à une petite plaque
métallique percée de trous correspondants à des numéros,
servant à prendre des grosseurs de cordes ou de fils métal-
liques; 2^ à une plaque de forme triangulaire qui sert aux
facteurs d'orgues pour faire les bouches ' aux tuyaux des
orgues.
CALICHON ou CALACHON. Ancien luth à cinq cordes
(Voir Golachon.).
CALISSONCINIou COLISSONCINI. Sorte de guitare usitée
en Italie au XIX^ siècle. C'est l'origine du colachon. Primitive-
ment le colissoncini n'avait que deux cordes; on en ajouta plus
28 CAN
tard quatre autres, et le manche fut considérablement allongé.
CAMPANA. Selon Strabon, on donnait ce nom aune grande
cloche plus grosse que celle qui servait habituellement pour
donner les signaux.
CAMP ANE, CAMPANELLE. Cloche ou clochette. Au
Moyen-Age, on désignait par ce mot, les cloches de toutes
dimensions. Dans le harnais du cheval, c'était le gros grelot
attaché sur la croupe; la campci'^^llc de faucon, ou petit grelot,
se fixait aux pattes de cet oiseau.
ÇANKHA. Cor des Indiens.
CANNA D'ORGANO. Mot employé pour désigner les
tuyaux d'orgue. '
CANNE-CLARINETTE. Instrument à cinq clefs. On en
voit un spécimen au Musée des Instruments de musique du
Conservatoire de Paris.
CANNE-COR D'HARMONIE. Cor d'harmonie ayant la
forme d'une canne. Les tubes droits sont soudés les uns contre
les autres ; à l'extrémité supérieure, s'adapte une embouchure
et au bas se visse, à volonté, un pavillon. Cet instrument
curieux est en mi majeur, et se voit au Musée du Conservatoire
de musique de Paris.
CANNE-ÉTUI. Canne renfermant un archet. Cette fantaisie
d'un amateur se voit au Musée du Conservatoire de musique
de Paris et provient de la collection du docteur Fau.
CANNE-FLAGEOLET. Flageolet percé de six trous, dont
quatre sur le devant et deux derrière. Cet instrument sert de
canne, à volonté, et se voit au Musée du Conservatoire de
musique de Paris.
CANNE-FLUTE. Ainsi que le nom l'indique, c'était un
bâton creux percé de six trous, muni d'une clef, d'une ouverture
pour l'embouchure et de deux viroles, qui se plaçaient à chaque
extrémité du bâton pour en faire une canne.
CANNE-FLUTE A BEC. Au XVIIP siècle, on fit des
cannes de ce genre. Elles avaient sept trous ouverts et un
bouché par une clef. Habituellement le manche de la canne était
orné de sculptures.
CAR 29
CANNE-POCHETTE. Canne dont la pomme d'ivoire se
dévissait et contenait dans sa partie supérieure une pochette
pour les maîtres de danse ; la deuxième partie de la canne
renfermait l'archet. Une canne-pochette de ce gtnre est au Musée
des Instruments de musique de Paris et provient de la collection
Glapisson.
CANNE-PUPITRE DE MUSIQUE. Cette canne-pupitre a
été inventée par Boulanger, de Saint-Étienne, sous Louis XVI ;
on peut la voir au Musée des Instruments du Conservatoire de
musique de Paris. Le piupitre est en fer damasquiné d'or avec
des ornements entremêlés de fleurs de lys.
CANNE-TROMPETTE. J.-B. Du Pont imagina de faire
une canne-trompette vers le milieu du XIX« siècle. L'essai fut
bientôt abandonné et cet instrument a pris place parmi les
instruments curieux du Musée du Conservatoire de Paris.
CANO. Mot employé par les Romains pour désigner l'action
de chanter ou de sonner d'un instrument.
CANON. Genre de monocorde dont on se servait autrefois
dans les écoles pour l'enseignement de la musique vocale.
CAPISTRUM. Bande de cuir ou mentonnière, munie d'une
ouverture pour la bouche et employée chez les Romains par les
joueurs de double-flûtes ; ceux-ci portaient des lannières sur les
joues afin de presser l'air contenu dans la bouche, facilitant
ainsi l'usage des deux doubles tubes de cette sorte d'instrument.
On l'appelait aussi phorMia ( Voyez ce mot.
CAPODASTRE ou CAPODASTRO ou CAPO-TASTO.
Sorte de chevalet se plaçant dans l'espace compris entre les
cases de la guitare et s'y fixant au moyen d'un pas de vis
servant ainsi à faciliter la transposition ; dans ce cas ,
l'exécutant compte comme première case, celle qui sera immé
diatement placée au-dessus du capodastre.
CARILLON. Jeu de cloches en usage dans les clochers des
anciennes églises où dans les beffrois des hôtels de ville. Ceux
d'Alost (Belgique) et plusieurs autres du nord de la France sont
justement célèbres. Des documents anciens indiquent des
sonneries en carillon en France, dès le XIV® siècle, peut-être
30 CEI
même au XIIP siècle. Les carillons sont d'origine chinoise. Il
ne faut pas confondre cet instrument avec l'harmonica {Voyez
ce mot).
GARNIX. Cornet usité chez les anciens Grecs.
CASSI-FLUTE. Genre d'orgue dont l'invention est due î\
Cassi-Méloni, qui habitait Paris, en 1857.
CASTAGNETTES. Instrument à percussion, ainsi nommé
parce qu'il ressemble à deux châtaignes evidées, appelées
castanea. On l'employait surtout chez les Maures, les Espagnols
et les Bohémiens. Ce sont deux petites pièces de bois ou d'ivoire,
creusées au centre et maintenues aux mains par un petit
cordonnet. On agite les deux pièces l'une contre l'autre par des
mouvements saccadés des mains. C'est surtout pour la danse
qu'on l'emploie principalement en Espagne. 11 y a aussi des
castagnettes à 77zanche^ qui sont d'un maniement plus facile et
exigent une moins grande habileté de l'exécutant. Au XVP siècle,
on se servait déjà de castagnettes à manche. J. Heugel a publié,
d'après le système de Sala, une méthode de castagnettes
modernes»
CASTAGNETTES DES TURCS. Elles diffèrent des autres
castagnettes en ce qu'elles sont formées de deux petites
planchettes réunies par une charnière; on les tient dans le
creux de la main.
CATASTORNE. Nom du bec ou de l'embouchure de la flûte
chez les Grecs.
CATENA. Nom italien delà barre d'harmonie ( Voyez ce mot).
CAYPLIA. Guitare indienne.
CËGILIUM. Instrument à anches libres, inventé, vers 1866,
par M. Quantin de Grousard. Le Cécilium a la forme assez
semblable à celle du violoncelle ; il a cinq octaves et ressemble
aussi au Mélojjhone, L'exécutant fait manœuvrer un souftlet de
la main droite.
CEINTURE INDIENNE. Ceinture formée de petites cli-
quettes de cuivre, servant pour la danse chez les peuples de
l'Inde.
CÉLESTE. Nom donné à la pédale douce du piano ; c'est une
GHA 31
pièce horizontale en bois, garnie de bandes de feutre s' abaissant
entre les marteaux et les cordes et donnant un son adouci que
Ton a appelé céleste.
GELESTINO. Instrument à cordes et à roue ;cette roue était
mise en mouvement par le pied. Walker inventa le Gélestino
en 1784.
CEMBALO. Mot italien désignant le piano ou le clavecin.
CERCEAU. Instrument en bronze usité par les Grecs et les
Romains. On l'agitait en l'air et on le frappait avec une
baguette de fer.
CERODETOS. Nom donné quelquefois à la flûte de Pan ; les
tubes de cet instrument étant assemblés avec de la cire, de là
le mot Cero.
CERVELAS. Instrument usité au XVII* siècle, et qui a la
forme d'un barillet. C'était la contrebasse du hautbois. — Il se
composait d'un morceau de bois cylindrique recouvert, comme
le basson, de cuir bouilli. Quelques-uns étaient garnis de trois
clefs et de six trous.
CETERA. Nom italien du Cistre (Voyez ce mot).
CHABBABEH. Flageolet persan, percé de six trous sur le
devant et d'un septième placé du côté opposé. La longueur totale
de l'instrument, en y comprenant le bec, est de 0'^31 centimètres.
CHALIL. Flûte des Hébreux.
CHALUMEAU ou CHALÉMIE. Tube à anche battante, de
roseau ou de métal, recouvert d'un barillet, surmonté en dessus
par un petit tuyau servant à y placer l'anche ; ce tube avait dix
trous. On appela cet instrument, au moyen-age : chalémie,
chalemelle; calamits chez les Gaulois ; c'est la flûte simple des
Grecs qui lui a donné naissance. La chalémie a quelquefois son
extrémité renflée en forme de boîte, elle formait le dessus de la
bombarde et était d'un diapason plus élevé : sans clef, elle était
percée de six trous ; la chalémie-bombarde en avait jusqu'à
neuf. Le chalumeau est un instrument champêtre par excellence ;
c'est surtout une sorte de sifflet placé sur la cornemuse ou sur
la musette ; c'est aussi un instrument à vent fabriqué avec une
écorce d'arbre; on donne souvent ce nom aux sons graves
32 CHA
de la clarinette. Le chalumeau allemand a complètement dis
paru.
CHALUMEAU ITALIEN. Instrument en si bémol,
fait d'une corne d'élan et percé de sept trous, usitée au
XVIII« siècle, en Italie.
CHALUMEAU RUSSE. Hautbois rustique à cinq trous
devant et un derrière. Les paysans russes l'appellent Ragiok.
CHANG-KATl. Petit cong siamois; c'est une sorte de
tam-tam.
CHANGUION. Sorte de phylharmonica ou instrument à
anches libres, inventé vers 1846, à Paris.
CHANTERELLE. La première corde du violon. C'est aussi
la plus mince. On l'appelle chanterelle parce qu'elle a presque
toujours la partie chantante dans un morceau. Elle correspond
au me, entre la quatrième et la cinquième ligne de la clef de sol.
CHA-PAN. Castagnettes chinoises, appelées aussi schako-
hloschi. C'est un instrument très grossier, en bois, à l'usage des
mendiants chinois. M. Gustave Chouquet croit que ces
castagnettes primitives dérivent du tchoung-tou, décrit par le
P. Amiot dans son intéressant mémoire.
CHAPEAU-CHINOIS. Instrument à percussion en cuivre,
inventé par les Chinois. En anglais et en allemand on le nomme
HaWmond; on l'appelle aussi, en français, pavillon chinois.
Le chapeau proprement dit, a la forme du toit d'une petite
pagode ; les grelots et les sonnettes sont suspendus au bord et à
l'extrémité de différentes tiges de métal. Ce qui lui fait donner
le nom de Halhnond ou demi-lune, c'est qu'au-dessous du
chapeau se trouve aussi un croissant ou demi-lune garnie de
sonnettes. Le tout est supporté par un bâton tenu et agité en
mesure, de bas en haut, par l'exécutant. On s'en sert dans les
musiques d'Orient, et il fut en usage dans celles de France
pendant un certain temps; il ne figure plus dans notre pays que
parmi les instruments de musées ou dans les collections d'ama
teurs de musique. Au moyen-âge, on l'appelait tyvibe-ceTnbeU
et, dès le XIP siècle, Bonibuluin.
CHATSOTSROTH ou CHATZOTZEROTH. Trompette
GHE 33
juive. On en voit un spécimen à Rome, sur Tare de Titus; la
forme en était allongée. — Suivant la tradition, Moïse en aurait
fait faire de deux sortes : Tune servait à appeler le peuple à
délibérer, l'autre était réservée aux chefs seuls. Lorsque les
deux instruments se faisaient entendre simultanément, les
Assemblées étaient publiques.
CHAUDRON. Demi-sphère de cuivre sur laquelle se tendent
les peaux des timbales.
CHAUKLICA-VINA ou SHOVOKTICA. Sorte de Kac-
chapi-Vina. Instrument indien, ayant pour caisse sonore une
coquille de nacre de 0"* 10 de large. — La longueur totale du
Chauktica est de 1"»,2 centimètres.
GHAURARES. Castagnettes anciennes du Mexique.
CHAYNA. Grande flûte en roseau, à cinq trous et munie
d'une ouverture longitudinale sur le côté qui produit un son
traîné ou un port de voix. Elle est employée au Mexique; son
timbre est mélancolique. On appelle cette flûte Quena, au
Pérou.
CHÊ. Instrument à cordes chinois, dont la caisse est en bois
de mûrier. Il y en a de quatre grandeurs différentes ; tous sont
montés de vingt-cinq cordes, donnant les demi-tons contenus
dans deux octaves. Les cordes sont placées sur des chevalets
qui se transportent à volonté, de distance en distance.
CHEIPOUR. Trompette arabe , ayant soixante - quinze
centimètres de longueur, se composant d'un tube de cuivre,
terminé d'un côté par une embouchure et de l'autre par un
pavillon.
CHELYS. Variété de lyre des Hébreux, dont il est parlé
dans la Bible.
CHENG ou CENG. Principal instrument de musique des
Chinois. Ce sont 17 bambous évidés de différentes grandeurs
qui sont adaptés à la partie large et inférieure d'une calebasse
à laquelle un autre bambou recourbé en forme de bec, sert de
tube insufflateur. Souvent ce tube est remplacé par un renflement
allongé de la basse qui sert ainsi de tube d'embouchure. L'em-
bouchure est en bois. Sur les dix-sept tuyaux, treize sont seule-
3
34 CHI
ment munis d'anches libres à leur base, les quatre autres ne font
que donner une forme symétrique à l'instrument. Le P. Amiot
assure qu'on appela d'abord cet orgue portatif, Yu, puis Tchao,
Ho et Cheng, selon le plus ou moins grand nombre de tuyaux
dont ils étaient composés. Le cheng se nomme cho au Japon.
CHËORETTE. Sorte de hautbois pastoral en usage en
France, sous Charles VI.
CHEVALET. En allemand, Sattel; anglais^ Bridge; italien,
Ponilcello ou cavaletto. Support mince en érable, servant à sou-
tenir lescordes du violon, de l'alto, du violoncelle ou de la contre
basse, et à en communiquer le son à la table d'harmonie. Le rôle
du chevalet est très important ; ses pieds doivent joindre parfai-
tement sur la table d'harmonie. Il doit être assez fort pour ne
pas céder à la pression des cordes et, cependant, ne pas être
trop épais pour empêcher les vibrations.
CHEVILLE. En italien, Bischero; en allemand, Schrauhe;
en anglais, Peg. Pièce de bois d'ébène, de buis, de palissandre,
de métal ou d'ivoire, placée dans un des trous du manche et
percée d'une faible ouverture servant à passer les cordes et à
les tendre au ton voulu.
CHEVRETTE. Nom donné à la musette, au moyen-âge.
Instrument à réservoir d'air, formé d'une outre de peau de
chèvre, s'alimentant en soufflant dans une sorte de pipe, et d'un
chalumeau à anche battante, garni de trous. C'est la cornemuse
primitive des Romains, dont parle le poète Martial (Epigr, 3,
1, 10). Elle n'a pas de bourdon comme la cornemuse et ne
possède pas de soufflet comme la musette française.
CHIFONIE. Appelée aussi Cifonie, Symphonie, Chymphonie.
Plusieurs auteurs confondent cet instrument avec la cornemuse
ou avec le tympanon, c'est-à-dire un corps long et étroit, en bois
creux, garni soit d'une tablette de bois sec et très mince soit d'une
peau sur la surface desquelles sont tendues une ou plusieurs
cordes que Ton racle avec une petite verge de bois ; d'autres le
confondent avec le gros tambour du Moyen- Age, appelé Bedon.
11 est évident que la Chifonie du moyen âge est simplement la
Vielle ou Rote, en usage, en France, depuis le XII^^ siècle. (Voyez
GHI 35
vielle). C'était, à cette époque rinstrument des t7^uands^ par
excellence ; mais, sous Henri III, sous Louis XIV et surtout au
XVIII» siècle, il jouit d'une grande faveur et fut admis à la
cour.
CHIKARA. Instrument indien de Bénarès, du même genre
que la vina. Il est formé d'une très gi*ande courge de 0*"526 cen-
timètres de diamètre et dont la partie supérieure est sculptée.
La table d'harmonie est légèrement bombée ; elle est faite d'un
bois un peu onde et verni ; la courbe extérieure est garnie d'un
large filet d'ivoire. Le manche arrondi au dos, s'emboîte dans
le corps et porte une largeur de 0™,07 centimètres dans sa partie
supérieure; la longueur de ce manche, de l'emboîture à l'extré
mité est de 0™,77 centimètres. Le manche est creux afin que
l'air s'introduise par le haut et entre en communication avec les
vibrations de la table ; celle-ci n'ayant pas d'ouïes. La chikâra a
cinq cordes, la cinquième en dehors du manche et se pinçant à
vide. Douze cases garnissent le manche. Une autre variété de
chikara a trois et quatre cordes, dont la quatrième placée en
dehors du manche, possède un chevalet plus élevé, mais cet
instrument se joue avec un archet.
CHILCHILES* Crotales employées autrefois au Mexique.
CHIRIMIA* Flageolet en terre cuite, de l'Amérique centrale;
ayant à peu près vingt centimètres de long et percé de quatre
trous seulement. Les Aztèques lé nomme Uilacapitztli.
CHIROGYMNASTE ou CHIROPLASTE. Petit appareil
pour la gymnastique des doigts servant à les délier, à leur
donner de la souplesse et de l'agilité à l'aide de neuf systèmes
différents. Le chiroplaste a été inventé par Latour et par Casimir
Martin, en 1841.
CHITARRINO. Petite guitare usitée souvent par le peuple,
en Italie,au XVIP siècle ; elle avait quatre et six cordes.
CHITARRONE. Nom italien de la grande guitare, se rap-
prochant, par sa forme, du luth, mais n'étant montée que de
deux cordes doubles. C'est principalement au XVIP et au XVIIP
siècles que le chitarrone était employé. Le P. Mersenne assure
que le chitarrone ou guiterron avait le fond plat comme le cistre.
9
86 CHO
CHITERNA. Guitare italienne, plate comme la Pandore^ à
quatre ou cinq rangs de cordes. (Voyez Guiterne.)
CHNOUÉ ou DJONOUÉ. Instrument à vent des anciens
Égyptiens; on suppose que ce devait être une trompette
recourbée.
CHO. Nom du eheng- ou orgue portatif au Japon (Voyez
ce mot).
GHORAULES ou CHORAULA. Musicien qui accompagnait
le chœur sur le théâtre grec, avec la double flûte ; c'était le con-
traire de rAulœdus, qui n'exécutait que des solos.
CHORDAULODION. C'est le nom que Jean et Fred. Kauf-
mann, de Dresde, donnèrent à Tharmonicorde qu'ils inventèrent,
et qu'ils firent entendre, en 1816, à Paris et à Londres.
CHOREA. Ronde chantée des Grecs et des Romains ; elle
s'exécutait en se tenant par les mains.
CHORIQUES. Flûtes grecques pour le chantdes dithyrambes.
GHORO ou CHORUM. Ce nom a été donné à deux instru-
ments de musique différents. Au IX^ siècle, on appelait choro
une sorte de cithare à trois et à quatre cordes, dans le genre de
la lyre dépourvue de table d'harmonie et ayant la forme de la
lettre majuscule D. A la même époque, on désignait également
ainsi un instrument composé d'une peau reliée à deux tubes
d'airain. Le premier sert de tube d'embouchure et le deuxième,
en dessous, est garni de trous et terminé par un pavillon. Un
instrument de ce genre existe dans les sculptures de Téglise
Saint-Martin, de Pont-à-Mousson ; je l'ai reproduit dans la
Musique en Lorraine (page 161, fig. 9). La partie formée d'une
peau d'animal est sphérique ; quelquefois même, cette peau
était entourée d'une enveloppe d'airain avec un petit intervalle
entre les deux tubulures, de sorte que la peau, en vibrant,"
donnait une sonorité particulière, selon qu'on soufflait plus ou
moins fort.
CHOROBENITE. Instrument à vent, sorte de trompe, en
usage en France sous Charles VI. Eustache Deschamps en fait
mention.
CHORON. Instrument à cordes, usité, dit-on, en France vers
CIS 37
le milieu du XV® siècle ? On n'a pas de détail sur sa construction
ni sur le nombre de cordes dont il était monté.
CHORUS. Ce nom a été appliqué à différents instruments, à
des époques très éloignées les unes des autres. Ce fut d'abord le
nom de la cornemuse romaine, formée d'une peau et de deux
tuyaux d'airain. On appela ainsi, au Moyen- Age, une sorte d'ins-
trument à cordes, et un tympanon de très petit modèle,
enfin, un autre instrument à vent et à bocal, se divisant en deux
branches au-dessous de l'embouchure et se rejoignant après
avoir formé une anse près du pavillon.
CHOUO-PI. Petit tambour chinois, suspendu à une corde
et se plaçant sur le côté de la grosse caisse, nommée Huien-Kou,
CHRONOMÈTRE. Sorte de monocorde, résonnant à l'aide
d'un clavier, inventé, en 1827, par Baller, facteur de pianos, à
Paris. Cet appareil servait à apprendre l'accord des pianos.
CHRONOMÈTRE MUSICAL. Barja, professeur de mathé-
matiques de Berlin, imagina, en 1797, un instrument destiné à
mesurer le temps et le son.
CHRONOMOME. En 1842, Le Bihan imagina cet appareil
servant à lire la musique.
CHROTTA. Instrument primitif à archet, usité dès les
temps anciens dans la Grande-Bretagne ; les Anglais le
nommaient crouth (crwth) (Voyez ce mot).
CHYMBALE. C'est le nom de la cymbale, au moyen-âge
(Voyez ce moi).
CIMBALES (Voyez Cymbales).
CIMBALO. Ancien instrument à cordes, inventé en 1650,
par le Florentin François Migelli. On l'appelle aussi Protée,
CIN.£DUS. Maître de danse grec ou romain.
CIONAR-CRUIT ou CROITH. Petite harpe irlandaise à
dix cordes, se pinçant avec une plume, et servant aux femmes
et aux prêtres pour accompagner le chant.
CISTRE, CITRE, CITHRE. Sorte de luth à fond plat et à
table ovoïde ou piriforme. Cet instrument ne date que du
XVP siècle. On l'appelait aussi cithre ou cittre, par corruption
du mot cithare ; c'est, en réalité, une variété de la citole. Un
38 CIT
exemplaire de cistre anglais, du XVIII« siècle, se voit sous le
n® 185 au Musée du Conservatoire de musique de Paris. On le
jouait avec une plume. Le cistre' a une forme particulière, dit
m; Gustave Chouquet, dans le catalogue du Musée du Conserva-
toire national de musique (page 36); « La largeur de ses éclisses
va toujours en diminuant depuis la partie du fond à laquelle
s'adapte le manche divisé en dix-huit touches, jusqu'à l'autre
extrémité où s'attache le cordier. Les cordes sont généralement
en laiton et se pincent avec un petit bout de plume, comme
celles de la mandore et de la mandoline. Le nombre en a varié :
on en mettait d'ordinaire quatre rangs aux cistres français et
trois de ces rangs avaient chacun trois cordes à l'unisson, tandis
que l'autre rang n'en avait que deux. Ces quatre chœurs de
cordes s'accordaient ainsi : ré (clef de sol, deuxième ligne), qui
était la chanterelle, ut, sol, la* Les Italiens mettaient le plus
souvent six doubles cordes à leurs cistres ; quelquefois aussi
ils montaient cet instrument de neuf ou dix rangs de cordes
doubles. » Voici, d'après le P. Mersenne, l'accord du cistre à six
rang de cordes : la (clef d'ut, deuxième ligne), sol, ut, mi, fa,
ré. L'instrument avait toujours une étendue de trois octaves. La
largeur des éclisses allait en diminuant depuis le manche, partagé
en dix-huit cases, jusqu'au bas de l'instrument. On peut voir
au Musée du Conservatoire de Paris des cistres fort curieux,
catalogués aux numéros 250 à 261 .
CISTRE A CLAVIER. Instrument bâtard du milieu du
XVIIP siècle, imaginé en Angleterre et en Allemagne. Au-dessus
des cordes se trouvait un clavier de six touches.
CISTRE-THËORBE. Instruments à cordes du XVIIP siècle,
à fond plat, ayant deux chevillers, l'un de onze et l'autre de cinq
chevilles.
CITHARA. Instrument à cordes ressemblant, par la forme,
au cou et à la poitrine de l'homme {Jsidor^ Orig. II, 3, 22) et
correspondant à la guitare italienne : CMtarra; nous croyons
que le mot chitarra (poitrine) venait de ce que cet instrument
était appuyé sur cette partie du corps .
CITHARE (ancienne). Lyre grecque, Cithara, s'appuyant
39
tandis <[ue la
KiHj9p*?unV'ftt^'hare a, de plus, un
|B^*j|^<A'Ql'9' renforcer le son; elle
lîr'"'"
laîftiBVII' siècle, différents
î^fi^îsage avec la rote on
■'■' S.».* - _ îl
îérence existait dans le
kordes dans la cithare,
l^le cordes placées sur
ifcndis que le psaltérion
"sur une table creuse,
luchée par le pleetum
40 CIT
ou simplement pincée par les doigts. Il ne faut pas la confondre
avec la cithare moderne (Voyez ce mot).
CITHARE A ARCHET. Grande Cithare usitée de nos jours
en Autriche et connue sous le nom de Streîch-Cither. — - D'une
main on passe Tarchet sur les cordes qui sont supportées par
un chevalet, et de la main gauche on appuie sur les cases de
Finstrument.
CITHARE MODERNE ou CITHARE HORIZONTALE.
Instrument horizontal avec table d'harmonie arrondie à deux
de ses coins. Les Allemands et les Anglais, l'appellent Ciiher.
— Une ouverture circulaire laisse échapper le son qui est pro-
duit par trente à trente-deux cordes, dont quatre, placées sur la
touche, servent pour la mélodie, et les autres pour l'accompa-
gnement. Des cases métalliques sont disposées sur la table
d'harmonie de demi-tons en demi-tons. Les doigts de la main
gauche appuient sur l'espace existant entre ces cases, tandis que
le pouce de la main droite, armé d'une bague à pointe, effleure
les cordes. Les Autrichiens la nomment Schlagzither ; dans la
deuxième moitié du XVIIP siècle, on en modifia la construction.
CITHARE A CLAVIER. (Voyez Glavicitherium).
CITHARE ALLEMANDE. Sorte de cithare, ressemblant à
la Pandure, en usage, en Allemagne, au XVIP siècle. Cet ins-
trument était monté de dix cordes métalliques.
CITHARISTE. Celui qui joue de la Githara ou guitare; cet
instrument se tenait sur le bras et sur une partie de la poitrine ;
on le portait encore en bandoulière; dans ce cas, on se servait
souvent du plectre,
CITHARISTRIA. Musicienne qui, chez les Grecs, jouait de
la cithare ou guitare.
CITHARISTRIES. Flûtes grecques qui accompagnaient les
cithares.
CITHARŒDA. Femme chantant, chez les Grecs, en
s'accompagnant sur la cithare.
CITHARŒDUS. Musicien qui, chez les Grecs, chantait en
s'accompagnant de la cithare.
CITHER. Nom du cistre anglais (Voyez cistre).
CLA 41
CITOLE ou CITHOLLE. Instrument à cordes pincées, dimi-
nutif de la Cithare et du Gistre du Moyen-Age. La cifcole avait
cependant une assez grande ressemblance avec la Guiterne ;
mais son corps, très allongé, avait un manche fort court, le son
était doux et les cordes pincées avec le plectre servaient bien à
accompagner le chant. Au XIIP siècle, les luthiers se nommaient
Citoleurs.
CITRE. Nom donné autrefois à la Cithare dans certains cas
(Voyez ce mot).
CLAIR-ACCORD. Instrument à lames et à vent, construit
en 1855 par Gavioli, de Paris.
CLAIRON. Cet instrument, essentiellement militaire, a eu
aussi les dénominations suivantes : Clairin^ Clarion^ Clario^
Clara, Claronceau^ Claîronceau^ Clairains^ Clareta, Corniœ.
Cornu. Claro^ Classîca. C'était, au Moyen- Age, une sorte de
trompette, d'un diapason plus élevé que la trompette ordinaire;
le tube était droit et le son strident. Les clairons de Nuremberg,
justement renommés, avaient, jusqu'au XVIÎI* siècle, les deux
courbes rapportées et réunies au corps de l'instrument par
quatre viroles torses et gravées. Le clairon actuel, sorte de
bugle sans clef, n'existe que depuis 1823 ; il est en si bémol.
MM. Courtois, frères, en fournirent le modèle. Il donne cinq
notes facilement. On désigne aussi sous ce nom, un jeu d'orgue
rappelant un peu son timbre éclatant.
CLAIRON-BASSE. Clairon gros modèle, sans piston, en si
bémol, qui se voit au musée du Conservatoire de musique de
Paris, sous le numéro 591.
CLAIRON CHROMATIQUE. Instrument de musique
moderne à pistons, de six différentes dimensions : le soprano^
le contre-alto, Yalto, le baryton, la basse et la contrebasse. Il
ne faut pas confondre cet instrument avec le clairon sans
pistons^ usité dans l'infanterie, et inventé en 1823.
CLAIRON MÉTALLIQUE. Instrument imaginé par Aste,
dit Hallary, en 1817 ; c'était une sorte de clarinette en cuivre.
CLAIRON SCOLAIRE. Petit clairon moderne, intermé-
diaire entre celui de la troupe «t celui des postillons, employé
42 CLA
dcins les nouveaux bataillons scolaires. Cet instrument est en
si bémol.
CLAQUEBOIS. Instrument de percussion, composé de dix-
sept bâtons de différentes grandeurs, placés en gradation ; ces
bâtons sont fixés, au-dessus d'une boîte carrée, par des fils et
séparés par des petites boules percées, en bois, et ont chacun une
fourche et un mécanisme semblable au clavecin et à Tépinette.
Il fut longtemps en usage chez les flamands. On l'appela
aussi : Patouille, Xil02^hone, Bégaie et Echelettes, Deux petits
marteaux de bois servent à frapper le claquebois. Les Italiens
l'appellent Tricca-ballacca,
CLAQUETTE. Instrument imitant le fouet des postillons
{Voyez Fouet).
CLARABELLA. Sorte de jeu d'orgues.
CLARAIN ou CLARIN. Sonnette ou grelot suspendu au
cou des animaux de pâtures. Ce nom est mentionné, dès le
XÏV« siècle, dans les chroniques de saint Denis (T. 1. p. 267-8).
CLARIN. Instrument péruvien, formé de roseaux assemblés,
de la longueur de 1*»,50 cent., dont l'extrémité est masquée
par une gourde donnant la lil)re circulation de l'air; il produit
les notes : ré, mi, sol et fa.
CLARINETTE OMNITONIQUE. Clarinette inventée par
Sax.
CLARINETTE. En anglais : Clarionet ; allemand : Clari-
nette ; italien : Chiarina. En perfectionnant le chalumeau et en le
combinant avec la bombarde, Jean-Christophe Denner, facteur
d'instruments à vent, à Nuremberg, fit, vers 1690, la clarinette.
Dans le principe, elle n'avait- qu'une étendue de trois
octaves et d'une sixte. Lefebvre y ajouta la sixième clef,
et, en 1811, Ivan Muller la compléta en y plaçant sept autres
clefs. Elle ne fut introduite dans " les orchestres «pie vers
le milieu du XVIII^ siècle. Il y a quatre principales sortes
de clarinettes, en w/, en si hénwl^ en mi bémol et en la.
Celle en îit est brillante, mais d'un son vulgaire ; celle en si est
employée pour les morceaux armés de bémols ; celle en mi est
d'un timbre plus aigu et, enfin, celle en la, d'un timbre doux,
GLA m
t
convient aux morceaux diézés. Sur la fin du règne de Louis XV,
plusieurs régiments français les admirent dans leurs musiques.
Au théâtre, de nos jours, on se sert quelquefois de la clarinette
en fa et de la clarinette-basse {voyez ce mot). Les clarinettes
sont en buis, en ébène ou en grenadille. Il y a des clarinettes de
six à treize clés, puis viennent les clarinettes Boehm, à anneaux,
qui sont recherchées par tous les amateurs et artistes sérieux.
Les principaux clarinettistes furent : Fuchs, Lefebvre, Béer,
Klosé. On a fait des clarinettes en ivoire, en faïence et en cuivre.
CLARINETTE-ALTO. Instrument à vent et à anche bat-
tante, d'une quinte au-dessous des clarinettes ut et si bémol.
C'est le cor de basset, terminé par un pavillon de cuivre et muni
de sept clefs. Buhner et Keller, de Strasbourg, fabriquèrent
beaucoup de ces instruments. On croit qu*il fut inventé à
Passau, vers 1770.
CLARINETTE-BASSE. Instrument à vent et à anche, à
Toctave de la clarinette en si bénioL Le bec est recourbé et les
tubes garnis de onze clefs. Les sons de la clarinette-basse sont
très beaux et font beaucoup d'effet dans certains morceaux
symphoniques. Sax l'inventa en 1838.
CLARINETTE-COURBE. Essai de clarinette fait en
Allemagne vers la fin du XVIIP siècle. Cet instrument était
muni de six clefs.
CLARINETTE D'AMOUR. Instrument à anche battante, à
cinq et à sept clefs, sonnant une tierce plus bas que la clarinette
ordinaire. Le tube, très long, est recourbé. Un spécimen curieux
se voyait à Texpositiou universelle de 1878, à Pari«, dans la
section belge ? cet instrument était du XVIII« siècle et fait par
P. Piana, à Milan. Un autre peut se voir au Musée du Conser-
vatoire de musique de Paris, sous les numéros 543-544. Cette
clarinette est en la béinoL
CLèARSGJ^. Genre de hautbois à deux clefs, usité en Italie,
au XVIP siècle.
CLARONCEAU. Voyez Clairon.
CLARSEACH. Harpe irlandaise de la plus grande dimension :
c'est aussi la plus ancienne harpe de ce pays.
44 CLA
CLASSIGUM-GLASSICI. Signal donné, avec la trompette
chez les Romains; peu h peu cette dénomination. devint celle de
l'instrument. Les Classici étaient ceux qui sonnaient du cor
pour appeler les classes à Rome aux Comitia, au son du
Classicum^ du Lituus ou du Cornu.
CLAVECIN. Intrument à corde et à clavier, qui avait trois
octaves au XV® siècle, quatre et six octaves au XVI« et au XVII»
siècle, et qui fut surtout amélioré au XVIIP siècle. Le Père
Bonnani dit queDouni, dans son Livre sur la musique (page 4),
assure que le Clavecin fut inventé par un certain Nicolas Vicen-
tini, qui vivait du temps du cardinal Hippolyte d'Esté, son pro-
tecteur, Tan 1492, sous le pontificat d'Alexandre VI. Les cordes
du clavecin avaient la même disposition que celles du piano à
queue. Les notes blanches du clavier correspondaient au mode
lydien grec. Le mécanisme de cet instrument consistait en une
tige attachée verticalement au bout de chaque touche et portant
à l'extrémité supérieure une languette à bascule terminée par
une pointe de plume de corbeau. En abaissant la touche, la
corde était pressée et la pointe de la plume la faisait résonner
en s'échappant comme un ressort. Dom Bedos, le fameux
facteur d'orgues du XVIIP siècle, affirme que les cinq touches
noires n'ont été ajoutées qu'au commencement du XIV® siècle.
DansrOr/(?odeMontéverde,enl607, deux clavecins soutenaient
les récitatifs, et depuis ce moment tous les orchestres en étaient
munis. Hans Ruckers, d'Anvers, fut le plus célèbre facteur de
clavecins du XVI® siècle, et, avant lui, on ne connaît pas de
clavecinistes-solistes. Ce facteur avait d'abord été menuisier,
mais il quitta ce métier pour s'adonner complètement à celui
de facteur de clavecins. Cet instrument n'était pas assez per-
fectionné pour servir de clavecin-solo ; mais lorsque Ruckers
eut ajouté un troisième rang de cordes correspondant à un
deuxième clavier et qui était accordé à l'octave au-dessus des
deux autres, le son fut dès lors beaucoup plus soutenu.
Les cordes étaient au nombre de cent.
Ruckers eut deux fils : Jean et André, qui excellèrent aussi
dans la fabrication de cet instrument. Le Clavecin vertical est
CLA 45
de rinvention du florentin Rigoli, qui, vers 1620, garnit de drap
les sautereaux, afin d'en rendre le son plus doux. A la même épo-
que, le français Richart, remplaçait les plumes de corbeau par
de petites bandes de drap. Farini imaginait aussi de monter les cla-
vecins avec des cordes de boyau ; cet essai fut bientôt abandonné.
Vers la fin du XVIII'' siècle, trois inventeurs produisirent en
même temps une amélioration qui décida de l'avenir du clave-
cin, consistant à substituer des marteaux aux sautereaux; ce
furent Gritofori, à Florence, en 1711; Marins, à Paris, en 1716
et Schrœder, en Allemagne, en 1717.
Enfin, en 1768, Sébastien Erard, l'homme de génie dont il est
tant parlé quand il s'agit de la construction du Piano (Voir ce
mot), vint, de Strasbourg où il était né en 1752, à Paris. Il
commença sa réputation par un clavecin mécanique, construit
spécialement pour le cabinet de curiosité de M. delaBlancherie ;
les dispositions de cet instrument méritent d'être citées ici, et
produisirent à cet époque la plus vive sensation dans le monde
musical de la capitale.
Ce Clavecin était remarquable par plusieurs inventions : on
y trouvait trois registres de plume et un de buffle; une pédale
y faisait jouer un chevalet mobile qui, s'interposant sur les
cordes à la moitié de leur longueur, les montait tout à
coup d'une octave ; invention qu'un facteur de Paris, nommé
Schmidt, a renouvelée dans le piano à l'Exposition des produits
de l'industrie, en 1806, c'est-à-dire trente ans après qu'Erard
l'eut trouvée. En appuyant par degrés le pied sur une pédale
attachée au côté gauche du clavecin, on retirait le registre de
l'octave aigtie, celui du petit clavier, celui du grand clavier, et
l'on faisait avancer le registre de buffle. En diminuant la pres-
sion du pied sur la pédale, on avançait le registre de l'octave
aiguë, celui du petit clavier, et l'on retirait le jeu de buffle.
Enfin, lorsqu'on voulait faire parler à la fois tous les jeux, on
se servait d'une pédale attachée au pied droit du clavecin, sans
être obligé d'attirer le petit clavier au-dessus du grand, et con-
séquemment sans interrompre l'exécution, comme cela se faisait
aux autres clavecins.
46 GLA
Le clavecin est composé d'une caisse et d'une table d'harmonie
sur laquelle des cordes sont tendues. Une barre règle l'élévation
des sautereaux et, par contre, le degré d'abaissement du clavier ;
cette barre est étroite et de bois de tilleul ; le dessous est garni
de drap, pour empêcher d'entendre le bruit des sautereaux. Le
gabarit du clavecin est tout entier en sapin ou en tilleul, excepté
les deux chevalets du diapason et ceux situés près des leviers,
qui sont en chêne ; le chevalet de l'octave étant plus bas et plus
rapproché des leviers que l'autre. Le sommier est aussi en bois
dur et se trouve fixé très solidement, afin de résister à la
tension des cordes. Les sautereaux sont en poirier. Les cordes
résonnent à l'aide des petits becs de plume de corbeau dont il
est parlé plus haut. Les registres et les guides intérieurs sont
en tilleul et ces mêmes registres sont garnis de peau.
On peut dire généralement que Mozart et Haydn furent encore
des clavecinistes, mais qu'avec Beethoven commence le règne
du piano.
CLAVECIN A ARCHET. Clavecin muni de cordes de
boyau attaquées par un archet fonctionnant à l'aide d'une roue
(Voyez Clavecin a roue). C'est le mécanicien berlinois Johann
Hohfeld (1751), qui l'inventa; on l'appelait Bogen-clavier.
CLAVECIN ADEUX CLAVIERS. Cet instrument appelé
aussi Clavecin double, existait déjà en 1590; Hans Ruckers,
d* Anvers, en fut l'inventeur. On en voit un au musée du Con
servatoire national de musique, à Paris, sous le numéro 321.
Les clavecins avaient de quatre à cinq octaves.
CI4AVECIN A GRAND RAVALEMENT. On appelait
ainsi les clavecins de la fin du XVIIP siècle; ils avaient
soixante-et-une touches au lieu de cinquante que Ruckers leur
avait donné dans les siens. Ils étaient montés de cent quatre-
vingt-trois cordes au lieu de cent, et on y ajoutait encore un
grand unisson au moyen duquel l'harmonie était plus forte. On
fit, autrefois, les touches de clavier en os de bœuf, préférant
cette matière à l'ivoire, qui a, il est vrai, le défaut de jaunir
avec le temps. Actuellement, pour le piano et l'orgue, on est
revenu àTemploi de Tivoire. en utilisant de préférence Tivoire
GLA 47
vert, c'est-à-dire celui qui n'est pas trouvé sur des animaux
morts depuis des siècles.
CLAVECIN A MAILLETS. On nommait ainsi, au début,
les clavecins munis de marteaux, qui furent inventés vers
1765, par Silbermann, à Freyberg (Saxe).
CLAVECIN A MARTEAUX. C'est le forte-pmio, inventé,
vers 1765, par Silbermann, à Freyberg (Saxe). Cependant, en
1754, un facteur de de Catane, en Cicile, inventa un clavecin de
ce genre qu'il nomma ainsi, mais qui était encore muni de
sautereaux.
CLAVECIN A ORCHESTRE. Clavecin auquel on avait
adapté une mousqueterie, tambourin, triangle, sonnettes,
cymbales, un registre de flûte, muni d'un clavier spécial, un
tambour et un fifre, une imitation de cornemuse, des casta-
gnettes, etc. Ce singulier instrument fut inventé en 1780, par
Blaha, de Prague.
CLAVECIN A PEAU DE BUFFLE. Ce sont les perfec-
tionnements de Taskin, vers 1773, qui produisirent ce genre de
clavecin. (Voyez Clavecin.)
CLAVECIN A ROUE ou CLAVECIN- VIELLE. Instru-
ment dont l'inventeur a tiré son idée de la Vielle à roue ou
liota. afin de donner au clavecin une tenue de son. En 1708,
Cuisinié inventa le Clavecin- Vielle^ différent dç celui inventé
depuis bien longtemps avant par Jean Heyden, de Nuremberg.
Dans cet instrument, au lieu de sautereaux, il y avait cinq ou
six roues d'acier, sur chacune desquelles une bande de parche-
min enduite de colophane était collée ; ces roues , placées
dans l'intérieur de la boîte sonore , se mettaient en mouvement
à l'aide de quelques cylindres et d'une grande roue fonctionnant
à l'aide du pied ou par l'effort d'une autre personne qui se pla-
(;ait à côté de l'exécutant. Les plus grosses cordes, entourées de
parchemin, étaient toutes en acier et non en cuivre. Chacune
d'elle passait dans un petit anneau tenant à la touche corres-
pondante, de façon qu'en abaissant cette touche, la corde frottait
la roue ; le son était à peu près analogue à celui du violon et du
violoncelle, mais avait un timbre plus métallique. Tant que la
48 CLA
touche se trouvait baissée, le son subsistait puisque lïi corde
frottait, et en appuyant plus ou moins on obtenait différentes
nuances telles que le forte^ le crescendo et le piano. Au siècle
dernier, un facteur d'instruments de Berlin avait aussi inventé
un clavecin de ce genre, mais alors les cordes étaient en boyau
et les roues remplacées par une bande de crins de cheval, enduite
de colophane, qui passait sur un cylindre et faisait fonction
d'archet ; les sons étaient durs , et les cordes devaient être
constamment mises d'accord, c'est ce qui fit abandonner cette
invention. De nos jours, M. Baudet, de Paris, a inventé \m piano
quatuor^ imitant le timbre des quatre instruments à cordes.
(Voyez Piano-Quatuor).
CLAVECIN A TOUCHES BRISÉES. Le Père Mersenne
parle de cet instrument et assure qu'il pouvait s'accorder d'une
façon très juste ; il dit que c'est un facteur toscan, Bonis, qui
l'inventa.
CLAVECIN ACOUSTIQUE. Instrument perfectionné par
Verber, à Paris, vers 1750; il avait beaucoup de ressemblance
avec le piano-quatuor moderne de Baudet.
CLAVECIN ANGÉLIQUE. Premier acheminement vers le
piano; c'est la première application des marteaux garnis de
cuir remplaçant les becs de plume de corbeau.
CLAVECIN BONACORDO. Bonis, facteur toscan, inventa,
dit-on. vers 1661, un clavecin sur lequel l'intervalle des octaves
pouvait s'adapter aux petits doigts des enfants.
CLAVECIN BRISÉ. Cet instrument, divisé en trois sections
se repliant l'une sur l'autre, avait quatre octaves et pouvait se
mettre, en le démontant, dans un coffret de voyage. C'est en
1700 que Marins l'inventa.
CLAVECIN CELESTINO. Sorte de clavecin à archet,
inventé par Walker, en Allemagne, vers 1784. Un cordon de
soie, placé sous les cordes, se mouvait à l'aide d'une roue ; des
petites poulies, placées au bout de chaque touche, amenaient
le cordon près des cordes et les faisaient vibrer.
CLAVECIN CONSTANT-ACCORD. J.-Daniel Bertin, de
Mémel crut, en 1756, avoir inventé un clavecin sur lequel les
CLA 49
changements de température n'exerçaient aucune influence. Il
nomma son clavecin constant-accord; mais il s'aperçut plus
tard que le but n'avait pas été atteint.
CLAVECIN D'AMOUR. Daniel Bertin, de Mémel» inventa
le clavecin d'amour, vers 1757 ; les cordes étaient du double
plus longues, que celles du clavecin ordinaire.
CLAVECIN DIVISEUR. Les sons de cet instrument,
construit par Pesaro, à Venise, en 1567, sur la demande de
Zerlino, se trouvaient partagés en cinq parties, de la façon dont
les touches étaient divisées.
CLAVECIN DOUBLE. Instrument composé de deux claviers
placés Vun à côté de Vautre et joué par deux personnes en
même temps (Voyez Clavecin a deux claviers).
CLAVECIN DOUBLE (Foy^^ Clavecin a deux claviers).
CLAVECIN DOUBLE RÉSONNANTE. Un mécanisme
spécial faisait donner à chaque corde une double résonnance
harmonique, où effleuraient, à volonté, les cordes. C'est Frédéric
de Méroma qui l'inventa, en 1770.
CLAVECIN ÉLECTRIQUE. Essai de l'application de
l'électricité, faisant agir certains marteaux correspondants aux
cordes ; lorsque le clavier était touché dans l'obscurité, les sons
étaient suivis d'étincelles de feu. Le Père de la Borde en eût le
premier l'idée, vers 1761 ; de nos jours, M. de la Rive a fait
quelques essais qui n'ont pas eu le résultat désiré, le son n'étant
pas continu. On pourrait cependant arriver à de sérieux résul-
tats, grâce aux découvertes récentes concernant l'électricité.
CLAVECIN HARMONIEUX. Système inventé en 1842,
par Gomel, pour déplacer le même clavier, afin de jouer dans
tous les tons. C'est le précurseur du piano transpositeur.
CLAVECIN HARMONIQUE. Verbes, facteur de Paris,
invente en 1798, un clavecin imitant, sans le secours de tuyaux,
de marteaux et de pédales, certains instruments à vent et à
percussion.
CLAVECIN-LUTH. Sébastien Bach en conçut l'idée, et ce
fut un Saxon, Hilebrand qui, en 1785, exécuta cet instrument.
Fleicher, facteur à Hambourg, avait déjà donné, en 1715, le
4
50 CLA
nom de clavecin-luth à celui qu'il avait construit et qui était
garni d'un double rang de cordes en boyau.
CLAVECIN OCULAIRE. On dit que cet instrument fut
inventé, au XVIII® siècle, par le Père Castel, qui l'apporta
en France à cette époque. — Les sept couleurs primitives
correspondaient, d'après lui, aux sept notes de la gamme;
lorsque les touches du clavier étaient abaissées, elles décou-
vraient, sur une sorte de clavier, certaines couleurs. On
rappelait aussi Clavecin des couleurs.
CLAVECIN ORGANISÉ. Un jeu de flûte et di verser amélio-
rations, ajoutées par Delitz, de Dantzig, firent donner ce nom à
ce clavecin.
CLAVECIN PARFAIT-ACCORD. Luzzasco Luzzaschi.
de Ferrare, fit, en 1557, un instrument à clavier dont les touches
permettaient, par leur disposition, d'exécuter de la musique
dans les trois genres : diatonique, harmonique et chromatique.
Plus tard, en 1606, Transuntino, de Venise, construisit, pour
le comte de Novellara, un clavecin portant le même nom, qui
avait quatre octaves et jouait aussi dans les trois genres. Chaque
octave comprenait trente-et-une touches.
CLAVECIN ROYAL. Wagner, de Dresde, perfectionna
l'idée de Delitz en ajoutant, en 1786, un jeu de flûte au
clavecin.
CLAVECINS SINGULIERS. Sous ce nom, l'encyclopédie
de Diderot et d'Alembert, donne la description de deux genres
de clavecins qui, vers la fin du XVIIP siècle, marquent une
progression certaine dans la facture de ces instruments. Un des
deux, inventé par un prêtre napolitain, avait ses sautereaux
munis d'une sorte d'échappement. L'autre portait un appareil
transposant le clavier d'une quarte.
CLAVECIN TRANSPOSITEUR. Des chevalets mobiles,
exhaussés par une pédale, faisaient changer, selon la place,
qu'ils occupaient, tout le diapason du clavecin à la fois. C'est à
Gatane, vers 1750, que ce clavecin fut inventé, mais on n'a pas
conservé le nom du facteur qui eut l'idée de le construire.
CLAVECIN VERTICALé Instrument à clavier et à cordes
CL A 51
métalliques placées verticalement, en usage en Italie, au XYII®
siècle. On imagina le clavecin vertical afin de tenir moins de
place dans les appartements ; habituellement, il n'avait que
quatre octaves et demie d'étendue.
CLAVECIN- VIELLE. Instrument dont les cordes sont
mises en vibration, par le frottement d'une roue fonctionnant
à l'aide du pied de l'exécutant. — Cuisinié en fut l'inventeur,
en 1708, et Gerli le perfectionna en 1789.
CLAVECIN-VIOLE. Instrument dont lés cordes, mises
en vibration par une roue faisant fonction d'archet, était appelé
Geigenwerh ou Gambenwerh^ et fut imaginé par Hans Heyden,
à Nuremberg, vers 1600.
CLAVECIN VIOLLE. Instrument formé de cordes de
boyau, mises en vibration par de petites roues frottées de colo-
phane. C'est Risch, à Weimar, qui l'inventa en 1710.
CLAVI-ACCORD. Lebeau d'Aubel imagina, en 1857, un
appareil ainsi nommé et s'appliquant sur l'orgue pour en
simplifier les accords. On l'appela aussi l'Organiste du
village.
CLAVICEMBALUM» Nom donné au clavecin primitif, au
Moyen- Age.
CLAVICOR. Cor à pistons, propagé en France en 1838, par
Guichard et par Danays, de Paris. C'est aussi le nom primitif
du Saxhorn-baryton. Il y en eut en mi hémoh en r(f, en ut et
en si bémol. Cet instrument était destiné à remplacer l'Ophi-
cleïde- Alto .
CLAVICORDE. On a donné quelquefois ce nom à l'ancien
Manichordion ou épinette primitive Voyez Ma^nighordion).
CLAVICORDE (Clavicordium). Clavecin perfectionné à
l'aide de baguettes de laiton, substituées aux becs de plume,
afin de frappper les cordes. Cet instrument est d'origine
allemande. Un autre genre de clavicorde, produisant des sons
filés, fut invanté par Kaufmann, de Dresde. Le nom du
Clavicorde, en latin, est Clavicordium. C'est sous ce nom qu'il
fut connu au XV* siècle. Au XVI« siècle, il se composait d'une
caisse carrée, oblongue, à clavier de trente-huit touches. Le
52 CLA
Manicordion était une amélioration du Clavicorde. Le Clavicorde
a précédé TÉpinette.
CLAVICORDE VERTICAL. C'est Varpanetta qui, c«rtai-
nement, a donné l'idée de construire le Clavicorde Vertical,
vers 1525.
CLAVICITHERIUM. Instrument à cordes verticales du
XV** siècle ; les cordes les plus longues se trouvaient à droite,
et les plus courtes à gauche. On l'appelait aussi Cithare à cla-
vier ; c'est la combinaison du Psaltérion, du Tympanon et de
l'antique Monocorde, qui donna naissance au Clavicitherium.
CLAVI-CYLINDRE. Cylindre en verre, tournant sur des
cordes et produisant des sons, par un mouvement de rotation ;
il fut inventé, en 1808, par Chladni de Wittemberg et perfec-
tionné en 1819.
CLAVICYLINDRE. Sorte d'harmonica à gobelets, imaginé
par Chladni.
CLAVIER. Rangée de touches de bois recouvertes de
plaquettes d'os ou d'ivoire, représentant les notes naturelles de
la gamme et d'autres en bois noir ou en ébène pour les notes
diézées ou bémolisées. Ces touches ont une échancrure en
dessous et en dessus, dans laquelle glisse une pointe qui les
maintient. Les pianos, les orgues, les épinettes, les clavecins,
etc., sont munis de claviers. Les claviers ont été primitivement
d'une octave. Les claviers des pianos modernes en ont sept et
quelquefois huit.
CLAVIER DE POCHE. Sorte de clavier muet portatif,
inventé en 1856, par Philcox, pour développer l'agilité des
doigts.
CLAVIER GÉOMÉTRIQUE. FoUy inventa, en 1845, cet
instrument original, mais non pratique.
CLAVIER HARMONIQUE TRANSPOSITEUR. Clavier
se déplaçant, afin déjouer dans tous les tons sur l'orgue. C'est
Masson qui l'appliqua à cet instrument, en 1846.
CLAVIER MIL-ACCORDO. Système appliqué à l'orgue,
par l'abbé Laroque, en 1844, afin de faire résonner plusieurs
tuyaux en n'abaissant qu'une touche.
CLA 53
CLAVIER PNEUMATIQUE. Talon, en 1855, appliqua ce
système aux claviers en général, et principalement pour les
orgues.
CLAVIER-TRANSPOSITEUR. ^Clavier supplémentaire,
placé sur celui d'un piano, ou glissant seulement de demi-tons
en demi-tons, dans Tharmonium, ce qui permet de jouer dans
différents tons, certains morceaux, tout en les lisant dans le ton
écrit. Pleyel-Volff, sont les inventeurs du clavier transpositeur
pour pianos.
CLAVIER TRANSPOSITEUR A PISTONS. Darche, de
Paris, inventa, en 1845, une boîte contenant deux rangs de
pistons, dont la moitié était destinée aux morceaux dans des
tonalités majeures, et les autres pour les tons mineurs. Lorsque
rexécutant appuyait sur un des pistons, la note et l'accom-
pagnement sortaient simultanément. Lespistons transmettaient
le mouvement à des rouleaux de bois qui faisaient manœuvrer
des baguettes; celles-ci agissaient sur des pelotes de bois
appuyant sur le clavier. Le mécanisme posait directeriaent sur
l'instrument.
CLAVI-GRADE. C'est un système destiné à délier les doigts
des pianistes, inventé par Lahausse, en 1855. Cinq touches se
raidissent en vissant plus ou moins un ressort à boudin.
CLAVI-HARPE. Genre de harpe à clavier, inventé en 1819
par Dietz et Second.
CLAVI-LTRA. Instrument à clavier, mais ayant comme
forme une harpe garnie de touches agissant sur la corde
comme un plectre. C'est Jos. Bateman qui l'imagina, en 1814.
CLAVI-MANDORE. Mahr, de Wiesbaden, construisit, en
1788, cet instrument à clavier, qui rappelait la mandore par le
son aigrelet.
CLAVIORGANUM. Sorte de piano carré ajusté au-dessus
d'un orgue, et dont les pédales peuvent séparer ou assembler
les effets. L'instrument est dû à Zumpe et à Buntebart, qui
l'exécutèrent, en 1774, à Londres.
CLAVI-OROUE. Clavecin muni d'un ou de plusieurs jeux
d'orgues.
54 CEI
CLAVIPHONE. Genre d'orgue portatif inventé par Le
Toulat, en 1847. Cet appareil était muni d'une soufflerie et d'un
double clavier.
CLAVI-TUBE. Instrument de cuivre, inventé, en 1817, par
Hallary. Il est composé d'un tube recourbé et allongé en trois
parties. L'étendue comprend, du si bémol au-dessus de la clef
de sol, jusqu'au sol au-dessus des cinq lignes.
CLA- VIOLA. En 1847, Papelard imagina cet instrument à
clavier, sans corde, qui consistait en un sautereau armé d'un
bec d'acier, placé au bout de chaque touche et pinçant une lame
vibrante.
CLA-VIOLIN. Ch. Schmidt, en 1824, construisit cet instru-
ment à clavier, qui imitait les sons d'un instrument à archet.
CLEF. Pièce métallique formée d'une tige portant une
goupille jouant dans deux supports et terminée par une surface
plate où légèrement creuse, sur laquelle est placé un tampon
de peau. Ce tampon vient boucher hermétiquement l'orifice
creusé sur un tube cylindrique. En appuyant le doigt sur la
tige de la clef, le tampon se soulève et livre passage au souffle
de l'exécutant pour produire un son différent. Les instruments
à vent, en bois ou en métal, sont généralement munis de clefs.
CLEF A ACCORDER. Sorte de tige de fer, portant à la
base un trou carré ou hexagonal qui entre dans la tête des
chevilles des pianos, des harpes, des cithares, etc., pour monter
ou descendre les cordes. La partie supérieure des clefs se
termine par une tige transversale ou en queue, munie d'un
manche, afin de former levier dans l'effort nécessaire à la
tension des cordes.
CLEPSIAMBE. Sorte de cithare grecque.
CLEPSYDRE. Genre d'orgue hydraulique des Grecs, appelé
aussi Hydraulicon. L'invention est due à Clepsydius.
CLIQUETTES DE LA GUINÉE. Sorte de castagnettes
enveloppées dans une carapace de tortue.
CLIQUETTES. Castagnettes primitives, formées de deux
ou de trois morceaux d'os ou de bois, placées entre lés
doigts et dont on fait frapper les deux extrémités l'une contre
CLO 55
l'autre. Ces cliquettes étaient souvent montées sur des
charnières. Au XVP siècle, on ajouta un grelot sur leur partie
supérieure et on les considéra dès lors comme un instrument.
Les lépreux étaient obligés de signaler leur présence, gu
Moyen-Age, à Taide de cliquettes.
CLOCHE. En allemand, Glocke; en anglais, Bell; italien,
Campana. Instrument d*airain utilisé dans la Campanie dès
les premières années du V* siècle, mais connu en Chine depuis
les temps les plus reculés. Les différentes parties de la cloche
sont les anses ou anseaux, le cerveau ou sommet, le battant;
le gros rebord se nomme panse ou patte ; le bord aigu, recou-
vert par une sorte de tore, est appelé faussures. Le bronze,
l'airain, rarement l'argent, sont les métaux employés; un battant
ou battaîl sert à frapper les parois intérieures et les fait vibrer.
Les cloches, assemblées en nombre assez considérable et corres-
pondant à un clavier ou à un mécanisme spécial, s'appellent
Carillon (Voyez ce mot). Selon le Père Bonanni, celle de
Notre-Dame de Paris pesait quarante mille livres et nécessitait
reflfort de vingt quatre hommes pour la mettre en mouvement.
Celle de Moscou pèse trois cent quatre-vingt-quatorze mille
livres, et, lorsqu'on voulait la sonner, avant l'accident qui la
brisa, il fallait l'eflFort de cent hommes. Pline assure qu'on mit
des clochettes dans le tombeau de Porsenna. Baronius prétend
que les cloches furent ainsi nommées au VIIP siècle. Les
criminels des Turcs portaient au cou (XVII* siècle), une petite
clochette qui avertissait le peuple de s'éloigner d'eux. La
clochette était connue dès l'antiquité ; dès le VI* siècle, Grégoire
de Tours parle de l'usage de la cloche de dimensions agrandies
et différentes de la clochette. Les mahométans ont horreur de
la cloche. Ils détruisirent, dans leurs conquêtes, toutes celles
qu'ils rencontrèrent.
CLOCHETTE. Petite cloche. En allemand Glockchen; en
vieux français Clokeie^ clocète. Au Moyen- Age, on s'en servait
pour les concerts d'instruments, on en , mettait aux habits, aux
harnais et même aux toitures de maisons. Au X* siècle,
certaines danses ne se faisaient qu'au bruit des clochettes. Le
56 COL
Bombulum (Chapeau chinois), du XII* siècle, était garni de
sonnettes. Les gentilshommes du XIV® et du XV* siècle
portaient au cou de grosses chaînes d'or souvent terminées par
une clochette ou un grelot. A la fin du XV% les bouffons de
Cour avaient seuls des clochettes ou grelots suspendus à leurs
costumes.
CLOCHETTES D'ORCHESTRE. Petites cloches usitées
dans les orchestres bruyants du Dahomey (Afrique).
CLOCHE DE FER. Cette cloche est surtout utilisée pour la
danse, dans le Soudan.
CLOCHE DU CLERGÉ. La cloche du clergé était en usage
en Italie, depuis 1350, principalement dans les processions
solennelles; c'était un clerc qui la portait à l'extrémité d'un
long bâton surmonté d'un ornement pontifical. La clochette
était mise en vibration par une tige mobile à laquelle une corde
était fixée.
CODOU. Mot désignant la partie inférieure des flûtes
anciennes faites d'une corne de veau et, par la forme évasée,
ressemblant à une cloche.
COLACHON. Selon les uns, c'était une sorte de luth à trois
cordes, dont on faisait usage en Italie, aux XVI* et XVII* siècles,
suivant d'^autres, c'était une mandoline à long manche, montée
de six cordes. Il est probable que ces deux instruments furent
nommés Colachon; ce n'est que par le temps, que de trois
cordes on arriva à en mettre six et à en varier un peu la forme.
Le Colachon avait de quatre à cinq pieds de long ; l'accord à
vide était d'octave en quinte. La table était, soit en bois de
sapin, soit en parchemin, soit en verre.
COLASCIONE. Genre de luth, encore employé en Sicile. Au
dire de Micali, une peinture de l'antique ïarquinies en donnait
déjà la reproduction.
COLISON ou COLISSON. Instrument à percussion, inventé
en Pologne, vers 1780. Ce sont des baguettes de bois dur
frappant sur des cordes. ^
COLOPHANE. Sorte de résine distillée, mélangée d'essence
de térébenthine, formant un mélange servant à frotter les crins
CON 57
de Tarchet pour mieux gripper sur les cordes. Cette composition
fut inventée à Golophoiï, en lonie. Jean-Baptiste Vuillaume,
de Paris, fabriquait une colophane spéciale, très appréciée des
artistes.
COMBOU. Trompette indienne ayant un son aigu.
COMPENSATEUR. Appareil inventé par Ad. Sax, et
appliqué aux instruments de cuivre pour modifier le son à
volonté par la longueur du tube.
COBiPONIUM. Instrument adapté à l'orgue, et inventé par
Vinkler, d'Amsterdam, vers 1820. Il servait à improviser des
variations, et le rapport qu'en firent MM. Blot et Gatel, à
l'Institut, est tout à fait élogieux. Les secrets de combinaison
de cet instrument sont morts avec l'auteur.
CONCERTINA. Accordéon hexagone, usité principalement
en Angleterre et en Allemagne.
CONCERTINA. Système d'Orgue expressif; une des combi-
naisons les plus ingénieuses, dues à l'imagination créative de
M. Debain, de Paris. La soufflerie se composait de deux boites
semblables aux plateaux d'une balance ; celle de gauche servait
à l'accompagnement, celle de droite au chant. Cette invention
fut cédée, en 1839, à MM. Alexandre Jacob. Il ne faut pas
confondre cet instrument avec TAccordéon-Goncertina.
CONQUE MARINE.lInstrument primitif, représenté souvent
dans la mythologie, et formé d'une corne d'animal : on l'appelle
Sanhha, Goihuhha, Barasaha^ Sughosa, Ananta Vijaya ou
Sringa chez les Indiens.
CONSONNANTE. Genre de Clavecin-Harpe, inventé au
XVIIIe siècle, par l'abbé Du Mont. C'était un grand piano dont
les cordes étaient placées des deux côtés de la table, on les
touchait comme celles de la harpe.
CONTRA-HORNE. Genre de sax-horn alto, construit par
Lamferhoff, de Berlin, en 1845.
CONTRALTO (en bois). Forme d'Alto, imaginée, en 1855,
par J.-B. Vuillaume, luthier de Paris; les éclisses sont plus
élevées et par conséquent plus fortes que dans les Altos
ordinaires.
l
58 COR
CONTRAVIOLONE. Nom donné en Italie, au XVIP siècle,
à la contrebasse.
CONTREBASSE A CORDES. En anglais : DouMe-base.
En allemand : Grosse-baszgeîge. En italien : Contrabasso,
Ancien Violone; le plus grand instrument de la famille
des Violons. La Contrebase , résonne à Toctave basse du
violoncelle; elle est as trois à quatre, et même à cinq
cordes. Celle à trois s corde donne les notes la, ré, sol ;
. celle à quatre donne sol, ré, la, mi, et sonne par quinte
à partir du sol grave; étant accordée en quartes, il est facile de
faire une gamme entière sans démancher; elle est surtout
employée en Allemagne ; celle à cinq cordes donne : fa grave,
la, ré, fa dièze, la. L'étendue de la Contrebasse est de deux
octaves au moins, de mi grave à sol, pour celle à quatre
cordes, et de sol à sol, pour celle à trois cordes. Dragonetti et
Bottesini sont les virtuoses de la contrebasse.
CONTREBASSE D'ORGUE. Jeu d'orgue renfermant des
tuyaux de seize ou de trente-deux pieds, ouverts ou fermés,
selon la puissance de Torgue.
CONTRE-BASSE EN CUIVRE. Appelée aussi basse
monstre. C'est un instrument à quatre pistons et le plus volu
mineux de tous ceux employés dans les musiques militaires ; il
y en a en si bémol, en mi bémol.
CONTRE-BASSON. Instrument en bois, à anche, semblable
au Basson, mais plus grand, et sonnant à une octave plus bas,
du ré grave au la ; il est muni de six ou de quinze clefs, et a
' remplacé dans l'orchestre moderne la Contre-Basse de Bombarde,
appelée en Italie, Bombardone.
CONTRE-FLUTE. Flûte large par le milieu, dont parle
Eutiapel dans ses Contes.
CONYVI. Flageolet péruvien à cinq trous.
COR. En allemand et en anglais ITorn, en italien Corno.
Instrument à vent et à embouchure, usité surtout pour la chasse,
depuis les temps les plus reculés. Il est formé d'un tube
métallique, de cuivre, de laiton ou de bronze, ouvert des deux
bouts ; c'est à l'aide des lèvres, qui sont plus ou moins pressées,
COR 59
que Ton rend les différents sons ; avec les tons de rechange,
pour le cor d'harmonie (Voyez ce mot), on en abaisse ou on en
élève la tonalité. La musique de cor est presque toujours en ut,
excepté pour certains solos ; cet ut devient un ré^ mi ou fa, et
tout le système des aliquotes change en même temps que la
tonique. L'exécutant voit ut^ mi^ sol^ etc., sur le papier, et
Foreille entend ré^ fa^ la^ etc., selon que l'instrument est disposé
d'après le ton indiqué. La main placée dans le pavillon, maîtrise,
avec les lèvres, la colonne d'air et fait articuler les sons bouchés.
La musique pour cor étant toujours en ut majeur^ les
morceaux doivent porter l'indication du ton qui doit être ajusté
à l'instrument. L'étendue du corps est de trois octaves et plus,
à partir du contre-ut au-dessous des lignes, à la clef de fa
jusqu'au contre-ut et même au contre-sol au-dessous des lignes
de la clef de soi. Il y a dix corps ou tons de rechange, savoir :
les tons de si bémol bas, ut^ ré^ mi bémol, m^ /te, soU Id bémol,
Za, si bémol haut. Au Moyen-Age, les cors pour la chasse
étaient en laiton, en corne, en ivoire, en cristal et quelquefois
en bois. Le manuscrit anglo-saxon du VIII® siècle, de la
Bibliothèque Cottonienne, mentionne un cor d'une dimension
extraordinaire. Au musée du Conservatoire de Paris, celui qui
est inscrit sous le n» 412, mesure plus de 1™ 25 de longueur ;
c'est une énorme défense d'éléphant. Rameau fit entendre le
cor pour la première fois, dans un de ses opéras, en 1759, à
l'Académie royale de musique ; le cor d'harmonie ne fut connu
que bien plus tard.
COR-ANGLAIS. (En italien Como inglese et Voceumana).
C'est l'alto du hautbois, nommé Cor-Anglaisjp^rceqne ce furent
des musiciens de ce pays qui le propagèrent dans les autres
contrées. Il a remplacé le Cromome dans les orchestres.
Primitivement il n'eut que deux clefs ; ce fut de 1775 à 1780, que
Ferlendisde Bergame le perfectionna. Le Cor- Anglais moA^vn^
sonne à la quinte du hautbois ; le pavillon, un peu recourbé, a
la forme d'une boule, et son étendue %si un peu plus de deux
octaves, du fa^ au-dessous des lignes de la clef de sol^ au si
bémol au-dessous des lignes.
60 COR
4
COR A CYLINDRES. C'est absolument le même instrument
que le cor à pistons, mais les cylindres faisant les fonctions de
pistons ont un mouvement de rotation de droite à gauche au
lieu de s'afifaisser de haut en bas comme les pistons.
COR A PISTONS ou COR CHROMATIQUE. (En alle-
mand Ventil-Horn). Instrument du genre de la trompette ; la
colonne d'air, à l'aide des pistons, est raccourcie dans des
proportions donnant des demi-tons, ce que le corps d'harmonie
ne produit que par des sons bouchés. C'est Jean Henri Stœlzel
de Scheilbemberg, qui l'inventa et le perfectionna en 1814.
COR D'APPEL. Ancienne corne de chasse ou cornet.
COR DES ALPES. Instrument pastoral appelé aussi Alp-*
Jiorn et employé surtout dans les montagnes de la Suisse. C'est
une trompe en bois entourée de bandelettes en écorce d'arbre.
COR DE BASSET. Variété de la clarinette primitive
ressemblant au Cor-^n^Zaz5, appelée aussi Clarinette-alto ^i
Cornetto-hassetto en Italien. Le tube du pavillon est recourbé.
Fo2/e^ B A.ssEr- H orn). Cet instrument sonne une quinte plus
bas que la clarinette en ut, et s'étend, du fa au-dessous des
lignes de la clef de /a, au sol au-dessus des lignes de la clef de
soi. On pense qu'il fut inventé à Passau, en Bavière, vers 1770.
COR DES TURCS. Petit cornet peu usité, qui avait six
trous en dessus et un en bas.
«
\\ CORDE. En allemand, Seite; italien, Corda; anglais, Cord.
Fil cylindrique ayant plus ou moins de diamètre et fait, soit de
métal, soit de substances, telle que le lin, la soie ou le boyau. Plus
la corde est grosse, plus les vibrations qui lui sont imprimées sont
lentes , par conséquent le timbre grave et réciproquement. Les
lyres grecques et les harpes égyptiennes étaient primitivement
munies de cordes de lin ; Linuus les inventa, dit-on, ainsi que Tart
de filer les boyaux des animaux. Actuellement, elles sont en boyau
ou en soie filée pour les violons altos, violoncelles, contrebasses,
guitares et les harpes ; en acier pour les pianos, les cithares, .
les psaltérions, etc. Afin de donner un timbre plus bas aux
cordes basses, on les entoure d'un trait métallique de cuivre,
retardant les vibrations, et donnant ainsi un timbre plus grave
COR 61
pour éviter de leur donner une trop grande dimension.
COR DE CHASSE. Instrument à vent et à embouchure en
usage depuis les temps les plus anciens et appelé souvent Trompe
de chmse (Voyez ce mot), parce qu'il était surtout employé pour
la chasse. Il a la forme circulaire et fut aussi nommé Cor
redouUé. En Italie on fit des cors en verre; au XVP siècle, ils
étaient très petits, et au XVIP siècle, ils étaient, au contraire,
très grands. C'est de cette époque que datent les Trompes-Msses.
On introduisit pour la première fois cet instrument, à l'Opéra,
en 1735. De nos jours, certaines fanfares militaires sont pour-
vues de trompes de chasse ; l'effet produit est très agréable. Un
large pavillon termine les tubes en spirales. La longueur totale
du cor de chasse ordinaire est de trois mètres. En alUemand,
Wald'horn; italien, corno da caccia; anglais, hunting-horn.
COR D'HARMONIE. Instrument du genre du cor de
chasse, mais perfectionné à l'aide de pompes de rechange et à
l'aide de notes bouchées à la main. On s'en servit d'abord en
Allemagne, dans les orchestres, au milieu du XVIP siècle et à
l'Opéra de Paris, en 1735. Eii 1750, Hampl fut le premier qui
employa les notes bouchées à la main. Les musiques militaires
furent pourvues de cors d'harmonies jusqu'à ce qu'on le rem-
plaça par l'alto. Un allemand, Haltenhorf, inventa le cor à
coulisse et Stœlzel, en 1814, le cor chromatique à trois pistons.
Les plus célèbres cornistes furent : Duvernoy, Kinn, Domnich,
Meifred, Gallay et Mohr. Besson, l'éminent facteur d'instru-
ments de cuivre, a construit des cors avec différents métaux, et
même avec du carton;. la colonne d'air étant bien conditionnée,
l'instrument était parfait de son. Ce même facteur fit une appli-
cation perfectionnée au cor d'harmonie, du barillet simple ou
double pour transpositeur. Il y a aussi des cors d'harmonie à
pistons facilitant l'exécution.
CORDIER. Queue, en bois de buis ou d'ébène, servant à
attacher les cordes à la partie inférieure des violes, des violons,
des altos, de» violoncelles et des contrebasses. Ce cordier est
maintenu à un bouton par un lien de boyau passant dans
deux trous en-dessous du cordier.
i
62 COR
CORDOLOLIOU. Genre d'harmonicorde de la forme d'un
piano vertical, avec frottement de roues sur des cordes métal-
liques; ces roues fonctionnent à Faide des pieds.
CORDOMËTRE. Instrument servant à mesurer la grosseur
des cordes, afin de maintenir l'accord dans un degré égal de
force.
COR OMNITONIQUE. Sax père, inventa, vers 1825, cet
instrument, qui est garni de tous les tons usités en musique.
COR RUSSE. Instrument de cuivre muni d'une embouchure
et formé d'un tube terminé par un pavillon. Le cor Russe ne
donne qu'une seule note. Des orchestres complets formés de
ces instruments sont parvenus, en comptant les mesures et en
jouant les notes au tour venu, à exécuter automatiquement des
symphonies.
CORISTA. Nom italien du diapason. i
CORN BUELIN (Corne de bœuf). Instru^ient favori des
anciens Kymris ; il était fait en métal ou en ivoire et s'appelait
aussi Corn hirlas^ (cor bleu). Corn cyweithas, (cor de la
maison) et Corn chychwin (cor de guerre). On s'en servait aussi
pour boire l'hydromel. C'est surtout au pays des Galles qu'il
fut usité.
CORNEMUSE. En anglais : Bay-Pipe ; en allemand :
Sackpfeife; en italien : Cornamusa. Instrument pastoral pro-
duisant des sons nazillards. Une outre remplie d'air alimente
trois chalumeaux, dont le plus gros ne fait entendre qu'une
note et s'appelle bourdon; l'autre, donnant la dominante, est
nommé petit bourdon; le troisième est percé de trois trous,
pour servir à moduler. On appelle aussi cet instrument Musette;
les Romains, qui l'avaient reçu de Syrie, le désignaient sous
le nom de Tibia Utricularis^ ou Utricuîarium; les Grecs,
Symphonia; les Hébreux, Soumponiah; en langue romane,
Chiffonie et Symphonie; les Indiens, Tourti et Magoudi; les
Arabes, enfin, l'appellent Souggarah et ArghouL
CORNEMUSE DE POITOU. Cornemuse en usage autrefois
dans le Poitou ; elle n'avait pas de petit bourdon ; c'est ce qui
la distingue des autres instruments de ce genre*
\
COR 63
CORNE et CORNE D'APPEL. En allemand, Jlorn ; en
anglais Corn;. en italien, Corno. Instrument fait avec la corne
de bœuf, appelée aussi corne de signal; celle-ci est souvent
en cuivre et sert pour la chasse, pour les chemins de fer, etc.
CORNET. Instrument fait de corne d'animaux et muni d'une
embouchure. Au Moyen-Age, les cornets étaient en bois de
poirier ou de cormier, recouvert de cuir noir. Les dessus ou
discant avaient six trous ; les ténors en avaient sept, dont une
clef pour boucher le septième. Ces instruments avaient deux
octaves chromatiques. Le cor circulaire ne fut connu qu'à la fin
du X\T siècle. Le cor de pin était fait d'un morceau de ce bois ;
les pâtres de la Suisse s'en servaient depuis le XIIP siècle ;
il est aussi appelé cor des Alpes ou Alp-Horn. Le cornet des
troupes russes est en ré.
CORNET. Le plus ancien des instruments qui soient encore
usités. Il est en corne et percé de sept trous, dont l'un sert au
pouce de la main gauche, de la longueur de deux pieds. Son
étendue est du la, clef de violon au-dessous des lignes, jusqu'au
mi au-dessus des lignes.
CORNET A PISTONS. En allemand: Veniil ho^m. En
anglais. Cornet; en italien, Cornetta. Instrument de cuivre, de
nickel ou de cuivre argenté, à trois pistons, remplaçant avanta-
geusement la trompette, donnant toutes les notes chromatiques.
A son origine, il n'avait que deux pistons; c'est Halary, de
Paris, qui en fit les premiers essais, mais il était impossible
de donner toute la gamme chromatique; on en ajouta alors un
troisième. Sept tons accompagnaient cet instrument; on ne se
sert presque plus, actuellement, que de ceux de si bémol et de
la. Une embouchure métallique, de cuivre, de nickel, de cuivre
argenté, et même de cristal se place à la partie supérieure d'un
des tons qui s'adaptent au tube d'embouchure. Ce tube aboutit
au premier piston et, après plusieurs circuits, se termine par un
pavillon qui est tenu parallèlement à la bouche de l'exécutant.
Quatre pompes servent à accorder le cornet à pistons et à vider
l'eau qui pourrait atténuer le son. Les tons du cornet à pistons
sont ceux de si bémol, la, ré bémol, mi naturel, fd», soU la bémol.
1
64 COR
La musique pour cornet à pistons s'écrit à la clef de sol; son
étendue est de deux octaves et demie, du fa dièze au-dessous
des lignes jusqu'à rt«^ au-dessus des lignes. Sax fit des cornets
à cinq et à six pistons. Les cornets à pistons, de Besson, de
Paris, sont, à juste titre, les plus renommés. Depuis 1854, cet
intelligent artiste, cet inventeur distingué, ne cessa de perfec-
tionner tous les instruments de cuivre, et particulièrement le
cornet à pistons, qui porte son nom. En 1854, il obtint un brevet
pour le deuxième perfectionnement apporté à la perce des
pistons; Tannée suivante il fit \is2ige de Isi perce pleine^ ainsi
qu'en 1867 et en 1875. On lui doit aussi un système de
transposition appelé TranspositeurBesson-Girardin, un système
à quatre pistons, dont un à registre, produisant huit positions
indépendantes ; une nouvelle forme Besson, à pavillon mobile^
et enfin une application perfectionnée du Barillet simple ou
double pour transpositeur, adapté spécialement, avec beaucoup
de succès, aux cornets à pistons et aux cors d'harmonie. En
rejetant toute idée de réclame, incompatible avec le but de notre
travail, il nous semble convenable de rendre un hommage
mérité à la mémoire de Besson et à sa famille, qui continue la
fabrication artistique et vraiment supérieure des instruments
de cuivre, fabrication faisant honneur à notre pays. Besson,
ayant reconnu que, dans la production des sons, la matière
n'est rien, mais que les proportions seules influent sur la
résonnance, fit de nombreuses expériences et créa des instru-
ments en plâtre, en carton, en gutta-percha même, qui donnèrent !
des sons surprenants. Par sa persévérance, Besson n'a pas peu
contribué au développement de la facture instrumentale. i
CORNET A BOCAL. Genre de serpent, très petit, à six i
trous et à une clef; on l'appelle aussi basse de cornet.
CORNET A BOUQUIN. Italien Cornetto curvo ou Cor
nettino; allemand et anglais Zinhe. Instrument à vent primitif
dont se servirent les pâtres et employé ensuite dans les
orchestres; sa forme a beaucoup varié, tantôt cylindrique,
tantôt hexagone, le cornet à bouquin était soit en bois recouvert
de cuir noir, soit en ivoire. Son étendue était d'une seizième ; il
i
COR 65
était percé de sept trous dont le dernier se trouvait bouché à l'aide
d'une clef. C'est surtout au XVI* et au XVIP siècles qu'il fut le
plus en vogue.
CORNET ACOUSTIQUE. Instrument s'introduisant dans
roreille et ayant la propriété de transmettre les sons à l'organe
auditif des personnes sourdes. Ce n'est pas comme instrument
de musique que le cornet acoustique est mentionné ici, mais
comme appareil transmetteur du son.
CORNET DE CHASSE. Instrument en bronze, tenant le
milieu entre la trompe de chasse et le cornet à bouquin, en
usage en Italie vers le commencement du XVI« siècle. Le
pavillon, le plus souvent hexagonal jusqu'au milieu, portait à
cet endroit un renflement muni d'un anneau et se terminait
dans sa partie supérieure par un tube rond et par une embou-
chure. Il y eut aussi des cornets de chasse en corne et en fer.
CORNET D'ALEXANDRE. Cornet monstre, soutenu par
des chaînes et des pieux, que le manuscrit Sécréta Aristotelis
ad Aleœandrani, de la Bibliothèque du Vatican, indique en
l'accompagnant d'un dessin. Ce cornet, avait, paraît-il, un
diamètre de cinq coudées.
CORNET-DE-POCHE (en anglais pochetcovnet), petit
cornet en cuivre en si bémol.
CORNET DE POSTILLON. Petit cornet de cuiviie dont se
servait les postillons ; au XV^ siècle, il y en eut en fer.
CORNET DE RÉCIT ou CORNET D'ÉCHO. Jeu. d'orgue.
CORNET MODÉRATEUR. Instrument de cuivre moderne,
système Gautrot, à perce oblique, donnant une parfaite régularité
de sons, qui ne diffèrent pas d'intensité lors(iue les pit^ons sont
levés ou abaissés.
CORNET SOLO TRANSPOSITEUR. Instrument de cuivre
à trois pistons, ayant un cylindre qui, en se mouvant à droite
ou à gauche, transpose par demi tons.
CORNETTINO. Petit cornet à bouquin, employé en Italie
au XVIIP siècle.
CORNETTO CURVO. Nom italien du cornet à bouquin.
CORNET-TROMPE. Instrument inventé par Sax, ayant la
5
66 COU
forme d'une très grosse corne de chasse, en cuivre, autour de
laquelle s'enroule extérieurement un tube en spirale. C'est le
premier essai de réduction de la trompe de chasse. M. Théodore
Grégoire, de Nancy, a perfectionné ce système en mettant les
tubes à l'intérieur ( Voyez Trompe de Lorraine).
GORNICEN. C'était, chez les Romains, le nom donné à
celui qui sonnait du grand cor circulaire, La barre transversale
servait à deux fins : pour lui conserver sa forme et pour aider
le trompette à le tenir solidement, en s'en servant.
CORNIEYLL. Chalumeau du pays de Galles, ainsi appelé
en Anglais ; Tanche, à simple languette est battante sur une
embouchure se vissant à la tête du tube de l'instrument qui
était terminé par une corne.
GORNO BASSO. Instrument en cuivre ou en bois, à six
trous et à clefs, ayant la forme du basson {Voyez Basset-
Horn).
GORNONE. Grand cor en fa grave, servant de basse
d'orchestre. C'est Serveny's, de Kenecgsgroff, qui le fit
construire.
GORNOON. Serveny's donna ce nom à un cor qu'il était
parvenu, à l'aide d'un système spécial, à rendre chromatique.
GORNU ROMAINE. Cor recourbé des Romains. Terminée
par un pavillon qui se tenait en l'air, la cornu était maintenue
dans sa forme circulaire par une tige de cuivre ayant quelque-
fois de la ressemblance avec un javelot. Le corps de l'exécutant
était entouré par l'instrument. Un spécimen, provenant de
Pompéï, se trouve au musée de Naples ; il donne les harmo-
niques 3 à 12; sa note fondamentale est soL
GORPS DE REGHANGE. Pièce mobile, se plaçant à volonté
dans certains intruments pour en baisser ou en hausser la
tonalité.
GOULISSE. Système adapté à des instruments simples afin
d'en augmenter la longueur on l'échelle musicale. La coulisse
est d'invention européenne.
GOURTAUD. Petit basson, qui se nommait aussi Cervelas,
selon la forme qu'il affectait. Le courtaud fut surtout employé
GRO 67
au XVI* siècle; il n'était à vrai dire qu'un basson raccourci.
L'intérieur de cet instrument renfermait six tubes destinés à
conduire l'air; le bois cylindrique, recouvert de cuir noir, était
«
percé de six trous et muni de trois clefs* L'étendue était de
trois octaves.
CQUEPPA. Trompette péruvienne militaire.
CRAB. Genre de castagnettes des Siamois; ce sont deux
bâtons courts que l'on frappe l'un contre l'autre.
GREAMTINE-CRUIT. Harpe mixte irlandaise.
CRÉCELLE. Instrument à percussion, en bois, à manche,
muni d'une roue à crans, également en bois. Par un mouve-
ment de rotation, un ressort pose dans chaque cran, en faisant
entendre un bruit sonore. Autrefois, pendant la Semaine-Sainte,
les offices étaient annoncés, surtout en Espagne et en Italie, à
l'aide de fortes crécelles ; c'est aussi un jouet d'enfant.
CREMBALE, CREMBALA, CREMBALUM. Instrument
de percussion des Romains, ressemblant à la Rabana des
Indiens. Ce sont des castagnettes métalliques.
CRÉPIT ACULUM. Instrument à percussion des anciens
Grecs ; c'était une sorte de hochet en métal, dans le genre du
sistre, garni de sonnettes, produisant un bruit métallique à
chaque mouvement qu'on lui imprimait.
CRIBLE. Tambour à main ; c'est le tambour de basque des
anciens.
CRINGA. Trompette indienne.
CRISHMA. Flageolet indian, se jouant par les narines.
CRISTALLOCORDE. Clavecin construit à Pp,ris, en 1781,
par un allemand nommé Boyer; il remplaça pendant un certain
temps le jeu des clochettes introduit, par Mozart, dans la Flûte
enchantée. Les cordes étaient en cristal.
CRODIAS. Nom des flûtes grecques.
CROMAMÉTRE. Rollès imagina, en 1827, cet instrument
pour accorder un piano sans être obligé de faire une partition.
CROMORNE ou KRUMHORN. Grand hautbois courbé,
originaire d'Allemagne ; le nom Krumhorn (cor courbé) fran-
cisé en celui de cromorne, l'indique. A mon avis, on peut le
68 CRO
considérer comme une transformation du lUuus pastoral des
anciens. Le cromorne était un chalumeau recourbé par le bas
en forme de crosse ; c'est pourquoi, en France, au commence-
ment du XVP siècle, on lui donnait le nom de Tournebout.
Dès le XV' siècle, il était très répandu ; Fétis pense qu'il exis-
tait déjà au XIIP siècle. On faisait usage de la famille complète
de ces instruments, qui se composaient d'un tube courbé en
bas et en haut, comme le saxophone moderne, percé de six
trous. A la fin du XV* siècle, on l'agrandit considérablement,
et on obtint quatre notes de plus ; ce fut le cromorne-basse. Au
XVIP siècle, il fut remplacé par le basson.
CHRONOMÈTRE. Terme employé en musique pour désigner
les instruments destinés à battre la mesure.
CROTALE. Instrument de percussion, employé dans le culte
de Cybèle, servant à accompagner la danse ; c'était toujours accou-
plées que l'on s'en servait. Les crotales étaient formées souvent
de deux cannes très courtes et fendues, ou de deux pièces
creuses de métal réunies ensemble par une poignée droite : on
tenait une de ces crotales dans chaque main et on les faisait
claquer, produisant ainsi un bruit rapide et vif comme les casta-
gnettes.
CROUMA. Sorte de crotales dont on se servait en Espagne
et appelées maintenant castagnettes.
CROUSMATA ou CAUSMATA. Castagnettes primitives
des peuples de l'ancienne Bétique.
CROWTH ou CRWTH. Premier des instruments à cordes
et à archet connus. La plus ancienne variété est le Triihani ou
Crwth à trois cordes. On pense que celui qui était muni de six
cordes fut usité depuis le XIP siècle ; la caisse était plus longue
que large : elle avait ciiKiuante-sept centimètres de longueur, sa
largeur inférieure avait vingt-huit centimètres, et sa largeur
supérieure en avait vingt-sept. La touche mesurait vingt-neuf
centimètres ; le manche, isolé au milieu, se trouvait rattaché
aux deux montants du haut. On posait l'instrument sur le
genou et contre l'épaule. L'archet était semblable â celui du
violoncelle ; le chevalet, placé obliquement vers la droite, avait
CYM 69
son pied gauche, long de sept centimètres, qui entrait dans la
caisse sonore par l'ouïe gauche et s'appuyait sur le fond, tandis
que le pied droit, haut seulement de deux centimètres, reposait
sur la table, près de Touïe droite. Le pied gauche faisait ainsi
fonction d*âme. Un cordier large tenait les cordes qui s'ajus-
taient à l'aide de chevilles fixées derrière et manœuvrant avec
une clef. Les deux cordes basses passaient en dehors de la
touche et se pinçaient avec le pouce. Le crovth trithant servait
aux ménétriers ; celui à six cordes fut en usage dans les Galles,
jusqu'à la fin du XVIIP siècle.
CRUCHE. On s'est servi longtemps, dans les campagnes-
d'Italie, d'une cruche en terre, munie d'un goulot, dans lequiel
on chantait des airs, en fermant plus ou moins Touverture de
ce vase, à l'aide^de la main.
CUISLEY-CUIL. Ancienne cornemuse irlandaise.
CUNO. Tambour colomJ)ien, très long de fût, et so frappant
avec une mailloche.
CUVETTTE. Partie de la harpe lui servant de base et
contenant le mouvement des pédales attenantes aux triangles
qui communiquent le mouvement au mécanisme de transpo-
sition.
CUYVI. Fifre du Mexique, à cinq sons différents.
CYLINDRE. Rouleau de bois ou de métal, muni de petites
pointes de cuivre ou d'acier correspondant pour les orgues de
Barbarie, à un mécanisme ouvrant certains tuyaux, et pour les
boîtes à musique, à certaines dents d'un peigne d'acier.
CYLINDRES A ROTATION. Pièces tournantes donnant,
dans un sens horizontal, le mouvement des pistons ; c'est prin-
cipalement dans les instruments allemands que ce système est
employé.
CYMBALES. Instrument d'airain ayant la forme d'assiette^
se frappant Tune contre l'autre et vibrant séparément par ua
mouvement de recul. Suivant la mythologie, les prêtres crêtois
en auraient fait usage en premier ; mais c'est pour le culte de
tlybèle, qu'assurément on les employa. Les cymbales fabriquées
par les Turcs et par les Chinois sont martelées ; c'est ce qui
70 DAI
leur donne un son si puissant et si pur, qui les faits préférer à
celles des autres pays.
CYMBALE DES ARMÉNIENS. Sorte de disque métal
lique muni de sonnettes placées sur 1er rebords de ce disque et
attachées par des tringles, qui, à Texemple de celles du sistre,
glissent dans les rainures. Cet instrument est fixé au bout d'un
long manche.
CYMBALISTA. Homme grec jouant des cymbales.
CYMBALISTRIA. Femme grecque jouant des cymbales.
CYMBALLIONS. Castagnettes métalliques des Grecs, ayant
la forme de petites coquilles creuses munies d'un rebord percé
de trois trous pour passer un cordonnet qui s'attachait au
pouce et au troisième doigt. Les cymballions furent importés
d'Orient en Grèce et sont appelées aussi Crembales ; c'est, en
réalité, un genre de crotales.
CYNNIRA ou CYNURA. Variété de la lyre grecque, tirant
son nom de Cynuras, roi de Chypre.
CZACAN. Flûte-canne, très en vogue, vers 1800, en Alle-
magne ; le son en était très doux. "On a écrit beaucoup de musique
pour cet instrument.
CZAKAN. Flûte allemande ayant la forme d'une canne.
D
»-DAB. Tambour arabe.
DACTYLION. Gymnase pour les doigts, inventé par
M. Henri Herz.
DACTYLIQUE. Flûte grecque pour la danse.
DAF. Instrument à percussion employé dans les Indes. C'est
un peu le même genre que le Deff, tambour de basque de
l'Algérie.
DAIREH ou DAIRE. Tambour de basque persan assez
semblable à l'ancien tambour de basque français.
DEM 71
DABIARU. Tambourin très ancien ressemblant à un
I
sablier.
DAMPHA. Tambour octogone indien, servant à accompagner
les chants religieux.
D AND AIN. Grelot du moyen-âge.
DARA. Sorte de grand tambour de basque des Indiens.
DARABOUKA, DARABOOKA ou DARABOUKEH.
Tambour égyptien dont le fût ressemblant à un vase à goulot,
est en terre cuite et se tient sous le bras gauche. C'est une feuille
de gros parchemin qui, le plus souvent, sert de peau de
batterie.
DARABOUKKEH. Tambour arabe, dont le fût est orné de
peintures, d'inscriptions ou d'ornements de nacre. C'est le même
instrument que le Daraboukah, à l'exception du fût qui est en
bois, au lieu d'être en terre cuite.
DARANDA. Tambour indien.
DARUBIRI. Sorte de guimbarde des Papous.
DATTLOGRAPHE. Pienne inventa, en 1827, cet instrument
qui, au moyen du toucher^ transmet les signes de la parole
entre un sourd et un aveugle.
DAULD. Cloche d'Ethiopie.
DAVIDSHARFE. Sorte d'arpanetta ou harpe pointue des
Allemands.
DÉGACORDE. Harpe à dix cordes des anciens, appelée aussi
Harpe de David. Caron, luthier de Versailles, inventa, en 1785,
une sorte de ihèovhQ nommé Décacor de français. Le Décacor de
anglais est une sorte de mandore à cinq rangs de doubles
cordes. L'abbé Vogler pense que cette harpe s'accordait dans
les tons de si, clef de basse, seconde ligne, [do, ré, mi, fa, sol,
la, si, do, ré. En 1828, CaruUi fit construire par Lucoste une
sorte de guitare à dix cordes à laquelle il donna ce nom.
DEFF. Sorte de tambour de basque arabe, dont les bords
sont larges ; une peau est maintenue à l'aide d'une ficelle qui la
serre flans une rainure pratiquée sur le petit fût.
DEIOS. Nom d'une flûte grecque.
DEMBES* Tambour du Loango, formé d'un tronc d'arl:)re *
T2 DIA
creusé et couvert de cuir ou de peîiu : une ouverture large de
deux doigts est ménagée au bas de cet instrument.
DEMI-CANON. On désignait quelquefois ainsi le psaltérion.
DENIS D'OR. Clavecin à pédales, inventé vers le commen-
cement du XVIIP siècle, et qui, dit-on, imitait le son d'un
grand nombre d'instruments à cordes et à vent.
DERBOUKA. Petit tambour arabe, moderne ; c'est aussi le
nom d'un petit luth à long manche, en usage au Soudan.
DESSUS DE CORNET. Instrument à vent des anciens, à
sept trous, formé d'une corne de bœuf.
DESSUS DE FLUTE A BEC. Instrument sonnant à Toc
tave au-dessus de la iaille ou flûte à bec, et dont la tablature
est la mtoie.
DESSUS DE FLUTE TRAVERSIÈRE. Instrument plus
petit de moitié que la flûte traversière, dont il a la même
tablature.
DESSUS DE VIOLE ou PAR-DESSUS DE VIOLE.
Instrument à six cordes et en bois, plus petit que Tancienne
viole, assez semblable au violon moderne. On le jouait surtout
en Italie, à la façon des pifferari.
DGNIRAF. Nom du fouet chez les Éthiopiens.
DHAI. Sorte de violon indien.
DHAK. Gros tambour indien se jouant avec deux bîxguettes
et se battant du côté droit.
DHOLA, Tambour indien, frappé avec une baguette et sus-
pendu au cou de l'exécutant.
DHOLAKA. Tambour indien avec fût très elliptique, se
jouant avec les mains.
DHOL. Tambour des Ourias du golfe de Bengale ; sa longueur
est de 0«s48; et le diamètre des membranes de 0'»,30.
DIAPASON. Petit instrument à branches en acier que l'on
frappe et qui, en résonnant, donne la note la ; il sert à accorder
les instruments et à donner le ton aux voix. Des variations
constantes dans le nombre de ses vibrations ont obligé l'État à
nommer une commission chargée de régler le nombre de ces
*' v brations, en donnant au type consacré le nom de diapason
DIS 73
normal. Ce dernier a 870 vibrations par seconde, à la tempéra-
rature de 15<^. Selon Hawkins, le diapason fut inventé par
l'Anglais John Shore, en 1711, mais un instrument de ce même
genre était employé déjà, avant cette époque, en Italie et se
nommait Corisia. Le diapason normal fut institué en France en
1859. On rappelle en anglais Tuning-forh, en allemand, Stivi-
QObeL Le mot diapason est le nom grec donné à Foctave.
DIAPASON JAULIN. — C'est le diapason à bouche ou ù
anche libre.
DIAPASON OMNICORDE. — Guichard l'imagina en 1854.
Cet instrument donnait exactement le son des quatre cordes du
violon, soZ, r^', la, mi,
DIAPASON WOLFSOHN. — C'est Wolfsohn qui, en
1844, imagina, à Paris, de construire ce diapason, auquel il
donna son nom.
DIAPAZORAMA. - En 1828 , Matrol construisit une
machine de ce nom, qui, donnant un accord invariable et une
justesse assez rigoureuse, était composée de seize diapasons ,
accordés par demi-ton en observant le tempérament.
DIAULE. — Double flûte grecque.
DICHORDON ou DICHORDIUM. — Trompette marine à
deux cordes, existant au XIV<^ siècle.
DICORDE. — Instrument grec à deux cordes, en forme d'un
carré long se terminant en pointe.
DIGITAL. — Magner construisit, en 1845, un petit appareil
ainsi nommé, servant à faciliter le travail des doigts pour
n'importe quel instrument.
DINDIMI. — Sorte de tambour de basque indien, muni de
petites cimbales résonnant à l'intérieur.
DIOPE ou DIOPIE. — Flûte grecque, dont les deux troua
se trouvaient à l'extrémité du tube.
DIRRIDJE. — Tambour arabe très allongé.
DISCANT-ZINKE. — Instrument à embouchure, muni
de six trous latéraux, usité en Allemagne au XVP et au
XVIP siècle. On pouvait voir un de ces instruments ù
l'exposition de 1878, à Paris, h la section belge de l'Art ancien.
74 DOM
DISCORDE. — Les peuples anciens possédaient cet instru-
ment, et les Egyptiens remployaient souvent. Il était dans le
genre du luth, mais avec un fond plat, et le manche, très
allongé, était muni de deux cordes.
DITAL-HARP. — Harpe anglaise à dix-neuf cordes,
possédant treize boutons servant à hausser les cordes d'un
demi ton. Elle fut inventée, vers 1816, par Edward Light et
perfectionnée par lui. Brinmayer donna ce nom, en 1830, à une
petite harpe portative qu'il fit construire.
DITTANACLASIS ou DITT0NELASI8. — Sorte de piano,
construit, en 1800, par MuUer, de Vienne. Deux claviers étaient
superposés Tun sur l'autre, et les cordes accordées à l'octave.
Une lyre, munie de cordes de boyau, était également jointe à
ce bizarre instrument.
DITTONKLAVIR. — Clavecin à deux claviers et avec Ivre
munie de cordes de boyau, inventé par MuUer, de Vienne, au
commencement du XIX* siècle.
DJAOUAK. — Petite flûte arabe, formée d'un roseau ouvert
percé de six trous, dont six sur le devant. Les sons du djaouak
sont semblables à ceux du flageolet ( Voir Djouwak).
DJOUWAK. — Flûte arabe, plus petite que la Guesba,
c'est-à-dire longue d'à peu près 25 centimètres, très répandue
en Algérie. Les Arabes, pour la fabriquer, la taillent dans un
tube de roseau. Il y en a qui sont encore de moindre
dimension.
DJUMPO. — Instrument indien, formé d'un cylindre en
terre cuite, dont le sommet est tendu d'une peau mince, sur
laquelle on racle un archet. On l'appelle aussi Djugo.
DODECACHORDON. — Lyre ou cithare grecque à douze
cordes.
DŒFF. — Tambour turc.
DOLEy DOHLE ou DHOL. — Tambour et tambourin des
Indiens.
DOMBOUR. — Violon primitif des Kalmouks, monté de
deux cordes en boyau.
DOMP. -- Grosse caisse octogone indienne.
Ml..-. 75
à jouer dans le mode
l: usage autrefois en
l^a-m'JâiintOjSAÉ (contrebasse primitive
ftw^OieOl?tl«W^8^ssi flûte d'accord ou
M^S^tt'W WtSE^'tt^''''^'1'^^' unfli^eolet
tt^® W' V'' ^^ '^ïiK'i'^'^u^^hures et quatre
;pté aux orgues et aux
harmoniums, au
moyen duquel, en
abaissant une
touche, on fait
baisser celle de
l'octave au-des-
sus.
DOUÇAINE
ou DULZAINA
(doussaine).—
Grand hautbois
des XV' et XVP
siècles, ayant de
huit à dix -huit
trous. Il fut intro-
duit en Espagne
(j_ par les Maures,
s; C'estaussilenom
_ K d'un instrument
'g'*Ë'!^l'*""2£""«" lorrain, appelé au
'SS"!S"K"'5b"'?î'™*"K* XVI« Siècle, dans
!*"* -1- -T- * ce pays. Grand
i:^îp^:^r^îjj£g4Î|^pe funèbre du duc
■ ♦..».■£•
^pîïrî^icé dans les jeux de
76 DUT
mutations; il sonne à Toctave du prestant, et n'est lui-même
que d'une octave. Ce tube est en étain.
DOUCINE ou DULCIAN. — Basson du moyen-âge.
•
DOUF. — Tambour arabe; le véritable nom est Deflf (Voir
ce mot).
DOUTARE. — Sorte de luth à deux cordes et à chevalet, du
Turkestan.
DOUT-KA ou DUTKA — Flûte double, formée de deux
roseaux, dont un est plus court que Fautre, percés de trois
trous. Elle paraît être l'instrument le plus ancien des paysans
russes.
DSANADSEL. — Sistre abvssin.
DUDAG. — Trompette aiguë des anciens Irlandais.
DUDUK. — Flageolet turc.
DULCE MELOS. — Nom donné, au moyen-âge, à un
instrument à clavier de quatre octaves, appelé aussi Doulcemer,
en France, et Bulcimer, en Angleterre.
DULCIAN. — Le basson, au XVP et au XVIP siècles, se
nommait ainsi, il n'était formé que de quatre pièces garnies de
deux clefs seulement, et avait quatre grandeurs différentes.
DULGIMER. — Tympanon anglais, ayant ordinairement
trois octaves, mais n'offrant que les intervalles de la gamme
diatonique.
DURANDA. — Tambour indien.
DURBEKKE. — Tambour arabe, formé d'un vase de terre
ou d'un tronc d'arbre évidé, terminé d'un côté par un goulot
qui sert à tenir l'instrument, tandis que l'autre côté est recouvert
d'une peau tendue par des cordeaux.
DUPLEX. — En 1855, Pelitti, de Milan, donna ce nom à un
instrument de cuivre, n'ayant qu'une seule embouchure, double
pavillon et double combinaison.
DUTKA. — Double-flûte employée par les paysans russes ;
elle est formée de deux roseaux inégaux, percés chacun de trois
trous.
ÉLI 77
E
ÉCHAPPEMENT. — Pièce de la mécanique du piano
réglant la distance à laquelle le marteau doit revenir en arrière
après avoir frappé la corde. Cet effet empêche le marteau d'étouffer
le son. Sébastien Erard est l'inventeur de l'échappement.
ËCHELETTES. •— Sorte d'harmonica à lames de bois,
d'origine asiatique, se composant d'un certain nombre de lames
se frappant avec une baguette terminée par une boule.
ÉGHOMÈTRE. — Instrument inventé en 1701, par Sauveur,
et consistant en une sorte de règle ou d'échelle croisée servant
à mesurer la durée des tons et à déterminer leurs intervalles
comme leurs rapports.
ÉCLISSE* — Pièce cintrée au feu. en bois d'érable ou de
plaine^ servant à relier le fond et la table d'un instrument à
cordes, tel qu'un violon, etc., et donnant en même temps la
hauteur à la caisse sonore.
ÉCOUVILLON. — Petite tige de bois ou de baleine, garnie
de fils de soie, ou de bourre de laine, destinée à nettoyer
l'intérieur des instruments à vent en bois, tels que la flûte, le
hautbois, la clarinette, etc.
ÈGUEPPA. — Petite trompette aigûe mexicaine.
EGYPTIENNE. — Flûte employée en Grèce, connue aussi
sous le nom de plagiaule ou oblique.
EKTARA. — Monocorde indien se jouant avec les doigts.'
EKULTARO. — Instrument à cordes, de l'Inde.
ÉLËPHANTINE. — Flûte d'ivoire usitée chez les Phéni-
ciens, et ainsi nommée à cause de la matière tirée des défenses
d'éléphant dont elle était formée.
ÉLICON. — Nom donné quelquefois au monocorde grec. Ce
■
1
78 EOL
mot désigne aussi un instrument circulaire à vent et en cuivre
(Voir Héligon).
ÉLODICON. — Instrument à soufflerie et à lames métal-
liques, inventé par Eschenbach, en 1820, et perfectionné par
Voigt, à Schweinfurt. L'harmonium en est la progression, et on
lui a souvent donné ce nom.
EL'OUD ou EOUD. — Nom arabe du luth (Voyez ce mot).
ÉLTME^ — Grosse flûte phrygienne en bois de buis,
recourbée à Textrémité inférieure, où Ton attachait une corne
de veau.
EMBANKIS. — Nom des principaux instruments du Congo,
usités seulement par le roi et par les princes.
EMBARATÈRES. — Flûtes grecques, pour la marche lente
des cortèges.
EMBATËRIENNE. — Nom de la flûte employée dans les
marches militaires des Lacédémoniens.
EMBILTA. — Flûte à bec d'Ethiopie, à sept trous sur le
devant.
EMBOUCHURE. — - Pièce hémisphérique ou concave, en
cuivre, en os, en ivoire, se plaçant à l'extrémité du tube
d'insufflation de certains instruments à vent, et sur les bords
de laquelle s'appuient les lèvres de l'exécutant. L'usage de
l'embouchure est aussi ancien que cqlui des instruments à vent.
Les Romains l'employaient. Une embouchure de ce genre fut
trouvée dans les environs du château de Pierrefonds.
ENGHOMBRE. — Instrument particulier aux habitants
d'Empoongwa (centre de l'Afrique), et ressemblant assez à la
mandoline. Le manche, formé de cinq morceaux de bambou,
est garni de cinq cordes en fil de palmier. On le joue avec les
deux mains.
ENGLISH-HORN. — Nom anglais du Cor anglais, en
italien, Oboé da Cacda,
ENMORACHE. — Guitare mauresque du Moyen- Age, citée
par Guillaume de Machau (XIV* siècle).
ENNÉAOORDE. — Githare-lyre grecque, à neuf cordes,
•« inventée par les Assyriens.
i-
- - '«Wl -
J
80 ÉPI
d'autres, à Titalienne, avaient à peu près celle du Clavecin.
L'Épinette n'avait qu'une corde par note, correspondant par
une touche et un rang de sautereaux. La corde était accrochée
en passant par un petit bec de plume de corbeau ; lorsque le
sautereau retombait, un petit morceau de drap, ajusté sur le
dessus du bec de plume s'appuyait sur la corde et arrêtait la
vibration. Dans sa plus grande perfection, FÉpinette n'eut que
de trois à quatre octaves et ressemblait à un piano carré;
Henri VIII, roi d'Angleterre, et la reine Elisabeth en jouaient
fort agréablement. Pendant la Réforme, les protestants
chantaient des cantiques en s'accompagnant sur cet instrument.
Au XVIIP siècle, TÉpinette avait deux claviers ; celui de dessus
était garni d'un sautereau sur chaque touche, celui de dessous
en avait deux ; le premier donnait les cordes à l'unisson, l'autre
les cordes à l'octave. Le nom d'épinette vient de ce qu'on avait
armé les sautereaux d'un petit morceau de plume, taillé comme
une épine. LesRuckers, d'Anvers, et Jean Denis, de Paris, fabri-
quèrent des Épinettes et des Clavecins remarquables. Les
Épinettes avaient primitivement des cordes de boyau : ce n'est
que vers le commencement du XVIIP siècle qu'on les remplaça
par des cordes d'acier.
ÉPINETTE A ARCHET. Un tissu de crins, formant
courroie, était placé sur une roue mise en mouvement par une
pédale. Les touches, par la pression des doigts, faisaient baisser
les cordes sur l'archet^ à l'aide d'un pilote fixé à ces touches.
Le pilote saisissait le dessus de la corde et le rapprochait de
l'archet, circulant sous toutes les cordes. Cet instrument fut
construit par Renaud, artiste d'Orléans, qui habitait Paris vers
1770, mais deux défauts l'empêchèrent de se propager : les
cordes de boyau se désaccordaient très fréquemment, de plus,
si Ton baissait plusieurs touches en même temps, elles pressaient
trop fort l'archet^ qui restait immobile. Un autre essai fut fait
avec des cordes métalliques, mais sans grand succès. De nos
jours, M. Baudet, de Paris, a inventé un instrument de ce
genre : le Piano-Quatuor ( Voyez ce mot).
ÉPI 81
ÉPINETTE A MARTEAUX DE BOIS DUR. Variété du
Manicordion ; on avait ajusté une bande de peau, qui, par une
pédale poussée à Taide du genou, se substituait à volonté entre
les marteaux de bois et les cordes. Cet instrument fut inventé
par les Allemands, vers la fin du XVIP siècle.
ÉPINETTE A ORCHESTRE. Mécanisme appliqué vers
1750, aux instruments du quatuor; deux violons, un alto, un
violoncelle ; les touches étaient plates et très allongées ;
quatorze cordes étaient tendues sur chaque instrument,
qui possédaient chacun un grand archet; une pédale
faisait tourner une roue et mettait ^line autre roue en
mouvement. Cette seconde roue faisait fonctionner les archets
à une certaine distance du sillet. En mettant lé doigt sur une
touche du clavier, la touche s'élevait et allait s'appuyer plus
ou moins fort contre l'archet. Afin d'allonger les cordes du côté
du sillet, elles étaient doubles. Ce mécanisme avait coûté quinze
cents livres à son inventeur.
ÉPINETTE A SAUTEREAUX EMPLUMÉS ET A
MARTEAUX. En 1758, un facteur anglais, ajouta, dit-on, à
l'Ëpinette ordinaire, six rangs de sauteresiax emplumés et un
rang de sautereaux à marteaux. Les sautereaux emplumés
heurtaient la même corde, les uns près du chevalet, les autres,
plus ou moins loin ; c'est pourquoi la corde rendait six sons
différents. Un musicien parisien, nommé Virbes, fit entendre
cet instrument avec succès, en France, vers 1780.
ÉPINETTE DES VOSGES. Instrument fabriqué au Val-
d'Ajol, ressemblant à une bûche. Autrefois, on se servait du
pouce de la main droite pour faire résonner les cordes graves
et, de la main gauche, on frappait la corde supérieure ; actuel-
lement, on les pince avec une plume.
ÉPINETTE EN CRESCENDO. Mécanisme adapté aux
Épinettes par un musicien de Grenoble, nommé Berger. Ce
mécanisme augmentait le son à volonté.
ÉPINETTE EN PLUSIEURS PARTIES. Cet instrument
se démontait en plusieurs parties et servait pour voyager ; on
l'employait beaucoup, dans ce cas, au XVIIP siècle.
6
82 EUP
ËPINETTE EXPRESSIVE. Berger, de Grenoble, l'imagina,
en 1740, et soumit à rAcadéniiie Fessai de cet instrument.
EPTACORDE. Lyre grecque à sept cordes.
EQLIGH. Castagnette en bois des Arabes.
ERAOTEH. Hautbois arabe à sept trous deva :: et un
derrière ; il est d'une seule pièce, en buis et muni d'une anche
faite d'un jonc marin. L'Eragyeh est le plus bas, comme tonalité,
des hautbois arabes.
ESRAR. Instrument moderne à archet, de Tlnd e, tenant de
la Sitar et de la Sarungie, monté de cinq cordes et de onze
sympathiques , son accord est : fa des lignes, ut au-dessous des
lignes, sol des lignes de k clef de sol et ut de la ligne de la
clef de fa. Le manche est long et garni de seize cases, la cpîsse
ressemble à celle de . aChikara
ESTIVE. Nom donné à la Musette, au Moyen-Age,
ETINÇON ou ETEINSON. Petite tige de bois dur, dont ïé
deux extrémités, amincies et plus larges, sont garnies de peau
ot servent aux accordeurs de pianos, à placer entre les cordes,
afin de les isoler en accordant, pour n'entendre qu'un son à la
rois.
ETOUFFOIR. Pièce de feutré d'un piano, destinée lorsque le
mécanisme se lève, à laisser vibrer les cordes et aussitôt abaissée
à en étouffer le son.
ETUI. Enveloppe servant à gaïaatir un grand lâonibrc
d'instruments. Il y a des genres d'étuis différents et en différentes
matières, tels que bois, cuir bouilli, etc. Plusieurs affectent la
forme de l'instrument qu'ils contiennent.
EUMATIA. Harmonica de verre, construit vers la nn du
XVIIP siècle^ et possédant deux octaves avec les demi-tons.
EUPHONE. Sorte d'harmonica de quarante-deux verres,
inventé par Chladni, à Wittemberg, en 1790. Un cylindre,
frottant sur ces verres, en produit le son.
EUPHONICON* Beâle, associé de Cramer, imagina, en
1842, à Londres, TEuphonicon, qui réunissait les avantages de
kl harpe et du piano. Ce nom fut aussi donné, en 1850, par
Valiez, à une sorte d'orgues à lames sonores.
FIF 83
EUPHONIUM. Sorte d'Octaveophicléïde, à ventiUes,de trois
mètres de long, en cuivre, construit par Serveny's, en Î8i3. Ce
nom fut aussi appliqué à l'instrument à lames sonores, invente
par Valiez, en 1850.
EUPHOTINE. Instrument composé de diapasons de
grandeurs différentes, mis en vibration par un clavier et une
soufflerie. C'est Petit qui l'imagina, en 1852.
EXACORDE. Lyre grecque à six cordes.
F
FAGOTTINO. Petit basson italien; c'est le courtaud
français qui était sans clefs ou ti qu{itre clefs : il fut employé
jusqu'au XYIII® siècle. Un instrument semblable se voyait à la
section belge à l'Exposition de l'Art ancien, à Paris, en 1878.
FAGOTTO, FAGOT. Nom italien du basson, nommé ainsi
parce que les parties assemblées des pièces de bois formant
l'ensemble de cet instrument le font ressemble ] quelque peu à
des fagots liés ensemble.
FAGOTTONE ou CONTRE-BASSON. Instrument à anche
et à vent, du genre du basson, sonnant k l'octave inférieure de
ce dernier. Il était au hautbois ce que le violoncelle est au
violon moderne.
FANG-HIANG. Carillon chinois, composé de seize pièces de
bois de différentes épaisseurs suspendues à un tréteau décoré.
Ces pièces de bois sont frappées à l'aide d'un marteau de bois
dur.
FASCIES-ECLISSES. (Voyez ÈcLi^aE.)
FIFRE. Instrument à vent, en bois, à six trous, semblable à
Toctavin, mais sans clef; ses sons vibrants se marient très bien
au tambour ; il se joue quelquefois à l'orchestre, mais plus
souvent dans les musiques militaires. Ce sont les Suisses qui
l'ont apporté en France, et l'usage en fut répandu surtout après
84 FLA
la bataille de Marignan, sous François I«^ L'armée prussienne
possède, de nos jours, des joueurs de fifres, qui alternent avec
les tambours et les clairons. Le fifre est en si bémol ou en ré.
FILET. Assemblage de trois bois dont deux noirs et un blanc
entre eux, incrusté à moitié bois dans les instruments à cordes.
Le filet, indépendamment de l'ornementation qu'il donne, a
aussi un but utile, c'est celui de renforcer la solidité des bois
minces, étant placé dans le sens circulaire des fibres de ces bois.
FISTULAy FISTULE. Nom donné chez les anciens à la
flûte de Pan, grecque et romaine, faite de tiges de roseaux, de
canne ou de ciguë (r/&t^;/, II, 5, 31); de là, le nom deFistulator^
attribué à celui qui soutenait la voix d'un orateur en jouant dans
un certain ton. Gracchus, d'après Gicéron, avait toujours un
fistulator auprès de lui, quand il parlait en public. Au Moyen-
Age, on donnait ce nom à la flûte Pan, munie de sept ou de neuf
tuyaux. Les Romains appelaient ainsi les flûtes et les
chalumeaux.
FISTULA ELVETICA. Nom ancien de la flûte traver^^ière.
FISTULA PANIS. C'est la Syrinx des Grecs.
FITHILE. Nom de la viole primitive à archet, des A- :lo-
Saxons ; elle était montée de trois, quatre et même cinq co es.
FL AGEOL . Ancienne dénomination du flageolet.
FLAGEOLET. Les flûtes, droites, à six trous, ont donné
naissance au flageolet moderne. On l'appela au Moyen-Age :
Fldios, Flajos, Flajus, Fldiole. Il y a deux sortes de flageolets :
ceux à bec et ceux à pompe ; les premiers, peu employés, portent
ce nom à cause de l'embouchure, qui a la forme d'un bec
d'oiseau ; les seconds s'appellent ainsi, parce qu'ils renferment
sous le sifflet une petite éponge destinée à absorber la salive
lancée maladroitement par l'exécutant. Il y a des flageolets en
bois, en ivoire, qui sont simples et à clefs. Dans ces derniers,
il y en a de sept sortes, et, depuis le flageolet sans clefs, il y en
a qui en sont munis de six, et même les flageolets Bœhm en ont
huit. Un jeu d'orgue porte aussi ce nom.
FLAGEOLET A TROIS CORPS. Cet instrument, du
commencement du XIX^ siècle, est l'œuvre d'un habitant d
.m.
IwIriSg 'î' ^Jlfi^OLET INDIEN EN IVOIBE
,^1^816. On obtint, i l'aide
-'^~^, la plus grande partie
;É diésées et bémolisées.
_ |: un flageolet triple qui
;^î^l*^î^-œs de la clef de fa. C'est
"^^iîî|^gj>«ia une clef au flageolet,
jEgI^j^5l^3nstrument, très ancien,
i||3l®jîiît^§6Î|^par derrière.
M FLU
FLAHUTIOLE. C*est ainsi qu'on appelait quelquefois la
flûte à bec, au Moyen-Age, en France.
FLAJOS, FLA(M)LE« Noms donnés, au Moyen-Âge, à
la flûte à bec.
FLAUTE TRAVERSAINE. Nom de la flûte traversit^re
à six trous, au Moyen-Age, en France.
FLAUTINO. C'est le nom italien de la petite flûte.
FLAUTO-DOLCE. Nom italien de la flûte à bec.
FLBUTE. Nom donné à la flûte, au Moyen- Age.
FLEUTHE, FLEUTE, FLAUSTE, FLEUSTE, FLAUTE
DE BEHAIONE. Noms donnés à la flûte traversière ù huit
trous, au Moyen- Age.
FLUGELHORN. Nom donné, par les Allemands, au bugle
(Voir ce mot); les Anglais le nomment Bugle-Horn.
FLUTE. C'est un des plus anciens instruments à vent ; il y
en avait quatre sortes: la flûte droite, la flûte traversière, la
flûte de Pan et la flûte double. Actuellement, on n'emploie plus
en Europe, que la flûte traversière. Les Grecs connaissaient les
flûtes à trois et à six trous, se jouant avec une anche ; Hyagnis
passe pour avoir joué de cet instrument (1506 ans avant J.-C).
La flûte trouvée à Pompéï, qui se voit au musée de Naples, a
une octave d'étendue, du si au si. Les Romains l'appelaient
Fistula, A la £l du XIIP siècle, la flûte avait huit trous et il v
avait le Discantus^ le Ténor et la* Basse de flûte. Il y eut des
flûtes à neuf tr^us, le huitième se divisant en deux demi-trous
se bouchant pai le petit doigt de la main droite. La flûte
traversière avait aussi une famille de quatre voix diflférentes.
Vers la fin du XVIP siècle on perfectionna singulièrement la
flûte. La flûte moderne a trois octaves, depuis Vut au-dessous
de la cinquième ligne (clef de sol) jusqu'au deuxième ut des
portées additionnelles. Il y a trois sortes de flûtes : celles en mi
bémol, en fa et en ré. Celle en fa n'est presque plus usitée, tan-
dis que celle en 7ni bémol l'est dans les musiques militaires, et
celie en ré dans les orchestres. Il y a des flûtes sans clefs^ puis
jusqu'à dix clefs, et enfin viennent les flûtes Bœhm.
FLUTE A BEC* Instrument assez semblable i un gros
FLU 87
flageolet, qui fit place à la flûte traversière. La flûte à bec, très
usitée au moyen-âge. appelée aussi flûte droite, était percée de
trois, six, six ou neuf trous, en plus de ceux des extrémités et
de l'ouverture appelée lumière. Plusieurs monuments, tableaux
o". tapisseries du moyen-âge représentent, parmi d'autres ins-
trumentistes, des joueurs de flûtes à bec, entre autres, sur les
fameuses tapisseries prises dans la tente de Charles-
ie Téméraire, après la bataille de Nancy (1477>, dont on peut
voir la reproduction dans mon livre : La Musique en Lorraine.
Le diapason de la flûte à bec s'étendait du /a grave au troisième
iol du violon.
FLUTE A BEC MÉTALLIQUE. Instrument dans le
genre du flageolet, mais en métal, soit en fer-blanc, et garni de
six trous.
FLUTE AFRICAINE. Cet instrument primitif est percé
de quatre trous en plus de celui de Tembouchure.
FLUTE ALLEMANDE. Nom de la flûte traversière.
FLUTE AMÉRICAINE. Flûte primitive en roseau, garnie
de cordes tressées.
« FLUTES ANGLAISES. Ainsi nommées parce qu'elles
furent fabriquée à Londres, par Pott^r. Les tampons sont
coniques et en métal.
FLUTE ANTIQUE. Les flûtes romaines trouvées à
Pompéia se nomment ainsi. Elles se composaient d'un tuyau
cylindrique d'ivoire percé de trous latéraux, sur lequel glissent
des douilles tournanles en métal.
FLUTES : ARGIENNE , BÉOTIENNE, CORIN-
THIENNE, ÉGYPTIENNE. PHÉNICIENNE. Nom de la
flûte des peuples anciens.
FLUTE BRUYANTE. Nom donné à la fin du XV siècle à
une grande flûte que Ton jouait dans les concerts et qui avait
quelques rapports avec nôtre grande clarinette, sauf les clefs.
FLUTE CITHARISTIfiNNE. Cette flûte se jouait, chez les
Laianciens Grecs, avec la cit .
FLUTE COBfPOSITEUR. Instrument modâmo et
mécanique, dont l'exécutant peut se servir sans ètVQ musieieo ;
!
88 PLU
avant de jouer, chaque personna compose le morceau qu'elle
désire, au moyen de petites lames de fer. C'est plutôt un jouet
qu'un instrument.
FLUTE D'ACCORD. La flûte d'accord ou harmonique est
une amélioration de la flûte double des Anciens. C'est la plus
petite des flûtes à bec. Ces deux flûtes réunies se jouaietit à la
tierce. On l'employa surtout au XVIP et au XVIIP siècle ; les
femmes en jouaient. Il y en avait en bois et en ivoire, à six et
à sept trous doubles, avec bec et sifflet.
FLUTE D'AMOUR. Flûte très longue, descendant au sol,
inventée par Roth, de Strasbourg, en 1855.
FLUTE DE PAN. Assemblage de tuyaux de roseaux (7, 9^
12 ou 16) de différentes grandeurs, ouverts en haut, fermés en
bas, et reliés entr'eux par des liens d'écorce de roseaux ou de
gros fil avec deux petites barres transversales de bois mince
ou de roseau. Les Grecs l'appelaient Syrinœ (Voyez ce mot),
les Romains, Calamus ou Fîstula ( Voir ces mots).
FLUTE DE PAN EN CHAMADE. Syrinx colossale
employée encore au Pérou; c'est une espèce d'orgue-flûte, dont
le tuyau, rendant le son le plus grave, a 2 mètres de longueur.
Les tubes, en feuilles de palmier, sont groupés sur deux rangs,
neuf donnent les sons naturels, et quatre les demi-tons. Cet
instrument se tient horizontalement, l'extrémité inférieure
appuyée à terre. On l'emploie aussi dans l'île de Cuba.
L'exécutant émet des sons en serrant les lèvres sur l'orifice
des tuyaux, comme pour jouer de la trompette.
FLUTE DES BAMBARAS. Tube de bambou, fermé des
deux côtés et percé de cinq trous. La longueur de l'instrument
est de 40 centimètres.
FLUTE DES NÉORES. — Cylindre de fer d'un pouce de
diamètre, tournant en spirale autour d'un bâton, et couvert à
à une des extrémités. Le sommet du bâton est orné d'un coq de
cuivre; l'embouchure se trouve du côté opposé.
FLUTE DES SACRIFICES. Flûte double des anciens.
FLUTE DOUBLE. Cet instrument, très ancien, fut employé
nar les Grecs et par les Romains. Afin d'en jouer plus
FLU 89
commodément, on se servait d'une pièce de cuir souple, qui
s'appelait Phordeïa^ et que l'on ajustait sur la bouche à l'aide
de petites bandelettes ; de cette façon, le souffle de l'exécutant
passait directement dans cet instrument double. Les anciens
bas -reliefs donnent encore des reproductions de la flût«
double.
FLUTE DOUCE. Ancienne flûte à bec du Moyen-Age,
appelée, par les Italiens, Flauto dolce.
FLUTE DOUCE ou D'ANGLETERRE. Cette flûte traver-
sière avait neuf trous, et fut employée dans les orchestres, en
Europe, jusqu'au siècle dernier.
FLUTE DROITE. Au commencement du XVII« siècle, on
fabriquait, en Allemagne, des flûtes droites à huit trous, dont
un est bouché par une clef à patte. Elles étaient en bois et
longues de 92 centimètres,
FLUTE ÉLÉPHANTINE.tToî/^zÉLÉPHANTiNE).
FLUTE EMBATËRIENNE. (Voyez Embatériemne).
FLUTE EN LA. Naust, de Strasbourg, construisit, au
siècle dernier, des flûtes en la à une seule clef.
FLUTE EN LA BÉMOL. Buffet-Crampon construisit des
instruments de ce genre pour les musiques militaires françaises ;
ces flûtes étaient en bois et à quatre clefs.
FLUTE EN UT. Instrument en bois usité dans les armées
françaises sous le premier Empire. Il est sans clef, et percé de
six trous; on le jouait en ré lorsque l'harmonie était en ut.
FLUTET. Instrument à vent, en bois, à trois trous, en
usage chez les Basques et semblable à la flûte primitive.
FLUTE ENNUQUE. C'est, en réalité, une sorte de mirliton
primitif, fait, soit en bois, soit en ivoire, long d'à-peu-près
88 centimètres. Sous Louis XIII, nous dit le Père Mersenne,
les concerts de flûtes eunuques étaient en grande faveur.
FLUTE FRANÇAISE. Nom donné, en 1848, par Cœur, à
une flûte de son invention, dont la perce était conique et
montée de clefs d'un nouveau genre et d'un double effet.
FLUTE HARMONIQUE. Bouvret imagina, en 1829, une
sorte d*accordéon portant ce nom.
90 FLU
FLUTB HARMONIQUE. Nom donné quelquefois, au
Moyen* Age, à une flûte d'accord (Voir ce motL
FLUTB HABPE. Instrument d'origine africaine, dont le
corps est fait d'un morceau de canne à sucre. On s'en sert, en
Afrique, comme de flûte traversière et comme de harpe à trois
cordes. Un spécimen de ce genre existe au Musée du Ccnser
vatoire national de musique de Paris, sous le n* 887.
FLUTE INDIENNE. Cette flûte, en usage c^ans le pays
d'Orissa, consiste en un tuyau conique de bambou, de 0"^ de
long, se tient comme la flûte à bec et, d après le Yanira Kosha^
donne tous les sons de la gamme diatonique. On l'appelle Benif..
FLUTE LOTINE. Instrument des anciens, formé de bois
de lotos.
FLUTE MALGACP^. Inskument se jouant comme !e
hautbois; sorte de flûte & Dec, faite d'im roseau percé de tro's
trous.
FLUTE MEXICAINE. Les Mexicains ont une flûte tiiliée
dans un roseau et percée, au feu, d'une façon rudimentaire.
FLUTE MlTTHIQUE. Flûte grecque, usitée dans les jeax
mythiques.
FLUTE (Petite). Cette flûte est à l'octave supérieure de
la flûte ordinaire ; elle a un timbre très perçant et s'emploie
dans les orchestres et dans les musiques militaires. Elle est,
soit en 77ii bémol, soit en ré.
FLUTE TÉNOR. Variété de la flûte à bec.
FLUTE TIERCE. La flûte tierce est intermédiaire entre la
flûte traversière pu grande flûte et le fifre. Elle sonne une tierce
mineure plus haut que la première, son étendue réelle est du
fn au-dessus de la première ligne, clef de sol, jusqu'au deuxième
t^t des lignes addition^nelles . On l'emploie surtout dans les
musiques militaires.
FLUTE TRAVERSIÈRE. Les Égyptiens connaissaient ce
genre de flûte ; les Grecs la nommaient Plagiaulos, Au
XIV« siècle, Eustache Deschamps la cite comme très répandue
en France. Il v avait toute une famille de flûtes traversières.
On l'appelle ainsi parce qu'elle traverse le visage, compara
FLù m
tivement aux flûtes a bec : on Fa nommé aussi, au MoyenrAge.
Flûte allemande, parce que les AUemanr^s s'en servaient à la
guerre pour accompagner le tambour. Rabelîiîs en parle dans
Gargantua; il dit qu'elle avait neuf trous. Ce sont, du reste
les Allemands qui imaginèrent, il y a un peu plus d'un siècle
l'application des petites clefs, donnant l'égalité entre les tons
les demi-tons, ainsi que celle de la patte, donnant deux notes
déplus dans le grave : ut dièze et ut naturel. On fait des flûtes
traversières en bois d'ébène, de grenadille, en ivoire, en faïence,
en cristal, etc., en porcelaine, en argent, en. écaille et même en
marbre. Les flûtes traversières à clef sont d'invention française,
et c'est le capitaine Gordon qui, en 1827, y substitua un système
nouveau en perçant des trous à égale distance les uns des
autres, afin d'obtenir une gamme chromatique rigoureusement
j juste. T. Bœhm modifia ce système en y ajoutant des anneaux.
FLUTE TRAVERSIÈRE A BEC. Cet instrument, abso-
lument semblable, comme tablature, à la flûte k bec, ne
possédait, au XVIIP siècle, qu'une seule clef.
FLUTE TRAVERSIÈRE A DEUX CLEFS. Cette flûte fut
perfectionnée au XVIII<^ siècle, par Quantz, célèbre flûtiste du
roi de Prusse. Ces flûtes étaient un peu plus longues que les
flûtes traversières allemandes, d'un plus fort diamètre et plus
épaisses en bois
FLUTE -TRAVERSIÈRE -BASSE. Comme son nom
l'indique, c'est la flûte qui fait la partie basse des flûtes ; elle est
d'origine allemande.
FLUTE TRAVERSIÈRE DE CHINE. Cet ancien instru-
ment chinois est entièrement en ivoire, à l'exception du corps
d'embouchure, qui est en roseau renforcé de vernis. Elle est
percée de seize trous, dont celui qui est près de l'embouchure,
est garni d'une pellicule tirée de la moelle du bambou et sert ù
modifier le son de cette flûte.
FLUTE TURQUE. Petite flûte en roseau à six trous, se
jouant verticalement. Il y a aussi une grande Flûte turque^
percée de sept trous devant et d'un huitième de l'ai^tre côté ;
celle-ci se joue aussi comme la flûte à bec.
92 FOU
FLUTÈOLE. Flûte à perce conique, inventée par Coste, en
1847.
FLUTINA. Genre d'accordéon anglais, perfectionné à Paris,
vers 1827.
FLUTINA. Petit accordéon avec un claTier supérieur et un
clavier inférieur, construit par Wender, en 1842.
FLITTINA-POLKA. Genre d*harmoniflûte-aocordéon, à
doubles rangs de lames sonores, inventé en 1851, par Busson,
de Paris.
FLUTOPHONE. Instrument composé de tuyaux métalliques
à une ou deux octaves, imitant le son de la flûte, possédant un
tube insufflateur et un clavier à pilotes, dans le genre de VHar-
monicor.
FORT-BIEN. Frédéric, facteur d'orgues, à Géra, donna ce
nom, en 1758^ à un piano cordé qu'il construisit.
FORTE -> GAMPANO. Lemoine, en 1825, imagina un
instrument dont les sons doux étaient produits par des tiges
métalliques.
FORTE-PIANO. C'est le clavecin à marteaux inventé vers
1765, par Silbermann^ à Freyberg (Saxe).
FORTE-PIANO ou PIANO-FORTE. {Voir Piano).
FOUET. Le fouet est employé quelquefois en musique, dans
des opéras tels que le Postillon de Lonjumeau. C'est une
double lanière de cuir maintenue aux extrémités par deux
manches de bois. On produit un mouvement latéral et brusque
de tension, et les lanières, se frappant l'une contre l'autre,
produisent le bruit du fouet.
FOURCHETTE. Petite pédale adaptée à la harpe, par Erard,
faisant élever les cordes d'un demi-ton.
FOURNITURE. Jeu d'orgues, entrant dans le mélange du
pleia-jeu et composé de tuyaux aigus, accordées à la quinte à
l'octave, à la double octave et à la tierce du son fondamental,
avec des redoublements.
FOUYI. Flûte traversière, percée de sept trous latéraux,
placés au-dessous de l'embouchure, en usage au Japon. Les
Japonais ont aussi la flûte traversière à six trous {Kagoura-
GAL 93
Fouyi)y celle à quatre trous (Koma-Fouyi)^ provenant toutes de
la Corée.
FREIN HARMONIQUE. Appareil en cuivre, inventé par
Anselme Gaviolî, consistant en un frein obturateur et placé à
l'embouchure des tuyaux d'orgues, afin d'en régler le son avec
précision. On peut aussi, de cette façon, en fixer le timbre,
suivant la taille du tuyau.
FRESTEL, FRETIAU, FRESTIAU, FRETEL. Noms de
la flûte à bec, à trois trous, au Moyen-Age ; on l'appela aussi
Galoubet^ et actuellement on la désigiie sous le nom de Sifflet
des Chaudronniers.
FRËTEL. C'est le nom donné, au Moyen-Age, à la flûte de
Pan ; on l'appelait aussi Frestel, Fresteal^ et quelquefois
Sistre. On s'en servait dans les concerts, au XI® siècle ; au
XIP et au XIIP siècles, on l'employait avec les flûtes ; mais, à
dater de 1400, on ne l'emploie plus qu'aux champs.
FUT. Baguette d'un archet. C'est aussi le gabarit du
tambour.
G
GALOUBET. Ce mot vient du provençal gal^ joyeux, et
onbet pour aubet, diminutif de auboï^ hautbois, dont l'usage est
très ancien en France et particulièrement en Provence. C'est
surtout un instrument champêtre. La main gauche, seule, sert
à jouer de cet instrument, la droite étant occupée à jouer le
tambourin. Le galoubet est toujours en ré; il donne dix-sept
notes et sonne deux octaves au-dessus de la flûte traversiêre ;
il est percé de trois trous. En Languedoc et en Provence, il y a
des joueurs de galoubet qui parviennent à exécuter de véritables
concertos. Au XV® et au XVI« siècle, les tabourins des ducs
de Lorraine jouaient fort bien du galoubet. On le nommait
aussi frestel^ au Moyen- Age ; les bois employés à sa fabrication
sont le buis, Tébène et le grenadille.
9i GEI
OAMBANO. Instrument de percussion à lames métuUiques,
de la Malaisie.
GAMBENWERK. Clavecin-viole, inventé, en 160(), par
Hans Heyden, de Nuremberg. Les cordes étaient mises en
vibration par le frottement d'une roue que le pied de l'exécutant
faisait tourner.
OAMELANO. Harmonica à lames métalliques, du royaume
de Siam.
OAND. Nom de la trompe pastorale en corne de vache, des
Abyssins.
OANDER. Instrument indien, fonné de lames d'étain placées
sur des bambous.
OANIBRY. Guitare des Kabyles, à deux et trois cordes.
C'est une sorte de grande mandoline, dont le manche est très
long.
OARIKA. Nom indien, donné souvent à l'archet de ce pays.
OARINOUA-TAOUÉ. Trompette de la Nubie.
OARINOUK. Flûte nubienne.
OAVIOLI-FLUTE. Genre d'orgue à tuyaux et à manivelle,
inventé par Gavioli, de Paris.
OASAPH. Cornemuse ou chalumeau des côtes de la Barbarie.
OAUTHA. Petite clochette de brousse, ornée d'une tète et de
deux ailes; les brahmines, prêtres de l'Inde, les font résonner
dans les vestibules de leurs temples, le matin et le soir avant
les sacrifices.
GEIOE. Nom allemand d^ la gigue (Voir ce mot), appelée
aussi Klein Geige ohne Bùnde (petite viole sans liens), c'est-
à-dire sans cases ou plutôt sans éclisses. Cet instrument est
formé de deux tables d'harmonie; la première, occupant la
partie inférieure de l'instrument, avait des ouïes et un chevalet:
la deuxième, plus haute, ne faisant qu'une seule pièce jusqu'à
la volute, laquelle était percée de trois trous pour les chevilles.
Le dos était voûté, mais sans côtes. Il y avait des dessus, des
altos, des ténors et des basses de Geige. On appelle quelquefois
maintenant encore, en allemand, le violon, Geige,
OEIOEN-CLAVICYà!BAL. Instrument à clavier et à sons
À
GIN • 95
prolongés au moyen d'un archet à roue, imaginé, en 1810, par
Hans Haydn.
OEIGENWERK. (Voir GaMbenwergk; c'est le même
instrument.)
QEMS-HORN. Cor de chamois ou Cor des Alpes; sorte de
cor en bois.
GENDERjANQ. Grand tambour des nègres.
OETAGIL. Crotales avec grelots, des Arabes.
OHANTA KRC7DRA. Clochettes de bronze, servant dans
rinde à marquer la mesure.
OHABI. Gong ou tam-tam indien du diajinètre dé 0™,24 ; le
son en est très puissant.
GHENTA. Petit cornet à bouquin dçs Ethiopiens, destiné à
l'usage des pasteurs montagnards.
GHIRBAL. Tambour de basque des Arabes.
GHIRONDA-RIBECCA. Rebec à roité ; c'est le nom donné
en Italie, à la vielle à roue.
GHUNGURA. Grelots, que les Indiens attachent aux
chevilles des danseurs et servant à marquer la mesure.
GHUTRU. Tambour indien, en terre cuite ayant la forme
d'un vase arrondi, et ressemblant au Baràboukah dss Égyptiens
et au Berbouha arabe. Le goulot ou col est large. . .
GIGUE ou GIGLE. Ténor de riibébe. {Voyez ce mot.)
Instrument à trois cordes et à archet, dont le nom vient de
Tallemand Geige (Voyez ce nom) ohne Bunde; c'est-à-dire
viole sans liens ou sans éclisses. Une table d'hurmonie est
appliquée simplement sur un corps concave, pentagonal ou
courbe. La gigue formait le dessus des instruments à archet
depuis le XIP siècle ; la rubèbe formait l'alto et le monocorde
la basse. Les cordes, au nombre de trois, étaient attachées,
non à un cordier, mais au bas de la table. Les ouïes étaient
souvent placées à l'extrémité inférieure de cette table. Les
jongleurs les plus ordinaires jouaient la gigue. Des spécimens
de ee genre se voient à un chapiteau de l'église de Saint-Georges
de Bocherville (XIP siècle) et à la cathédrale d'Amiens.
GINGLARE ou GINGLARUS. Flûte ancienne des
r
96 GOP
Égyptiens^ à un trou, et dont le timbre était mélancolique.
OINORINE. Petite flûte grecque.
OINOROS. Flûte de la longueur d'une palme, en usage pour
les funérailles, chez les Phéniciens.
OLASS-CORDE. Nom de THarmonica i verres, de
Franklin.
OLICIBARIFON ou OLICIBARIFONA. Instrument
inventé en 1837, par lltalien Catterini; c'est une variété de
l'orgue expressif à quatre octaves, dont les sons peuvent être, à
\olonté, modifiés de force ou diminués d'intensité.
OLOCKENSPIEL. Nom allemand donné au jeu de timbres
en acier. C'est aussi le nom des Carillons. Souvent, ces instru-
ments sont mus par des marteaux, mis en mouvement à l'aide
d'un clavier. Mozart, dans la Flûte enchantée^ écrivit une
partie de Glockenspiel.
OLOSSOCONION. Etui suspendu au cou des flûtistes grecs,
et contenant des anches de rechange appelées glottes ou
languettes.
OLOTTE. Ânche battante que les Grecs et les anciens
adaptaient à leurs instruments à vent.
ONACARRI. Instrument hébreu, dont parle la Bible, mais
dont on ne connaît pas le genre.
ONESTE BERUSSIN. Instiniment hébreu, formé de deux
bois se frappant l'un contre l'autre.
OOlfUKHA. Conque indienne, formée d'une coquille,
rappelant par sa forme la bouche d'une vache.
GONG ou GONGGON ou TAM-TAM. Bassin plat de cuivre
ou de bronze, des Chinois, des Siamois et des Indiens. Cet
instrument de percussion a quelquefois la forme d'un arc. On
le frappe avec un batail en bois ; les sons éclatants se répercutent
avec ampleur et produisent, dans différents morceaux sympho-
niques,de beaux effets.
GONGOM. Instrument africain appelé aussi Ooura ( Voir ce
mot).
GOPYANTAR. Petite timbale indienne double, attachée au
corps des musiciens par une corde.
GOU 97
GOPIJANTRA. Monocorde de forme cylindrique, employé
par les mendiants de l'Inde.
GORAH. Instrument africain à une corde.
GOSBA ou GUESBA. Flûte des x\rabes de l'Afrique septen-
trionale. Cette flûte, formée d'un roseau ouvert aux deux
extrémités, est longue d'environ 0"^64, et percée de trois, cinq et
six trous. La section du roseau lui sert seule d'embouchure. On
en tire des sons d'une grande douceur ; pour s'en servir, on
la tient inclinée vers la droite et en bas, de façon qu'elle fasse
à peu près un angle de 45®, d'une part avec la direction du corps,
et de l'autre, avec la verticale, qui partirait de la bouche de
l'exécutant. La section se présente alors obliquement devant
la langue et les lèvres, que l'on dispose de façon à former anche.
Les Arabes aiment beaucoup le son de cette flûte, très répandue
chez les nomades surtout.
GOUDOCK ou GUDDOK. Violon russe, ressemblant au
violon primitif français des XI^ et XII® siècles. On pince la
chanterelle avec un doigt, tandis que l'archet fait résonner les
deux autres cordes.
GOUFCHT. Timbale d'airain arabe.
GOUMRA. Instrument africain à deux cordes, à peu près
semblable au Gunibry. Le fond est fait d'une écaille de tortue.
Un parchemin, tendu sur cette écaille, forme la table d'harmonie.
Les cordes y sont maintenues par un chevalet.
GOURA ou GONGOM. Instrument hottentot, ayant la forme
d'un arc auquel est attachée une corde en boyau ; l'extrémité
inférieure est maintenue par un nœud dans un tuyau de plume
aplati et fendu. Cette plume, déployée, forme un triangle isocèle;
à la bande de ce triangle, un trou retient la corde, et la pointe,
se repliant sur elle-même, s'attache, avec une petite courroie,
à l'autre bout de l'axe. Lorsque c'est une femme qui le joue, cet
instrument s'appelle Joum-Joum, La bouche, soufflant sur la
plume, aspire la corde, qui donne des sons harmoniques.
GOURD-BANJO. Guitare indienne, formée du banjo {Voir
ce mot), dont la carcasse est faite d'une courge.
GOUVERNAIL. Tige de fer servant à accorder des tuyaux
7
98 GRO
d'anches, avançant ou reculant, afin de régler la partie libre de
la languette.
GRAOEUB. Castagnettes arabes, dont les nègres se servent
en dansant.
GRAILLE MEUNIER. Cornet que portaient à Farçon les
chevaliers, pour appeler leurs écuyers et serviteurs. Sorte de
diminutif de Folifant, mais dont le son était moins .grave.
GRAISLE, GRAILLE^ GRELLE. Cornet usité, au Moyen-
Age, dans les combats, ou servant à donner des signaux. Cet
instrument ne donnait qu'une seule note et avait un son très
éclatant. On a cru, à tort, que ce nom avait été donné aux
hautbois.
GRAND-CORNET. Un des jeux de l'orgue.
GRAND-JEU. Registre de l'orgue ouvrant tous les jeux de
cet instrument.
GRAVIGEMBALO. (Voyez Clavigembalo).
GRELOT* Instrument à percussion n'ayant pas de son
déterminé. Petite sphère de cuivre ou d'argent, creuse et fendue,
contenant une boule de fer. Le tout est suspendu par une sorte
d'anneau; en agitant le grelot, cett« boule frappe les parois
métalliques et produit le son désiré. On ne peut dire quelle est
l'époque de l'invention du grelot, mais les Romains le connais-
saient, et ils lui avaient donné la forme carrée'. Le grand-prêtre
de Jérusalem avait le bas de sa robe garni de grelots d'argent.
Le Moyen-Age s'en servait comme de crotales, et, dans les
XV« et XVP siècles, on les ajoutait aux castagnettes et aux
tambourins.
GROS BOIS. Instruments employés anciennement comme
basse des hautbois.
GROSSE BASSE POMMER. Instrument à vent et à anche
double, du XVIP siècle, usité dans les Pays-Bas. Un spécimen
de ce genre se voyait à l'exposition rétrospective de l'art ancien,
section belge, à Paris, en 1878.
GROSSE CAISSE. Instrument à percussion, originaire
d'Orient, en usage dans les orchestres et dans les musiques
militaires. Il est composé d'un fût en bois ou en cuivre, garni
GUI 99
de cercles en bois ou en cuivre assujettissant, à Taide de
tringles ou de cordes, deux peaux. La peau, sur laquelle on
frappe à l'aide d'une mailloche, s'appelle peau de batterie ; elle
est le plus souvent en veau; l'autre, nommée peau de timbre,
est en chèvre et repousse le son en vibrant. On employa la
grosse caisse, pour la première fois, à l'Opéra, en 1789, dans
Nephté, de Lemoyne.
GROSSE CONTRABASSGEIGE. Nom de la contrebasse,
donné au Violone^ en Allemagne, au XVII® siècle.
OUESBA. {Voyez Gosba).
GUIDE ACCORD. Petit diapason donnant les quatre notes
du violon, wz, la^ ré^ sol, et servant à accorder les quatre
cordes.
GUIDE ACCORD. Appareil inventé par l'abbé Coutures, en
1856. C'est une série de treize diapasons, montés sur une caisse
sonore et produisant les douze demi-tons de la gamme.
GUIDE ARCHET. Appareil imaginé par Guhmann, et
construit pour guider l'archet dans l'étude du violon, de l'alto
et du violoncelle, par Gautrot, de Paris, en 1855.
GUIDE DOIGTS. Temple construisit, en 1754, un mécanisme
ainsi nommé, pour faciliter l'étude des instruments à cordes.
GUIDE MAIN, Barre placée et maintenue devant le clavier
d'un piano, pour forcer l'élève à tenir les mains dans une bonne
position, à donner de l'élasticité aux poigAets et à ne pas jouer
du coude. Kalkbrenner faisait usage de cet appareil pour ses
élèves.
GUIDON. Petit tenon en cuivre, placé à la partie supérieure
du piston, dans les instruments à vent et servant à guider ce
piston, glissant ainsi dans une rainure et lui faisant suivre la
direction convenable.
GUIHARK ou GUISARKE. Sorte de lyre nubienne, se
tenant de la main gauche, tandis que la droite pince les cordes à
Taide d'un plectrum.
GUINBARDE. Instrument en fer^ d'origine montagnarde,
très ancien, appelé aussi Rébube^ Tro7npe^ Trompe-Laquais,
Trompe de Béarn, Guitare^ etc. La guimbarde a la forme d'un
100 GUI
triangle arrondi, en acier ; on la pose sur les lèvres et, avec le
doigt, on fait mouvoir une languette de même métal, qui est
attachée à l'endroit le plus large; cette languette, agissant
comme un ressort, ne touche à aucune partie de la bouche et
résonne entre les dents. L'antiquité de cet instrument est très
reculée, puisque les peuples de l'Asie et de la Nouvelle-Guinée
le possédaient ; les Hindous le nomment Murchang ou
Mochanga; les Chinois, Kiou-Kin; les Papous, Darubiri,
GUIRIOT. Instrument des nègres, semblable au Balafo.
{Voir CQ moi) .
GUITARE. Instrument à six cordes 4ont l'origine, fort
ancienne, est orientale. On l'appelait d'abord Guiterne (Voyez
ce mot), ce n'est qu'au XVIP siècle qu'on lui donna le nom de
guitare. Les Maures l'apportèrent en Espagne et elle apparut en
France vers le XP siècle. Elle n'eut d'abord que quatre rangs
de cordes ; celui de la chanterelle, simple, et les autres, doubles ;
le manche, ayant ainsi sept cordes, fut divisé en huit touches
ou cases. Il y eut ensuite des guitares à dix cordes, en cinq
rangs doubles, donnant : ré, sol, ict^ 7m, la ; neuf cordes
seulement garnissaient la guitare, la chanterelle était seule
dans ce cas. Depuis la moitié du siècle dernier, cet instrument
n'a plus que six cordes simples, qui sont : mi, la, ré^ sol, si^ rai.
En 1773, Van Hecke imagina une guitare à douze cordes,
appelée Bissex. Les gujtares de palissandre sont fragiles, celles
de citronnier et de platane sont les meilleures pour le son. On
joue cet instrument en pinçant les cordes. Les tables sont
parallèlement maintenues par des éclisses, hautes de trois ou
quatre pouces: celle de dessus, ou table d'harmonie, est en
sapin. Le manche est divisé par des cases métalliques, sur
lesquelles les doigts de la main gauche s'appuient, tandis que
la droite pince les cordes. Un sillet, en haut de ce manche,
partage également l'intervalle des cordes qui, partant d'un
chevalet à boutons, placé au bout de la table, aboutissent à des
chevilles en bois ou en métal ; celles-ci s'appellent alors
chevilles-mécaniques. Au milieu de la table, une ouverture
pour le son est pratiquée ; on l'appelle rosace ou rosette. Les
GUI 101
six cordes, dont trois en soie enroulée de métal, et trois en
boyau, sont accordées par quartes justes en montant, excepté
la quatrième et la cinquiènie, qui n'ont entre elles que Tinter-
valle d'une tierce majeure, et donnent Taccord : mi grave^ la,
ré, sol^ 5Z', mi. On écrit la musique de la guitare à la clef de sol,
mais on la lit à une octave plus bas. Les guitares vénitiennes
de la Stella sont du XVIP siècle et remarquables par leurs
belles incrustations d'ivoire. On a fait des guitares en écaille.
Stradivarius faisait aussi des guitares ; un superbe
instrument de ce maître se voit au Musée du Conservatoire de
Paris, sous le n'^ 272. Charles Jacquot, mon grand'père (1804-
1880), se distingua aussi par la fabrication des guitares artis-
tiques ; les rosaces, les filets et les incrustations de nacre et
d'ivoire sont appréciés des connaisseurs ; il inventa, pour la
première exposition de Nancy, une guitare avec pied, permettant
de supporter l'instrument et de lui faire prendre toutes les
positions désirables. Cet essai lui valut une récompense. Sor, le
fameux guitariste, lui commanda plusieurs guitares. Aguado
inventa un pied dans ce genre, appelé Tripedisono. Les
différentes formes affectées à la guitare, avant d'arriver à
l'instrument que nous connaissons, ont donné lieu aux appel-
lations suivantes : Guittère, Guiterne^ Guinteme, Guitarne^
Guisterne^ Guîstarne.
GUITARE ALLEMANDE. Cistre monté de cinq et de sept
cordes.
GUITARE A CLAVIER. Bachmann, de Berlin construisit,
en 1780, cet instrument, qui portait, à droite de la table, un
mécanisme à l'aide duquel de petits marteaux frappaient les
cordes.
GUITARE D'AMOUR. Genre de viole, construite à Vienne,
par Staufer, en 1823. Les cordes étaient attaquées par l'archet.
GUITARE DES MANDINGUES. Guitare primitive à cinq
cordes.
GUITARE ÉCHO. Alix, d'Aix, construisit au milieu du
XVII® siècle, un squelette qui, à l'aide d'un mécanisme dérobé
à la vue, jouait d'une guitare, et lui-même avait une autre
102 GUI
guitare à l'unisson de la première. Lorsque Alix jouait, le
squelette faisait répéter les modulations en écho.
GUITARE ESPAGNOLE. Guitare à cinq cordes, usitée dès
le XVII« siècle, surtout par les dames, en Espagne et en
Italie.
GUITARE HARMONICA. Vill«roy, de Lille, construisit,
en 1820, un appareil adapté au manche de la guitare, donnant
plus de netteté aux sons harmoniques de cet instrument.
GUITARE-HARPE. Guitare conique à sept cordes,
inventée par Levien, en 1825, à Londres.
GUITARE LATINE. Guitare dans le genre de celle des
Maures, mais à cinq et six cordes.
GUITARE-LTRE. Nom donné à diverses guitares ayant la
forme d'une lyre. Le manche de la guitare changeait seul cette
forme, il était placé derrière les cordes et muni de cases. Il y
eut des guitares-lyres à six ou à neuf cordes. On l'employa
surtout, en France, à la fin du siècle dernier jusque vers 1851.
Mougnet, de Lyon, en 1811, Levieu, en 1825, et Ventura, de
Londres, en 1851, en construisirent différents modèles.
GUITARE MAURESQUE. Différente du Luth par son
corps plat en dessous comme en dessus, échancrée des côtés et
à trois cordes seulement.
GUITARE NÈGRE. Sorte de gourde recouverte d'une plan-
chette mince et garnie de trois, quatre ou six cordes. Un autre
genre de guitare existe aussi chez les nègres : c'est une pièce de
bois creusée, recouverte de cuir et ornée de plaques et
d'anneaux de fer. Deux ou trois cordes de crins tressés font
résonner cet instrument primitif.
GUITARION. Genre de guitare, imaginé en 1831 par Franck,
les cordes étaient à volonté, pincées ou attaquées par l'archet.
GUITERNE. Instrument d'origine orientale et fort ancienne,
ayant donné, à force de perfectionnements, la guitare moderne.
C'était un instrument à cordes pincées, dérivé de la cithare et
de la rote ; on ne le désigne ainsi qu'à partir du XI® ou du XII*
siècle. Le manuscrit de Tristan et Yseult (1260) montre parmi
ses nombreuses miniatures, un ménestrel jouant d'un guiterne
W-^^Wj^f^&^Si^fÊ'^'«il%^fÊ ÎÊ'.^^^ cordes, sans cordier,
l^j^pg^Ëto^jMàlS ynt^H^WtOliyrmoiiie est percée d'une
lllNi^^'^A/!?v1?^^^VV'S''HifStStus'^^^ ^^ XlIE* siècle se
*^^y^^^ÇjJH^8)ï£r<vi(||{itt>iWfe rappelle un peu celle du
;st::^:^:&::^:
^|^|i|*Câ^^^^|^^à$rordier. Au XIY» siècle,
-«V».». . . —""■"'"- -pjjj.jj,j^Jg jj'gjplygqyg qyg^pg
"t-fut appelée guiterae, dès
ïin manche.
^ dit que cet instrument,
d'autres auteurs disent
si^âgs à la guitare primitive.
[ain ou guitare algérienne
|râ§d^>:S^^ic^Jô^ne tendue sur une écaille
;i:^-^éïS4?-"è*-
104 HAR
de tortue sert de table d'harmonie ; le manche mesure O^'jeSS et
l'instrument entier, 0°*,55. Il est habituellement orné de peintures
multicolores.
GUSLI, GUSSEL ou GOUSLI. Harpe russe ayant quelque
analogie avec le Psaltérion allemand ; les cordes sont en laiton,
GUZLA^ Monocorde champêtre des Morlaques, dont la corde
est en crins tressés.
GYMNASE DU DOIGT. Appareil inventé par Barrois, en
1856, pour exercer l'agilité des doigts.
GYMNASE DU PIANO. Zeigler imagina, en 1846, cet
appareil donnant, à l'aide d'un seul doigt, le moyen de faire
vibrer une ou plusieurs octaves du piano.
H
HACKBRET. Nom du tympanon allemand, au XVIII» siècle.
Il existe encore en Hongrie et en Transylvanie et s'accorde
chromatiquement.
HANUMUNTA-ATTU. Hautbois indien.
HARMOMELLO. Piano de forme verticale, fait par PfeifFer,
en 1806.
HARMONETTE. Sorte de petit pianista américain.
HARMONICAS. En allemand GlockenspieL Jeu de lames
de bois sonore ou de globes de verre. L'anglais Puckeridge,
Francklin (1760), Rœllig, Klein, Lenormand, Renaudin et
Chladni, sont les inventeurs et les perfectionneurs de cet
instrument. Il y a des harmonicas sur lesquels le son s'obtient
en passant simplement un doigt humide sur le bord mouillé
d'un gobelet; d'autres se composent de lames de verre placées
horizontalement sur des fils ne les empêchant pas de vibrer
librement et se frappant avec un petit marteau de bois tendre
ou de liège. En 1791, Mozart employa l'harmonica à l'orchestre,
dans la Flûte enchantée, et, depuis, un grand nombre de
HAR 105
compositeurs imitèrent son exemple. L*harmonica, de Franklin
(1760), consistait en un cylindre sur lequel sont placés des
globes de verre de différentes dimensions, selon le son qu*ils
doivent donner. Ce cylindre, renfermé dans une boîte, est placé
horizontalement suî- deux pieds et tourne à l'aide d'une roue
mise en mouvement au moyen d'une pédale. Klein, d'après
ridée de Francklin, imagina, en 1798, d'ajouter un clavier à
cet instrument.
HARMONICA-ACCORDÉON A BOUCHE. Paris, de
Dijon, imagina ce singulier instrument en 1836.
HARMONICA A BOUCHE. Petit instrument à anche
libre, très connu en Allemagne. C'est plutôt un jouet qu'un
instrument véritable ; cependant, certaines personnes exécutent
des airs de danse à l'aide de l'harmonica à bouche. Un aubergiste
de Bade appliqua l'idée conçue par Haechl, et construisit le
Mimd Harmonica. C'était alors une pièce ronde, munie
seulement de trois lames, donnant la tierce et la quinte; il y
ajouta ensuite l'octave.
HARMONICA A CLAVIER. Nicolaï, en 1765, construisit
cet instrument.
HARMONICA A CORDES. Stein l'inventa en 1788; c'est
un genre de clavecin réuni à une épinette, pouvant se jouer
seuls ou similltanément.
HARMONICA A TOUCHES. Klein, de Saint-Pétersbourg,
imagina, en 1798, cet instrument, qui consistait en une caisse
traversée en long par une verge à laquelle quarante-huit
cylindres de verre de différentes grandeurs se trouvaient fixés.
Un clavier correspondait à des tiges approchant des cylindres
par la pression des doigts.
HARMONICA-CELESTINA. Sorte de piano imitant trois
genres d'instruments ; à trois claviers, construit par Zinck, en
1800, à Hesse-Hambourg.
HARMONICA DE BOIS. Gusikoff le fit connaître en
France, vers 1830. Ce sont des échelettes (Foer ce mot), dont
les barrettes de bois sonore sont placées sur des rouleaux de
paille.
106 HAR
HARMONICA DOUBLE. Clochettes de verre ou de métal
placées dans deux cais5.es. Un archet de violon appuyait sur le
bord de certaines de ces cloches et correspondait à un clavier
qui mettait Tarchet en mouvement.
HARMONICA MÉTALLIQUE. Clagget, de Londres, eut
le premier ridée, vers 1780, de construire un instrument formé
de cinquante lames d'acier, mises en vibration par la pression
des doigts. Cet instrument ressemble beaucoup à Fancien
Zanze des nègres d'Afrique. C'est aussi le nom primitif donné
à l'accordéon {Voir ce mot).
HARMONICA MÉTÉOROLOGIQUE. César Gatfoni, de
Rome, inventa cette sorte de harpe gigantesque, en 1765. A
l'aide des sons changeant par les variations de température,
l'abbé Gattoni prédisait les changements de temps.
HARMONICA VIRGINAL. Stiffel construisit cet instrument
qui rappelait la voix humaine.
HARMONICELLO. Viole d'amour, imaginée en 1794, par
Bischoff, de Dessau.
HARMONICON. Grand piano double, nommé d'abord Vis-
à' Vis, puis Harmonicon, inventé par Jean- André Stein, d'Augs-
bourg, organiste et facteur de clavecins et de pianos, 1728-1792.
C'est aussi le nom donné par Muller, en 1794, à l'Harmonica à
clavier, auquel il avait ajouté deux jeux de flûte et de hautbois.
HARMONICOR. Instrument muni d'une embouchure et
d'un pavillon. Les touches sont des pistons et donnent deux
octaves ; le doigté est semblable à celui du piano et le son
pareil à peu près à celui du hautbois. M. Jaulin en est
l'inventeur.
HARMONICOR-MELODIUM. Orgue à manivelle et à
cylindres, muni de tuyaux en cuivre, donnant l'effet de
trompettes.
HARMONICORDE. Instrument inventé par Jean et Frédéric
Kaufmann, de Dresde, et appelé d'abord Chordaulodion ( Voir
ce mot. Debain inventa aussi un instrument appelé ainsi, mais
tout différent du premier. C'est la i:éunion à volonté du piano et
de l'orgue.
HAR 107
HARMONICORDE. Piano à queue, posé verticalement. Un
mécanisme se mouvait au moyen du pied.
HARMONIE D'ORPHÉE. Physharmonica, construit par
Léopold Maëlzel, de Vienne, en 1818.
HARMONIFLUTE. Instrument à anche battante et à
soufflerie, intermédiaire comme dimension, entre l'accordéon
et l'harmonium. C'est Boulon, de Paris, qui le construisit le
premier, en 1852. On applique aussi ce nom à un orgue à tuyaux
et à cylindre, imaginé par Corvi, en 1853.
HARMONIHARPE. Instrument moderne dans le genre de
la cithare, se jouant à plat sur une table, et les cordes se
pinçant comme une harpe ; les cordes sont disposées en
longueur, comme celles du piano à queue.
HARMONINA et HARMONINO. Petit harmonium portatif
s'adaptant à volonté sous le clavier du piano et servant à faire
un chant soutenu avec la main droite, pendant que la gauche
peut faire l'accompagnement au piano. M. Debain est l'inventeur
de l'Harmonina.
HARMONISTA. Brunt inventa, en 1853, un système
ainsi nommé et donnant, à Taide d'une manivelle, toutes
les harmonies possibles. Le mécanisme s'adapte à l'har-
monium.
HARMONIPAN. Genre d'orgue à manivelle et à tuyaux,
dont quelques-uns se trouvent placés comme dans une tlûte de
Pan, et sont i l'extérieur, c'est-à-dire devant la montre de
l'instrument.
HARMONIPHON. Instrument à vent et à clavier, inventé,
en 1838, par Paris, de Dijon, s'insufflant par un tube élastique,
les doigts agissant sur le clavier, l'harmoniphon donne des sons
semblables à ceux du hautbois.
HARMONIPHONE. Boite à musique, avec notation
d'harmoniflûte, indépendante du peigne d'acier.
HARMONIPHONE-TRANSPOSITEUR.Clavieràpistons.
s'adaptant sur tous les claviers d'orgue. Le mécanisme, imaginé
par M. Lambillotte, fut exécuté par Alexandre, de Paris. Il se
compose de trente-huit boutons, disposés d'une façon symétrique,
108 HAR
permettant de faire des accords dans tous les tons, d'une façon .
automatique.
HARMONIUM. Instrument à anche libre, à soufflerie et à
clavier. Après les essais de Claude Perrault, de André Stein,
de Sébastien Érard (1795), pour tirer parti de Tanche libre,
Grenié, en 1810, obtint pour résultat de nuancer les sons de
l'orgue. Ce fut lui qui imagina VOrgue expressif. Candide
Buffet, en 1827, inventa l'accordéon, qui, en réalité, est un petit
harmonium portatif. Cavaillé CoU, en 1834, construisit le
Poïhilorgue. Founeaux père et fils, furent les auteurs des laies
mobiles,etenfinDebaininventarinstrumentappelé^arwonmm,
que le monde entier a adopté. L'harmonium est ordinairement
de cinq octaves d'ut en ut^ de trois diapasons différents
correspondant aux tons de 4, 8 et 16 pieds de l'orgue. Le son y
est produit à l'aide d'un soufflet mettant en vibration un ou
plusieurs jeux de lames métalliques dites anches libres,
résonnant dans des cases variées de formes et de proportions,
produisant divers genres de sons imitant l'orgue et les différents
timbres d'instruments d'orchestre. Il a les sons chantants et
expresssifs de la voix, et ses ressources se prêtent à toutes les
inspirations et fantaisies de l'artiste. Chacun de ses registres
n'agit que sur un demi-jeu, soit de la basse jusqu'au milieu,
soit du milieu jusque dans les dessus. On s'en sert pour l'église
et pour les salons. L'art musical français peut rendre un juste
hommage à la mémoire d'Alexandre Debain, inventeur de
Y Hannonium^ du Conce7^tina, deYOrganino, de YAntiphonel^
du Piano mécanique^ du Piano écran et de Y Harmonicorde.
Martin, de Provins, imagina la percussion et l'expression à la
main; Victor Mustel, la double expression, le forte expressif et
le M^aphone. Mason et HamMn, deux Américains, construi-
sirent aussi un système de soufflerie refoulant l'air au lieu de
l'aspirer.
HARMONOMËTRE. Instrument destiné à mesurer les
rapports harmoniques.
HARPE. C'est le plus ancien des instruments à cordes, avec
la lyre. Coussemaker dit (page 288, Annales archéologiques de
) que la harpe élait
<■ w .* w «r ^. Jjfî''^ jusqu'alors .. En
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■a^gct^^rps de l'Instrument. Ce
ir^^s Grecs, ni les Romains
'"t.vi
110 HAR
ne semblent pas l'avoir connue. Sur les peintures trouvées à
Herculanum, ce ne sont pas des harpes que Ton voit, mais bien
des Trigones. Les peintures et les sculptures égyptiennes,
mentionnant les harpes, datent de plus de quatre mille ans avant
Jésus-Christ; c'était l'instrument religieux par excellence chez
ce peuple et chez les Assyriens. Elle n'apparut en Occident
qu'avec les invasions des peuples du Nord, qui l'apportèrent
dans les Iles Britanniques, d'où elle se répandit en Europe. Le
mot harpe vient des Danois, qui l'appelaient Harpha^ d'où le
dérivé anglo-saxon Hœrpe^ et l'allemand moderne Harfe. Les
pâtres gallois jouent encore de la harpe. Les Celtes appelèrent
la harpe Harp, Harpa, et quelquefois Sanibuque. Les Romains
désignaient leur trigone sous le nom de Cinnara. Chez les
Hébreux, c'est au son du Kinnor ou petite harpe que le roi
David chantait et dansait. Les harpes eurent, au X* siècle, en
Europe, douze et quinze cordes; mais, à partir du XIP siècle
jusqu'au XVI® siècle, la forme des harpes fut diminuée de
grandeur; on en fit un instrument portatif qui servait souvent
aux jongleurs et ménestrels. Afin de laisser les deux mains
libres, on la suspendait quelquefois au cou. La miniature du
psautier du duc René II, que j'ai reproduite dans mon livre de
La Musique en Lorraine^ montre un exécutant tenant une harpe
de cette façon. Les Irlandais et les Bretons passaient pour les
meilleurs harpeurs. Au XVP siècle, cet instrument disparait à
peu près, pour ne revenir complètement modifié qu'au
XVIII« siècle. La forme, dans son genre primitif, fut perfec-
tionnée et avait été conservée en Europe par les habitants de la
Scandinavie. Les anciennes harpes étaient accordées diatoni-
quement; elles ne donnaient que la gamme majeure de 7ni
bémol. Les pédales n'y furent adaptées qu'en 1720, par Hoch-
brucker, et perfectionnées plus tard par Naderman et par
Cousineau. Sébastien Érard leur donna le véritable et dernier
perfectionnement en 1808. Ce célèbre facteur nous a doté du
superbe instrument que nous connaissons aujourd'hui.
Encouragé, vers la fin du siècle dernier, par Krumholz, à
remédier aux défectuosités de la harpe, il inventa le mécanisme
M^@<OT '''jl^i^^*^^^^^ ^^ substituai)
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augmenta l'étendue du
rieures, faisant faire
-*:*i-î-
112 HAR
une portion de révolution à deux disques munis de boutons
polis, dont Tun servant à raccourcir la corde pour le premier
demi-ton, l'autre la raccourcissant pour le second demi-ton. Le
disque inférieur est mis immédiatement en mouvement par le
mécanisme intérieur de la note, le disque inférieur détermine
ensuite par des renvois extérieurs le mouvement du disque
supérieur. Pour faire en sorte qu'une seule pédale pût produire
le double effet décrit, Erard donna à cette pédale deux crans
d'arrêt ou de repos. On raccroche au premier cran pour le
premier demi-ton, ce qui fait faire un premier mouvement à la
tringle de renvoi, et la continuation de ce mouvement qui a lieu
quand on attache la pédale au deuxième cran, donne le demi-ton.
Sept pédales suffisent ainsi pour rendre chaque corde représen-
tative de trois sons. L'Académie des Sciences et des Beaux- Arts,
en fit un rapport des plus élogieux, en 1815. Enfin, en 1836,
Pierre Erard, son neveu, modifia encore ce système en
diminuant de moitié la hauteur de la cuvette de l'instrument et
augmenta d'autant la longueur de la table d'harmonie et du
corps. Les deux mouvements de la pédale, au lieu de s'opérer
dans la cuvette s'opèrent moitié dans celle-ci et moitié dans le
corps. De cette façon, les cordes furent plus espacées et par là
purent être d'un plus fort calibre. Les plus célèbres harpistes
furent : Krumpholz (1745-1790) ; Dalvimarre (idem) ; Naderman
(1773) ; Bochsa, Labarre, Prunier père et fils^ Godefroid, etc.
HARPE CHROMATIQUE. Instrument inventé par le Saxon
Pfranger, vers 1801. Les cordes de la gamnàe chromatique sont
rouges, les diatoniques sont blanches. L'étendue est de cinq
octaves.
HARPE DITALE. Inventée par Edward Light, en Angle-
terre, vers 1798 ; c'est lui qui imagina aussi la Harpe-luth,
HARPE-DOUBLE. C'est un instrument formé de deux
harpes assemblées; il a dix-neuf cordes de chaque côté, avec
pédales; on l'usitait beaucoup au XVP siècle.
HARPE ÉOLIENNE ou HARPE D'ÉOLE. Les cordes de
cet instrument résonnent par l'action du vent et exécutent ainsi,
selon le degrés la violence de l'air, des accords harmonieux.
HAR 113
Dans la Guyane, un instrument semblable existe depuis
longtemps ; c'est la fibre même du roseau qui sert de corde
vibrante. La caisse sonore de la Harpe éolienne de nos pays,
est en bois, de forme triangulaire, mais allongée ou demi-
circulaire munie d'ouvertures et tendue de cordes de boyau.
HARP-OUITAR. Genre d'instrument, datant de 1800,^
moitié harpe, comme système, moitié guitare comme forme,
exposée par M. Engel, en 1872, au South-Kensington-Muséum.
HARPE HARMONICA-FORTE. Keyser de Lisle invente,
en 1809, cette harpe possédant 34 cordes de laiton, accordées
deux à deux, formant une sorte de contre-basse de dix-sept
demi-tons. Elles résonnent, à l'aide du pied, au moyen de dix-
sept touches correspondant à dix-sept marteaux qui frappent à
volonté sur les cordes.
HARPE-HARMONIE. Instrument inventé, en 1815, par
Thory, et imitant la harpe et le piano.
HARPE IRLANDAISE. Harpe des bardes Irlandais,
existant encore dans le collège de la Trinité, à Dublin. Au
XV« siècle, ce genre de harpe fut amélioré par le jésuite
Nugent.
HARPE-LUTH. Instrument moitié harpe, moitié luth, dont
la caisse est bombée comme celle de ce dernier. Il parut vers
1800.
HARPE-LTRE ou H ARPO-LYRE. Instrument inventé en
1827, par Salomon, de Besançon, et qui lui a été inspiré par la
Lyre organisée^ faite par Le Dhuy, de Coucy-le-Château, en
1806. La harpo-lyre est montée de vingt et une cordes placées
sur trois manches. Celles du milieu sont les mêmes que pour la
guitare à six cordes et s'accordent de la même façon. Un des
manches possède sept cordes filées, et l'autre huit cordes de
boyau. Les quinze cordes donnent une étendue de quatre
octaves et demie.
HARPE-THÉORBE. Instrument construit par About, vers
1800, et appartenant au musée de Kensington.
HARPE WELCHE. Harpe de cet ancien peuple; le
nombre de cordes variait de neuf à dix.
8
114 HAU
HARPICORDE. {Voyez Arpigoudo.)
HARPSICHORDE. Nom anglais du clavecin ou du Clavi-
cembalo.
HASOR. {Voyez Asgior.)
HATAMO. Nom donné par les Abyssins à leur timbale.
HAUK. Gros tambour hindou.
HAUSSE. Petite pièce de bois à cheval sur la partie inférieure
de la baguette de l'archet, portant la vis qui sert à tendre les
crins et contenant ces derniers dans un encastrement.
HAUTBOIS. En italien : Oboe; en allemand : Hoboë; en
anglais : Hauthoy. Instrument à vent, en cèdre, en buis,
en palissandre, en ébène, etc., du genre de la Douçaine^
qui, après de nombreux tâtonnements, est devenu ce que nous
le voyons aujourd'hui. L'ancien avait la taille plus basse d'une
quinte que le dessus, et avait huit trous ; le huitième ne se
bouchait pas. La longueur était de quatre pieds deux pouces:
tandis que la basse en avait cinq, et était garnie de onze trous.
Au X<* siècle, on ajouta deux clefs ; au XV® siècle, le Ténor de
hautbois n'en avait qu'une et ne possédait que sept trous dont
le dernier muni d'une clef; c'est surtout cet instrument que l'on
nommait Douçaine. Le tube d'embouchure de la basse de
hautbois avait un bocal courbe en cuivre, avec une anche
semblable à celle du basson. Le hautbois moderne est composé
de trois pièces s'emboitant l'une dans l'autre, l'anche en plus. Il
a 21 pouces 8 lignes de longueur. L'étendue des sons est
semblable à celle du violon. Bœhm y a appliqué son système qui
le perfectionne beaucoup. C'est un instrument dont le caractère
est essentiellement pastoral.
HAUTBOIS. Jeu d'orgue qui ne tient que la moitié du cla-
vier, sa basse est le jeu de basson.
HAUTBOIS COGHINCHINOIS. Cet instrument pastoral a
huit trous, dont 7 devant et un en arrière ; il résonne à l'aide
d'une anche de roseau.
HAUTBOIS D'AMOUR. En italien : Obœ d'Amore.
Instrument descendant une tierce mineure plus bas que le
Dessus de hautbois*
HIM 115
HAUTBOIS DE FORÊT. En italien, Oboe piccolo.
Instrument pastoral sonnant une octave plus haut que le
hautbois ordinaire.
HAUTBOIS PASTORAL. Instrument à 17 clefs, d'une
qualité de son remarquable, perfectionné par Triébert.
HAZUR. Lyre des Hébrçux.
HEANG-TEIH. Instrument cochinchinois, c'est un hautbois
à 8 trous, dont 7 sont à égale dis lance et placés deyànt. La
tête et le pavillon sont en laiton, le reste en bois,
î HEIRAT. Flûte des bergers arabes.
HËLICON. Instrument circulaire, en cuivre, employé
surtout pour les musiques de cavalerie. Il y a des hélicons
contre-basses, bombardons, à trois et à quatre pistons. Avec
cette forme, le pavillon se trouve placé en avant, et le corps de
l'exécutant est au milieu de l'instrument. C'est le Viennois
Stowaller, qui est l'inventeur de cette basse, dont l'apparition
dans les musiques date de 1855.
HELL-HORN. Sorte d'octavophicléïde, dérivé d'un instru-
ment usité en Silésie. Sommer, F. Bock et Hell, en 1843, le
perfectionnèrent.
HÉMIOPE. Flûte grecque à demi-tons, on l'appelait aussi
Mésocope, c'est-à-dire flûte moyenne ; elle servit pour régler la
marche des enfants, lorsqu'ils allaient ou revenaient des
écoles. C'était le même instrument nommé flûte douce des
festins.
HEPTAGORDE. Lyre à 7 cordes des Grecs. C'est aussi une
sorte de basse de viole inventée en 1828 par Raoul ; ce dernier
instrument avait 7 cordes donnant ré la^ mi^ ut, sol, ré la. Il
n'eut aucun succès.
HËROPHON. Petit orgue à lame, à manivelle et à cartons
perforés . ( Voyez Ariston) .
HEXACORDE. Lyre à 6 cordes des Grecs.
HHABIL. Flûte juive.
HIM ou HIVEN ou HISCEN. Instrument à vent chinois,
fait en terre cuite vernie et percé de cinq trous. Le son est
grave. C'est le Hiven qui, perfectionné, est connu en Europe
116 HUL
sous le nom d'Ocarina (Voyez ce mot). Les Chinois, dit
Momigny, le connaissent depuis plus de 3,000 ans avant
Jésus-Christ.
HING-KA.ON. Tambourin chinois et japonais, posé sur
des pieds.
HIUEN-KOU. Sorte de grosse caisse chinoise qui est
placée sur un pied en bois.
HOEI. Banderolles chinoises, ornées de broderies, repré-
sentant des figures mystérieuses, servant à rassembler les
musiciens. Lorsque ceux-ci se trouvent en présence du Fils-du-
Ciel, le ffoe'U ou étendard de musique^ est déployé.
HORLOGE MUSICIENNE dite ACGORDINE. Système
inventé, vers 1838, par M. Charles SouUier ; cet appareil, muni
de timbres ou de tuyaux organisés, fait entendre à chaque
heure les sons de l'accord parfait.
HOMONOPTOTON. Instrument inventé, en 1845, par
Schneider, pour accorder les anches métalliques.
HORN-BUGLE ou BUGLE-HORN. Trompette à clef,
inventée par l'Anglais Halliday, en 1815. Sax, après quelques
perfectionnements, en fit le bugle actuel.
HOUNBOUKAT. Flûte arabe.
HUANEAR. Tambour mexicain.
HUARA-PUARA ou HUAYRA-PUKURA. Flûte mexi-
caine en pierre du Pérou, trouvée par un général français, dans
un tombeau, à Palenqué.
HUATLLACA. Flûte à bec mexicaine, à cinq et six trous ;
sa longueur est d'environ trente centimètres, elle en os et d'une
seule pièce.
HUCHET. Petit cornet des XV et XVP siècles. Les postillons
s'en servaient beaucoup dès le XV* siècle. Il y a des huchets en
fer. C'est le nom primitif du cor, le mot vient de hiischer (en
paulme), qui imite l'action de la main dans le pavillon^ lorsqu'on
porte les deux mains à sa bouche, pour appeler, quelqu'un.
HUIT-PIEDS. Nom donné à certaines orgues^ qui possèdent
des tuyaux de cette dimension.
HULA* Petit tambour indien, se frappant avec la main.
INS 117
HURDY-GURDY. Nom anglais de la Vielle à roue.
HURUK. Tambourin de grande dimension des Chinois e
des Japonais. On s'en sert beaucoup dans la classe populaire dc|
ces pays.
HYDRAULE. (Voir Orgue-Hydraulique).
HYDRAULICON. (Voyez Clepsydre).
HYDRAULUS. Orgue hydraulique des Romains; l'eau
faisait pression sur les soufflets^ comme Teffort que produirait
des poids très lourds. Il y en avait à huit et à dix tuyaux ( Voyez
\ Orgue-Hydraulique) .
HYMÉNÉENNES. Flûte grecque des noces ; cette flûte était
double, inégale, et les tubes à Toctave l'un de l'autre.
HYPOTRETE. Flûte grecque à trois trous d'un côtéjet un
au-dessous.
I
lAMBYCE ou lAMBGIE. Cythare grecque^ de forme
triangulaire.
ICITALI. Nom turc du Tamboura arabe, à deux cordes
d'acier (Voir ce mot).
IDOUTHOS. Flûte grecque.
IMPROVISATEUR MÉCANIQUE. Appareil s'adaptant
au piano et imprimant sur un rouleau de papier tout ce que
l'exécutant improvise.
INCHAMBI. Mandoline africaine fabriquée avec des
bambous et montée de cinq cordes de fil de palmier; les
habitants d'Empoungoua en font principalement usage.
INGAMBA ou INGOMBA. Tambour africain formé d'un
tronc d'arbre évidé et assez long, sur les deux ouvertures
duquel on a tendu deux peaux.
INSTRUMENT DE MUSIQUE. On nomme instrument
de musique tout appareil servant à produire des sons par suite
118 INS
de l'ébranlement de l'air. Ces instruments sont divisés en trois
classes : les instruments à vent^ à cordes, à pe7*cussion et à
: frottement. Les plus anciens, après la voix humaine, furent
peut-être les instruments à percussion ; les pierres sonores,
par exemple , puis après vinrent vraisemblablement les
instruments à vent ; les hommes remarquèrent que l'air, le
vent, en soufflant avec violence, produisaient des sons ; ils en
cherchèrent une application en soufflant dans des roseaux, de
là parut la flûte de Pan, la conque marine, le sifflet, etc. ; enfin,
les instruments à cordes furent les derniers, avant ceux à
archet ou à frottement. Combien de temps, de patientes
repiarques, d'essais successifs, furent nécessaires pour arriver
à établir ces trois classes distinctes ; c'est ce que le problème
de l'antiquité du monde peut seul résoudre. Les instruments de
musique ont nécessité et nécessitent l'emploi du bois et des
métaux. Les instruments à vent se composent d'un ou de
plusieurs tubes adaptés les uns aux autres ; ces tubes sont
percés d'un ou deux trous, bouchés soit à l'aide des doigts, de
clefs ou soupapes. Le bas est souvent terminé en s'évasant, et
le tube d'insufflation est muni d'une embouchure qui varie de
forme. Les principaux instruments à vent sont: la flûte de
Pan, les flûtes de différentes grandeurs, le fifre, le flageolet, le
galoubet, le cor anglais, la clarinette, le hautbois, le clairon,
les nombreux trombones, cors, trompettes, pistons, serpents,
saxophones, etc. Les instruments à cordes sont, à peu
d'exception près, construits habituellement en bois. Les cordes
( Voir ce mot) sont en boyaux, en métal ou en soie filée avec
un métal fin : le haut est enroulé autour d'une cheville et le
bas retenu d'une manière fixe : souvent un. chevalet ou un
sillet les exhaussent et servent à leur donner plus de
résonnance. Le principe de sonorité des instruments à cordes
et à archet repose sur la présence de deu^ taM^s superposées
l'une sur l'autre au moyen d'éclisses, comme pour les guitares,
mandolines , violes , violons , etc. Des ouvertures sont
pratiquées dans les tables de résonnance afin d'en faire sortir
e son émis. I^es instruments à cordes s'allient aussi à ceux à
INS 119
percussion ; par exemple, dans les clavecins, pianos, etc. Les
principaux instruments à cordes pincées sont : la harpe, la
lyre, la mandore, la onandoline^ le luth^ la cithare, la
guitare, etc., etc. Les instruments à percussion^ comme le-
nom rindique, sont mis en vibration à Taide d'un choc
produit soit par la main, le pied, ou par un autre instrument
en bois ou en métal : le principaux sont : le tambour et ses
dérivés, les cloches, les harmonicas en verre, en bois, ou en
métal, les épinettes, les clavecins à marteaux, les pianos, etc.
Les instruments à archet semblent avoir pris naissance
dans rinde, dans des temps fort reculés ; ils y restèrent trèsi
longtemps usités ; les Arabes les reçurent des Indiens, les
propagèrent en Europe; quant à préciser à quelle époque,
il est assez difficile d'assigner une date certaine, mais on
peut penser avec raison que ce n'est qu'après les Croisades
que ce mouvement d'importation eut lieu sur notre continent.
Du Moyen-âge à la Renaissance, ces instruments se perfection-
nèrent peu à peu ; ce n'est qu'à partir du XVP siècle que les
progrès de fabrication furent réels ; le violon prendra sa forme
en passant par la vielle, le rebee et la viole. L'instrument de
musique peut donc être considéré, pour l'homme, comme
l'expression de son sentiment musical, reproduisant toutes
les différentes sensations perçues ; c'est un auxiliaire néces-
saire et puissant, un compagnon obéissant, un instrument
intime enfin, puisqu'il est l'interprète fidèle de sa pensée.
INSTRUMENT CHINOIS. Sous ce nom, le P. Bonanni
indique une sorte de quadrilatère métallique ayant, en plus de
ses tiges, des lames se frappant à l'aide d'une tringle terminée
par une boule.
INSTRUMENT DE PERCUSSION CHINOIS. Morceau
de bois creux se frappant avec un marteau. On s'en sert princi-
palement pendant les cérémonies religieuses.
INSTRUMENT DES VENDANGES. Sorte d'appareil
mentionné par le P. Kircher et le P. Bonanni ; en usage en
Italie aux XVIP et XVIII® siècles, il était formé d'un vase de
terre recouvert de parchemin, dans l'intérieur, on avait soin de
130 JEU
placer, avant d*ajuster les peauit, un petit bâton. En élevant ou
en abaissant ce bâton on obtenait un son assez sourd et enroué.
INSTRUMENT IMITANT LE @0R. Instrument en buis,
à vibrations produites en chantant par une ouverture aménagée
au milieu d'une sorte de boite creuse, imitant par sa forme la
castagnette.
INSTRUMENT INDIEN. Sorte de clochette carrée décrite
par le P. Bonanni; elle devait avoir un son bruyant.
lOMBARDE. Nom vulgaire donné, au XYUP siècle, à la flûte
à trois trous. Il y avait différentes grandeurs de cet instrument.
ISCHKARTI. Tambour de basque de Dongola.
ISOLOIRS. Socles de verre ou de cristal se plaçant sous les
pianos afin d'en isoler le son, de le renforcer, et d'éviter l'humi-
dité pour l'instrument.
INZIRA. Lyre éthiopienne, formée d'une caisse carrée, dont
la traverse porte sur deux montants, et plus élevée dans le
milieu que sur les côtés.
j
JA. Trompette chinoise.
JAOAJHAMPA. Tambour des Indiens des montagnes ; la
caisse est souvent en terre cuite, il se joue avec deux baguettes,
et sa longueur est de 0™32 ; le diamètre de la peau qui recouvre
la partie supérieure est de (f*30, l'autre n'en mesurant que 0n»27.
JALL. Instrument indien.
JAMATO-OOTO. Instrument japonais, ressemblant au Ché
{Voir ce mot), désigné par Engel, qui dit que l'accord est dans
Tordre chromatique.
JAUTER. Instrument indien.
JEUX DE L'OROUE. On appelle jeu un groupe de tuyaux*
formant une échelle chromatique, donnant des sons d'un même
timbre. On peut classer les jeux en deux catégories : les jeux
KAC lâl
d'anches et ceux à bouche. Les premiers sont à anche battante
ou à anche libre. Les seconds comprennent : !<> les jeux de fond,
donnant l'unisson de la note écrite et ses octaves en bas ; 2^ les
jeux d'octave, sonnant à l'octave au-dessus de la note écrite;
30 les jeux de mutation, simples ou composés ; les jeux simples
donnent la quinte, la tierce et même la septième de la note
écrite ; les jeux composés possèdent pour chaque note plusieurs
tuyaux, formant un accord.
JHANJH-KHANJANI. Petit tambour indien, diflférent du
Khanjani (Voir ce mot), en ce qu'il porte deux petites cymbales,
qui vibrent lorsqu'on bat la membrane tendue sur le cercle
supérieur.
JORAOHAYI. Instrument indien, formé de deux tambours
inégaux, ou dholas ; le plus grand se frappe avec l'aide d'une
baguette, le plus petit avec la main. L'instrument double se
suspend au cou de l'exécutant par un cordon ; le plus grand
tambour mesure 0™26 de diamètre, sur 0"*45 de long ; le petit,
0"*17 sur 0°»31.
JOUM-TOUM. Instrument des Hottentots {Voyez Goura.).
JUDDICS. C'est le Balafo des nègres ( Voyez ce mot).
K
KABARO. Nom du tambourin en Âbyssinie.
KABIR TOXJRTI. Grande mandoline turque dans le genre
du luth, mais à huit cordes.
KACCHAPI VINA ou KACHUA SETAR. Instrument
indien très répandu au Bengale. Les Anglais le nomment
Kachica Setar, du mot kacchapa, qui veut dire dos de tortue,
parce que la forme de la gourde servant de caisse de résonnance,
rappelle le dos de cet animal. Il est garni de cinq cordes et
quelquefois de deux autres en acier, se pinçant à vide et donnant
les notes : ut des lignes et sol au-dessus des lignes de la clef de
122 KAM
I
soLOn le joue avec un plectre et le manche présente seize cases.
La longueur de Tinstrument est de l'%20 sur O^jâS de large.
KACHAPPI. Harpe siamoise, qu'il ne faut pas confondre
avec la Kacchapi Vina du Bengale.
KACHA-VINA. Instrument moderne indien, à cordes, avec
une touche de verre, sous laquelle se trouvent oiize cordes
sympathiques en laiton; celles-ci reposent sur un chevalet
d'une deuxième caisse sonore, recouverte d'une légère
membrane de peau. Les six cordes s'accordent ainsi : fa d'entre
les lignes, ut, sol au-dessus des lignes, sol des lignes de la clef
de sol ; ut des lignes de la clef de fa. La'premièreet la cinquième
sont en acier, les autres sont en cuivre. L'instrument mesure
0™^25 de. large sur 1«»,30 de long.
ElADHIB. Chalumeau arabe.
KA.IRATA-VINA. Instrument indien dans le genre de la
Mahati' Vina^ à quatre cordes et à six chevalets. On supprime
quelquefois la troisième corde. L'accord donne : fa d'entre les
lignes^ ut, sol au-dessous des lignes de la clef de sol., et ut des
lignes de la clef de fa. La longueur totale est de 0™,96.
KALAMA. Chalumeau indien, à sept trous, en roseau, dont
l'extrémité inférieure est taillée en bec de plume. La longueur,
avec l'anche, est de 0™,32.
KALLISTE-OROANON. Sylvestre construisit, en 1827, cet
instrument, dans le genre du Physharnionica.
KAMANCHA. Sorte de guitare indienne.
KAMINA ou KATTYAUNA-VINA. Qânon indien, à
vingt-et-une cordes, et ayant souvent une étendue de cinq
octaves diatoniques. On l'appelait autrefois Shata-Tauiri Vina,
ou Vina aux cent cordes d'acier.
KAMPOUK BIRBIAN. Harmonica birman en bois durci,
formé de dix-neuf lames de bambou, de 20 à 38 centi-
mètres, se frappant à l'aide de deux petits marteaux. Son
étendue est du la grave au-dessous des cinq lignes au mi sur la
troisième ligne supplémentaire.
KAMPOUK MALAIS. Gong malais, formé de deux disques
de métal, s'emboltant à volonté Yun dans Vautre, mais suspendus
KAT 123
à un petit intervalle par des cordons de métal ou plutôt de soie.
KAMPOUK SIAMOIS. Harmonica siamois, dont les lames
sont en métal ou en bois, et placées sur une petite caisse sonore,
ayant absolument la forme d'un canapé minuscule.
KANOUN. Psaltérion des Arabes, monté de cordes de boyau
et de métal ; il a la forme triangulaire et se trouve percé de deux
ouïes.
KANSARA. — Gong indien usité dans les cérémonies
religieuses ; il se frappe à l'aide d'un bâton, et mesure 0™,24
de diamètre.
KANSI. Gong indien, à bords relevés, de On»45 de diamètre,
il se joue en même temps que le Dhola pour donner le rythme.
KANTÈLE. Petite harpe usitée en Finlande; les cordes
sont en fil de cuivre.
KARABO. Petit tambour égyptien.
KARATALA ou KHARATALA. Cymbales indiennes de
0"».15 de diamètre. Qn s'en sert pour les cérémonies du culte de
ce pays.
KARNIX. Trompette gauloise, courte, en métal fondu, dont
l'embouchure était en plomb et le pavillon avait la forme d'une
tête d'animal.
KARNOU. Trompette gauloise dont la forme rappelait la
conque marine ; les sons étaient aigus.
KASAT ou KAS. Gimbales arabes.
KASS, KASSO ou KASSUTA. Tambourin indien, fait d'un
morceau de bois de palmier, creusé et recouvert d'une
planchette mince. Celle-ci est souvent coloriée.
KASSO. Sorte de harpe de l'Afrique et de la Sénégambie,
montée presque toujours d'une vingtaine de cordes en lianes*
Le fond est fait d'une calebasse sur laquelle une peau est
tendue, formant table d'harmonie.
KASSUTO ou KAFFUTO. Instrument du Congo; c'est
une sort« de boite longue en bois recouverte d'une planche
taillée en échelle; on racle, avec un bâton court, sur les
branches de cette échelle.
KATHJAUNA-VINA. {Voyez Kk^vu),
124 KEM
ELA,TROS. Harpe des Hébreux.
KÉBARO ou KABARO. Petit tambour abyssin, ressemblant
au tambour provençal, mais un peu plus arrondi en bas ; il se
frappe avec la main,
KEFF. Instrument primitif et naturel des Arabes ; ces
derniers disposent leurs mains, qui forment comme une sorte
de boîte creuse et les frappent en cadence en y enfermant ainsi
rair.
KEIRMINE ou KEIRUINE. Sorte de tympanon irlandais,
formé d'un triangle tronqué ; les cordes en sont pincées avec les
doigts, sans plectre; c'est une sorte de harpe renversée.
KEMAN. Violon arabe à trois cordes. On peut voir un de
ces instruments au Musée du Conservatoire de Paris.
IdlKEMANGEH ou KEMMANGEH. Nom du violon primitif
des Arabes : il y en aune grande variété : le KemAngehà gouz^
le Kemângeh farkh^ etc. {Voyez ces mots); les Kemângeh
persanes sont souvent formées de Técorce d'une noix de coco,
sur laquelle on tend des cordes en crin noir tressé ; mais
d'ordinaire, le corps est en bois et les cordes en soie.
KEMANGEH A OOUZ. C'est le violon primitif des Arabes ;
il y a une grande variété de Kemângeh^ celle-ci est la plus
ancienne. L'instrument est monté de deux cordes en crins
noirs ; il se tient comme le violoncelle, l'exécutant étant assis à
la façon orientale. L'archet ressemble à celui en usage aux
siècles derniers, en Europe.
KEMANGEH-FARKH. (Signifie portion de Kemângeh) ;
Sorte de luth arabe, à archet, plus petit de moitié que le
Kemângeh à gouz, formé de la moitié d'une noix de coco
..évidée, mais le milieu de la partie inférieure est percé
d'un trou. Sur la table, près de la barre, on a percé deux autres
trous. La longueur totale de la touche est de 0™,24. Cet instru-
ment est monté de deux cordes.
KEMANGEH ROUMY. Instrument indien, semblable à la
Viole d'Amour. Six cordes en boyau et six cordes sympathiques
garnissent le manche ; il y en a aussi de quatorze cordes et de
quatre cordes seulement.
KHE 125
KEMEIEN. Tambour circulaire, cité dans rÉcriture sainte.
KËONKEM. Tambour des Égyptiens.
KËRAS. Trompe grecque, en corne de génisse, ressemblant
à la Conque marine ; c'est le Kéren des Hébreux.
KERAULOPHONE. Dawson imagina, en 1851, ce jeu
d*orgue, imitant le frottement de Tarchet sur la corde ; cet effet
était produit par la vibration de Tair dans un tuyau fendu en haut.
KÉREN. Corne de bélier des Hébreux, servant autrefois à
annoncer le Jubilé. C'est encore de nos jours la corne d'appel
des Abyssins et la grande trompette actuelle des Indiens. Elle
est faite, dans ce cas, avec un roseau, à l'extrémité duquel est
attachée une demi -calebasse, imitant le pavillon d'une
trompette et ornée de petites coquilles blanches. Le reste de
l'instrument est recouvert de parchemin ; elle donne le mi.
KERRENA. Trompette de l'Hindoustan ; elle a quinze pieds
de long.
KÉTOUT ou EAMPOUK. Marmite résonnante chinoise.
KHALIL. Musette des Arabes.
KHALIT. Instrument des Hébreux.
KHANJANI. Petit tambour indien de 12 centimètres de
diamètre ; les mendiants s'en servent pour accompagner leurs
chants.
KHASCHBAT. Instrument mystérieux des anciens Arabes,
comparable, parait-il, à la lyre d'Orphée.
KHATTALI. Castagnettes métalliques du Bengale; le son
en est vibrant.
KHEN. Instrument des Laotiens et des Siamois. C'est un
assemblage de dix à seize bambous accouplés, dont les nœuds
sont coupés antérieurement; ces bambous forment des sortes
de tuyaux d'orgue; ils sont attachés les uns aux autres par un
bambou plus gros, traversé perpendiculairement par ceux-ci;
leur longueur est inégale. En bouchant les trous, on fait sortir
les sons; l'instrument doit être tenu incliné, sa hauteur
atteignant de 1 à 4 mètres.
KHEW. Clochette indienne, suspendue au toit des temples
de ce pays.
126 KIN
KHLANQ TOA PHOTO A BIEA. Large tambour plat, de
Siam.
KHLOVIE. Flûte siamoise.
KHOLE ou KHOL. Instrument indien ; sorte de tambour en
terre cuite, appelé aussi Mirdeing,
KHONQWANG. Clochettes siamoises, en métal, faisant
Teffet du chapeau chinois.
KHORADAK. Deux tambours indiens, dont le fût est en
terre cuite ; on les joue simultanément ; le plus aigu est frappé
par la main droite, la paume de la main gauche frappe Tautre.
KHUDRA OHANTA. Clochettes de bronze des Indiens,
servant à frapper la mesure.
KHUDRA KATTIAUNA VINA. Instrument plus petit,
à quatorze cordes, mais du même genre que le Kattyauna
Vina (Voir ce mot).
KHUNIRSE. Tambourin des Indiens.
KHUNIRZ. Tambourin du Bengale.
KIDÈTE. Flûte à bec de l'Afrique, terminée par un énorme
gland de laine. Elle est percée de quatre trous. Le bois est du
sorgho,
KIÉBER. Sorte de tambour arabe.
KILEK. Lyre russe, appelée aussi Rilech,
KIN ou SCHOLARS LUTE. Luth chinois, appelé, par les
Anglais : Luth des écoliers. Il y en a de trois différentes
grandeurs. Cinq cordes sont tendues sur une table de bois; les
endroits à pincer sont indiqués par des points. Selon les lettrés
chinois, ces cinq cordes doivent représenter les cinq planètes
du ciel et les cinq éléments.
KIN CHINOIS. Instrument de percussion, qu'il ne faut pas
confondre avec le Kin ou Scholars Lute^ en ce sens qu'il est
beaucoup plus ancien et qu'il se compose de une à seize* pierres
sonores.
KINANDO. Variété du Sanko {Voir ce mot), Nigritie
orientale ; cet instrument à cordes pincées est monté de onze ou
de douze cordes; il se joue avec les deux mains et se pose sur
les genoux. -"
I
1.
I
KIT 127
KINNARI VINA. Instrument classique à cinq cordes
pincées, des Indiens; il s'accorde comme Vesrar. Les
deuxième, troisième et cinquième cordes sont en cuivre, la
première et la quatrième sont en acier. La longueur est d'environ
92 centimètres, la largeur 12 centimètres.
KINNERT. Harmonica très perfectionné des Indiens, formé
d'une caisse en bois de fer très ouvragée et peinte, supportant
quinze, seize ou dix-sept lames métalliques ou en bois, accordées
diatoniquement. Le kinnery a habituellement une étendue de '\
deux octaves et deux notes. Les baguettes, servant à frapper
les lames, sont terminées par une boule de métal, d'ivoire ou
de bois, que l'on garnit de laine lorsqu'on veut rendre le son
plus doux. Quand les lames sont en métal, celui-ci est
mélangé de cuivre, d'argent et de bismuth.
KINNIN. Harpe arabe.
KINNIRA. C'est le trigone grec, qui n'est autre que la harpe
ou kinnor des Hébreux; il avait neuf cordes obliques, dont la
plus grande formait l'un des côtés du triangle. On pouvait en
faire vibrer les cordes avec la main droite en assujettissant le
corps de l'instrument sous le bras gauche, ou le plaçant dans
une position horizontale ; on l'attachait à la ceinture et l'on
faisait percuter les cordes à l'aide d'une baguette.
KINNOR. Nom de la harpe à vingt-et-une, vingt-quatre ou
trente cordes, chez les Hébreux ; cet instrument est d'origine
égyptienne; on peut voir, au Musée du Louvre, des harpes des
Anciens égyptiens; elles sont absolument semblables au Kinnor.
KIOU-KIN. Nom de la Guinibarde^ en Chine (Voyez
Guimbarde).
KIOUS. Timbale eu airain, des Arabes.
KIRAN. Mandoline arabe.
KISSAR. Instrument à cordes pincées, des Berbers ; appelé
aussi lyre éthiopienne ; il est garni de cinq cordes: ré, sol ^
la^ si^ mi, au-dessus des lignes (clef de sol). Sa forme rappelle
la lyre pentacorde antique.
KIT. Nom de la pochette en anglais ( Voir Pochette) ; on
remployait surtout au XVII* siècle.
128 KOR
KITFAR. Harpe ancienne des Arabes.
KITHARA. Cithare grecque ancienne, d'où le nom français
de cithare est venu.
KOAN. Sorte de hautbois chinois, en ivoire ou en ébène,
muni d'une anche de roseau très mince.
KODOVrO-GAOULO. Guitare des indigènes du Soudan.
Le nom veut dire : musique de griot. Cet instrument se compose
d'un morceau de bois de 0™,10 de largeur, 0",06 de profondeur
et 0™,40 de hauteur, creusé selon la forme d'un bateau d'enfant.
Le manche, long de 0™,70 sur 0"»,02 de diamètre, est fait d'une
branche d'arbre et ne dépasse le corps sonore que de 0",40 ;
l'autre partie, placée dans l'intérieur, maintient un chevalet
pour les cordes. Une peau de mouton sert de table d'harmonie
et une ouverture pratiquée sert d'ouïe. Quatre cordes de crins
tressés et fixés au manche par des attaches de cuir, complètent
cet instrument, mais deux de ces cordes seulement reçoivent la
pression des doigts de la main gauche, tandis que les deux
autres, plus courtes, ne dépassent que très peu la table d'har-
monie et servent quelquefois d'accompagnement. Une petite
plaque de fer, garnie de bagues du même métal, est ajoutée au
KodowO'Gaoulo. Un morceau de corne sert de plectre.
KOLLO. Instrument japonais dans le genre du Ché {Voir ce
mot), mais plus grand ; il a treize cordes de soie, treize chevalets
mobiles.
KOMBU. Cor d'airain indien, ressemblant à l'ancien Lure
de Scandinavie.
KONGWANG. Instrument siamois, consistant en boules
métalliques, qui résonnent lorsqu'on les agitent.
KOO. Tambour chinois.
KORA. Harpe mandingue, formée d'une demi-calebasse assez
grande : 0",25 à 0«»,35 de diamètre ; cette calebasse est recou-
verte d'une peau de mouton très tendue, et surmontée d'un
manche de 1 mètre, recourbé en avant et terminé par une pièce
métallique. Le chevalet, différent de longueur, selon le nombre
des cordes, est placé au milieu de la table d'harmonie. Sur le
côté de la calebasse se trouve une ouïe de 0^,10 carrés, Le Kora
' KUI 129
est monté de six^ huit, dix, douze, seize cordes en boyau; des
attaches de cuir, faisant fonction de chevilles, les tiennent
au manche . C'est le même genre d'instrument que l'ancienne
harpe égyptienne, datant de vingt-huit siècles avant J.-C. Celle-
ci se voit dans la salle du musée égyptien, au Louvre. Le Kora
est tenu à la hauteur de l'estomac et maintenu par les pou(5es et
les petits doigts, les autres pinçant les cordes. La sonorité est
pleine et agréable. Les Peulhs en interdisent l'usage sous
peine de mort.
KORRO. Harpe ou lyre arabe, très ancienne et d'une forme
toute primitive.
KORTAL. Un des plus anciens instruments à cordes pincées
de rinde.
KOSSAB. Flûte arabe.
KOU. Tambour chinois, se frappant avec des baguettes, et
garni souvent de clochettes.
KOUA. Nom donné parles Indiens à l'archet primitif.
KOUITZ. Flûte d'Abyssihie, appelée aussi A gada on A ghêdé;
c'est un instrument de la grandeur des flûtes traversières, mais
portant une anche assez semblable à celle de notre clarinette.
KOUSSER. Sorte de tambourah des Japonais, à quatre
cordes, se jouant avec un plectre et dont le manche est divisé en
cases.
KOUWAN-TEKI. Nom de la flûte traversière, chez les
Japonais.
KOU"WINE. Tambour indien, dont le fût est en cuivre.
KRAP. Castagnettes de bambou, usitées dans le royaume
de Siam ; elles ont 0™,40 de longueur.
KROUPEZAI. Sandales de fer ou de bois des anciens,
servant à marquer le rythme dans les chœurs et au théâtre.
KRUMMHORN. Nom du tou7mebout, en allemand ; c'est la
basse du hautbois dont on a francisé le mot en le nommant
Cro77torne {Voir ce mot).
KUFFIR , KUSSIR , GUSSIER ou QUSSIR. Sorte de
harpe arabe à cinq cordes et de forme ovale.
KUITRA. Grande guitare algérienne à quatre doubles cordes,
9
130 LAN
ressemblant au luth par son fond bombé ; le manche est aussi
légèrement renversé.
KULINO TANOAN. Sorte de guitare à quatre cordes des
îles Philippines.
KUNJERRT A SEPT CORDES. — Instrument indien à
archet, du genre du Ratanastron {Voyez ce mot). Sept cordes
garnissent le manche en aboutissant à un chevalet et à une
petite tirette. Quinze cases servent à en modifier les sons ; une
cheville se trouve à moitié de la hauteur du manche et cinq
autres sont à la tète de instrument.
KUNJERRT A SIX CORDES. Instrument indien, à
archet, qui, vu de face, a l'aspect du luth, et de profil, celui
d'une pipe. Il a 1"40 de haut. La table d'harmonie est bombée,
mais dépassée dans sa surface par les éclisses ; elle est percée
de deux grandes ouïes en haut et de huit petites en bas. Le
manche, garni de douze cases, est large; la tète, portant
six chevilles, représente souvent une tète d'oiseau, quatre
cordes sont en boyau, les cinquième et sixième,' tenues par une
même cheville, sont en métal. Cet instrument est incommode à
jouer, car il faut appuyer les doigts très fort.
KUSSIR ou KUSSIER. Instrument turc à cinq cordes
tendues sur une peau recouvrant une sorte de demi-sphère
en bois.
KWBTZ. Nom de la flûte en Ethiopie.
L
LAME VIBRANTE ou ANCHE LIBRE. Languette mince
4e métal, martelée et étendue, qui est maintenue à l'extrémité
inférieure sur une pièce métallique creusée pour la laisser
vibrer. La vibration est produite soit par le souffle soit par la
percussion.
I«ANQVETTE. 1^ Petite pièce de bois dans laquelle est
r
LIG 131 I
I
placée une tige de plume de corbeau, pour les clavecins et les j
épinettes ; 2** Petite soupape à ressort, ouvrant et fermant les 1
trous de certains instruments à vent; 8^ Lame métallique
vibrante pour les orgues {Vow Lame vibrante).
LAPA. Longs tubes de cuivre de huit ou neufs pieds,
terminés par des pavillons et usités dans les musiques turques.
LARIGOT. Jeu d'orgue très aigu, sonnant à la quinte
au-dessus de la doublette. Ce jeu est en étain et comprend tout
le clavier, puisqu'il a quatre octaves et demie d'étendue ; il fait
partie des jeux de bouche. C'est aussi le nom de l'ancien petit
flageolet usité le plus souvent avec le tambourin.
LARYNX. C'est l'organe de la voix et l'instrument naturel
de l'homme, par excellence. Placé sur la ligne médiane du
corps, à la partie antérieure et supérieure du cou, il a une
forme de cône tronqué et renversé surmontant la trachée-
artère avec laquelle il communique. En respirant, il livre passage
à l'air, et, par certains mouvements, produit les sons.
LAYA BANSI. Flûte indienne à sept trous, à embouchure
transversale, et de 0™,32 de longueur.
LAYE. Sorte de boite renfermant, dans l'orgue, le méca-
nisme des soupapes.
LEUT. Nom ancien du luth ( Voir ce mot).
LICHARA. Principal instrument des Cafres. C'est une
sorte de flûte ne produisant qu'un son ; de sorte qu'il y en
a un pour chaque note. Habituellement l'intervalle entre les
plus graves et les plus élevées est de douze notes. Elle est en
roseau, accordée à l'aide d'un petit tampon mobile se trouvant à
la partie inférieure et portant en haut) ^ une ouverture taillée
transversalement. '^
LIGATURE. Petit appareil de métal se serrant à l'aide de
deux vis, destiné à maintenir une anche de roseau sur les becs
des clarinettes, saxophones, etc. C'est la ligature qui a remplacé
le lien de fil ou de èordonnet dont oa se servait autrefois.
LIGULA. Embouchure en biseau d'une flûte à bec des
Romaing ; cette embouchure se serrait entre les dents comme
pour le flageolet moderne.
132 LUD
LINÉOORAPHE. Violette, de Brest, inventa en 1839 cet
instrument destiné à tracer des lignes de musique sur le
papier. Une molette en cuivre présente ainsi une ou deux
portées de musique. On l'appelle aussi griffe.
LINGUA. Nom donné à l'embouchure d'une flûte chez les
Romains.
LIRONE. Genre de Viole da Gamha {Voyez ce mot),
LITICEN. C'est celui qui^ chez les Romains, jouait du
lituus.
LITUUS. Grande trompette droite romaine, en usage
autrefois parmi les troupes de cette nation, particulièrement
employée pour les triomphes des généraux. Le lituus mesurait
à peu près 1™,60 de long, sonnait à l'unisson du clairon
moderne, et était en bronze. On en a retrouvé un curieux
spécimen en 1827 , à Gervetri (Italie) ; il est actuellement au
musée du Vatican. Les Augures portaient un bâton recourbé
appelé aussi lituus ; il avait la forme de l'instrument de
musique. On peut en voir un type semblable à la Mosaïque de
Grand (Vosges).
LONGA. Instrument de percussion ' en fer, ressemblant à
deux cornes, et se frappant à l'aide d'une tige du même métal.
LONGO ou EMBANKIS. Instrument usité seulement par
les grands du Congo ; il se compose de deux sonnettes de fer,
liées entre elles par un arc de même métal. On les frappe avec
une baguette.
LOO ou LU. Instrument de percussion des Chinois ; c'est le
imn-tam des Turcs.
LOTINE. Flûte des Grecs, faite de bois de lotos.
LOTITES. Trompettes usitées en France au Moyen-Age et
qui servaient dans les marches guerrières.
LOURE. Nom donné à l'ancienne cornemuse du Moyen-Age.
LU-TGHUN. Instrument chinois, en bois, monté de douze
cordes tendues par des chevilles ; des ouvertures circulaires
existent au-dessous de la caisse sonore qui est allongée; les
cordes sont fixées en-dessous par deux chevilles.
LUDR. Cor de guerre de l'île de Fioni*, découvert au
im
Hi'â^* 13S
WiSSi^f'A'^v^'lê^fÊ^ tourbières de Fionie^
'MdîlM^Si^ftSlMtdiz centimètres et le
l£lJiâa^lf'H'W«iesécutant.
I sTftSAESsiâ'^il} Jl 'Inde.
Inde,
lart le Tant dans l'intérieur
>^^<ttil^^râ]^|§ffl| anciens Grecs {Voyez
ti)lliit'«iî
Si^'£'4l'(9^jËfSfï'^>3> ^ufc; en italien,
""iJirâLt^ilEiaiincées est originaire de
les plus reculés ; on le
^«ïfoi||«:lr^â«ir^^es mots luito, laute et
[iî^ij^lwJ'cIgs^Stalieniie, allemande et
^^ ^ ^ôx^^puis plus de 600 ans ; il
''À' t1^'
1
134 LUT
n'eut sa véritable forme que dans les deux derniers siècles.
Selon le père Bonanni, cette forme lui fut donnée par un
Allemand: Casperger, qui le perfectionna en allongeant le
manche, en y ajoutant huit cordes simples, six doubles et une
chanterelle plus fine que les autres. Il y avait des luths à onze,
à quinze, à vingt et à vingt-quatre cordes attachées à un cillet
à l'aide de boutons. Le manche était divisé en neuf cases, faites
le plus souvent en cordes de boyau ou en métal. Lorsqu'il était
monté de onze cordes, l'accord était le suivant : ut (lignes de là
clef de fa), réy mi, fa, sol, la^ ré (au-dessus des lignes), fa, la^
ré, fa (chanterelle), c'est ce que Ton appelait l'accord selon le
vieil Ton. Le Théorbe avait à peu près le même accord. Le son
du luth était plus plein que celui de la guitare. On pouvait
accorder le luth diatoniquement, comme la harpe ou l'épinettc.
Quand il était monté de quinze cordes, les plus grosses se
touchaient à vide, et les trois plus fines, tant à rouvert que
sur le manche, dit le P. Mersenne. Le père de Ninon de Lenclos
et sa fille même, jouaient parfaitement du luth. On se rappelle
les inimitables gravures de Callot, ce Rabelais de Teau-forte,
représentant des burlesques joueurs de luth ; c'est, du reste, au
XVP, au XVII« et au XVlip siècles qu'il fut le plus en vogue.
Sa forme est ovale, mais très allongée vers le manche, et
presque circulaire à sa base. La tête est légèrement renversée.
Le fond bombé, est quelquefois à côtes ; c'est la guitare qui
détrôna cet instrument d'accompagnement.
LUTH DU CONGO. Sorte de guitare dont la table est
en peau.
LUTH THÉORBË. Sébastien Schelle, de Nuremberg,
construisit, en 1727, un instrument auquel il donna ce nom. Le
luth théorbé avait vingt-quatre chevilles ; les cordes basses
avaient un cheviller spécial, ressemblant en cela au Théorbe,
Il ressemble aussi à YArchiluth.
LUTINA. La lutina est un dérivé du luth ; plus petite que
celui-ci, elle a beaucoup d'analogie avec la mandore ; le fond est
à côtes.
LUTRIN, Grand pupitre en bois sculpté, placé dans le chœur
LYR 135
ou en avant de Tautel des églises et servant à soutenir les livres
de plein-chant. Le mot vient de îech^m, lectrimum, lettrin et
enfin lutrin.
. LIBTQUE. Flûte photinge ou lotienne des Grecs.
LYDIENNE. Flûte usitée chez les anciens Grecs, pour
jouer dans le mode dorien.
LYRA. Nom donné quelquefois à l'ancienne basse de viole.
Ces Grecs actuels nomment erfcore ainsi les rebecs du Moyen- Age
et les gigues européennes^ tout comme le rebab arabe ; c'est
toujours un instrument à archet, à deux, à trois et à quatre
cordes. Les anciens Grecs donnaient ce nom à la lyre ( Voyez ce
mot), instrument à cordes pincées.
LYRA BARBERINA ou LYRE BARBERINE. Jean Doni,
de Florence, l'inventa au XVII« siècle. On l'appelait aussi
Accord et Ampfiicordum ; c'est une sorte de basse de viole à
quatorze cordes.
LYRA TEDESCA. Lyra mendicorum^ lyre des Aveugles ;
c'est la rote ou vielle à roue.
LYRE* En allemand, Leïer ; en italien, Lyra ; en anglais.
Lyre. G*est un des plus anciens instruments de musique à
cordes pincées ; elle est arrivée jusqu'à nous par Jes Grecs, et
Ton dit qu'elle fut imaginée dans la Thrace, mais il se peut qu'elle
y fut importée d'Egypte en passant par l'Asie mineure. En tous
cas, les Gre<is et les Romains senties peuples qui s'en servirent
le plus ; les peintures de Pompéïa, les médailles et les sculp-
tures antiques en sont des preuves certaines. On peut supposer
qu'elle fut d'abord, dans ces temps reculés, construite de deux
façons différentes, l'une toute rustique, telle que les paysans
grecs l'employaient ; celle-ci ressemblait au Kîssar actuel des
Berbers; l'autre, d'une forme plus artistique. Celle que Ton
attribue à Mercure, à Apollon, à Amphion, à Polymnice et à
Hercule, est souvent formée de la carapace vidée d'une tortue ;
la table d'harmonie était faite d'une peau ou d'une planchette
tendue et collée sur les bords : les deux bras imitaient deux
cornes d'animaux. Une traverse, primitivement en roseau,
maintenait ces bras et servait & enrouler des lanières^ formant
Ig^'fH'-es des cordes. Celles-ci se
M*2» tourner les anneaux sur
■ecque se nommait Chelys
[•avaient lieu en Grèce (664
celle à quatre cordes. Ce
e; celles d'Olympe et de
l'on croit que les Scythes
■M
:*:
-»--•- .g. .p..5...j.
«ft» «ffi» «ffi» affi» yt^ ^Sr •■««
t,M.:às:'.^ .fh à|k S- •%•
e_.^ri^<^'f\il VHeptacorde qui était
[ la huitième pour donner
SslîSJ'S^rûps d'Alexandre, porta le
gîingt cordes ne servait, dit-
pies héros. On les jouait de
SSj^'*W^ ^*icant, en les frappant du
SsiJJwifi^Jue au cou, on pouvait alors
■p4-
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[Jl'îâi.tÊii'lii^'âilr
■^f§:t.f.*;«l#s^'-
137
plectre ou avec les
rents, tels que Lyra^
^étés qui eurent toujours
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• S" rst; ;st; ;s; "S- ;a; %t; -S-
ll^^^^pu^fi^Sl ne faut pas confondre
i'^TÏ^II'l^'en-Age, qui s'appelait
des Italiens. Instru-
'@'Hl**ra' îiPP^lé aussi Viole de
Sept cordes,
«relie à roue, enduite de
|:s^^^^4|r4l'^'^ ^'^^'^^ '^ forme d'une
3tiËSh0â9; ^x les côtés se trouvaient
l.«3>|S>i^>«i^âJt|^*i43|«3ffiLa main droite tournait
-g. .'^, .JiJ. .^, .^. .g. .5.
È^-
138 MAC
une manivelle, les doigts de la main gauche appuyaient sur les
touches .
LTRE DA BRACCIO. Viole plus grande que le violon, à
sept cordes ; c'est, à vrai dire, un dessus de VArchiviole de Lj^e.
LTRE DE VIOLE. Petite lyre ancienne avec une table
d'harmonie, légèrement arrondie et munie d'un pied. Cet instru-
ment avait trois cordes.
LTRE MOSCOVITE. Sorte de luth ayant la forme d'une
lyre antique, à cinq ou six cordes de boyau.
LTRE ORGANISÉE. Instrument à clavier, produisant des
sons plus doux que ceux du piano, inventé à Coucy-le-Chàteau,
vers 1806, par Le d'Huy, et perfectionné par lui en 1821. Les
deux montants formaient manche, et un troisième se trouvait
entre les deux premiers. Quinze cordes étaient réparties
entre eux.
LTRA RUSTICA. Nom de la vieille à roue, en Italie ; les
Allemands lui ont donné à peu près la même dénomination :
Bauern Leyer (Voir le mot Vielle).
ÏLTRE VENTURA. Ventura construisit, en 1851, une
guitare à six doubles cordes, à laquelle il donna son nom.
LTRO-OUITARE. C'est la guitare-lyre, inventée à Paris,
et portant un manche placé entre deux montants, qui rappellent
la forme de la lyre antique. On s'en servit pour un moment
dans la première moitié de ce siècle.
LTSIODES. Doubles flûtes grecques, pour les cérémonies
bachiques.
M
MAANIM. Table carrée en bois, garnie de globes d'airain
qui, en s'entre-choquant, produisaient un son assez puissant.
C'est un ancien instrument des Hébreux.
MACHALAT. Instrument des Hébreux ayant un réservoir
d'air et un tube de roseau.
MAH 139
HACBETTE. Instrument à cordes ayant la forme d'un
poisson, en usage à Madère et au Portugal ; le musée de South-
Kensington, à Londres, en possède un curieux spécimen.
MAGHUL et MAOHUL. Il rie faut pas les confondre avec
le Machol, flûte juive. Ce sont des instruments assez semblables
au luth, ils avaient huit cordes et turent employés aussi par
les Hébreux.
MACHOL. Flûte juive ancienne.
MAFRA-KITHA. Flûte de Pan des Hébreux. Cet
instrument ressemble au Cheng des Chinois ; c'est une réunion
de tubes de roseau inégaux insérés dans un morceau de bois
dur, dans lequel uu canal sert à introduire le vent. On bouchait
les tuyaux avec les doigts et on ouvrait ceux que l'on voulait
faire résonner.
MAOAD. Instrument à percussion des .anciens Grecs et
muni de vingt cordes.
MAOADE. Flûte indienne.
MAOADIS ou MAJADIS. Lyre lydienne en usage chez les
anciens Grecs, appelée à tort flûte de Lydie, par Athénée,
Aristo et Aristarque. Elle avait de vingt à quatre-vingts cordes,
accouplées et accordées à l'octave, d'où lui vint le mot de
Magadiser. Elle fut d'abord en usage à Ninive, à Babylone et
ensuite en Grèce.
MAGHUL. C'est le sistre des Hébreux.
MAOOUDI. Musette primitive indienne formée d'une courge
allongée et de deux tubes percés chacun de quatre trous ; les
charmeurs de serpents ne se servent que de cet instrument.
MAGRAPHE ou MAGREPHA. Instrument à vent des
Hébreux, ressemblant, dit le Talmud^ à l'orgue primitif.
MAGRAPHE ou MAGREPHA. Instrument des Hébreux.
Ce nom s'appliquait au Magraphe d'Aruchin^ sorte d'orgues
nazillardes, et au Magraphe Temîd^ genre de carillon de
cloches servant à rassembler le peuple au temple.
MAHA MANDIRA. Cimbale du Bengale, mesurant 0«n,08
de diamètre.
MAHATI VIN A. Instrument à cordes , inventé , disent les
140 MAN
Indiens, par le dieu Narada. Il se compose d'un tuyau de
bambou sur lequel se trouvent dix-sept cordes en métal, se
remontant à Taide de grosses chevilles de bois. Ce tuyau,
remplaçant le manche, contient vingt-deux chevalets, faisant
fonctions de cases ; les seize premiers sont dans l'ordre chroma-
tique, les autres dans Tordre diatonique. De l'autre côté des
cordes, le tuyau porte sur deux calebasses creusées pour
renforcer le son. On pose l'instrument de façon que la calebasse
gauche pose sur Tépaule gauche et l'autre sous le bras droit.
On le joue souvent avec le Mîrzàb ou plectre d'acier. Sa
longueur est de 1™,25, le tuyau a 0«»,05 de diamètre, et les
gourdes O^^sâS. L'accord ordinaire est : fa, ^ntre les lignes, et
lit au-dessous des lignes de la clef de sol ; ut entre les lignes de
la clef de fa; ut entre les lignes, et ut au dessus des lignes, clef
de sol. La première, la sixième et la septième cordes en dehors
du manche, sont en acier, les quatre autres en laiton.
MAILLOCHE. Appareil servant à frapper la grosse caisse,
et consistant en une tige cylindrique en bois, terminée par une
boule d'étoupe recouverte de peau.
MAIN HARMONIQUE. Invention attribuée à Gui d'Arezzo
(XP siècle), et employée pour apprendre la solmisation par
l'hexacorde et les nuances. Ce système est très compliqué ; on
ne Ta abandonné qu'à la fin du XVIIP siècle.
MAKROKITAH. Ancienne flûte de Pan, ou Syrinx des
Hébreux et des Assyriens.
MALAKAT. Trompette militaire d'Abyssinie.
MAM. Nom de la flûte droite, des Égyptiens et des Grecs.
Elle était percée de trois à six trous, et s'appelait aussi Lotos,
MANCHE. Pièce de bois appliquée à presque tous les
instruments à cordes et à archet. Il part de l'extrémité
supérieure de la table d'harmonie, s'appuyant en biseau sur le
fond et sur les éclisses ou gabarit de certains instruments à
cordes et à archets, tels que la viole, le violon, le violoncelle,
la contrebasse, la mandore, la mandoline, le luth, la guitare,
etc. Le manche sert à recevoir la pression des cordes imprimée
parles doigts; les cordés sont tendues au haut par des chevilles.
BAG 141
et maintenues à leur place respective par des crans au sillet,
aboutissant soit à une tirette ou queue, sôit à une pièce
transversale ; le manche tient donc ainsi les cordes et résiste à
leur effort.
MANDIRA. Petites cymbales du Bengale; elles servent
pour battre le temps fort de chaque mesure dans la musique de
chambre de ce pays.
MANDOLA. Sorte de petite guitare à quatre cordes, usitée
en Italie, au XVIP siècle.
MANDOLINE Instrument italien à corps bombé et à côtes,
à cordes pincées à Taide d'une plume. Le manche est renversé
en arrière, la table, en sapin^ porte une ouïe pour laisser
échapper le son. Dix-huit cases en métal et en bois garnissent
le manche et la table. Une plaque d'écaillé est souvent collée
sur celle-ci afin de la préserver des égratignures de plume. La
mandoline est plus petite que le luth ; son accord est le mêm*
que celui du violon, mais les cordes sont en laiton et sont
doubles; cependant, la mandoline napolitaine, qui a quatre
rangs de cordes, a des cordes en boyau, en acier, en cuivre
tordu et en boyau filé; elle donne les notes sol (corde filée), ré
(corde en cuivre), la (corde en acier), 7ni (corde en boyau). Le
mot mandoline vient de Mandola, qui signifie moitié d'amande;
c'est la forme de la caisse sonore. Il y a des mandolines à cinq
et à six cordes doubles; ces dernières donnent so/, si, ^ni^ la^
ré^ mi, La mandoline a trois octaves et une note d'étendue : du
sol au-dessous des lignes de la clef de sol jusqu'au deuxième la
au-dessus des lignes. Il ne faut pas la confondre avec la
mandore, ni avec la pandura.
MANDOLINO. Nom donné à la mandoline napolitaine ou
mandoline-violon à quatre cordes doubles.
MANDORE ou MANDOLE ou MANDILLE. Diminutif du
luth à huit doubles cordes, c'est-à-dire seize. Le fond est bombé
et à côte, mais plus allongé que le luth; le chevillier est recourbé
en avant et souvent terminé par une tête d'animal. Il y en a à
quatre cordes de boyau et six métalliques. Une plume sert de
plectre.
142 MAR
MANICORDION, MANICHORDION, MANICORDE,
MONOCHORDIUM. Instrument dans le genre de la cithare à
clavier, indiquant, par son nom, qu'il ne possédait qu'une seule
corde par note. Il était usité en France au Moyen-Age, dès le
XI Y* siècle ; dans mon livre de : La Musique en Lorraine, je
le signale souvent employé au XV' siècle. Il fi' avait primitive-
ment que deux octaves; il eut, dans la suite, jusqu'à soixante-
dix cordes, dont plusieurs alors à l'unisson étaient recouvertes
de bandes de drap donnant un son sourd et très doux. Les
sautereaux étaient garnis d'un petit morceau de cuivre
frappant la corde, qui était disposée pei*pendiculairement au
clavier.
MARABBA. Sorte de violon arabe, dont le corps sonore est
tendu d'une peau ; en-dessus et en-dessous se trouvent une ou
deux cordes montées à l'unisson. Il se joue comme le violoncelle,
et on frappe souveat les cordes avec le dos de l'archet. On
frappe aussi, avec la main, la peau tendue en guise de tambour
de basque.
MARAOUEH. Disque métallique des Abyssins, autour
duquel se trouvent groupés des grelots ; une tige verticale sert
à faire mouvoir et résonner l'instrument.
MARDDALA ou MADALA. Tambour des tribus monta-
gnardes de rinde, dont le fût est en terre cuite, de la longueur
de 0n»,42 et de 0"48 de diamètre.
MARIMBA. Instrument du Congo ; il est composé de seize
calebasses de différentes tailles, placées en deux planchettes
suspendues au cou de l'exécutant; l'embouchure de chacune
est recouverte de petites traqches dé bois mince et sonore qui
se frappent par deux petites baguettes. C'est un genre d'harmo-
nica en bois. Dans l'Amérique équinoxiale, le marimba est
attaché aux poutres du toit par deux cordes, et composé de
vingt bambous, suspendus au-dessus de vingt lames de bois de
palmier, chontaduro ("Astrocaryum) sur lesquelles on frappe
avec un bâton (toco), trempé dans du suc de flscus ou caout-
chouc. Les Cuaïquérés ont une passion pour cet instrument ;
ils en jouent avec une grande habileté.
\
^ i
MAY 14â
MARIMOA. Sorte de marimba ou harmonica de l'Afrique
centrale ; c'est une réunion de onze gourdes de différentes gros-
seurs, maintenues par des planchettes de bois et des liens en
cordes. On frappe cet instrument avec une mailloche, semblable
à celle de la grosse caisse.
MAROUVANÉ. Instrument appelé aussi Vaîika par les
Malgaches et formé des fibres d'un bambou ressemblant à une
lyre ronde, munie de sillets mobiles de sept à treize trous. Cet
instrument se tient sur les genoux de l'exécutant, qui le fait
tourner sous ses doigts. Le Musée du Conservatoire de Paris en
possède un spécimen, inscrit sous le n<» 557.
MARRONNETTES. Nom donné à de petites castagnettes,
au Moyen- Age.
MARTEAU. Pièce de bois recouverte de plusieurs épaisseurs
de peau et de feutre, fixée à un manche de cèdre, et destinée à
frapper lés cordes d'un piano ou d'autres instruments à
percussion.
MASQUE ANTIQUE. Le masque antique peut être ici
considéré comme un instrument de musique, puisqu'il était en
métal et destiné à porter plus loin le son de la voix. C'est tout
autant pour cet effet qu'on l'employait, que pour cacher la figure
de l'acteur.
MASSANEGU. Instrument à une seule corde et à archet des
Abyssins.
MASTRACHITA. Sorte de chalumeau des anciens Hébreux.
MATALAN. Petit tambour indien, attaché à la ceinture du
musicien, qui le frappe avec ses mains.
MATAUPHONE. Nouveau genre d'harmonica à verres.
MATRACA. Instrument espagnol, formé d'une roue envi-
ronnée de marteaux de bois; en tournant, ces marteaux frappent
quelques morceaux de bois, plantés comme des dents sur la
circonférence de la roue. C'est, en réalité une énorme crécelle,
dont on se sert dans certains pays pour annoncer les offices
pendant la semaine sainte, au moment où on ne se sert pas des
cloches.
MATURI ou TAUS. Instrument dérivant de VEsrar. Lai
144 MÉL
tête de paon, qui orne toujours la caisse sonore, lui donne son
nom de Mayur. Cinq cordes de boyau et onze sympathiques en
laiton garnissent le mayuri. Les cordes sympathiques s'accor-
dent diatoniquement du fa des lignes de la clef de sol. Les
Indiens font grand cas de cet instrument. i;
MAZHAR. Tambour égyptien plus petit que le Bendyr^ et I
qui contient, dans les trous percés sur le fût, des anneaux
métalliques ; il ne possède pas comme cet instrument des cordes
vibrantes.
MÉCANIQUE DE GUITARE. C'est un mécanisme en acier
et en cuivre, ajusté au manche de certaines guitares, permettant
de supprimer les chevilles de bois. Deux roues à crans s'enche-
vêtrent et font monter ou descendre une douille percée contenant
la corde. Il y a des mécaniques semblables pour les contre-
basses.
MÉCANIQUE DE PIANO. La mécanique du piano est
l'assemblage des pièces qui sont destinées à frapper les cordes.
Au mot piano, on peut voir les différentes progressions accom-
plies dans la facture de la mécanique des pianos. La mécanique
comprend surtout deux montants de bois, reliés par plusieurs
barres vissées, maintenant des marteaux, des contre-attrapes,
des attrapes, des échappements, des étouiOfoirs, etc. (Voir le moi
Piano).
MEFINKO. Lyre abyssinienne, sans pleutre.
MÉGOUM. Instrument indien à cordes, ayant la forme d'un
alligator.
MEGYOUNG. Harpe birmane à trois cordes, du XVIII« siècle.
On pouvait voir cet instrument à l'Exposition de Paris, en 1878,
au Trocadéro, section belge.
MÉLEKETA ou MELEKET. Nom d!une trompette abyssi-
nienne, faite d'une tige de roseau, terminée par un pavillon formé
d'une calebasse, le tout recouvert de parchemin. Le son en est
rauque.
MÉLODÉON. Instrument moderne, ayant la forme la plus
rapprochante du violon et s'adaptant à une table au moyen
d'une vis. On le joue avec un archet. C'est aussi une variété
MÉL lio
d'orgue expressif, perfectionné par Austin, en Amérique,
vers 1849.
MÉLODICA. Instrument à clavier, inventé par Jean-André
Stein, d'Augsbourg.^ vers 1773 ; c'était un essai pour rendre le
clavecin expressif. Il avait un registre de flûte et descendait
jusqu'au sol grave du violon.
MÉLODIGON. Instrument à clavier et à cylindre, inventé à
Copenhague, par Pierre Rieflfelsen.
MËLODINA. Instrument à lames vibrantes, à soufflet et à
clavier, fait par Fourneaux, en 1850.
MÉLODION. Sorte d'harmonica, inventé par Dietz, en 1811.
MÉLODIUM. Nom donné à l'Harmonium {Voir ce mot).
MÉLODIUM A TIMBRES. Nun's et Fischer, de New-York,
combinèrent un jeu de timbres avec un piano et lui donnèrent
ce nom, en 1847.
MELODORE. Clarinette-alto, en bois, avec pavillon en
cuivre, importée en France par Coste, en 1847.
MÉLOGRAPHE. Appareil destiné à imprimer sur le papier
les improvisations des compositeurs. Plusieurs inventeurs
cherchèrent, sans résultats définitifs, à perfectionner cet instru-
ment, ce sont : Creed, en 1747 ; Myer, en 1749 ; Hohfeld, eu
1752 ; le P. Engramelle, en 1770; Merlin de Londres, en 1771, et
Gattey, en 1783.
MËLOPHARE. Pupitre à quatre faces lumineuses, formé
de quatre cadres pouvant recevoir des feuilles de papier de
musique transparentes et notées. On s'en sert quelquefois pour
jouer des sérénades.
MËLOPHILON. Piron construisit en 1846 un instrument à
anches libres dont les sommiers et les jeux étaient verticaux.
Il le nomma Mélophilon.
MËLOPHONE. Instrument à vent, formé d'anches et de
tuyaux. L'air est introduit par un soufflet double, que la main
droite de l'exécutant fait fonctionner au moyen d'une longue
tige munie d'une poignée, tandis que la droite appuie sur des
petites roulettes d'ivoire placées de moitié en saillie sur le
manche. Il a la forme des anciennes vieilles à roue et de la
10
146 MET
guitare ; le son est grave et soutenu comme celui de rhàrmonium
et de quelques instruments à archet. Le Mélophone fut inventé
en 1837, par l'horloger Leclerc.
MÉLOPHONOROUE. Leterme imagina, en 1837, cet
instrument ayant deux séries d'anches, sonnant ensemble à un
quart et un neuvième de ton les unes des autres.
MENANAÏM. Sistre des Hébreux auquel on avait ajouté
des sonnettes et des grelots.
MENTONNIÈRE. Pièce de bois dur, se fixant à la base du
côté gauche du violon pour protéger le bas de la table contre
la pression du menton et Tempêchant de glisser trop faci-
lement.
MENUEL. Diminutif du Cor.
MERLINE. Sorte de serinette, servant à faire chanter les
merles et les bouvreuils.
MÈSE. Nom de la corde la plus aigtie du second tétracorde
des Grecs.
MÉTALLOPHONE. Instrument à percussion formé de
lames d'acier donnant une ou deux octaves chromatiques et se
frappant à l'aide de deux petites baguettes semblables a celles
des timbales, mais dont l'extrémité est en bois dur,
MÉTAPHONE. Orgue à tuyaux et à anches libres.
METFILOTH. Cimbales d'airain en usage chez les anciens
Hébreux.
MËTROMÈTRE. Appareil inventé par Oms-Embray, en
1732, et destiné à battre la mesure et les temps en musique.
C'est le Métronome primitif.
MÉTRONOME. Instrument avec système d'horlogerie,
servant à marquer les différents degrés du mouvement musical.
Le principe repose sur l'application du pendule. Les mouvements
sont indiqués sur une plaquette de bois placée en arrière et
parallèlement avec une tige métallique armée d'un arrêt qui, se
plaçant à volonté au chiffre choisi, imprime à celle-ci un
mouvement horizontal. Le Hollandais Winkel, eut le premier,
l'idée de cette invention; c'est Léonard Maëlzel, de Vienne,
qui perfectionna le Métronome, vers 1815, quoique vers la fin
MON 147
du XVIIP siècle, Loulié parle déjà d'un chronomètre servant à
régler les mouvements de la musique.
METSANCr. Pandore persane à deux cordes.
MICAMON. Instrument disparu, cité au XIV« siècle, par
Guillaume de Machau.
MICROPHONE. C'est le nom des porte-voix.
HICROSCOME MUSICAL. Triklir, de Dijon, inventa, en
1770, cet appareil destiné à préserver les cordes des intempéries
de Tair. Le résulat obtenu ne fut pas heureux.
MINA SARANOI. Instrument indien, à cordes, semblable
à VEsrar^ mais ayant la forme d'un poisson, d'où lui vient son
nom {Mina)^ qui est représenté sur l'extrémité de sa caisse
sonore. Il a le même accord, le même nombre de cases que
YEsraVy et sa longueur est de l^^SO sur 0'",10 de largeur.
MINGHINIM;. instrument hébreux, sorte de planchette
munie de grelots.
MINNIN. Sorte de luth, à quatre cordes, des Hébreux.
MIRLITON. Tube de roseau, percé de part en part, et dont
les deux extrémités sont bouchées par une pellicule mince et
vibrante ; il se joue comme la flûte traversière, à l'aide d'un
trou d'insufflation.
MIZEF. Instrument à cordes des Arabes.
MIZMAR. Flûte arabe.
MIZMOR. Sorte de lyre juive.
MOARCHUNO. Variété de gong de l'Inde.
MOCHANOA ou MURCHANG. Instrument semblable à la
guimbarde de nos pays, mais employé depuis fort longtemps
dans les Indes.
MODÉRATEUR. {Voyez Cornet modérateur).
MONAULE. Flûte à bec des Grecs ; elle était percée de trois,
de quatre, et de cinq trous et se jouait comme le flageolet
moderne. On désignait aussi sous ce nom, l'instrumentiste.
MONOCORDE. Instrument à cordes très ancien, dont on
attribue l'invention à Pythagore; on croit généralement qu'il
remonterait au V* ou au VP siècle avant J.-G. Il était composé
d'une règle de bois divisée en plusieurs parties, sur laquelle on
l't^ MUR
mettait une corde de boyau ou de métal tendue par deux
chevalets, et au milieu de laquelle se trouve un troisième
chevalet mobile. On l'appelle aussi Trompette marine {Voyez
ce mot) ; ce dernier instrument figura, jusqu'en 1780, dans la
musique des rois de France. C'était aussi le nom d'une sorte de
clavecin allemand, dont les cordes étaient pincées par de petites
lames de laiton; chaque note, au lieu d'avoir trois cordes, n'en
possédait qu'une seule ; de là le nom de monocorde.
MONOCORDE GUIDE-ACCORD. Instrument destiné à
donner l'accord (Musée du Conservatoire de musique de Paris,
no 758).
MONOCORDE JAPONAIS. Appelé aussi Souma hoto, 11
se compose d'une table en trois pièces, s'emboîtant parfaitement
l'une dans l'autre.
MONTRE D'ORGUE. C'est Tassemblage extérieur des
tuyaux et du buffet du grand orgue. Il y a des fausses montres
adaptées à des harmoniums.
MOULES D'INSTRUMENTS A ARCHET. Ce sont des
pièces de bois ayant la forme intérieure et extérieure de ces
instruments ; ils servent à les construire et à leur donner la
forme rigoureuse qu'ils doivent avoir. Les éclisses sont dressées
contre le bord de ces moules, qui sont percés, afin de pouvoir
y placer l'extrémité des presses en fer ou en bois.
MORACHE. Nom donné, au XVI« siècle, au Colascione
{Voir ce mot).
MOSKA. Chalumeau indien à sept trous sur le devant. Il a
de 45 à 60 centimètres de longueur et ressemble à l'ancien
chalumeau.
MOZZAFIK. Sorte de luth arabe.
MRIDANGA. Tambour indien se jouant avec les mains,
dont rinvention est attribuée à Brahma. Il ne sert, du reste,
que pour les chants religieux ou dans des circonstances
solennelles.
MULLERPHONE. Basson - contrebasse à anche, avec
pavillon en cuivre, inventé par Muller, de Lyon, en 1855.
MURALI. Flûte traversière indienne, en bambou, à six
MZA 149
trous, donnant les notes la bémol, si bémol, si naturel^ ut, ré '
bémol, mi bémol, fa des lignes de la clef de soL Sa longueur
est de Om,4i et de 0",39, à partir de rejnbouchure.
MURCHANG. ( Voyez Moghanga).
MUREX, Molusque à coquille, attribuée, comme trompette
nautique, aux tritons, par les poètes anciens.
MUSETTE. En anglais, Bag-Pipe; en italien, Musetta; en
allemand, Sachpfeife ou Dudelsach. Instrument à réservoir d'air
et à anche battante à double languette, qu'il ne faut pas
confondre avec la cornemuse qui, elle, ne contient pas de petits
soufflets comme la musette ; celle-ci possède un bourdon avec
des trous bouchés par des chevilles d'ivoire ou de bois, appelées
layettes. On Fa désignée sous les noms de mose, chevrette
es^zt;^. L'invention de la musette remonte, dit-on, aux Lydiens;
cet instrument se compose : d'une peau s'enflant à l'aide du
soufflet qui y est attaché ; d'un bourdon portant quatre anches
sur un cylindre dont on ouvre ou ferme les trous ou rainures;
enfin, d'un ou de deux chalumeaux. Celui-ci porte onze trous.
Le bourdon a cinq tons difl*érents. Le timbre est plus doux que
celui de la cornemuse. Il y a des musettes sans clef, à six et à
huit clefs. Le tuyau insufflateur fournit le vent à l'outre, et le
soufflet est manœuvré par le bras. Parmi les plus célèbres
joueurs de musette du XVIP siècle, le Père Bonanni cite le
fameux Todin. La musette rustique, en usage encore dans le
Gers, est un hautbois sans clef, dont les trous sont percés au
feu; elle n'a dans ce cas, ni soufflerie ni outre de peau. Cet
instrument est presque toujours en sol. C'est aussi le nom d'un
des registres de l'orgue, imitant le timbre de la musette.
MUSETTE DE SALON. Musette française, qui était
surtout employée comme instrument de luxe au XVIP et au
XVIIP siècle. Les tubes, ordinairement en bois précieux ou en
ivoire, furent souvent ornés de sculptures.
MYRIMB A ou M ARIMB A. Harmonica de l'Afrique australe
(Voyez M ARIMB a).
MZAMROTH. Instrument des anciens hébreux.
150 NAG
N
NABLA. (Voir Nebel).
NABLIA, NABLAS ou NAULIA. Selon Athénée, cet
instrument à cordes pincées serait originaire de la Phénicie, et
semblable au Nébel des Hébreux; il passa de l'Orient chez les
Grecs et les Romains ; il était garni de dix et douze cordes, et
aflFectait ordinairement la forme carrée ; on le touchait avec les
deux mains, sans plectre; l'exécutant le portait suspendu au
cou.
NACAIRES, ANACAIRE, NAQUAIRES. Sorte de
timbales, du Moyen-Age.
NACUS. Ancien instrument en bois, se tenant de la main
gauche et se frappant de la droite avec un marteau. Un manche
était encastré dans le milieu, ce qui lui donnait la forme de la
lettre Tau. Les Gophtes remployaient dans les pratiques de la
religion, au XVIIP siècle.
NADESHVARA VIN A. Instrument moderne indien,
ressemblant, par sa forme, au violon européen, à l'exception du
manche, qui est semblable à celui de la Kacchapi-Vina, et
porte en plus deux petites cordes latérales; son accord est le
même. La longueur est de 1»,26 sur 0™,25 dans la partie la plus
large de la table.
NAFA. Instrument de musique des îles Tonga (Océanie);
c'est une sorte de tambour long de deux pieds, creusé dans un
bloc de bois à demi évidé par une fente centrale occupant les
deux tiers de sa longueur. Deux baguettes de bois dur servent
à frapper le nafa.
NAFIRIS ou NAFIRI. Trompette indienne.
NAOARET ou NËGHËRIT. Timbales abyssiniennes;
elles se frappent à l'aide d'un bâton recourbé de 3 pieds de
longueur. On attache souvent ces instruments sur le dos des
mulets.
NÉG 151
NAOASSARAN. Petit hautbois indien, à cinq trous, encore
en usage actuellement dans l'Inde.
NAGEL-HARMONIKA. Les Anglais le nomment Nail-
Violin; c'est un violon-harmonica se jouant avec un archet. On
croit qu'il fut inventé vers le milieu du XVIII® siècle, à Saint-
Pétersbourg, par Johann Wilde.
NAGUAR. Timbale indienne, dont le corps en bois, se pose
sur un pied, et ne se joue que d'un côté.
NAIL-VIOLIN. Violon anglais et italien en métal, formant
tympanon. Plusieurs de ces insti:uments furent exécutés, mais
sans succès, au XVIP et au XVIIP siècle. Les Allemands le
nomment Nagelho.
NAKAVIM. Flûte des Hébreux.
NAKIB. Flûte arabe.
NANGA. Harpe du Gabon, à cinq cordes, ayant la forme
d'un bateau d'enfant.
NAPURA. Anneaux creux en cuivre, dans lesquels des
boules de métal glissent. Les danseurs indiens s'en servent
pour scander leurs pas.
NAQRAZAN. Timbales épyptiennesde moyenne grandeur;
elles sont habituellement placées sur le dos d'un âne; les
baguettes sont assez courtes.
NASARD. Jeu d'orgue donnant la quinte du prestant et
produisant des sons nasillards.
NAT-AMBANAH. Nom de l'ancienne cornemuse, chez les
Persans.
NEBEL, NABLA, NABULON ou NABULUM. Genre de
harpe à quinze cordes, des Hébreux; elle se jouait avec les
doigts, avec des crochets, ou même avec un plectre, des
plumes taillées, ou un anneau à crochet, comme pour la cithare
moderne. Sa forme est triangulaire.
NÉCHILOTH. Nom générique des instruments à vent, chez
les Hébreux.
NËFTR. Trompette arabe et persane,
NËGINOTH. Nom générique des instruments à cordes, chez
les Hébreux ; c'était aussi, chez ce peuple, le nom d'un instru-
I5î> NOL
nioat à trois cordes de boyau, en bois cylindriques, longs et per-
cés en dessous d'un grand nombre de trous.
NEI. Flûte primitive, turque, faite en roseau.
NEKEB. Flûte double des anciens Hébreux.
NEL. Flûte traversière turque, faite en roseau.
NEOCOR. Cornet-alto en cuivre, à pistons, avec tons de
rechange, dont le pavillon revient en avant. ( Voyez Alto et
Cornet.)
NÈTE. Quatrième corde du Tétracorde grec.
NERVUS. Nom grec désignant la corde d'un instrument de
musique.
NGOMA-KOU. Tambour nègre haut d'un mètre et demi.
NQOMAKOU. Tambour africain, formé d'un cylindre de
bois creux ayant un pied fixé au sol ; il est recouvert d'une peau
de veau et entouré d'un filet de cordes ; il se frappe avec les
poings ou avec des longues baguettes de bois.
NIBILES. Flûte à bec d'Abyssinie, rejointe à une autre dont
elle reçoit le vent ; elle ressemble à la musette.
NIBIL. Nom de la cornemuse algérienne.
NIGOLO. Sorte de bombarde à une clef ayant l'étendue de
Vut de basse. C'est la haute-contre du hautbois.
NIGORDO. Instrument à cordes inventé, en 1650, à Florence,
par François Nigelli.
NINFALI. Nom italien de la Régale {Voyez ce mot). Monte-
verdi s'en servit dans son opéra à' Eurydice,^ en 1607.
NŒUDS. Ce sont les points par lesquels une corde vibrante,
est divisée en parties aliquotes résonnantes, qui donnent des
sons particuliers différents de ceux produits par la corde entière.
NOQARË - DOURQUÉ ou NARRAS - QUETTAHA.
Grosses timbales des Nubiens.
NOGGARIEH ou NAGRAZAN. Petites timbales jumelles
des Arabes ; elles sont maintenues ensemble par un lien et par
des anneaux. On les appelle aussi Nagrazân.
NOLAE. Clochettes ou sonnettes du nom de Nola, ville
de ITtalie méridionale, où le Christianisme, dit-on les employa
vers Fan 412, pour les premières réunions du service divin.
NYA 153
NOORDISCHE BALK. Nom donné par les Flamands à
l'instrument primitif appelé Bûche. {Voir ce mot.)
NOQQARYCH. Timbales égyptiennes d'inégale grandeur,
se frappant avec des baguettes ou avec des petits maillets de
bois.
NOSE-FLUTE. Flûte de Otahiti, se jouant par les narines.
NOTES. Signes ou caractères dont on fait usage pour écrire
la musique. Les Grecs et les Latins, jusqu'au XI« siècle, se
servirent de leur alphabet pour noter la musique. Le bénédictin
Gui d'Arezzo, dit Guido, remplaça les lettres par des points
posés sur des lignes parallèles ou 2^oriée; dans la suite, on
grossit ces points: on en posa dans les intervalles, au-dessus et
au-dessous des lignes. En 1338, Jean de Murris, chanoine
parisien, leur donna différentes figures afin d'indiquer leur
durée. Les notes sont : do^ ré^ me, /î2, so^, la, si.
NOUGAZA. Tambour de guerre des habitants du Nil Blanc
(Afrique).
NOURSING. Cor du Bengale, rappelant la forme de la
BuccinaromSiine.Une riche ornementation en garnit les parois.
NOUVELLE GUITARE. Instrument inventé au XYIIP
siècle, par Wanhecke, de Paris, Il avait la forme du luth et
portait douze cordes, dont cinq sur le manche, et les sept autres
en dehors de ce manche.
NOYAU. Partie d'un tuyau d'orgue où est placée l'anche.
NSAMBI, Espèce de guitare du Congo, dont les cordes, en fil
de palmier, se jouent avec les deux pouces et donnent des sons
graves.
NYASTARANGA. Instrument indien, formé d'un ou de
deux tuyaux coni(iues en cuivre. Il s'applique k un ou aux deux
côtés du cou, contre les cordes vocales, ayant d'abord placé un
cocon d'araignée finement découpé, sous le disque percé de la
partie supérieure du tul)e. En fredonnant, l'instrument vibre,
parait-il.
154 ODÉ
OBLIQUE. (Voyez Puno).
OBOE PICGOLO. Nom donné, par les Italiens, au hçiutbois
de forêt, qui sonne une octave plus haut que le hautbois
ordinaire.
OCARINA. Instrument en terre donnant tous les tons de la
gamme ; il est muni de trous se bouchant avec les doigts, et
d'un petit tube d'insufflation, et quelquefois d'une tige-pompe
servant à l'accorder. C'est l'ancien Iliscen des Chinois, qui
date de 3,000 ans avant J.-C.
OGTAGORDE. Instrument lyre formé de huit cordes.
OCTAVIN. Petite guitare accordée à une octave au-dessus
du diapason normal. C'est aussi le nom d'une petite flûte en ré
pour les orchestres, mais donnant les notes une octave au-
dessus qu'elles ne sont écrites.
OCTOBASSE. Contrebasse colossale^ haute de 4 mètres,
imaginée en 1849 et perfectionnée en 1851 par Jean-Baptiste
Vuillaume, luthier à Paris. Elle est montée de trois cordes (ut,
sol, ut), et a quatre notes graves de plus que la contrebasse
Un mécanisme spécial, consistant en leviers, appuie des doigts
d'acier, qui se placent comme une barre sur les cordes, de sorte
que l'exécutant, dans chacune des positions du doigt d'acier, a
toujours à sa portée trois degrés, dont le deuxième est la
quinte, et le troisième l'octave de l'autre. Un pédalier agit sur
les bascules ; les leviers se trouvent sur le côté droit. -
OCTOCORDUM PTTHAGORALE ou LTRE PYTHA-
GORIQUE. Système d'instrument des anciens Grecs, compre-
nant huit sons.
OCTOECUS. Nom du livre de chant d'églises, chez les
anciens Grecs.
ODÉOPHONE ou ODËOFONE ou OCTÉOPHONE.
Imitation du clavicjrliudre faite, à Londres, par le Viennois
OPH 155
Vanderburgh ; cet instrument se composait d'un clavier et dç
cylindres.
ODESTROPHÉDON. En 1842, Reverchon et Merlavaud, de
Saint-Etienne, construisirent cet instrument à anches libres,
ODINCCOU. Tambour indien.
OELODIUM. Variété de Tharmonium primitif.
OERIPHONE. Dietz perfectiojina, en 1828, le physharmo-
nica, en lui donnant plus de son, et le nomma ainsi.
OISEAU CHANTEUR. Pièce mécanique avec boît« à
musique cachée et fonctionnant en même temps que le méca-
nisme qui fait mouvoir les ailes et le bec de l'oiseau.
OLIPHANT ou OLIFANT. Corne de chasse en ivoire,
formée d'une défense d'éléphant très souvent ornée de sculp-
tures. Il y en a de différentes grandeurs, en os, ivoire, bois,
cuir, etc. Les anciens peuples employaient l'oliphant, les
Gaulois principalement. L'olifant était un signal de guerre et
de chasse i il donnait les signaux, ralliait les troupes ou annon-
çait l'ennemi; c'était surtout la trompe du noble, du seigneur
ayant des barons sous ses ordres. Plusieurs de ces instruments
étaient à pans ou cylindriques.
OMERTI. Instrument indien, à cordes et à archet. Une noix
de coco, à moitié évidée, form^ la caisse sonore, sur laquelle
une peau de gazelle supporte un chevalet et deux cordes. Quatre
ouvertures elliptiques sont faites au bas de cette table. Le
manche, assez long, est terminé par deux chevilles placées à
gauche. La tète est percée de part en part; l'archet est en
bambou. Il est moins ancien que le Ravanastron^ mais cepen-
dant son origine remonte très loin.
OPHIBARYTON. Bachman imagina, en 1840, cette sorte
de serpent.
OPHICLËIDE. Cet instrument a été inventé, en Hanovre,
au commencement du XIX« siècle. Il vient du mot grec Ophis
(serpent), et cléides (clef). Il a remplacé le serpent dans les
églises et dans les musiques militaires. On l'introduisit, en
1819, à l'Opéra. Il y a plusieurs sortes d'ophicléides : 1'^ ïto en
mi bémol, à l'unisson du trombone alto, de trois octaves et une
156 ORG
tierce d'étendue ; du inî bémol au-dessous des lignes au sol des
notes au-dessus, clef de sol; Talto en fa, ayant la même
étendue; la basse en ut. à l'unisson du basson du s^ bémol
au-dessous des lignes clef de fa à Vut des lignes clef de sol; la-
basse en si bémol ayant la même étendue, mais d'un ton plus
bas que la basse d'harmonie, désignée souvent ainsi pour
nommer l'ophicléide basse en ut; enfin, la contrebasse en fa
ou mi bémol à l'octave basse des ophicléides altos. Halari prit
un brevet, en 1821, pour les ophicléides à huit clefs. Labbaye
perfectionna sa basse d'harmonie à dix clefs. Enfin, Buffet les
perfectionna dans les derniers temps de leur emploi; maintenant
cet instrument est presque partout abandonné.
OPHICLËÏ'DE alto. Instrument en cuivre de la famille
de VOphicléide, en la bémol et à neuf clefs (Voir Ophicléide).
OPHICLÉÏDE-BASSE. C'est l'ophicléide transpositeur à
six clefs et à un piston.
OPHICLÉÏDE-CONTRALTO, L'ophicléïde-contralto est
en la bémol et à neuf clefs.
OP.HICLÉÏDE-CONTREBASSS. Modèle imaginé par
Tollot, en 1858. Il est en fa grave ; la clef de si bécarre est
remplacée par un piston qui baisse d'un demi-ton toutes les
notes. Cet instrument a deux octaves et demie d'étendue; du
fa grave à Vut,
ORCHESTRE. Considérant Torchestre comme un instrument
renfermant les autres instruments et les exécutants, on peut
dire que c'est une vaste table d'harmonie qui est comme une
grande caisse de résonnance. sans couvercle, établie sur un
espace vide avec des arcs-boutants.
ORCHESTRINO. Poulleau inventa, en 1808, un piano à
archet,, qui imitait le violon, la viole d'amour et le violoncelle.
C'est le commencement du Piano-Quatuor, Fourneaux inventa
aussi, en 1844, un orgue expressif portant ce nom.
ORCHESTRION. Nom donné : 1» à un piano organisé,
imaginé par Kunt, de Prague ; 2« à une sorte d'orgue portatif à
quatre claviers, inventé par Tabbé Vogler; tous deux datent de
la fin du XVIIP siècle.
-1
ORG 157
ORCHESTRION. Ce sont deux claviers, inventés à la fin
du siècle dernier, auxquels on donna ce nom. Le premier était
un orgue portatif avec quatre claviers, de chacun soixante-trois
touches; les frères Still le construisirent à Prague. Le deuxième
est un piano auquel quelques registres d'orgue furent ajoutés.
OREILLE. Appareil auditif transmettant le son au tympan.
ORGANINE. Petit harmonium positif à lames, inventé par
Alexandre, de Paris. Cet instrument possède deux jeux.
ORQANINO. Précurseur de l'harmonium, mais de petite
dimension. Une seule touche faisait entendre à volonté deux
notes à l'octave Tune de l'autre, ce qui produisait l'effet de deux
jeux. Debain construisit beaucoup de ces petits instruments
avant qu'il eut inventé l'harmonium. Le premier organino fut
construit, vers 1700, par Philippe Testa, pour le Vatican.
ORGANISÉE (VIELLE). Instrument muni d'un système
de tuyaux d'orgue indépendant du mécanisme spécial au genre
de la vieille (Voir Vielle Organisée).
ORGANISTA-HARMONIUM. | Application du pianista à
l'harmonium au moyen de cartons perforés.
ORGANISTRUM. Le plus ancien des instruments à cordes
à frottement par une roue à manivelle. Cl'était, dit Gerbert, au
IX* siècle, un instrument ressemblant à une énorme guitare
percée de deux ouïes et montée de trois cordes reposant sur un
double chevalet et vibrant par l'action d'une roue à manivelle;
huit touches mobiles, s'élevant ou s'abaissant au moyen des
chevilles situées le long du manche et'du même côté, servaient
de clavier. On le tenait à deux sur les genoux; un des exécu-
tants faisait marcher les touches, l'autre la manivelle. C'est le
commencement de* la vielle à roue,
ORGANO. Todini imagina à Rome, en 1675, cet instrument,
mais le mécanisme trop compliqué l'empêcha d'avoir le succès
attendu.
ORGANO (ARGHI). Vicentino^ de Venise, construisit, en
1561, cet appareil, sur lequel on pouvait faire entendre trois
genres différents de timbres d'instruments.
ORGANO-VIOLINE. Instrument inventé, en 1814, par
f^ffiiB^BÎ'j'^llll^^posaU sur le principe de
'3{Q'S&Wɧt^9tW^' <iui s'appliquait primi-
lnât§iStw'«|À3)l^^u ORGUE PNEUHA-
'gélfc|||n^fttlci'ljg^nianchiai, à l'iDstrument à
/^A9A"k«I^S*^Bb9j'orgue pneumatique des
iSM^ii'ItkWlnNw^tt)"^^^ par 1% pression de
anglais Organ, en italien
l connue, mais il ne faut
^^^^î^^4^^^I^^lia^:d'alors, dérivé du Chenff
^^^^^Êf^^^'M-P&^W^M^^ mille ans, avec celui que
^^^^^fe» ^tW'US^lt^'^^J^Les Orientaux le connurent
ORG 159
avant les Occidentaux; les Romains employaient l'orgue
pneumatique et l'orgue hydraulique; selon Bonanni et d'autres
auteurs, l'usage des orgues dans les églises remonterait au
IV® siècle, du temps de l'empereur Julien et du pape Damase,
ou à Tan 660, sous le pontificat de Vitalien. Ce qui est certain,
c'est qu'il fut introduit en France sous les règnes de Pépin et
de Gharlemagne. Les empereurs d'Orient les leur envoyèrent
en présent. Ces orgues, parait41, furent placées dans l'église de
Saint-Corneille, à Compiègne. Il est avéré que les Anciens
connaissaient l'orgue primitif, puisque le monument du Musée
d'Arles, le bas-relief de l'obélisque de Théodore, à Constanti-
nople, nous montrent tous cet instrument, réduit, il est vrai, à
sa plus simple expression. Le P. Bonanni dit aussi que Marcellini
et Sigismond, dans leurs Annales de France (767), assurent
qu'un prêtre vénitien construisit, pour Louis le Débonnaire,
des orgues hydrauliques, qui furent en usage à Aix-la*Chapelle.
Platina fixe l'origine des orgues hydrauliques, à l'an 660.
L'orgue resta très longtemps imparfait; la soufflerie médiocre
néceissitait.un personnel important; les claviers, beaucoup trop
durs, à cause du mécanisme primitif, ne pouvaient être touchés
par un seul exécutant, et encore fallait-il souvent se servir, non
pas des doigts, mais des poings. Les claviers des pédales furent
inventés vers 1470, par Bernharâ, un Allemand, établi à Venise ;
ces pédales marchaient à l'aide de petites cordelettes, comme
on peut le voir encore dans un curieux spécimen de l'orgue
existant de nos jours à la sacristie de la cathédrale de Tolède.
Les tuyaux sont enfermés dans un treillage de bois; la soufflerie
est derrière; il n'a que deux octaves d'étendue, et semble
appartenir au XVI« siècle. A cette époque, le grand orgue est
déjà amélioré, témoin celui qui se voit dans la cathédrale de
Metz; les registres furent inventés au XVP siècle et employés
seulement au commencement du XVIP, par l'organiste Timo-
thée. Le grand orgue du Moyen-Age n'était que la diaphonie;
c'est-à-dire l'émission de plusieurs sons à la fois. On ne le
plaçait, dans les églises, que sur un des côtés latéraux, et non
point au-dessus du portail intérieur, comme de nos jours. Il
; dom Bedos, de Celles
rtions et résonne enfin dans
I jours, Cavaillé Goll est
i valeur et les ressources
•■-.i»ri_ Biments. Claude Perrault, le
l'â^SIBlS^l^^llwwilCO^guc expressif; mais ce furent
l"S4SC$3S^'B{ï|C$^/^l '^'^ célèbre artiste facteur
*g|i3^;i^£ :*I ^'jJ-^t f'^'D RALE DE METZ
||'5E5^;^'!^§*^Ï^T'§|*fut accompli. Erapd donna,
i||^g:î^âlêls^ii^>aSÎ3^ression au doigt, dont parle
^on ouvrage : Bssaî sur la
:iy«xpression s'obtenait à l'aide
^rf'ard. L'orgue, à proprement
r^ différents imitant d'autres
iip(BSM:Bti^^3:^rS¥J4'air s'introduit, par la base,
-sj. .^. '^^^^j^jgjnent des flageolets retournés,
**:
ORG 161
et sont appelés Tuyauœ à bouche. Parmi les principaux jeux de
Torgue, il faut citer ceux de fond et ceux de mutation, se
divisant en jeux simples et en jeux composés : le Principal., de
huit pieds; la Flûte ouverte, de seize pieds; le Prestant^ de
quatre pieds; la Dot^i^^e^^^; les Nazards; le Sallicional ; puis
une variété d'autres : le GeinsJiorn (cor de chamois); le
Nachthorn (cor de nuit); la Gamhe; le bœhrflœte (flûte de
roseau) ; le Ilœlflœte (flûte creuse); le Larigot;, le Cornet; la
Bombarde; le Cro7norne; les Voix humaines^ appelées aussi
Chèvre; le Tre^nblant; VUnda maris ou Voix céleste; la
Blfara; la Trompette; le Violoncelle; le Clairon; VEuphone;
la Dulciana; le Keraulophon; le Quintaton; la Flûte harmo-
nique; les bourdons, etc. Les différents claviers sont ceux : du
Positif; du Grand orgue; des Boinbardes; du Récit et à! Écho.
Afin de détruire la résistance opposée par Tair, lors de l'ouverture
des soupapes, l'anglais Barker inventa le levier pneumatique,
et Gavaillé Coll, Féminent facteur, appliqua pour la première
fois un système de ce genre, à l'orgue, en 1841. Parmi les plus
célèbres facteurs d'orgues de notre époque, il faut citer, en
France : Gavaillé Coll, Merklin et Schutz, Blési, etc.
ORGUE AUTOPHCNE. Dav^son, de Londres, inventa, en
1851, cet orgue, dont les tuyaux étaient en carton.
ORGUE A CLAVIER GRÉGORIEN. Nizard inventa, en
1853, un appareil transpositeur à l'usage du plain-chant, dont
la tonalité est déterminée par la finale et la dominante.
ORGUE A CLOCHES. C'est le carillon, communiquant à
un clavier et souvent à un pédalier.
ORGUE A CYLINDRE. Cet instrument, appelé Orgue à
manivelle, orgue de Barberi ou Barbarie., est composé d'un
jeu de tuyaux en bois, en étain et en cuivre, d'un cylindre et
d'un soufflet. De petites pointes lèvent des petites bascules,
faisant ainsi vibrer l'air contenu dans les tuyaux. Les serinettes
sont de petites orgues à cylindre.
ORGUE A JEU DE CHAMBORD. Warren, de Montréal,
imagina, en 1856^ cet orgue contenant un nouveau jeu de flûte.
ORGUE A PERCUSSION. Harmonium qui possède, indé-
11
162 ORG
pendarament des lames vibrantes par la soiiffleriej des marteaux
qui frappent ces lames et donnent ainsi un son net, une attaque
franche de la note et imite le pizzîcati. Cette innovation fut
faite par Martin, de Provins, et exécutée par Debain, Alexandre
et MusteU de Paris.
ORQUE A PISTON. Luxeuil, en 1791, inventa un appareil
qui faisait parler chaque tuyau par l'impulsion d'un piston de
bois montant par la touche ; il remplaça ainsi la soufflerie.
ORGUE A RÉPERCUSSION. Cet instrument fut inventé
en 1853, par Jaulin.
ORGUE BARESTALE. Duci, de Florence, inventa, en
1851, cet instrument ; le même tuyau produisait la note et
Toctave ; les douze demi-tons intermédiaires dépendaient de ce
tuyau.
ORGUE CHINOIS. Instrument moderne, qui n'est autre
qu'un harmonium de Debain, transformé avec une montre de
forts tuyaux en bambou, et offert au fils de Napoléon III, en
1858, par l'Empereur de Chine. Cet instrument se trouve au
musée du Conservatoire de musique de Paris.
ORGANO-CHORDON. Rookwitz construisit cet instrument
d'après les plans de l'abbé Vogler.
ORGUE DE BARBERI ou de BARBARIE. C'est l'orgue à
cylindre ( Voir ce mot), appelé de Barberi et non de Barbarie,
du nom d'un facteur italien.
ORGUE DE VEROSPI. C'était une invention de Michel -
Todini Savoyard; il se composait d'un clavecin, de trois
épinettes et d'un orgue. L'artiste constructeur avait mis dix-
huit ans à le terminer. Le P. Kircher en a donné le dessin à la
page 167 de sa Phonurgie. L'exécutant pouvait, à son gré, faire
entendre simultanément la mélodie d'une seule épinette, de deux
ou de trois ensemble. Cet instrument remarquable se trouvait
au palais Verospi, à Rome, du temps du P. Bonanni.
ORGUE DE WINCHESTER. C'est l'orgue construit à
Winchester, au X« siècle, par les Anglo-Saxons.
ORGUE DES SAVEURS. Instrument ou plutôt fantaisie
imaginée par l'abbé Poncelet, vers 1710 ; en abaissant une
ORG 163
touche du clavier, on tirait en même temps un son d'un tuyau
et une goutte de liqueur d'une petite bouteille. Cette liqueur
tombait dans un verre, et le bon abbé obligeait l'exécutant à
boire le mélange des différentes liqueurs correspondant aux
notes exécutées.
ORGUE DIAVITON. Holdich inventa, en 1851, un orgue
ayant un jeu de flûte octaviant.
ORGUE ÉLECTRO - MAGNÉTIQUE. Application de
rélectricité au mécanisme de l'orgue, employée par Nau, en
1855, et perfectionnée par Barker, au grand orgue de Saint-
Augustin, à Paris.
ORGUE ENHARMONIQUE. Robson inventa, en 1851, cet
orgue jouant les trois genres différents de musique.
ORGUE EN TABLE. Instrument plutôt portatif que sérieux,
qui fut inventé au commencement du XVIIP siècle, mais dont
Fessai ne donna pas d'heureux résultats.
ORGUE EXPRESSIF. Claude Perrault fut le premier qui
eut ridée de construire l'orgue expressif, mais ce fut Grenié,
puis Debain, qui portèrent ce perfectionnement à ce qu'il est de
nos jours. Ce perfectionnement donna Y Harmonium ( Voir ce
mot). Mais le grand orgue expressif a été perfectionné par
Erard, en réunissant dans l'instrument qui existait à la chapelle
des Tuileries, le genre d'expression de la pédale sur les deux
claviers du grand orgue, à l'expression par la pression des
doigts sur un troisième clavier.
ORGUE-GUIDE. Fourneaux inventa, en 1855, cet instru-
ment destiné à accompagner facilement au lutrin.
ORGUE HYDRAULIQUE. Les anciens auteurs disent que
ce fut Gtésibios. d'Alexandrie, qui inventa YHydraule {Voir ce
mot). Les orgues hydrauliques ont été décrites très imparfai-
tement par Vitruve, et on ne peut que supposer, d'après les
différentes descriptions, que l'eau faisait pression pour refouler
l'air dans les tuvaux.
Kl
ORGANO-LYRICON. Inventé par Saint-Pern, en 1810, il
se compose d'un clavier correspondant à plusieurs instruments
à vent qu'il met en vibration.
164 ORG
ORGUE MÉCANIQUE. Langsaw imagina, en 1745, des
cylindres mécaniques notés, s'appliquant aux grandes orgues.
Haendel composa quelques morceaux pointés par Langsaw.
ORGUE MÉTALLIQUE. Clagget, de Londres, fit cet orgue
qui était composé de fourchettes d'acier dont la forme rappelait
nos diapasons. Le frottement les faisait vibrer.
ORGUES RÉGALES. C'est une variété de jeux de l'orgue
positif.
ORGUES REPRODUCTIVES. Mazzolo inventa, en 1855,
un appareil imprimant en notes connues le son produit par un
double cylindre, dont l'un est muni d'une crémaillère correspon-
dante aux leviers des touches, l'autre enroulant le papier.
ORGUE SOUTENANT LA VOIX. Baudot, en 1851, fit cet
orgue donnant uiie gamme chromatique par accords et jouant
ainsi dans tous les tons.
ORGUE-TROMPETTE. Van Oeklen fit, en 1824, cet orgue
à cylindre muni de vingt trompettes, de deux tambours, de
cymbales et d'un triangle,
ORGUETTES. Caisse plus haute que longue portant un ou
deux rangs de sept ou huit tuyaux, Il y avait une soufflerie et
un clavier.
ORGUE PANTOPHONE. Orgue dont le cylindre était garni
de chevilles mobiles, notant ainsi à volonté des airs nouveaux.
ORGUE PHONOCHRONIQUE. Lorenzi fit, en 1855, cet
orgue donnant l'expression à mesure qu'on abaissait la touche.
ORGUE-PIANO. C'est Maillard qui en fut l'inventeur, en
1854.
ORGUE POL Y-HARMONIQUE. Bruni et Jalbert l'inven-
tèrent, en 1859, pour l'accompagnement facilité du chant
grégorien.
ORGUES PORTATIVES et ORGUE POSITIF. Ancien
instrument du Moyen- Age se portant à l'aide d'un courroie ou
se posant sur un meuble. C'était, en réalité un petit orgue ou
serinette, dont la soufflerie, au début, éiait mise en mouvement
par la main gauche, tandis que la droite agissait sur les touches.
Les premières orgues portatives n'avaient que cinq, six. sept
- - - _ •»)ïf* _ ^^
|tl9^'il'£'|!ër£^R'§^^^ prolongée jusqu'au
..2S»_-Ç?jai.^_»*.M-i*f«J^gypgj. ]gyp facture si
■^itif lorque cet orgue
pnu ce nom qui désigne
PfWVW AHrNi48vSPL$t'É|ii SQ trouve au milieu et
jg<j|'tM'^..ty,'^By^if'|S^j*/J^tHue portatif : Orgue de
rî:
,-*. 'À' 'M. !*! jVi **■ 'M. IC !*I
■'' '"" ;St^Bic^Erî?c^CgI'^: (xv« siècle)
■|-g *f:f:f:;|:-:ï: "-•■••'■
--B- a ,. i^pî^s ne croyaient pas qu'on
''^0^^^>||x*X'%-décrit dans mon livre :
^«•&^i jl^^^i^tl^^it qui existe sculpté en
È-SI®Ii"ï§iîsïont-à-Mousson ; ce qui
Ëff^rtfl^^bBWÎent au XIV' et au
^^S^gî'emier fut envoyé par
'^•"w'^WfcSÎ Pépin-le-Bref, mais
^^41* H^^î'^^^^^^' '^" '^^ ^^'^ représentés
166 OTT
sur les monuments, depuis le X* siècle. L'orgue portatif
s'employa jusqu'au XVIII* siècle.
ORNITHROPHONE. Sifflet à friction, servant à imiter le
cri des oiseaux.
ORPHÉON ou ORPHÉOS. Instrument ayant la forme d'un
petit piano, et dont les notes sont produites par quatre cordes
en boyau, vibrant à l'aide d'une chaîne et d'une roue servant
d'archet. Un spécimen de cet instrument existe au Musée du
Conservatoire de Paris. Il date de 1765. On a aussi appelé
l'Orphéon : Orchesirino ou Orchestre.
ORPHÉORËON. Instrument à cordes pincées, à bords
festonnés, à huit paires de cordes métalliques, en usage en
Italie, au XVI* siècle. Il s'accordait comme le luth de chambre
et servait à accompagner le chant. Il fut remplacé, vers la fin
du XVIP siècle, par le cistre. Un superbe spécimen d'orphéoréon
existe au Musée du Conservatoire de Paris, sous le n® 249.
ORPHICA. Instrument à clavier, de trois octaves et demie,
à cordes métalliques, ressemblant à une harpe couchée au-dessus
d'une boite carrée. L'orphica fut inventé en 1795, par Rollig,
de Vienne.
ORPHIMONOCLËÏDE. Genre de serpent perfectionné par
Coëflfet en 1828.
OSSEA-TIBIA. Flûte grecque faite avec des os d'animaux,
principalement avec des os de jambes de grues.
OTOU. Hautbois primitif, servant pour la danse des baya-
dères indiennes. Il n'est percé d'aucun trou latéral et se joue
d'une main, tandis que l'autre frappe un petit tambour. Il n'a
qu'un son.
OTTAVINO ou OCTAVINE. Petit clavecin anglais, très
étroit et ressemblant à la virginale.
OTTAVINO (Basson). Instrument en lit, à onze clefs de
cuivre, fait par Savary, en 1827.
OTTAVINO (Flûte). Petite flûte à sept trous, dont un est
bouché par une clef. C'est aussi le nom donné à la petite flûte
Pîccolo^ indiquant qu'elle sonne une octave plus haut que la
flûte ordinaire.
PAN 167
OU. Crécelle fantastique chinoise, représentant un tigre
accroupi, sUr le dos duquel se trouve un bois dentelé, qui est
frotté par une règle de bois appelée Tchen.
OUASSOULOU. Cornet à bouquin des Nègres ; il produit
des sons nasillards.
OXPHÉORON. Petit luth très ancien.
p
PAIDIQUES ou PUÉRILES (Flûte). Petite flûte grecque
qui accompagnait le chant des enfants.
PAI-FIAO. Flûte de Pan chinoise, formée de quatorze
tuyaux de roseau.
PALALAÏKA ou BALALAÏKA. Guitare russe à deux
cordes, en usage dans le peuple de ce pays.
PALETTES. Nom ancien des touches de la gamme naturelle
dans l'orgue et le clavecin. Les Feintes étaient blanches et
indiquaient les touches diézées ou bémolisées actuelles.
PAN. Sorte de castagnettes chinoises, en bois, employées
surtout par les mendiants.
PANABA. Tambour indien, intermédiaire entre le Mrin-
danga et le Tabla, La hauteur est de 0"»,44; le diamètre est
de 0«>,26.
PANAULON. Grande flûte faite à Vienne, en 1815, par
Trexler.
PANDOLA. Instrument charivarique des campagnes de
ritalie méridionale. Ce sont deux bâtons de jonc emboîtés l'un
dans l'autre, se jouant avec un archet de bois taillé en scie.
PANDURE ou PANDORE. Sorte d'instrument à cordes
intermédiaire entre la guitare et le luth ; huit cordes métalliques se
pinçaient avec une plume. Le chevalet était oblique, ce qui
donnait plus ou moins de longueur aux cordes. Les Napolitains
Tusitërent beaucoup au XYIP siècle. Les Anglais et les Italiens
168 PAR
l'appellent Pandurina. Les bords sont découpés en festons.
C'est, en réalité, la basse de mandoline. On s'en sert aussi dans
rinde; les Anglais la nomment Bijuga-Cither. (Voir ce mot).
PAN-HARMONIGA MATHÉMATIQUE. Inventé par
Bulyowski, de Durlach, en Hongrie, vers 1711.
PAN-HARMONIQUE ou PAN-HARMONIGON ou PAN-
HARMONI-METALLIGON. Réunion de plusieurs instru-
ments à cordes et à vent accompagnés de cimbales, grosse
caisse, triangle et timbales C'est en 1807, que Tautrichien
Maëlzel assembla cet instrument.
PAN-MËLODION. Instrument à cylindre, inventé en 1810,
par Leppich, de Vienne.
PANORGUE. Petit harmonium, semblable à Tharmonica,
en ce sens qu'il peut être placé sous le clavier d'un piano, qui
sert alors d'accompagnement. Il fut inventé par Jaulin.
PANORMOK. Guitare enharmonique, faite à Londres,
en 1851.
PANTALON ou PANTALÉON. Genre de tympanon
à cordes, inventé vers 1707, par Pantaléon Hobenstreit. Les
cordes étaient en métal et en boyau.
PAPAUINUSAM MA60DI. Flûte indienne des charmeurs
de serpents.
PAPIER DE MUSIQUE. Papier réglé, avec? des portées
musicales, pour écrire les notes représentant des sons.
PARADON. Sorte de luth, à trente cordes.
PARAMÈSE. Nom de la première corde du troisième
tétracorde des Grecs.
PARANIENNE (Flûte). Petite flûte grecque double, et
dont les deux tubes étaient égaux.
PARATRITES. Flûtes grecques des funérailles.
PARIAMBE. Sorte de lyre-cithare grecque, citée par Jules
Pollux.
PARIVADAS. Nom indien désignant la troisième variété
d*archet de ce pays.
PARTHËNÉES (Flûtes). Doubles flûtes grecques destinées
aux chœurs de danse des jeunes filles.
PEI 169
PATA, Sortes de crotales employées aux îles Haïti.
PAT-GONG ou PAT -KONG. Carillon siamois se frappant
avec deux bâtons. Les timbres sont de grosseurs progressives.
PATOLA. Guitare birmane, à trois cordes pincées, en
boyau ; elle a 1™,10 de long.
PATOUILLE. (Voyez Claquebois). "
PATTALA, Harmonica champêtre des Indiens.
PAT-TCHAING. Tambours indiens ou cimbales suspendus
dans une grande caisse demi -circulaire et dans laquelle
l'exécutant se trouve assis. Ces tambours ou ces tymbales sont
de grandeurs progressives.
PATTE. Large plume de métal ayant cinq branches et
servant à tracer la portée musicale sur le papier.
PAVILLON. Partie évasée terminant un instrument
quelconque, comme la trompe de chasse, le cor, la clarinette, le
cornet à pistons, tous les instruments de cuivre, etc.
PAVILLON CHINOIS. (Fo2r Chapeau chinois.)
PECTIS. Première cithare qui ait paru en Grèce. Elle avait
six, sept et huit cordes; le son en était très-aigu.
PÉDALE. Ce mot s'applique à plusieurs objets : 1® A deux
pièces de cuivre se trouvant dans le milieu de la partie inférieure
du piano et faisant ouvrir les étouffoirs afin de donner toutes
les vibrations aux cordes frappées par les marteaux, c'est dans
ce CRS la pédale forte ; ou. déplaçant la mécanique d'une corde
vers la gauche, en atténuant le son ; c'est alorslapcdale douce.
Le genre de pédale dite céleste est une transformation de ce
mécanisme qui fait abaisser une barre feutrée entre les cordes
et les marteaux. 2® Les pédales des orgues qui sont placées
comme un clavier et fonctionnent à l'aide des pieds. 3^ Les
pédales harpes qui servent à hausser la tonalité de ces instru-
ments à l'aide de sillets mobiles communiquant aux pédales.
PEIGNE. Planche d'acier munie de dents réservées dans le
métal et employée dans les boites à musique. Les enfants font
aussi une application de la résonnance du peigne en plaçant sur
les dents d'un pareil objet, une feuille de papier et en chantant
au-dessus de cette feuille.
170 PHO
PELITTI-PERRO. Instrument à vent, imaginé en 1843 par
le Milanais Pelitti ; il est en bois recouvert de peau très fine et
à trois cylindres.
PELITTONE. Contrebasse, en ut. à trois cylindres, faite
par Pelitti, à Milan, en 1848.
PÉNORCON. Pandore en usage en Italie, au XVII« siècle.
Le manche était très large et portait neuf rangs de cordes ou
dix-huit cordes accordées deux à deux à l'unisson. Les bords
étaient découpés en festons.
PENORION. Sorte d'Euphonion^ dans le genre du cor
anglais, fait par Schverny, en 1848.
PENTAGONTACORDE. Harpe à cinquante cordes inégales,
inventée, dit-on, à Naples, par Fabio Golonna; elle fut aussi
nommée Sambuca Lincea,
PENTACORDE ou PENTACORDE-LTRE» Lyre grecque
à cinq cordes.
PEPA. Instrument chinois, dans le genre du luth.
PERCUSSION. {Voyez Orgue a percussion).
PERROQUETTE. Grosse serinette, intermédiaire entre la
serinette et l'orgue dit à manivelle.
PETIT BUOLE. ( Foî/e^ Saxhorn Soprano).
PETITE FLUTE. Cet instrument est fait et joué de la
même manière que la flûte traversière, mais il n'a que la moitié
de sa grandeur. Il est en ut^ ré^ ou réhé^nol^ {Voyez Flx^tq
petite) pour les musiques militaires.
PETITE FLUTE DE TAMBOURIN. (Voyez Galoubet).
PHÉNICIENNE (Flûte). Flûte grecque, appelée Adonime
et aussi Gingrine.
PHEUTION. Grande flûte courbe, des Égyptiens.
PHONOMÈTRE. Instrument à mesurer les tons.
PHONORGANON. Automate jouant de la trompette, inventé
par Robertson, en 1813.
PHORBÉIA ou PHORNIA. En latin Capistrum. Bande de
»
cuir à deux ouvertures, que les Grecs mettaient devant leur
bouche, pour Tusage de la double flûte.
PHORMINX, Cithare grecque à sons graves.
PIA 171
PHOTINX ou PHOTINGUE. Flûte double d'Egypte, en
usage autrefois en Grèce.
PHOUNOA ou RAMSINGA. Grande trompette indienne,
de 0™,71 de long, en cuivre recouvert de veau rouge; un bâton
sert à rélever en l'air.
PHRYGIENNE (Flûte). C'était la flûte élyine grecque,
servant à jouer dans le mode phrygien.
PHTSHARMONICA. Petit instrument à anches libres,
imaginé par Ant. Hœkel, de Vienne, en 1821, et perfectionné
par Christian, sous le nom d'^^rop^on^, en 1828. On donna
aussi ce nom à certains pianos carrés.
PIAGOULLA. Flûte mexicaine, à quatre trous.
PIANINO. Nom d'un petit piano. C'est Pleyel qui l'importa
de Londres, en 1830.
PIANISTA. Instrument à manivelle inventé par Thibou-
ville-Lamy^ de Paris. Il se place devant un piano ; des vis
se règlent à la hauteur du clavier de celui-ci. On se sert
de cartons perforés dont les ouvertures représentent exac-
tement les notes de la musique écrite. Les cartons sont
placés de manière que, pour chaque air ils se trouvent
reliés entre eux comme un volume, ils glissent sur le plan
incliné de gauche ce la table supérieure de l'appareil, et
que, par l'action de la rotation imprimée par la manivelle,
ils se déplient et se replient d'eux-mêmes, en un ordre
régulier, après avoir rencontré les agents mécaniques destinés
à faire mouvoir les touches qui conviennent au morceau
noté.
PIANO. En allemand: Clavier; en anglais: Forte piano \
en italien : Forie-piano ou Piano- forte* Le psaltérion et le
tympanon, en se combinant avec l'antique monocorde^ ont
donné naissance au clavicitherium^ Sinmanicordion^kldi virgi-
nale, puis à Yépinette, au clavecin, et enfin, au piano. Ce n'est
que vers le commencement du XIV® siècle que l'on voit des
instruments à clavier représentés. Le premier esssai de ce
genre est véritablement le Manich07'dion, Un des plus anciens
^ documents qui en fassent mention est celui dont il est parlé
172 PIA
dans le livre : La Musique en Lorraine (1) ; c'est vers 1448.
L'inventaire du château d'Angers, appartenant au duc René P^
de Lorraine, comprend parmi de nombreux instruments, le
manichordion. Mersenne en donne aussi une description dans
son Har7nonie universelle. L'extrémité de la touche du clavier,
dans cet instrument, était garnie d'une lame de cuivre qui
frappait la corde au dessous ; elle vibrait ainsi. Ces lames de
cuivre étaient placées à la hauteur voulue pour donner à chaque
corde le son qui lui était propre. Au XVP siècle, on remplaça la
lame de cuivre par le bec de plume ; de là datent le clavicithé-
rium, la virginale, Vépinette, le cevibalo^ le cavieembalu7n^
d'où le clavecin tire son nom. Le piano, instrument à clavier et
à percussion fut inventé, presque simultanément, par Gristofori^
à Padoue, en 1711, par Marins, à Paris, en 1716, perfectionné
en 1717, par Schrœder, en Allemagne ; en 1772, John Broadwod
y apporta de grandes améliorations, et enfin Sébastien Erard,
en 1776, fonda à Paris, l'importante fabrique de pianos qui
est encore si justement appréciée et florissante. Ce fut
en 1825 que la maison Pleyel fut fondée à Paris. Le méca-
nisme du piano consiste en un clavier dont les quatre-vingt
cinq touches d'ivoire et d'ébène correspondent à un assemblage
de pièces mobiles fonctionnant par des ressorts et donnant, à
l'aide d'échappements, des mouvements de percussion aux
marteaux qui frappent les cordes et aux étouffoirs qui laissent
vibrer plus ou moins ces mêmes cordes. L'Allemagne et
l'Angleterre commencèrent les améliorations du piano. Frédéric!
inventa, dit-on, en Allemagne, au XVIIP siècle, le piano carrée
Stein, d'Augsbourg, le perfectionna et inventa un piano appelé
vis-à-vis. En Angleterre, les plus célèbres facteurs furent
Broadwod et W. Mason. Hildebrand, de Berlin, fit des
pianos carrés avec marteaux frappant les cordes au-dessus,
mécanisme conçu par Marins et perfectionné par Streicher,
Petzold et Pape, AméricusBackers, l'inventeur de la mécanique
anglaise ; les Allemands Zumpe, Pohlman, Kirkman, Gieb,
La Musique en LoïTciinef A. Jacquot, page V. A. Quantin et Fischbacher,
1882. ■
PI A 17^
établis en Angleterre, le Belge J. Merlin (1735-1804), Broadwood
(1731-1812); Dibdin, Stodart, Gollard, Panormo qui donna plus
d*étendue au clavier à l'aigu, Ignace Pleyel (1757-1831), Camille
Pleyel (1792-1855), Roller et Blanchet, Henri Herz, Kriegelstein,
les Américains Steinway; Pape, Elcké - Gouttière, Debain,
Mussard, A. Thibout, enfin toute cette pléiade de constructeurs
qui contribuèrent tous à donner au piano ce qui en fait un
instrument solide et possédant toutes les ressources d'un petit
orchestre. Si nous n'avons pas encore parlé de celui qui fit pour
le piano les perfectionnements les plus dignes d'éloges, c'est que
nous pensions qu'il était nécessaire de lui faire un place à part
ici. Nous voulons parler d'Erard. Quelques mots feront
connaître les fastes artistiques de ce nom si justement renommé
dans le monde musical. Les pianos, les harpes et les orgues,
ces trois instruments ont reçu d'Erard des améliorations
capitales qui font honneur à l'art instrumental français.
Sébastien Erard naquit à Strasbourg en 1752, construisit son
clavecin mécanique en 1768, à Paris ; il s'associa avec son frère
J.-B. Erard et obtint du roi Louis XVI un brevet de franchise.
Il construisit aussi un piano transpositeur pour la reine Marie-
Antoinette, inventa, pour la harpe, le mécanisme à fourchette ;
fonda sa fabrication d'Angleterre en 1783 et fit les premiers
pianos à queue et à échappement. En 1808, il inventa le double
échappement pour la harpe, le double échappement pour les
pianos, en 1823; le barrage métallique. En 1827, il construisit
un orgue expressif de son invention : Sébastien Erard termina
sa carrière artistique et mourut en 1831 . Pierre Erard, son
neveu, marcha dans la voie progressive de son oncle, en perfec-
tionnant le double échappement du piano et de la harpe, en
inventant la barre harmonique, en modifiant les cordes de cuivre,
l'agrafe sur sommier en bronze, et nombre de détails de fabri-
cation qui contribuèrent à faire des instruments sortis de ses
ateliers, des types irréprochables. Pierre Erard mourut en 1855
et laissa à sa veuve une réputation à continuer; c'est ce que
M™® Krard a su si bien tenir à honneur de conserver, et, aidée d'un
pers^nn3l inle.ligent, elle a vu ses efforts couionnés de succès.
174 PI A
PIANO A CLAVIER A BASCULE. Imaginé par Mon-
voisin, de,Paris, en 1836.
PIANO A CLAVIER DEMI-OVALE. Inventé par Scheger,
de Paris, en 1794.
PIANO A CLAVIERDEPÉDALE. Imaginé par Bellmann,
de Dresde, en 1789.
PIANO A CLAVIER DOUBLE. Inventé par Vander-
cryssen, à Bruxelles, en 1850.
PIANO A CLAVIER GÉOMÉTRIQUE. Inventé par
FoUy, de Paris, en 1845.
PIANO A CLAVIERS RENVERSÉS. Piano imaginé par
MM. Mangeot frères de Nancy, en 1878.
PIANO A CLAVIER TOURNANT. Imaginé en 1836 par
Debain, de Paris.
PIANO A CONSTANT ACCORD. Piano ayant un système
de contre-tirage pour résister à l'effort de la détente des cordes
selon les variations de la température.
PIANO A CORDES CROISÉES. C'est un Belge, Vander-
meer, qui le construisit, à Bruxelles, en 1839 ; en 1847 et en
1851, Vogelsangs, de Bruxelles, et Lichtenthal, de Saint-
Pétersbourg, firent de semblables pianos.
PIANO A CORDES PLATES. Russel, de Londres,
imagina, sans succès, ce système en 1852.
PIANO A CORPS .RÉSONNANT. Fait par Greiner, de
Paris, en 1834.
PIANO A CORPS SONORE. Laprevotte, de Paris, en est
l'auteur, il construisit ce piano en 1854.
PIANO A CRAMPONS. Piano muni de crampons pour
maintenir le tablage. Scholtus le fit en 1855.
PIANO A CYLINDRE. Henry et Martin, de Paris, fabri-
quèrent ce piano mécanique, en 1834.
PIANO A DOUBLE CLAVIER. Buhler, Wurtenbergeois,
fit ce genre de piano, en 1836. Erard le fit aussi en
18:21.
PIANO A DOUBLE ÉCHAPPEMENT. Fait par Erard,
en 1823.
PIA 175
PIANO A DOUBLE QUEUE. Fait par Roller, de Paris,
en 1839.
PIANO A DOUBLE SON. Fait par Boisselot, de Marseille,
en 1843.
PIANO A DOUBLE TABLE D'HARMONIE. Inventé par
Roller, de Paris, en 1844.
PIANO A DOUBLE TRACTION. Fait par Rheinlauder,
de Paris, en 1848.
PIANO A JALOUSIE. Huxtable, de Londres, en est
l'inventeur. Cet instrument donnait, à l'aide de jalousies, des
forte et des pianos.
PIANO A PÉDALE. Fait par Schleip, de Berlin, en
1827.
PIANO A PÉDALE EXPRESSIVE. Fait par Mercier, de
Paris^ en 1851.
PIANO A PÉDALIER. Plusieurs essais furent faits en ce
genre, par Hesselbein, en 1846; Blanc, en 1848; Erard, en 1849;
Loddé, en 1855; et Pleyel-Wolf, en 1857.
PIANO A PERCUSSION CONTINUE. Piano inventé par
Mermet, de Paris. Le marteau doit toujours, dans ces instru-
ments, obéir immédiatement au toucher de l'exécutant.
PIANO A QUEUE. Dans cet instnim^nt, les cordes sont
horizontales et les marteaux frappent en-dessous de ces cordes.
La longueur de celles-ci est plus grande que dans les pianos
droits, et donne par conséquent plus de son. C'est Erard qui
construisit le premier piano à queue en 1797.
PIANO A QUEUE VERTICAL. Imaginé par Dietz, à
Paris, en 1856.
PIANO A RÉPÉTITION CONTINUE. Imaginé par
Schwander de Paris, en 1854. Grus, en 1855, tenta aussi un
essai semblable, en le nommant i?^*ano à répétition ifidé finie,
PIANO A SOMMIER ISOLÉ. Triquet de Paris, le fit
en 1827.
PIANO A SONS PROLONGÉS. Fait par Lichtenthal, de
Bruxelles, en 1838.
PIANO A SONS SOUTENUS. Fait en 1812, par Erard.
176 PIA
PIANO A SOxVS SOUTENUS A VOLONTÉ. Fait par
Boisselot, de Marseille, en 1843.
PIANO A SYSTÈMiS TREMBLÉ. Heaffer fit ce piano, en
1852, à Bruxelles.
PIANO A TABLE. Fait par Pape, en 1834.
PIANO A TABLE BOMBÉE. Souffleto, de Paris, construisit
cet instrument.
PIANO A TAMBOURIN. Smith, de Londres, le construisit
en 1799.
PIANO A TOUCHES D'ACCIDENT. Fait par Volz, de
Paris, en 1854.
PIANO AUTOMATIQUE. Piano mécanique imaginé par
Milchmeyer, mais inventé réellement par A. Debain (1809-1877).
Lacape, de Paris, a fait aussi un curieux piano automatique.
PIANO BALANCIER. C'est Eisenmonger, de Paris, qui le
construisit en 1855. Le succès fut médiocre.
PIANO BASQUE. Inventé par Sonnani, en 1841, à Paris.
PIANO CARRÉ. Instrument de la fin du XVIIP et de la
première moitié du XIX^ siècle, de forme plus longue que
large, et dont les cordes, dans le sens horizontal, sont placées
parallèlement à l'exécutant.
PIANO CLARA. Piano à sons clairs^ imaginé, en 1836, par
Marqueron, de Paris.
PIANO CLAVI. Inventé, en 1825, par Charreyre, de Paris.
PIANO CLEDI-HARMONIQUE. Imaginé par Boisselot, de
Marseille, en 1839.
PIANO COLONNE. Construit par S. Erard, en 1812.
PIANO COMPACT SQUARE. Inventé par Stodart de
Londres, en 1851.
PIANO CONCERTINA. Fait par Alexandre, de Paris,
en 18:39. •
PIANO CONDUCTEUR. Construit par Triquet, de Paris,
en 18;U.
PIANO CONSTANT ACCORD. Ce système, renouvelé de
nos jours, fut déjà essayé en 1846 et en 1854, par Alliaume et
Laborde, de Paris; les résultats ne furent pas concluants.
PI A 177
PIANO DEMI-INCLINË. Fabriqué par Eisenmeyer, de
Paris, en 1855.
PIANO DEMI-OBLIQUE. De Kriegelstein, de Paris, 1845.
PIANO DE VOYAGE. Jenkins, de Londres, llmagina
en 1852.
PIANO DIAPHONIQUE. Donald, de Louisbourg, le cons-
truisit en 1855.
PIANO DIPLOPHONE. Lacout, de Paris, l'imagina en 1849.
PIAiyO DIATTANCLASIS. Fait par MuUer, de Vienne,
en 1801.
PIANO DOUBLE. Fait par Hofmann, de Gotha, en 1779.
PIANO DOUBLE ET A CYLINDRE. Érard, de Paris, fit
ce système en 1812.
PIANO DOUBLE GRAND. Ainsi nommé à cause de ses
grandes dimensions; il fut construit par Pirson, de Paris,
en 1851.
PIANO DOUCINE. Piano à timbre doux, fait par Wirth,de
Paris, en 1840.
PIANO DROIT. Piano, dont les cordes et le mécanisme
*sont verticaux. RoUin en fit un remarquable en 1830.
PIANO DROIT DOUBLE. En 1851, Jones de Londres, fit
ce piano.
PIANO ÉCRAN. Fait par Debain, de Paris, en 1836.
PIANO ELLIPTIQUE. C'est Eulriot, de Paris, qui Ta
imaginé en 1825. Dietz en fit un aussi, mais à quatre cordes
pour chaque note.
PIANO ENHARMCfNIQUE. Fait parRohdler, de Friedlau'l,
en 1791, et par Tonnel, de Paris, en 1837.
PIANO ENHARMONIQUE ET CHROMATIQUE. Vii-
cent, de Tlnstitut, et Bottée de Toulmont, imaginèrent ce
piano et le firent construire par Roller et Blanchet. Il est à deux
claviers et comprend deux octaves. Chaque clavier est muni de
quinze touches; le premier sert de terme de comparaison; les
notes fixes donnent les sons du genre diatonique moderne ou
diatonique ditonique. Les cordes du deuxième clavier sont
accordées à Funisson du premier; elles ont une variété de
12
178 PIA
longueur; les sons s'élèvent de Tunisson de lacorde la plus grave
à celui de la corde la plus aiguë. La variation est donc d'un ton
et demi ou de deux tons.
PIANO ÉOLIEN. Kayser et Isouard, de Paris, firent des
instruments de ce nom, en 1829 et en 1838.
PIANO ÉOLIQUE. Mécanisme ressemblant à celui du
physharmonica, et donnant des sons éoliens.
PIANO ÉOLIQUE. Melhop, de Londres, et Chambry, de
Paris, tentèrent cet essai en 1855 et 1856.
PIANO-FORTISSIMO. Construit par Dubois, de* Paris,
en 1844.
PIANO GIRAFE. Instrument inventé en 1804, par Bleyer,
de Londres; la table et les cordes étaient dans le sens
vertical.
PIANOGRAPHE. Mécanisme inventé vers 1843, par Guérin,
et servant à transcrire immédiatement les compositions sur le
piano.
PIANO HARMONELLO. Pfeiflfer de Paris, Timagina
en 1806.
PIANO HARMONICA. Scheevds, de Nassau, fit cet e.«sar
en 1803.
PIANO HARMONICORDE. Inventé par Debain. Il était
accouplé d'un harmonium donnant à la note brève de la corde,
la note soutenue de la lame .
PIANO HARMONOMËTRE. Brusil, de Londres, l'imagina
en 1844.
PIANO LYRE. Fait par Fischer, de Paris, en 1839.
PIANO-MÉCANIQUE. Piano ordinaire, avec un méca-
nisme inventé par Debain. Ce mécanisme, semblable à celui de
VAntiphonel^ fonctionne à l'aide de planchettes munies de
dents d'acier faisant baisser d'autres dents d'un peigne hori-
zontal, qui correspondent avec des pilotes appuyant sur les
touches du clavier. Les planchettes sont notées à l'aide de ces
dents, plus ou moins étendues, qui donnent plus ou moins de
valeur à la note abaissée. t
PIANO MÉCANIQUE. Un essai fut fait par Milchmayer,
•.rf _ •,
PIA 179
de Mayence, en 1786; mais c'est celui construit par Debain qui
donna seul des résultats heureux.
PIANO MËLOGRAPHE. Plusieurs facteurs construisirent
des instruments de ce genre : Masera, en 1823; Pape, en 1826;
Baudoin, en 1827; Miles Berry, en 1836; Carreyre, en 1837;
Wetzel, en 1838; Duprat de Treboz, en 1840; Guérin, en 1844;
Pape, en 1843 et en 1855.
PIANO METTAGOPHONE. Inventé à Venise, en 1824,
par Tabbé Trentin.
PIANO MICHROCORDON. Construit par CoUard, de
Londres, en 1854.
PIANO MINIATURE. Fait par Scholtus, de Paris, en
1857.
PIANO MOZART. André, de Francfort, donna ce nom à un
piano fabriqué par lui en 1854.
PIANO MUET. Clavier de deux octaves, fait pour délier les
doigts. Il n'y a, comme le nom l'indique, ni cordes ni marteaux
à ce piano.
PIANO OBLIQUE. Fait par Vogelsangs, de Bruxelles,
en 1846.
PIANO OBLIQUE. Piano dont les cordes, au lieu d'être
verticales, sont obliquées pour donner une plus grande longueur
et, par conséquent, plus de son.
PIANO OCTAVIANT. Ce système fut employé dans les
pianos par Pape (1840); Blondel (1855) ; Blanchet (1839) ; Zeiger.
de Colmar (1855).
PIANO OCTAVIANT. Piano ayant des cordes sympa-
thiques qui résonnent à l'octave de la note frappée.
PIANO-ORGANISÉ. Piano expressif de André Stein,
perfectionné par Pape^ en 1839.
PIANO-ORGUE. Piano auquel est ajouté un jeu d'orgue,
PIANORGUE. Instrument à anches libres de petites dimen-
sions, s^ajoutant au piano; c'est Jaulin qui le construisit,
en 1855.
PIANO PIANOGRAPHE. C'est Guérin, de Paris, qui en
est l'auteur, en 1844.
1
180 FIA
PIANO PICCOLO. Instrument à sons aigus, de Lichtenthal,
de Bruxelles, construit en 1831.
PIANO PHONOGRAPHE. Fait par Duprat, de Treboz, en
1840, à Paris.
PIANO PLANICORDE. Variété de piano à cordes plates,
de Boisselot, de Marseille.
PIANO PORTATIF. Imaginé par l'abbé Trentin, de Venise,
en 1820.
PIANO PYRAMIDE. Piano vertical inventé en 1801, par
Ward, de Londres.
PIANO QUATUOR ou PIANO VIOLON. Instrument
inventé par M. Baudet, de Paris, et imitant le violon, Talto, le
violoncelle et la contrebasse. C'est le principe du cylindre
enduit de colophane, mais attaquant la corde par des crins qui
frottent les cordes.
PIANO RÉGULATEUR. Imaginé par Piffaut, à la Nou-
velle-Orléans, en 1853.
PIANO ROND. Construit par Pape, en 1836.
PIANO SANS CORDES. Piano métallique construit par
Pape, de Paris, en 18:25 ; Hill, Nunn et Papelard, de Londres,
de New-York et de Paris, essayèrent aussi ce système, en
1847.
PIANO SANS FOND. Essai fait par Moulé, de Paris,
en 1838.
PIANO SCANDÉ. Fait par Lentz, en 1855.
PIANO SECRÉTAIRE. Martin, de Paris, l'imagina en 1811.
PIANO SECRÉTAIRE A CYLINDRE. Invention due à
Éràrd, en 1844.
PIANO SIRÉNION. Un allemand, Pramberger, l'imagina
en 1825.
PIANO TRANSPOSITEUR. Cet essai, appliqué au piano,
fut fait par : Roller, à Paris, en 1820; Wagner, ide^n; Ronchette,
à Bruxelles (1836); Grillet, àParis, /t^em; Lacroix, à Bruxelles,
idem; Le Bihant, à Paris (1843); Carteau, idem (IBIG); Montai,
idem; Barbier, idem (1847); Addison, à Londres (1851j; Barry,
idem.; Mercier, à Paris, idem; Harwar, à Londres, idem.
PIE 181
PIANO TRÉMOLO. Construit par Hopkinson, à Londres,
en 1851.
PÏANO TRÉMOLOPHONE. Fait par Girard, à Paris,
en 1812.
PIANO TONMULD MÉCANIQUE. Lud Beregszau, de
Pesth, fit ce piano tonal.
PIANO TONNERRE. Fait par Wolker, de Paris, en 1878;
cet instrument figurait à l'Exposition universelle de Paris, en
cette année.
PIANO TROMBA. De Greiner, à Londres (1851).
PIANO UNICORDE. Construit par Pleyel, en 1825.
PIANO VERTICAL. Fait par Stodart, à Londres, en 1795,
et par Laussebat, à Clermont-Ferrand, en 1858.
PIANO VERTICAL A DOUBLE CLAVIER. Fait par
Charreyre, de Paris, en 1825.
PIANO VIOLE. Construit par Lichtenthal. de Bruxelles,
en 1830.
PIANO VIOLINO. C'est Wold, de New- York, qui en est
l'auteur (1851).
PIBOLE. Nom ancien du chalumeau et de la cornemuse
{Voir ces mots).
PIBGHORN. Sorte de hautbois primitif welche et anglais,
ayant une languette ou anche cachée dans l'intérieur, et donnant
des sons analogues à ceux du Cor anglais. Ce chalumeau,
connu dans les Galles, avait cinquante centimètres de long,
deux millimètres de diamètre, et était percé de sept trous, dont
six sur le devant. Deux cornes terminaient les deux extrémités ;
leur partie inférieure était échancrée.
PIBROCH. Cornemuse écossaise.
PICCOLO ou PICOLO (Votjez Ogtavino). C'est la petite
flûte en ?t' bémol, pour musique militaire.
PI-CHANAL Hautbois siamois, d'un son très dur.
PI-CHAVVA. Sorte de clarinette ou de chalumeau siamois.
PIEN-KING. ( Voyez King) .
PIEN-TCHOUNG. Ancien instrument chinois, composé de
seize cloches de difTérents timbres.
182 PLA
PIFFARO. Cor anglais ou haute-contl*e du hautbois.
PIFFERO PASTORALE. Bombarde soprano, ainsi nommée
par le» Italiens; elle a une ou deux clefs. Cet inslrument est
très ancien et a donné naissance au hautbois ; il s'étendait du
/îz, clef de sol au la ou à Vut aigu, selon les clefs.
PILOTE. Petite pièce de bois recouverte de peau ou de
feutre, terminée par une tige de laiton ou de fil de fer, qui
servait à lever les étouflfoirs des pianos carrés.
PIMCHAMA-ATTU. Instrument indien, dont les voyageurs
citent seulement le nom.
PINAKA. Instrument primitif de Tlnde. Il a une corde
tendue sur un arc, de la longueur de un mètre douze centimètres.
PINGULLU. Flûte traversière péruvienne.
PIONNE. Serinette de grande dimension (Voyez ce mot).
PIPA. Sorte de luth sans ouïes, originaire de la Chine. Il a
quatre cordes en soie donnant Taccord : ut au-dessus des
lignes, fa. so?, ut^ des lignes de la clef de sol.
PIPE. Simple sifflet, du Moyen- Age.
PIPEAU. Instrument pastoral, composé de tiges creuses
coupées en long.
PISANTIR. Psaltérion arabe.
PISTON. Cylindre de cuivre, percé de trous correspondants,
lorsque celui-ci est baissé, à des tubes partant du corps
enveloppant ce cylindre. On modifie ainsi la tonalité de
l'instrument en haussant ou en baissant la note d'un demi-ton
(Voir Cornet a pistons). L'invention des pistons remonte vers
1814; Henri Stœlzel, Silésien, en a fait le premier l'application
au cor d'harmonie. Les Français et les Belges perfectionnèrent
les systèmes à pistons. Les pistons allemands sont circulaires
et se nomment Ventilles.
PITO. Flageolet d'Amérique, fait en terre cuite, long de
vingt centimètres et percé de quatre trous. Les Aztèques le
nomment Tlanquiquitli.
PIVA. Nom italien de la cornemuse.
PLAGIAULOS ou PLAGIAULE. Nom de la flûte oblique
ou traversière dies Grecs.
K
- (^JS|lljgjfe métallique servant à
^Sf^B^vèSéw^'^i^'^^ <1^'>^ d'acier qui
4ll.*M'i|Él^L4|>^>t^l> ^u fonctlonnemeut de
^.^'fâ?fli^ijj|^§|||jes, formées d'une tige
««d^SliÉSlïApllM la partie séparée était
^.
1
'W^ ^^'^%^^^^ Ë CL E )
^^jâï^jt^Id^à^f^ elles se frappaient en
^^^l|n^l^S^''^^*^'nM*QS et en faisant claquer
^^^^^^N. Bâtonnet pointu ou
ît$s:(^t§ge«^vaient les anciens pour
|îl^^3^3^iucb, dans son Diction-
it?*S* ■
184 POL
naire des Antiquités grecques et romaines^ le plectrum était
muni de plusieurs dents ou pointes.
PLECTRŒUPHON. Gama, de Nantes, inventa, en 1827, cet
instrument à archet continu et à clavier. C'est un peu le genre
du piano-violon.
PLECTRO-EUPHONE. Sorte de piano-quatuor inventé k
Nantes par Guma, en 1827. Un archet cylindrique frottait sur
les cordes.
PLECTRO-LYRA. Trajetta, de Philadelphie, inventa cet
instrument à cordes pincées.
PLEIN-JEUX. C'est, dans le grand orgue, le jeu contenant
celui de cymbale et de fourniture.
PLEXIMËTRE. Instrument pour marquer la mesure ; c'est
le métronome à échappement, inventé en Italie par Finazzi, en
1824.
POCHE. (Voyez Pochette.)
POCHETTE. Petit violon à quatre cordes, mais de dimen-
sions restreintes en longueur, usité par les maîtres de danse ;
il s'appelait aussi Poche ; les professeurs de danse pouvaient le
mettre dans leurs habits, du temps de Louis XV et de Louis XVI.
La pochette sonne à l'octave supérieure du violon.
PO-FOU. Petit tambour chinois, se frappant avec les mains
de chaque côté.
POÏKILORGUE. Sorte d'harmonium-orgue, à anches libres,
inventé par Cavaillé-CoU, en 1834. Les lai* es vibrantes donnent
le son de la flûte ou du hautbois. Le poïkilorgue s'adapte au
piano.
POLKA. Nom donné quelquefois à V Accordéon (Voyez ce
mot,j
POLKA-TREMBLEUR. Sorte d'accordéon inventé par
Saxel et Kaneguisser.
POLYCORDE. Genre de contrebasse à archet inventée par
Helsner, de Leipzig, en 1799.
POLYPLECTRUM. Dietz construisit, en 1827, cet instru-
ment qui devait prolonger le son à Taide d'un archet continu ;
mais il n'eut pas grand succçs.
■ I
.1* •>
PRA 185
POLYSONOR. Zeiger, fit en 1&48, un mécanisme tendant à
donner plusieurs sons par la même touche du clavier.
POLYTONI-CLAVICORDIUM. Grand clavicorde inventé
en 1769, par Jean-André Stein, d'Augsbourg.
POMMER-ALTO ou OBOE DI CACCIA. Haubois de
chasse du XVII* siècle.
POMMER-BASSET. C'est le fagottino ou petit basson des
XVIP et XVIIP siècles.
POMPE. Pièce qui, dans les instruments de cuivre, forme
une partie mobile servant à accorder l'instrument ou à vider
Teau ; tandis que dans les instruments en bois, tels que la flûte,
c'est une pièce qui sert à exhausser ou a en baisser le diapason.
En allongeant la pompe des instruments de cuivre on les baisse
de ton,
PONTICELLO. Nom du chevalet, en italien.
PORTÉE. Réunion des cinq lignes tracées sur le papier,
pour y placer les notes musicales.
PORTE- VENT. Tuyau de bois portant le vent des soufflets
dans le sommier d'un orgue.
PORTE-VOIX. Instrument très ancien dont le nom indique
Tusage. C'est une grande trompette à pavillon très évasé. Il ne
faut pas croire que le P. Kircher, en 1645, l'ait inventé comme on
le dit : on s'en servait dès les temps les plus reculés.
PORTISCULUS. Bâton servant à l'officier romain comman-
dant un navire pour régler le chant des rameurs.
POSITIF. Nom primitif donné aux orgues qui, par leurs
dimensions et mécanismes différaient des orgues portatifs et se
posaient sur un meuble ou sur le sol. Ce nom a été appliqué
ensuite à la partie qui se trouve devant les grandes orgues.
POST-HORN. Petit cornet de poste, en cuivre, dont se
servaient les postillons. Le cornet à pistons lui a succédé.
PO-TCHOURNY. Cloche chinoise, très ancienne, servant à
donner le signal de la danse ou de la musique.
POUN-ZOUM. Guitare chinoise à quatre cordes, à manche
à cinq cases, à volute percée à jour, et à table à ouïes.
PRASARANI VINA. Instrument moderne de l'Inde, ayant
PUC 186
A^i\ î«;^uches comprenant chacun les seize tons habituels. Le
V. «'^v v'jK^l ^ qxiatre-vingt-quatre centimètres de long et porte cinq
xv: vt^^ vtvMUUUit : ut, ut au-dessous des lignes, sol des lignes et
>;\/i: <^u-Uessous des lignes clef de soL Le plus petit manche a
SA,^Ki^uU^-deux centimètres, et il est muni de cinq cordes
^vV<>nUH>s à une octave plus haut que les autres.
FRKSTANT. Jeu d'orgue, dont les tuyaux sont ouverts et
^^^^ otuin; il sert à accorder les autres jeux.
FROTËE. {Voir Cimbalo et Négordo).
PSALMODIGON. Un cordonnier de la Thuringe, Weinvich^
Inventa, en 1829, cette sorte de serpent à vingt-cinq
clefs.
PSALTÈRION ou PSALTÉRIUM. En allemand Psalter,
on italien Saltério, en anglais Dulcimer et Psaltéry^ Ancien
instrument à cordes fixes et pincées ayant habituellement la
• forme d'un triangle tronqué en haut. A part les psaltérions
égyptiens, on ne sait pas exactement quelle était la nature et la
forme du psaltérion antique. Au IX' siècle, il était carré ou
triangulaire, ensuite on le remplaça par une caisse plate percée
d'ouïes comme pour le Tym.panon. A l'exemple des Égyptiens,
au XIP siècle on le suspendit au cou de l'exécutant; les cordes
étaient mises en vibration par les mains ou avec un plectre.
Au XVI« siècle, on l'abandonna un peu pour se servir des
épine ttes et ensuite des clavecins. Deux types d'anciens
psaltérions égyptiens se voient, l'un au Musée du Louvre,
l'autre au Musée Britannique de Londres. On appela le
psaltérion : Saltérion^ Salière, Salteire^ à cause sans doute de
sa ressemblance avec le Sanfir ou Pisantir de l'Inde et de
l'Egypte. Il y en eut de six à trente-deux cordes.
PSALTÉRION TRIGONE. Psaltérion à huit et à neuf
cordes, en usage chez les anciens Assyriens; on le jouait avec
une baguette.
PSYILYRE. Sorte de lyre triangulaire inventée par les
Troglodytes.
PUCKHAWAY. Tambour indien se frappant des deux
côtés : long de quarante - cinq centimètres, sa forme est
. GAN 187
légèrement elliptique. Il se frappe avec de longues baguettes
terminées par une pelote de caoutchouc.
PULSABULUM. Archet qui, selon M. Anthony Rich,
servait, chez les Romains, à frapper les cordes d'un instrument.
Il est plus vraisemblable de croire que c'était un genre de plectre
muni peut-être de soie ou de crins plutôt qu'un archet^ puisque
jusqu'alors on n'a pas de preuves que les Grecs et les Romains
connaissaient celui-ci.
PUPITRE. En allemand Pulte, en anglais DesU^ en italien
Leggio, Meuble dont on se sert pour placer les livres, partitions
de musique, afin de pouvoir les lire en jouant. Le pupitre
d'église se nomme Lutrin (Voyez ce mot).
PYBEN ou PIBAU. Cornemuse des Galles et des Welches
presque abandonnée déjà au X^ siècle. L'outre était en peau de
chèvre et avait deux tubes, l'un, à six trous, servait à la
mélodie, l'autre, très grand, servait pour le bourdon.
PYKNÉES (Flûtes). Grandes flûtes grecques doubles.
PYROPHONE. Instrument inventé récemment par Kastner.
C'est l'application des flammes chantantes qui, dans d'énormes
tuyaux de verre, s'élèvent ou s'abaissent à l'aide d'un clavier,
et donnent des sons superbes.
PYTHIQUES (Flûtes) PARFAITES ou COMPLÈTES.
Flûtes doubles usitées en Grèce pour le chant des Péons.
Q
QAND. Buccin d'Ethiopie, fait en corne de vache ;. il est pour
la guerre et pour l'usage pastoral.
QANON. Sorte de harpe arabe qui se pose horizontalement
sur les genoux et se joue avec un plectre. Le qânon est muni de
soixante-quinze cordes ; trois sont accordées à l'unisson. Les
cordes sont en boyau ; la table est garnie de deux pu trois ouïes.
C'est un peu le genre de la cithare moderne et de l'ancien
188 QUI
psaltérion. Une clef métallique sert à remonter les chevilles
pour accorder l'instrument. Les Juifs arabes de Jérusalem
affectionnent beaucoup le qânon.
QUÂKEL. Sonnette à grelots des Abyssins.
QUARRAIGNON. Ancien mot français du Moyen-Age,
synonyme du carillon ( Voir ce mot).
QUARTE DE NASARD. Jeu d'orgue à la quarte au-dessus
du nasard et à l'octave supérieur du prestant. Il est assimilé
aux jeux de mutation dans le grand orgue.
QUENA. C'est la Chayna du Mexique que les Péruviens
nomment ainsi. {Voir ce mot.)
. QUEUE. Nom vulgaire de la Tirette ou tire-cordes. {Voyez
Tirette.)
QUIAQUIA. Grande crécelle indienne formée d'une carapace
de tortue remplie de cailloux ; en l'agitant, on produit un bruit
sec ; c'est principalement pour marquer la mesure de la danse
que les Indiens s'en servent.
QUILANDO. Grande calebasse du Congo. Elle est large au
fond, étroite au sommet, et a la forme d'une bouteille ; elle est
percée en échelle et on racle dessus avec un bâton. C'est un
genre de haffuto {Voir ce mot).
QUINTE. Nom donné à Talto en bois, à quatre cordes: la.
ré, sol^ ut. On l'appelait aussi Taille ei Haute-contre de violon.
Il a succède aux Violettes, ( Voir Alto bois.)
QUINTE DE FLUTE A BEC. Instrument donnant la quarte
au-dessous de la taille ou flûte à bec, et l'unisson des deux
octaves du clavecin. La tablature est également semblable à la
flûte à bec, et possède un seizième d'étendue.
QUINTE DE FLUTE TRAVERSIÈRE. Instrument de
deux tiers plus petit que la flûte traversière, donnant la quinte
au-dessus.
QUINTERNA. Nom anglais de la guiterne ou guitare. ( Voyez
ces mots.)
QUINTICLAVE. Sorte d'ophicléïde à cinq clefs, qui ne
s'emploie plus actuellement dans les musiques militaires et
d'harmonie.
RAN 189
QUINTON, Instrument à cordes et en bois, plus petit que la
viole ordinaire, et monté de cinq cordes. La forme est
semblable à celle de la viole, c'est-à-dire que les éclisses sont
très élevée ; les //"ressemblent à deux sangsues, les c sont moins
creusés que ceux du violon ; le haut de la table d'harmonie et
du fond vont en s'amincissant et en pointe vers le manche ;
enfin, le fond est plat ou à peu près, et la tête, dont la partie
inférieure est à jour, se trouve souvent surmontée d'un
ornement sculpté.
RAB. Timpanon hébreux dont la forme était trapézoïdale ;
on ne sait pas quel était exactement le nombre de ses cordes.
RABANA. Timbales indiennes, servant à accompagner les
chants ; on les frappe isolément ou simultanément à l'aide de
baguettes terminées en boules et garnies d'étoffes ou d'étoupes,
comme les mailloches de grosses caisses européennes.
RABOUQUIN. Instrument hottentot, formé d'une planchette
triangulaire sur laquelle trois cordes de boyau sont tendues à
l'aide dé chevilles. C'est une sorte de trompette marine.
RAGIOK ou ROJOK. Chalumeau russe. {Voir ce mot.)
C'est un instrument rustique et pastoral en écorce de bouleau,
à anche, long de quarante centimètres.
RAMSINGA. Grande trompette indienne, longue de deux
mètres et donnant un son très grave. Elle est en cuivre et Ton
s'en sert principalement pour les cérémonies funèbres. On la
porte de la main gauche' et, à l'aide d'un bâton le pavillon est
maintenu en équilibre, mais quelquefois on la suspend au
plafond des appartements à l'aide d'un fil métallique ou de soie,
pour donner plus de facilité à l'exécutant.
RANA-GRINGA ou SRINGA ou COR DE GUERRE.
Trompette indienne usitée dans les orchestres militaires et dans
190 REB
la musique religieuse de llnde. Les anneaux creux ou viroles
qui servent à relier les tubes, contiennent des morceaux de
métal résonnant en jouant. Sa forme est à peu près semblable
au Tuba curva des Romains. Le Rana-Sringa est souvent
recouvert de peintures ornementales.
RANAT. Harmonica siamois, composé de planchettes
sonores se frappant à Taide de petites baguettes terminées par
des boules de bois dur. Il ne faut pas confondre le Ranat avec
le Rana-Sringa ( Voir ce mot).
RANDAT. Appareil siamois, en bois sonore, dans le genre
du tympanon européen. Deux marteaux de bois dur servent à
faire résonner les lames .
RAN JANI-VINA. Assez semblable à la Mahati-vina ( Voir
ce mot). Cet instrument indien s'accorde comme la Katchapi-
Vina. Il est long d'un mètre, vingt-six centimètres. Le musée
du Conservatoire de musique de Paris possède une Ranjani-
Vina^ inscrite sous le n» 822.
RAQYEH (É). Hautbois dlrak (Arabie), à sons graves ; sa
longueur est d'environ quarante centimètres.
RASETTE. Fil de fer pour accorder les jeux d'anche dans
les orgues.
RAVANASTRON. Instrument indien, à archet ; le premier
connu, et dont l'invention légendaire est faussement attribuée
à Ravana, roi de Ceylan. C'est un cylindre de bois de sycomore,
creusé de part en part, de 0™41 de long sur 0,005 de diamètre.
La table d'harmonie est formée d'une peau de serpent boa. Le
manche, long de 0^,55, est un bambou traversant l'instrument.
Deux cordes faites d'intestins de gazelle sont tendues par deux
chevilles sur un chevalet de 0™,018. Il y en a de trois cordes.
L'archet est en bambou. C'est, selon Fétis et d'autres auteurs,
le premier type des instruments à archet ; du reste, l'Inde, dont
il est originaire, fut le berceau de la musique comme celui
de la civilisation.
READAN. Flûte douce des anciens Irlandais.
REBAB. Violon primitif de Perse et d'Arabie (ancêtre du
Rebec, importé en Europe, vraisemblablement sous ce nom, lors
-S.'ffw 191
^048 f^^^i f:|fr (fil '^'Oco tendue d'une peau
'""" s'iMÏM'^t'^^''^"^*'"^'^"^'^' est monté
|f^7v'j|||^^;i$J y a deux sortes de
__ â'B'jSf||jj||'êv^eetr£mfOÉrftawmî/,
a^f AllHu??t^Slil^J|dË^*i^'^°^<^^^ du rebab
iVWfltiJ^lljll^^^'jHnS^'le l'autre. Le pied en
P<k|fâfi^l(H'fl?^rfi|il|ftrt à le fixer à terre
||Bj.^!?(i|f'B^iilA-M)st''^f'^ a I^ forme d'un
"MCH^itHPfsfHpByKÎ^'''^- ^^ différence du
'ShjIk'fl'fljilSE^Ver a un fond plat, et
^ T^- -5^5te''â'«.5.3.
^pHÉfilfpl^l^ipi'^'^-Vnstrument français du
- -^ ,4r ,ip: ,<pr — j^ ^^^ ;^, ;4.;
»- """^"' "^^ '*"'® '^^^ Croisades, et
. ^ .. ^fï^'^n l'employa jusqu'au
- -^- .jj. .jj. ^. ^. ^. .^. -f ■
192 RES
commencement du XVI* siècle, mais rarement. La caisse
oblongue, assez petite, était munie de trois cordes. Les bords
n'avaient pas d'éclisses et étaient tronqués en étant légèrement
cintrés pour le passage de Tarchet. On n'y ajouta une quatrième
corde qu'au XVI* siècle ; mais il avait déjà fait place aux vièles,
qui précédèrent les violes. Le rebec à trois cordes était accordé
de quinte en quinte. Au commencement du XVP siècle, lors de
l'apparition de la viole, il n'était plus guère usité que par les
ménétriers de bas étage. On voit des reproductions de cet
instrument sur un grand nombre de monuments du Moyen-
Age, cans de nombreux manuscrits, etc. C'est surtout au XIV®
et au XV« siècles qu'il fut le plus en vogue. Tous les person-
nages un peu importants, jusqu'aux princes même, avaient
leur joueur de rebec. En Lorraine, on en voit figurer dans
toutes les solennités et dans les réceptions de la cour.
{Voir la Musique en Lorraine.) Au XIV® siècle, en Italie,
on l'employait aussi très fréquemment ; ainsi un tableau de
Taddéo Gaddi, élève de Giotto, qui est au musée du Lotfvre
(n® 188), représente un ménétrier jouani; du rebec pendant la
décapitation de saint Jean-Baptiste. L'instrument est à trois
cordes.
REBUTE. Nom ancien de la Guimbarde au Moyen- Age.
( Voir ce mot.)
RECORDER. Variété de la flûte-à-bec, usitée au XVIP siècle
en Angleterre et nommée ainsi.
REGALES. Sorte de positif d'orgue appelé par les Italiens
Régali ou Ninfali. C'est aussi le nom d'un petit jeu d'anches se
plaçant sur un meuble ; sorte de petit orgue portatif à quatre
octaves et plus, usité au XVP siècle en France et en Italie. Les
Régales de percussion sont des sortes d'harmonicas flamands,
faits en bois et à clavier.
REGISTRES. Tiroir à glissoir de l'orgue, de l'harmonium
ou de l'accordéon, formé d'une tige à bouton, au moyen duquel
on fait parler tel ou tel jeux.
RESSORT. Fil cylindrique ou carré, en métal, enroulé en
spirale, pour les instruments à pistons, en acier pour les flûtes.
ROT 193
clarinettes, etc., servant à faire fonctionner le mécanisme des
différents instruments de musique.
RËPAB. Instrument des Grecs modernes et des Arabes qui
rappellent Sémendje ; il se joue avec un archet et n'a que deux
cordes. C/est une variété du ReMh {Voir ce mot.)
REQ. Tambour de basque égyptien, muni de deux rondelles
comme sonnettes, qui vibrent l'une sur l'autre lorsque l'exécu-
tant frappe la peau tendue.
RHTTHMOMÈTRE. Appareil indiquant la division des
temps musicaux, inventé par l'horloger Duclos, de Paris,
en ï 783.
RILEK, RILOK, RILA ou RILKA. Noms russes de la
Vielle à roue (Voyez ce mot).
R'JENN. Nom du Eavanastron usité en Chine. Tous les
musiciens remarqueront combien il est curieux de voir lés
mêmes types d'instruments existant dans des pays différent?,
et sous d'autres noms. Il y a là des problèmes qui, lorsqu'ils
seront résolus, indiqueront des migrations inconnues jus-
qu'alors.
ROG. Cor de chasse russe, usité souvent dans les chasses à
Tours. Le son en est strident et s'entend de fort loin.
ROMELPOT. Tambour primitif des Hottentots, formé d'un
tronc d'arbre creux, tendu d'une peau de mouton. On le frappe
à l'aide d'une forte baguette munie d'un tampon.
RONGOS. Oliphant indien, en ivoire; on l'appelle aussi
Pongo.
ROSACEy ROSE ou ROSETTE. Ouverture circulaire,
faisant fonction d'ouïe, plus ou moins ornementée, et placée
sur la table des luths, guitares, etc. C'est, en même temps
qu'un embellissement apporté à ces instruments, dans un but
utile, que ces rosaces furent faites, afin de laisser échapper le
son après qu'il a fait résonner la table d'harmonie.
ROSSIGNOL. Chalumeau, dans lequel on a introduit un
piston, qui sert, en raccourcissant plus ou moins la colonne
d'air, à en modifier les sons.
ROTE ou ROTA. C'est un psaltérion de forme arrondie, à
13
im
n adapta, dans la suite, le
'nlors la Vielle ou Chiffonie
autrefois, à tort, le Rebec
siècle se trouve à Pont-
ile fait par les ordres de la
ueldres, veuve de René II.
■M
I||li^|'.I^^Î^Ï^ DE ROTE
.. ^tj^Ë^:^^3£t:^î^é une qui représente un
'i^èS^X^ aveugle porte une rote ou
^>^ï^^^^^^^îi^ la â° ^^ ^^' siècle, en
|!qui, enduite de colophane,
j'est une roue munie de
RUB 195
fils de fer garnis chacun de deux ou de trois grelots qui glissent
facilement. On l'appelle Hets upel pel; mais c'est principa-
lement au XVIP et au XVIIP siècle que ce jouet était de
mode.
ROULEAU ou PORTE-MUSIQUE. Pièce de moleskine ou
d'étoffe résistante, servant à enrouler la musique.
ROVANA. Instrument indien à archet, assez semblable au
Ravanastron, mais plus grand et ayant la table en bois mince
de Mounah. Il est encore actuellement d'un usage assez
fréquent ; et les sons que les Indiens en tirent ne sont pas sans
charmes.
RUBAB. Instrument indien à six cordes de boyau muni
de cordes sympathiques en acier, assez semblable au Rebab,
mais ayant un peu la forme du Violon sourdine moderne ; le
manche, toutefois, n'est que la dépression de l'instrument. Il se
joue avec un plectre de corne. Le chevalet est placé au bas de
la table. La longueur totale du Rubab est de quatre-vingt-cinq
centimètres.
RUBÈBE ou REBELLE. Instrument à cordes et à archet
du Moyen-Age, qui eut pour origine, comme le Rebec, son per-
fectionnement, le Rebab arabe. La Rubèbe était à une corde au
IX' siècle, à deux cordes, au XIP et XIIP siècles, et donnait
ut, sol, entre les lignes de la clef de fa quatrième ligne, comme
accord. Le ténor de Rubèbe s'appelait Gigue. Il est curieux de
constater la similitude de nom, qui est naturelle entre la Rubèbe
et le Rubab arabe. C'est, de fait, une variété du rebéc, mais à
son état primitif, puisque ses ressources étaient très limitées,
d'après le nombre restreint de cordes. Aux XIP et XIIP siècles,
la rubèbe était presque toujours montée de deux cordes. Le
timbre en était grave. Il faut remarquer qu'on donna souvent,
et principalement aux XIV' et XVI« siècles, le nom de
rubèbe à plusieurs autres instruments à cordes et à archet à
timbres graves, soit au Diacorde, et même à la Viole de gambe.
Fétis dit que les quatre classes du genre rebec, parmi lesquelles
il faut placer la gigue et la rubèbe, étaient surtout des instru-
ments populaires placés dans les mains des ménétriers, et
«.«r... ^. mM .^.... --. ^ p^^^ raecompagnement
M epeadant la rubèbe dans
i avant l'apparition de la
J ètement ; c'est seulement
.^'^:|^f||iiè^^JJ^2J^I|andit dans le bas-peuple.
•^M^iǧ4r^iiB4Sft0'^£;^SàittSde Moravie, que la rubèbe
|^^^Hliïâ'9'â!i^(|t¥l"^l<=°"^'^°'^" les noms de
>»i8aiis[«^iij|
:*;
••^.Hft^t .%• iSS. M, Mm ■§> -S- >xc> •#•■
' ^>ll*4S*'!K^^^'^4I^J^^'^i^^^ é^^^ d'une dimen-
"'M^!^^^^;(^^^3i rubèbe n'ayant que deux
^^HS3^ii^^3::||:S^ diapason plus bas que
^^-^^i^agci^^rtrois à cinq cordes. La
4âij^>||*^lâëbns , dérive du rebab,
- J'^w^'IJ^S^^^'^' différait en ce que sa
^^<^C^j3^^|è:^:^trée pour le passage de
s.aa^aKat3ss'^^îgg^]j^gg ^ ^^ ^j^g^ remplacée
mim[ 197
V^^eft^f^^iS Tioton. Un curienx type
i}'S']^iKf|TSblin>oé dans les excursions
)'S>$P08'i$3SlHtSËg^s- A la cathédrale de
l¥ti|| Aj^i^f ÂtJBi^isiècle, il y en a un qui
iR tS fsSPS^tlfft mW^S'^^^ couches de hadigeon,
'â^â^^^^l|'fl4¥ci'<>bserver lea détails de
-m|^i|S^£/lggitgi'cil'gi»l)^teau placé en haute! i
.5. .??. i
^•||l^Fç|'<||ni« SIÈCLE)
4g()^ù^!é^^;a^aux fantastiques tenant
Ê^P^^^^i^^^'^^ rebelle toute primi-
'"'iÎBjÎBïfl^^î^i^ tirette, une touche, une
_ ^â|^^ias^es. Une autre sculpture
[E^4%'t;gD^^^£tail de la cathédrale de
^a^é^uSsî^t^^de rubèbe auXni'siècle.
"ij^^^^^l^^, est des plus caractéris-
l5^^:SÈâ§Ê|^:4lûx chevilles, la tâte est
198 SAQ
terminée par une sorte de volute ; un chevalet, une touche et une
tirette maintiennent les cordes ; l'archet est légèrement recourbé.
RUDRA VINA. Instrument à six cordes de boyau, originaire
de rinde, se jouant avec le plectre et donnant l'accord : sol des
lignes, ré^ ut au-dessous des lignes, clef de sol\ soU ^i-, ut
entre les lignes, clef de fa. Il a un mètre de long sur vingt-huit
centimètres de largeur vers le milieu de la table. La Rudra
Vina se rapproche beaucoup de notre basse de viole, à
Texception qu'elle est jouée, non pas avec un archet, mais avec
un plectre .
s
s. Nom- donné quelquefois au hocal du basson, à cause de la
forme qu'il affecte, ressemblant ainsi à la lettre S. Certaines
personnes désignent ainsi, par erreur^ les ff des instruments à
archet.
SA. Violoncelle siamois, se jouant comme le violoncelle
européen.
SABEKA. Harpe trigone, citée par Daniel, et en usage à
Babylone du temps de la captivité des Hébreux.
SABOT. Crochet de cuivre raccourcissant la corde d'une
longueur relative qui monte cette corde d'un demi ton. Chaque
corde, dans la harpe, correspond à un sabot mobile, qui produit
cet effet lorsque les pédales, agissant par le pied, mettent en
mouvement ce mécanisme .
SACOMUSE. Nom donné à la cornemuse ancienne. Ce nom
n'était employé que rarement.
SACQUEBOUTE. Trompette basse à tubes mobiles et à
pavillon recourbé, comme le trombone à coulisse moderne.
Les Allemands l'appellent Posaune (Voyez Sagquebute).
SAQUEBUTE. C'est le nom de l'ancien trombone à
coulisses. Au XV* et au XVP siècle, en Lorraine, on la voit
SAM 199
déjà employée à la Cour das Ducs ; et, dans les cérémonies de
la pompe funèbre du duc Charles III (1609), on remarque,
parmi les musiciens, de nombreux joueurs de saquebute. Cet
instrument se jouait en même temps que les cornets à bouquins,
le gros hautbois, les luths^ les théorbes. En un mot, il faisait
partie de Torchestre, puisqu'on le voit dans les gravures de
Claude Lamelle, gravures représentant la pompe funèbre dans
tous ses détails . La saquebute est bi^n l'ancêtre du buccin et
du trombone à coulisse. Elle a toujours été faite en cuivre,
munie d'un pavillon, d'une embouchure et d'une co\ilisse
s'allongeant ou se raccourcissant à volonté ( Voir Trombone a
coulissb).
SAPFARÉ'. Flûte arabe.
SAGGAT. Nom général donné, par les Arabes, aux crotales
du genre des castagnettes. Celles-ci s'emploient à l'aide des
mains, auxquelles on les attache, et en les frappant l'une
contre l'autre.
SALACIL. Petites crotales aiguës des Arabes; elles sont
quelquefois en métal, soit en cuivre ou en argent.
SALAMANIE. Flûte turque, d'un seul morceau de bois,
avec un anneau en haut.
SALPINC-ORGANUM. Orgue trompette, fait par Van
Ockelen, en 1824. Cet orgue ne possédait aucun tuyau de bois
ni d'étain; c'étaient des tuyaux en cuivre, donnant ainsi le
timbre de la trompette. Le son en était très éclatant.
SALPINX. Trompette des anciens Grecs, ayant la forme
d'un tube conique et longue de deux pieds.
SAMBOGNA. Cornemuse de la Syrie et de l'Asie-Mineure
(Voir Cornemuse). Il n'est pas sans intérêt de remarquer la
similitude des noms entre Sambogna et la Zampogna ou
cornemuse des Italiens.
SAMBUCA LYNCÊA. Instrument à cinq cents eordes,
inventé, au XVP siècle, par le Napolitain Colonne; comme on
peut se l'imaginer, avec un pareil nombre de cordes, exigeant
une caisse volumineuse et un mécanisme compliqué, cet essai
ne put réussir.
200 SAN
SAMBUQUE. Instrument à cordes, des anciens Grecs.
SAMM-JINN. Sorte de luth chinois, à trois cordes en
boyau, avec manche à cases et capo-tasto mobile {Voyez
Sanx-Hinn).
SAMSIEN ou SAMSIN. Guitare japonaise, semblable au
sann-hinn des Chinois. Elle a trois cordes en soie, s'accordant
par quartes (ut au-dessous des lignes, /îx, si bémol des lignes
de la clef dé sol). Trois chevilles garnissent la tête.
SANAÏ ou SHANAYE. Instrument à \ent et à anches
' doubles, en usage dans l'Inde. Il ressemble un peu à notre
hautbois. Les Persans rappellent Sharana; il est employé par
ceux-ci dans leurs cérémonies religieuses et dans leurs
orchestres. Sa longueur »st de trente-deux centimètres en y
comprenant Tanche; son étendue est semblable à celle du
Kalœma, Il y a aussi des Sandis doubles^ usités en Perse et
dans les Indes.
SANDALE. (Foye^ Crotale).
SANG. Harpe indienne.
SANGÉ. Petit instrument de la Nigritie, formé d'une
gourde percée d'un grand nombre de trous, traversée par un
grand tube; en soufflant par une des ouvertures, on applique
les doigts sur quelques trous. Le son est semblable à celui du
fifre. Les Nigritiens s'en servent principalement pour accompa-
gner les chants et les danses.
SANJOJI. Instrument moderne indien, ressemblant au
sarôh^ mais sans cordes sympathiques; long de cinquante-huit
centimètres, large de vingt-cinq. Au Musée de Bruxelles existe
un type de sanjoji à peu près semblable à celui du Musée du
Conservatoire.de musique de Paris, mais il est muni de cordes
sympathiques.
SANKHA. Conque-trompette indiQnrie très, ancienne.
SANKO. Instrument à cordes, des Nègres, dont le gabarit
est recouvert d'une peau de serpent ou de gazelle. Indépendam-
ment de l'usage qu'ils font du^ sanko, en grippant les cordes ils
frappent de temps en temps la peau de serpent ou de gazelle, à
Taide du poing, pour marquer la cadence de la mesure.
SAR 201
SANN-HEEN ou SANN-HIN. Genre de guitare chinoise,
avec la tête légèrement inclinée en arrière.
SANTUR ou SANTIR. Sorte de psaltérion arabe.
SARALA BANTSI. Flageolet indien, de trente-quatre centi-
mètres de long, à sept trous, et un huitième du côté opposé; il
a rétendue d*un neuvième du ré bémol des lignes de la clef de
sol au mi bémol au-dessus des lignes. Le son en est assez
agréable. Un instrument de ce genre existe au Musée du
Conservatoire de musique de Paris, où on peut le voir sous le
no 878.
SARALA-VANÇI. Flûte droite indienne.
SARINDA. Genre de violon de THindoustan. Il est à trois
cordes de boyau et dérive du Saroh; il n'a pas de cordes
sympathiques et s'accorde ainsi : uty ut, sol au-dessous des
lignes clef de sol. La plus grande largeur de la table est de
huit centimètres, et la longueur de l'instrument est de cinquante-
cinq centimètres.
SAROH. Instrument indien à archet, taillé dans un bloc de
bois, et dont le manche est surmonté d'un oiseau. La table
d'harmonie est formée d'une peau de gazelle collée au bord.
L'accord est u/, w/, sol^ au-dessous des lignes, clef de soL II n'a
jamais que trois ou quatre cordes, qui, selon Willard, sont en
boyau, et, selon Ouseley, sont en soie. Le gabarit est tantôt
verni, tantôt en bois naturel.
SARRUSSOPHONE. De Sarrus fit, en 1856, un genre de
Saxophone qui reçut son nom. Cet inventeur appliqua Tanche
double au tube conique, et destina cet instrument au remplace-
ment des bassons, par la constitution d'une famille complète de
ces sortes de contre-bassons en cuivre. Celui-ci est en mi
bémol, il a trois octaves d'étendue, du ré bémol grave au ré
bémol au-dessus des lignes, clef de fa. Le doigter a beaucoup
d'analogie avec le doigter de la clarinette Bœhm.
SARUNGIE, SANINGÈE ou SARANGIE. Instrument à
archet de l'Inde, tire son nom du Sarôh, mais est son perfec-
tionnement. Le sarungie de Bénarès a trois cordes de boyau et
cinq métalliques; celles-ci sont du côté gauche du manche et
202 SAX
passent sous le chevalet. Il est permis de supposer que cet
instrument a donné Tidée première de notre viole d*amour et
du baryton. On sait que la viole d*amour, connue à Constantin
nople, passa sans doute en Hongrie, et de là se répandit dans
le reste de l'Europe. Le deuxième genre de Sarungie est en
usage au Bengale; c'est la forme du luth : onze chevilles tirant
des cordes métalliques, quatre cordes en boyau, un chevalet et
un archet court et recourbé. La sarungie du Bengale porte
quatre cordes de boyau et onze cordes métalliques ; sa longueur
est de cinquante-deux centimètres. La plus grande largeur de
la table d'harmonie est de quinze centimètres à la base. L'accord
donne : ut^ ut au-dessous des lignes, clef de sol; fa ou sol (à
volonté), et ut des lignes, clef de fa.
SAUTEREAU. Lamelle de bois munie d'une petite pointe
de plume ou de buffle, qui frappait les cordes des anciens
Clavecins (Voyez Clavecins).
SAXHORN. C'est le nom du facteur Sax, appliqué à toute la
famille des instruments en cuivre, à cylindre ou à piston. Le
plus grave est le Saxhorn contre-bourdon, si bémol, de deux
octaves au-dessous de Tophicléide, le plus élevé est en 5i bémol,
à l'octave au-dessus de l'ancien bugle si bémol. C'est Sax qui
est l'inventeur des Saxhorns. Les cornets à pistons, bugles,
altos, barytons, basses et contre-basses en cuivre sont des
Saxhorns. Horn veut dire cor ou cornet en allemand.
SAXHORN-ALTO. Instrument de cuivre, de la famille des
Saxhorns, inventé par Sax, et appelé aussi Sa^tromba. U est en
mi bémol et en fa. Il possède trois pistons. Il y a des saxhorns-
altos, pavillon en bas ; c'est le plus usité, et pavillon en l'air. Ce
dernier genre, étant de la même tonalité, s'emploie de préférence
dans les musiques de cavalerie, sa forme étant plus favorable
et le son s'élevant au lieu de frapper les oreilles du cheval.
SAXHORN-BARYTON ou CLAVICOR. Instrument de
cuivre, à trois pistons, perfectionné par Sax, en si bémol et
intermédiaire entre l'alto et la basse. Les musiques militaires
de cavalerie ont quelquefois des barytons circulaires, plus
commodes à jouer pour les cavaliers.
SAX 203
SAXHORN-BASSE. Instrument de cuivre de la famille des
Saxhorns, inventé par Sax. Il est à trois et à quatre pistons, en
si bémol ou en ut et a remplacé Tophicléide. Les saxhorns-
basses, pour la cavalerie, ont quelquefois une forme circulaire.
SAXHORN-CONTRALTO ou BUGLE. Instrument en
cuivre, à trois pistons, en si bémol, perfectionné par Sax,
généralement usité dans la cavalerie, car sa forme, avec
pavillon en Tair, convient mieux aux cavaliers que le bugle,
ayant la même tonalité et le même son, mais qui porte son
pavillon en droite ligne avec le tube d'embouchure. Ces deux
instruments ne possèdent point de corps de rechange, pour en
modifier le ton ; quelquefois, on ajoute une allonge, baissant
plus ou moins le diapason. Le bugle se joue dans tous les tons,
mais il faut cependant éviter ceux qui ont plus de deux ou trois
accidents à la clef.
SAXHORN CONTRE-BASSE. Instrument de cuivre, de la
famille des Saxhorns, inventé par Sax; on l'appelle aussi
Bonibardon; il est en si bémol et possède trois et quatre
pistons. Pour les musiques de cavalerie, cet instrument affecte
la forme circulaire et le pavillon, après avoir tourné autour du
corps du cavalier, est dirigé en Tair.
SAXHORN-SOPRANO ou PETIT BUGLE. Instrument
en cuivre, à trois pistons, inventé, par Sax, ayant la forme,
mais plus petite, du saxhorn-contralto ; il est en mi bémol. La
différence entre le petit bugle et le soprano est que le tube du
pavillon du premier se trouve sur le prolongement du tube
d'embouchure, en Ms. Il y a des petits bugles pavillons en bas
et pavillons en Tair ; les derniers servent de préférence aux
musiques de cavalerie.
SAXOPHONE. Instrument inventé par Sax, et ayant la
forme d'une énorme pipe en cuivre, avec bec à anches et clefs.
Les différents genres sont : les saxophones basse, baryton,
alto, soprano et ténor. Le plus usité est de trois octaves, à
partir du si bémol grave et compte dix-neuf clefs. Le saxophone-
alto est en mi bémol; le ténor, en si bémol; le baryton, en mi
bémol ; le saxophone-basse, en si bémol ; l'aigu, en mi bémol et le
204 SCH
soprano, en si bémol. Le saxophone, tout en étant à anche battante,
est à perce conique. M, Gustave Chouquet. l'éminent directeur
du Musée du Conservatoire de musique de Paris, fait fort bien
remarquer avec M. Victor Mahillon, de Bruxelles, « qu'un tuyau
€ cylindrique qui s'embouche avec une anche, résonne comme
f un tuyau fermé : il a donc l'avantage de produire les mêmes
€ notes qu'un tuyau conique à anche, tout en étant moitié moins
€ long que ce dernier, M. Victor Mahillon explique bien,
€ en signalant les erreurs dans lesquelles Fétis est tombé,
€ pourquoi le saxophone octavie, là où les sons de la clarinette
€ se répètent à la douzième supérieure, c'est grâce à Tappli-
€ cation de Tanche battante au tuyau conique, qu'à longueur
f égale du tube sonore, les sons du saxophone sont plus élevés
€ que ceux de la clarinette >. (Voir V. Mahillon, Éléments
d'acoustique^ p. 156, et Catalogue, p. 35 ; Catalogue du Musée
du Conservatoire de Paris, G. Chouquet, p. 138 et 189.
SAZOTROMBA. Genre de trompette basse, inventée par
Sax, en 1843.
SAZ-TUBA. Énorme contrebasse en cuivre, inventée par
Sax ; elle a été presque abandonnée, à cause de ses dimensions
trop encombrantes.
SAZ. Instrument turc.
SCABELLUM ou SANDALE. Sandale des Grecs et des
Romains, munie d'une fente dans laquelle une lame métallique *
était encastrée. En appuyant le pied, la vibration se produisait.
On l'employa beaucoup pour accompagner les flûtes, marquer
le commencement et la fin des actes au théâtre. Certaines
statues anciennes, aux musées Britannique, Pio-Qémentin et
Capitolin, portent le scabellum.
SCALISCHIN. Instrument à percussion des Hébreux; on
croit que c'était une sorte de sistre.
SCHAEOU-BIOSGHI. Castagnettes chinoises formées de
trois planchettes en bois; on les appelle aussi Cha-Pan^ et
M. Gustave Chouquet, croit, avec raison, que ces deux genres
de castagnettes primitives dérivent du Tchoung-Tou^ décrit par
le P. Âmiot dans son curieux mémoire.
•I
SGI 205
SCHALIS. Genre de cimbale triangulaire des Chinois. Des
poignées de cuir souple servent à les tenir à la façon des
cimbales européennes.
SCHEBBABE. Flageolet arabe.
SCHEBBOUR. Cor des Hébreux.
SCHEHDAR. Psaltérion turc à douze cordes ; sa forme a
souvent celle d'un trapèze et quelquefois celle d'un triangle. On
le pince, soit à Taide de plumes, soit avec les doigts.
SCHESCHADAR. Harpe horizontale persane, rappelant un
peu la forme des harpes égyptiennes, mais plus petite.
SCHLAGZITHER. Cithare allemande de vingt-et-une
à trente cordes. On l'emploie depuis très longtemps en Autriche
et dans le Tyrol ; les quatre cordes qui sont tendues sur la
touche servent pour jouer les mélodies, les autres pour l'accom-
pagnement. Le perfectionnement de cet instrument ne date que
de la seconde moitié du siècle dernier.
SCHOFAR, JOBEL et KËREN. Corne d'appel des anciens
Hébreux, faite ordinairement de la corne d'un bélier et
ornementée quelquefois de sculptures dans le genre des olifants
de la Renaissance. C'est le schofar qui, seul, s'est maintenu
parmi les instruments employés encore actuellement daus les
synagogues, où l'on s'en sertie jour du Grand-Pardon, annonçant
ainsi la fin du j eûne .
SCHTAREH. Guitare pei'sane à quatre cordes doubles. Le
manche est assez long.
SCHTARI ou SCHRJARI. Sorte de cornemuse, usitée
principalement en Grèce, vers le XIV siècle.
SGINDAPSE. Sorte de harpe des Assyriens, à quatre
cordes de laiton, pincées à l'aide d'une plume ; la forme est à
peu près celle de nos harpes modernes, mais cependant les
dimensions en sont beaucoup plus restreintes.
SCIOPHAR ou SCOPâAR. Instrument des Hébreux,
inconnu de nos jours ; on pense cependant, et non sans raison,
que ce nom serait un dérivé du Schofar ou Kéren^ employé
encore actuellement dans le. culte hébraïque, mais aucune
preuve n'existe à l'appui de cette supposition.
206 SER
SCTTÂLË. Petite flûte grecque simple en roseau, affectée
spécialement autrefois aux pasteurs.
SËBË ou SËBY. Flûte traversière égyptienne, qui est un
des plus anciens instruments de musique de ce peuple, et se
remarque sur toutes les sculptures et peintures des anciens
monuments de l'Egypte.
SEING. Cloche placée dans les beffrois, au XIIP siècle;
BEMANTERION. Instrument à percussion des Hébreux et
usité chez les Grecs turcs, remplaçant l'usage de la cloche ;
c'est une planche frappée par un marteau.
SEMELO MËLODIUM. Fruh inventa, en 1857, cet instru-
ment à anche libre, pour l'enseignement vocal. C'est une variété
de rharmonium ou harmoniflûte.
SËMENDSJE. Nom donné, en Perse, au rebab arabe ( Voyez
ce mot).
SENONG. Crotales arabes ressemblant assez aux cimbales ;
on les emploie encore de nos jours.
SENSEN. Nom donné quelquefois au sistre des Anciens
( Voyez ce mot) .
SËRAPHIN. Instrument à anches libres, construit par
l'Américain Bazin, en 18 i2. C'est un peu le genre de Tharmoni-
flûte.
SËRAPHINE. Petit piano organisé, inventé par Grun, en
1830. Il ne faut pas le confondre avec le séraphin, sorte d'har-
moniflûte, inventée par l'Américain Bazin, en 1842.
SERDOUM. Flûte à bec de Malaisie.
«
SERINDA ou SARINDA. Violon très primitif de llnde. Il
est monté de trois cordes de boyau et dérive du saroh et non de
de la sarungie ou de la sarangi. Sa longueur est d'environ
cinquante-cinq centimètres et sa largeur de huit centimètres.
Son accord est ut^ ut, sol au-dessous des lignes, clef de sol. Un
spécimen de serinda se voit au musée du Conservatoire national
de musique de Paris, sous le n» 791.
SERINETTE. Petit orgue à tuyaux et à cylindre, servant à
faire chanter les serins. Il est composé d'un soufflet double,
d'un sommier garni de dix à treize tuyaux, d'un clavier ouvrant
ii|i _ 907
•»tttFB^Srâ(<tt^g^«retites pointes, qui font
fS^B^Ef âVîi^SiH'^tourner une vis sans
t^MËMi||(dniM3^(PniOQter et descendre le
tli| ÏVlVainiK^iBAj]^ petit instrument est
£l8?fi|lS|S{^B^ï'f^'^'^'^^' '^° le fabrique
tOt^^^fglj'^^Ôo-^l'Sp-^'^^^^^ d'uiiâ branche
'^•^^ç^i)£y{^an)g||,£^s oiseaux apprennent
_ J lïïi Bir~ JbjjEIiQBI.iii' I ""' Il iT'iii ' iiib
m^i^ls^K) ■^^'QS'â'matin et soir.
Ifit^ilâéfl: iBM {^j}s^ recouvert de cuir ou
-*-
__ïû^3^ïtoB5^ par Edme Guillaume,
hSe^âS^^^e aux cors; il est à
— „ - .P4ê*§* quelquefois plusieurs
|À^^r^^ÔK<^3J|^sAianuite ans, dans les
m
208 SGR
musiques militaires et dans les églises. Il y en a une grande
variété : le serpent militaire, celui de cavalerie, qui permettait
de passer le bras et de le maintenir facilement. Il y en eut
aussi en fer. Parmi les sculptures du portail de la cathédrale de
Strasbourg, on remarque, du côté droit, un joueur de serpent,
qu'un sculpteur du XVII^ siècle y sculpta, pour remplacer une
statue détruite, qui représentait, sans doute, un autre musicien.
Cet artiste ne vit aucun inconvénient d'y mettre un type
d'instrument si fort en vogue dans les églises, au XVIP siècle.
La figure ci-contre représente cette intéressante sculpture. Un
autre personnage, jouant aussi du basson, se voit aux boiseries
du chœur de l'église de Salivai, transférées à l'église des Corde-
liers de Nancy. C'est aussi du XVIP siècle. VOphicleide^
aujourd'hui abandonné, remplaça le serpent. Une embouchure
d'ivoire terminait le tube d'insufflation. Le nom de l'ophicléïde
vient du grec ophis^ serpent, et cleides^ clefs.
SERRURE DE TRANSPOSITION. Appareil fait par
Bardies, en 1847, pour faire transposer les pianos ; c'est à l'aide
d'une clef, que l'on faisait avancer la mécanique d'une note vers
la droite, obtenant ainsi une transposition de demi-ton en demi-
ton.
SESCESCH. Sistre égyptien ayant la forme d'une raquette
métallique, mais dont l'intérieur est à jour et partagé par deux *
M*
OU trois parties transversales dans lesquelles glissent des
anneaux qui, dans le mouvement d'oscillation donné, produisent
le bruit particulier à cet instrument. On s'en servait principa-
lement pour marquer le temps dans les danses, (Voyez Sistre.)
SEVOURY ou SEVURY. Guitare arabe à quatre cordes
d'acier et une cinquième en laiton. Le fond est bombé et
ressemble un peu à notre luth ; on pince les cordes à Taide
d'une plume amincie ou simplement avec les doigts. La tète est
légèrement renversée en arrière et munie de quatre chevilles.
SEWURY. Genre de Caltisoncini des anciens arabes, à
quatre cordes d'acier et une en laiton. C'est un instrument à
cordes pincées qui sert encore pour accompagner les chants.
SOROH. Instrument indien à archet et ayant la forme d'un
SHA 209
luth évidé des deux eôtés pour le passage de Tarchet, mais avec
un manche très court; il est à trois et à quatre cordes ; la lon-
gueur est de soixante-six centimètres, celle du cheviller est de
cinquante-quatre centimètres. La table est en peau de gazelle.
le chevalet assez élevé; des ornements peints et dorés ornent
la table. Il y a aussi des cordes harmoniques.
SHAK-SHAK. Castagnettes des Indiens.
SHALISCHIM. Sistre des Hébreux, garni de barres trans-
versales, dont les sons devaient avoir de la ressemblance avec
ceux de nos triangles. C'est le même genre d'instruments que
ceux des Egyptiens qui sont représentés dans les nombreuses
peintures et sculptures de cet ancien peuple.
SHANAYE ou SANAÏ ou SHARANA. Hautbois persan,
long de trente-deux centimètres, sans Tanche, ayant la même
étendue que le A^a/awa. Il est particulièrement employé lors
des fêtes solennelles et lors des mariages, comme autrefois la
cornemuse, en France. On s'en sert aussi dans les orchestres.
SHARADUJA VINA ou SHARODE. Instrument indien à
six cordes de boyau et de six à douze cordes sympathiques,
s'accordant : fa^ fa entre les lignes, ut, ut^ sol au-dessous des
lignes et sol des lignes, clef de soi. Il est très connu et employé
dans le Nord-Ouest de l'Inde. On le nomme actuellement
Sharode.
SHARANA. Hautbois persan ( Foi/^z Shanaye). Cet instru-
ment est employé principalement pour les mariages et dans les
orchestres des fêtes publiques, en Perse. Sa longueur est de
trente-deux centimètres sans l'anche, et son étendue est la môme
que celle du Kalama.
SHATA-TANTRI VINA. Ancien nom du Qâno^i indien
appelé actuellement Kattyauna Vina (Voyez ce mot). Cette
dénomination lui fut donnée en l'honneur du sage Kattyauna.
Ce sont surtout les musulmans indiens qui l'emploient. Le mot
Shata-tantri Vina voulait dire : Vina aux cent cordes d'acier,
nommée ainsi à cause de la grande quantité de cordes qui la
montaient. Actuellement, cette Vina n'a plus que vingt-et-une
cordes.
14
210 SIF
SHOWTICA VINA. Instrument indien à cordes pincées à
l'aide d'un plectre d'acier; sa caisse sonore est faite d'une
coquille de nacre. La longueur, en y comprenant le manche, est
de un mètre deux centimètres et la largeur maximum de la table
est seulement de dix centimètres ( Voyez Chauktiga Vina.)
SIA. Flûte de Pan chinoise formée de seize tuyaux en bambou^
de grandeurs différentes. Ces tuyaux sont assemblés à l'aide de
ligatures de bambou et de gros fil.
SIAO. Flûte chinoise en bambou verni ayant neuf trous sur
le devant, un trou à la partie supérieure du tube sur la surface
opposée et deux autres très petits trous parallèles sur le bord
du bout fermé. Elle se tient verticalement Afin de donner au
Siao un timbre nasillard, on ferme le trou isolé du haut avec un
morceau de baudruche. On peut voir un instrumeut de ce genre
au musée du Conservatoire de musique de Paris, sous le n« 892.
SIFFLET. Instrument des plus anciens, connu des Égyptiens
et n'ayant souvent qu'une note ; c'est le principe du renvoi du
son qui vient, en se brisant contre les parois du tube, se modifier
sensiblement et donner un son aigu. Le sifflet est l'origine de tous
les instruments à vent età bec. Il a fallu cependant, probablement
de longs siècles, à l'homme primitif pour parvenir à appliquer
ce principe à un instrument.
SIFFLET BADUEL. Sifflet militaire adopté par le Minis-
tère|pour remplacer les sonneries et réglementer les manœuvres^
avec moins de bruit devant l'ennemi. Cet instrument, en métal,
porte le nom de l'inventeur; une petite chaînette métallique est
attachée à un anneau et sert à suspendre le sifflet à la bouton-
nière de l'uniforme militaire.
SIFFLET DE PAYSAN. Sorte de hautbois montagnard
d'une seule pièce, dont le son est assez puissant.
SIFFLET DES CHAUDRONNIERS. Nom donné à la flûte
de Pan, aux XVIP et XVIIP siècles. H est à présumer qu'à cette
époque, les chaudronniers ambulants annonçaient leur présence
au public à l'aide de cet instrument.
SIFOINE. Nom de la vielle à roue, au Moyen-Age. On
l'appelait aussi Chifonie, Chinfoine., SyphoniCj etc.
SIS 211
SIOUÉ. Hautbois nubien, d'une construction assez primitive,
mais ressemblant un peu au hautbois arabe.
SIGUERY. Rebab des Nubiens (Voyez ce mot).
SILLET. Filet d'ivoire ou d'ébène placé à l'extrémité
supérieure et inférieure des instruments à cordes et à archet,
pour recevoir et élever les cordes afin de les faire vibrer. Sa
hauteur doit être très régulière et les crans qui reçoivent les
cordes ne doivent pas être trop profonds ni trop saillants, afin
de ne pas couper ces cordes.
SIMICO. Epinette italienne à trente-cinq cordes, du temps du
Galilée : La caisse était assez allongée, vu le nombre de cordes.
SIMICHON, SIMIKION ou SIMICEN. Nom donné à la
harpe-lyre par les Grecs.
SIMIKION. Harpe-lyre grecque, ou plutôt importée en
Grèce. Elle avait trente-cinq cordes; presque toutes doubles.
Cet instrument était bien véritablement une lyre et non une
harpe, puisqu'il est avéré que les Grecs ne connurent pas la
harpe. Le simikion, à cause du grand nombre de cordes,
représentait une lyre de la plus grande dimension.
SIPOOKA. Double flûte russe appelée aussi Gélaïka; pour la
jouer, on se sert d'une sorte de phorbéia rustique dans le genre
de celle des Grecs. '
SIRÈNE. Nom donné, vers 1820, aux premiers pianos droits
et, à la même époque, à un instrument inventé en 1819, par
Gogniard de la Tour. Ce dernier instrument acoustique servait
à mesurer les vibrations de Fair par rapport au son.
SIRENION. Genre de piano construit en 1828, par Trost, de
Strasbourg. C'est un commencement du piano à queue.
SISTRE. Les Égyptiens se servaient de cet instrument dans
les cérémonies solennelles. Il était formé de deux tiges circu-
laires réunies en un manche; le tout en métal et muni de
branches transversales garnies d'anneaux qui, en glissant,
produisaient un bruit métallique. Les sistres, dont nous voyons
des reproductions dans presque toutes les sculptures ou
les peintures de cet ancien peuple, étaient surmontés souven
de sujets sacrés, entre autres de chats.
i
lï[^^gfc^DU|^ig-iB'^Ègrftt à cordes pincées, de la an
^ij^BH^aiPfi^i^N^ÇiiAf instrument métallique et à
^ai^^S^S*'S'fËI9^^*fi* <îss sistres à quatre, à cinq
^^^Ht^JtjmfSu^hïdieilliipIes; ce dernier s'appelait
^^^'^^ V V^'V*'*^^"*''^^ deux cordes triples, de deux
^i§;t&g"jg^ P !§^|)|5j If mples, avec un clavier de six
' • .«. 'Ml ^: ^tZMl ^:
;l&ns»ll,^S35loJS^;(xvn' siècle)
•s» "S- -À- •*• -'!• Ifc ^ ^' -*• •*•
''^^«||>*gri^^||çt^'f|»jl^it les cordes. C'est aussi une
bfilïrdes en boyau et filées, très
"trt. A Lay-Saint-Christophe,
^a^Cfj^e tour, dans laquelle des
. — ^^î^^*^ représentent de nombreux
^Wàl'^ï^I'^^^lesquels figurent des sistres
^SiïS:"*'"*''*' "*■'***'*'
^
•î^
SON 213
SISTRE DES NÈGRES. Fer garni de grelots, que Ton agite
pour marquer la mesure; les Nègres s'en servent beaucoup
dans leurs danses funèbres ou guerrières.
SITAR. Nom généralement donné, dans l'Inde, aux instru-
ments à cordes pincées à trois, à six et à sept cordes. La hauteur
est de quatre-vingt-dix centimètres ; la table, de vingt-cinq
centimètres de haut sur trente centimètres de large. Le sitar
de Bénarès est dans le genre de la mandoline; celui de Dekan-
Dedjapour a la forme de la guitare d'Europe, mais le manche
est plus large, a treize cases, six chevilles pour sept cordes, car
deux de ces cordes à l'unisson se trouvent à la même cheville.
Les cordes sont en métal; la basse en laiton, et les autres en
acier. C'est, en réalité, une guitare indienne, dont l'origine
remonte très loin, puisque la légende veut que ce soit Amir
Khosrou, qui, au XIII* siècle, lui ait donné le nom de Sitar.
Les sitars de Bénarès, surtout, sont remarquables parles belles
sculptures, délicatement faites, et les incrustations de nacre
qui les décorent. Les manches de ces instruments avaient les
mêmes proportions dans toute leur longueur, mais, actuelle-
ment, ce manche est diminué de largeur près du cheviller,
SIYOU-TEKI. ( Voyez Kouvan-Teki). Les Japonais appellent
SiyoU'Teki, toutes les flûtes verticales, ou même celles que Ton
joue comme la flûte de Pan.
SKINDAPSE. Variété de grande lyre grecque. Cette lyre
avait de vingt-cinq à trente cordes.
SOGGAT. Castagnettes persanes ressemblant assez aux
castagnettes européennes.
SOMMEROPHONE. Genre d'ophicleïde à ventille, fait par
Sommer, de Vienne, en 1843.
SOMMIER. Caisse renfermant le vent, qui, dans Torgue, est
apporté par les soufflets, et de là réparti dans les tuyaux
correspondant aux touches abaissées du clavier.
SONAJA. ( Voyez Ayagaghtli). C'est un instrument en terre
cuite et à manche, qui servait aux anciens habitants du Mexique,
pour leurs danses.
SONG ou SQUNGf Genre de buccin, employé par les Indiens
214 SOU
<
pour appeler le peuple dans le temple. C'est aussi le nom
de la harpe jirmane ressemblant à l'ancienne harpe égyptienne.
SONNANTE. Espèce de carillon de douze timbres ou cloches
différentes, en usage depuis longtemps en Allemagne.
SONNETTE ou CLOCHETTE. Petite Cloche de bronze
(Fby^^ ce mot). La sonnette est un instrument très ancien;
les Romains en avaient suspendues dans leurs établissements
de bains, pour annoncer aux baigneurs que Teau chaude
était prête. Il est naturel de présumer que la clochette, vu ses
dimensions, a donné naissance à la cloche. Il y a des sonnettes
en métal, en porcelaine, en cristal, etc. Au Musée du Conserva-
toire de musique, on peut en voir une jolie collection, particu-
lièrement celles du XVP siècle.
SONOMÈTRE. Appareil destiné à mesurer Tintensité des
sons, inventé par Loulié, en 1699. C'est aussi un instrument
formé de huit cordes parallèles soutenues par des chevalets
mobiles, servant à établir les rapports des intervalles harmo-
niques. Montu fit aussi un sonomètre vers la fin du
XVIIP siècle.
SONOTYPE. Diapason inventé en 1854, par Delsarte, pour
guider l'accord des pianos.
SORDONE. Genre de basson très ancien.
SORUDA-RABAB. Instrument à cordes, de THindoustan,
se jouant, tantôt avec un plectre, tantôt avec l'archet. On
l'emploie encore actuellement.
SOUFFARAH ou CHABBABEH. Flûte arabe, assez
semblable au flageolet, à cinq et à six trous. Elle se joue verti-
calement et porte un sifflet à la partie supérieure, comme les
anciennes flûtes à bec. Son étendue est de deux octaves; on
l'emploie beaucoup en Algérie.
SOUFFLERIE. Appareils de ventilation pliant sous un
poids quelconque, aspirant et refoulant l'air, soit dans un orgue,
un harmonium, un accordéon, etc. De la soufflerie dépend la
qualité de ces divers instruments; le vent doit être envoyé
d'une façon égale.
SOUFFLET. Machine à air, mise en mouvement par le
sou 315
pied, par la main ou par un mécanisme quelconque, et qui
porte le vent dans Tintérieur d'instruments tels que Torgue,
rharmonium, la serinette, Tharmoniflûte, l'orgue àmanivelle, etc.
(Fo^•r Soufflerie). C'est un réservoir d'air composé de deux
surfaces planes portant, d'un côté, une ouverture d'insufflation
formant soupape, et de l'autre, un tube ou conduit du vent
emmagasiné dans ce soufflet. Les deux surfaces sont reliées
par des contreforts plissés et flexibles, garnis de peau.
S0U66ARAH, SOUKKARAH ou AR6H0UL. Corne-
muse arabe en peau de bouc; un roseau y conduit l'air; de,ux
autres tubes, percés de quatre trous, sont terminés par des
bouts en corne de vache.. Les musulmans rappellent Souhkarah.
SOULTANIEH DOURGUI. Grand tambour turc, delà Nubie.
SOUM. Harpe birmane à treize cordes fixées à la partie
supérieure par des cordonnets de coton. Sa longueur est de
deux à cinq pieds, elle a l'aspect d'un canot ponté; le bois est
verni en blanc. Les Anglais le nomment Soung; les cordes
sont en soie. Le son en est fort agréable, et l'accord se fait diatoni-
quement du la entre les lignes, clef de fa au fa d'entre les lignes
de la clef de sol. C'est un peu le genre de la harpe des anciens
Égyptiens, qui se voit au Musée du Louvre. Cette ressemblance
est à remarquer.
SOUMA-KOTO. Monocorde japonais formé d'une table en
trois pièces s'emboitant l'une dans l'autre. Où peut voir un
nstrument de ce genre, d'un travail remarquable, au Musée du
Conservatoire national de musique de Paris, sous le n® 868,
SOUMPONIAH. Cornemuse de la Chaldée {Voir Corne-
muse). Cet instrument, fort ancien, se retrouve dans un grand
nombre de contrées éloignées les unes des autres ; la forme n'en
est presque jamais variable; c'est toujours le principe du
réservoir d'air, c'est-à-dire d'une outre et d'un ou de plusieurs
chalumeaux.
SOUNAGIE ou SOUNANGIE. Hautbois indien, à timbre
grave, usité encore actuellement.
SOUNO-FOUYI. Les Japonais donnent ce nom à la flûte de
Vdiii {Voyez Fouyi).
1
216 SPA
SOUPAPE. Ouverture pratiquée dans un appareil de
ventilation, pour laisser échapper le vent et empêcher qu'il ne
rentre.
SOURDELINE. Musette italienne^ à quatre chalumeaux,
muais de boites s'ouvrant ou se fermant à volonté, à Faide de
ressorts. On attribue son invention et ses perfectionnements à
J.-I3. Riva, à dom Julien et à Vincenze.
SOURDINE ou SORDINO. Sorte de psaltérion du
XYIIP siècle, dont les cordes sont percutées par des chevilles
plates en cuivre et donnant un son assez sourd. C'est aussi le
nom d'une pochette italienne ovale (LintercolOy o sordino) à
archetetàquatrecordes, usitée pour la danse. On l'employait en
Italie, au XVIP siècle. Il y a aussi un violon moderne, étroit,
sans être creux, que Ton nomme Violon-Sourdine (Voyez ce
mot).
SOURDINE. Pièce de bois, de corne ou de métal, se plaçant
sur les chevalets des instruments à archet, pour en diminuer le
son et leur donner un timbre spécial mélancolique et quelque
peu nasillard. Une mélodie jouée par les instruments à cordes,
avec les sourdines, produit un effet mystérieux qui a beaucoup
Ce charmes. On se sert aussi de sourdines pour certains instru-
ments de cuivre, pour le piston, la trompe de chasse, le cor, etc.;
dans ce cas, la sourdine est en bois creux et mince ayant la
l'orme d'une grosse poire.
SOURNAY ou SOURNAYE. Grand hautbois arabe à dix
trous.
SOUSOUNOU. Instrument malais semblable au Marouvané^
formé d'un bambou, s'accordant à l'aide de sillets mobiles,
mais dont les cordes ne dépendent pas de la carcasse de bambou.
M. Gustave Ghouquet pense, non sans raison, que le sousounou,
comme le marouvané, a une origine malgache.
SPADIX. Instrument à cordes importé dans l'ancienne Grèce.
On n'a pas de données bien précises sur sa construction, mais
on pense que c'était une sorte de cithare-lyre.
SPATHALIUM. Ornement porté par les Romaines et les
Grecques; il était muni de petites clochettes. Le spathalium
STÉ 217
et, par conséquent, les clochettes^ étaient en or, en argent ou
en bronze.
SPHÈRE HARMONIQUE. Instrument donnant la mesure
de rintervalle des sons, et leur rapport avec les distances des
astres. L'Institut donna un prix de douze mille francs à son
auteur, Montu, en 1799.
SPINET. Nom anglais de VEpinette (Voyez ce mot).
SPITZHARFE. Nom allemand donné à Varpanetta ( Voyez
ce mot). C*est une sorte de psaltérion-harpe, qu'on a appelé
aussi £n Allemagne : Davîdsharfe (harpe de David).
SRAONI. Grand hautbois de Malaisie.
SRINGA. (Foye^RAN^SRiNGA). Gît instrument indien, ne
donnant qu'une seule note, est fait d'une corne de vache ayant
à peu près vingt-cinq centimètres.
SRUTI VINA. Genre de cithare de l'Inde appelée Sruti
parce que la première corde donne vingt-deux srutis ou inter-
valles enharmoniques d'une octave. La plus grande largeur de
la table de cet instrument est de vingt-cinq ou de vingt-six centi-
mètres et sa longueur est d'environ un mètre vingt-deux
centimètres. La sruti vina est très ancienne.
STAHLSPIELS. Harmonica allemand à lames d'acier,
inventé à Torgau, en 1780, par Lingko. C'est le jeu de timbres
métalliques.
STAMEN. Nom des cordes des lyres romaines, disposées
dans le sens d'un métier à tisser.
STAMPELLA. Ancien nom italien de là vielle à roue
( Voyez ce mot).
STÉNOCHIRE. Perfectionnement du Dactylion, inventé par
Guérin, en 1844, et servant à exercer les doigts pour l'étude du
piano. L'appareil se pose sur le devant de celui-ci ; l'avant-bras
glisse sur une règle en bois ; les doigts sont passés dans des
anneaux de caoutchouc soutenus par des petits ressorts qui
donnent plus de résistance pour abaisser les touches. Une
autre règle empêche le bras de prendre une position défec-
tueuse.
STÉNOGRAPHONE. Mécanisme inventé par Stein, pour
âl8
STO
reproduire sur le papier, un morceau de musique, au fur et à
mesure de son exécution sur le clavier.
STICCADO. Harmonica Italien à lames de bois. On le
frappait à l'aide ie petits marteaux également en bois, mais
plus dur.
STOCK-HORN. Variété du hautbois rustique usité en Angle-
terre. Il a la forme d'une énorme pipe, a six ou huit trous et
STOCK-HORN ECOSSAIS
Genre de hautbois rustique (Musée de Keasin^ton i Londres).
souvent des incrustations ornent le tube qui porte un peu
au-desssus de la partie supérieure un léger renflement. La figure
ci-jointe représente un de ces curieux instruments du musée de
Kensington.
STOPF-TROMPETTE. Trompette à main facilitant Tusage
des sons bouchés, employée en Allemagne au XVIII® siècle. Un
instrument de ce genre se voyait à l'exposition de Paris, en
1878 (section belge de TArt ancien).
SUR 219
STRUMSTRUM. Guitare indienne formée d'une moitié de
citrouille creusée, recouverte d'une planchette et garnie de
cordes. C'est un instrument tout à fait primitif.
SU6H0SA. Conque indienne inscrite au n» 915 (musée du
Conservatoire de musique de Paris).
SULTANA. Nom anglais du psaltérion.
SUMARA. Trompette et hautbois d'Egypte et d'Arabie. Ce
hautbois s'allonge à volonté à l'aide de petits tubes. *
SUMARA-EL-KURBE. Musette arabe.
SUNARAHÈ. Flûte à bec hindoue.
SUR-BAHARA. Instrument, indien moderne à sept cordes,
qui est semblable à la Kacchapi Vina, mais avec sept cordes
sympathiques. Il ne date que de 1830 ; c'est le Khan de Lucknow,
Golam Mohamed, qui en est l'auteur.
SURDASTRUM. Selon le P. Kircher, ce serait le nom d'une
sorte de grosse caisse frappée .des deux côtés^ et destinée à
guérir de la Tarentule.
SURME. Grande trompette arabe en cuivre. On s'en ser
dans les guerres et pour appeler les troupeaux.
SURMUNGLA. Instrument à cordes de l'Hindoustan.
SUR-SANGA ou SURSANGA. Instrument indien, moderne,
à quatre cordes ressemblant au violon européen, mais avec un
manche très long et garni de seize cases; il est muni d'un archet.
Les cordes s'accordent comme les quatre premières de YEsrar\
La plus grande largeur de la table est de vingt centimètres et
sa longueur d'un mètre trente centimètres ; c'est Sebaram Dass,
do Bisnupur, qui en est, dit-on, l'auteur.
SUR-SRINGARA. Instrument indien du genre de IdiMahati
Vina, Le manche s'élargit vers le haut; il est sans case. Il a six
cordes s'accordant: sol des lignes, t*^ au-dessous des lignes, clef
de sol; sol, mi, ut, entre les lignes, clef de fa ; sol, des lignes,
clef de soL La première et la sixième cordes sont en acier, les
autres en laiton. Le inanche va en s'élargissant et porte une
plaque de fer sous les cordes. C'est Piyar Khan, le célèbre
joueur de Vina, qui en est l'auteur.
SUR- VINA. Instrument à archet de l'Inde, à quatre, à cinq et
220 TAB
H six cordes de boyau ; long de quatre-vingt-treize centimètres et
large de vingt-six centimètres. Il est assez semblable à la Rudra-
Vina comme forme et comme accord. Une Sur-Vina se voit au
musée du Conservatoire national de musique de Paris, et porte
le n» 801.
SURYAPRABAI. Instrument Indien dont le nom seul nous
est transmis par les voyageurs.
SVEGLIA VAIASSA. Réveille-servante charivarique de
l'Italie et de l'Espagne.
SWIRELLA. Flûte de Pan russe, semblable à celle de nos
pays. .
SYLIMBAS. Cithare indienne.
SYMMIGIUM. Sorte de harpe ancienne à trente-cinq cordes,
portant le nom de son facteur.
SYMPHONIA. Gros tambour des Grecs, des Romains et des
premiers siècles de l'ère chrétienne. Les Egyptiens et les
Parthes seuls s'en servirent comme instrument militaire ; on
le tenait suspendu dans le sens horizontal, à Taide d'une lanière
de cuir.
SYMPHONIUM. Debain inventa, en 1845, un appareil
réunissant les jeux de l'orgue à celui du piano.
SYNTONUM. Instrument marin dans le genre du Scdbillum.
SYPHON. Petite pièce de cuivre munie d'un ressort à boudin,
inventée par Gautrot, et placée à la culasse du trombone à
coulisse, pour vider l'eau instantanément. Dans d'autres
instruments c'est une clef à ressort qui produit cet effet.
SYRINJS ou SYRINGE. Ancien nom de la Flûte de Pan.
( Voyez ce mot).
T
TABALA. Nom des cimbales chez les Grecs. C'est aussi le
nom du tambour de guerre du Soudan. Il n'existe par village
TAB 221
qu'un seul de ces tamboTurs ; il est toujours accroché dans la
case des chefs. En marche, deux hommes le portent et un
troisième frappe dessus avec deux boules de caoutchouc attachées
à une lanière de cuir. Chez les Peulh, les porteurs et le batteur
de tabula ont le même rang que le porte-étendard. L'instrument
est formé d'une demi-sphère creusée dans un bois de fromager,
dont le diamètre atteint souvent un mètre, il est recouvert d'une
peau de bœuf tendue à l'aide de cordes serrées au-dessou's de
la demi-sphère.
TABAQ. Timbale assez grossière de la Nubie; elle est
recouverte d'une peau de chèvre, et souvent le fût est simple-
ment en bois évidé.
TABIL BEL AD Y. Gros tambour égyptien. Le mot tabil^ en
arabe, correspond au mot tambour.
TABIL CHAMY. Tambour de Syrie, ou timbale peu
profonde; elle se joue seule, et non accouplée, comme les autres
timbales.
TABIL MIGRT. Tambour ou petite timbale égyptienne avec
un manche et se battant à l'aide d'une lanière. C'est un instru-
ment dont on se sert encore actuellement en Egypte.
TABIL TOURKY. Tambour arabe, aussi grand que les
anciennes grosses caisses. C'est un instrument militaire, battu
à l'aide d'une mailloche et d'une lanière en peau de bufQe.
TABLA. Tambour moderne arabe, appelé aussi Dahina
{Voyez ce mot). Comme le Mridanga, il a la caisse en bois,
la peau est tendue par de petits rouleaux passant entre les
lanières de cuir du tambour et le fût fait ainsi l'eiFet des
tirans de nos tambours européens. Le diamètre est à peu près de
seize centimètres sur trente-et-un centimètres de hauteur
du fût.
TABLAT-EG-6A0UYG. Petite timbale égyptienne, munie
d'une poignée, employée surtout par les cavaliers; l'exiguité
de ses dimensions la rend propre à ce service.
TABLAT-EL-MEGHEYKH. Petite timbale égyptienne,
dont le fût est en bois.
TABLAT-EL-MOUSAHER. Petite timbale égyptienne,
282 TAK
appelée aussi Bas. On peut s'en servir de préférence à cheval, à
cause de ses petites dimensions.
TABLEAU MUSICAL. En usage au XVIIP siècle, il était
formé de colonnes mobiles avec les indications des divers
accidents et des différentes tonalités de la musique ; ce genre
de tableau existe au Musée du Conservatoire de Paris, sous le
no 773.
TABLE D'HARMONIE. Planche mince sur laquelle passent
ou se placent les cordes, dans tous les instruments à cordes.
La table d'harmonie dans les instruments à archet est légèrement
bombée au milieu, elle est creusée à la gouge et porte deux ouver-
tures appelées f, qui laissent échapper le son de la caisse sonore.
TABRI. Cornemuse chinoise : elle est absolument semblable
à celle de nos pays. Il est intéressant de remarquer combien la
cornemuse a été répandue dans le monde entier ; on retrouve
cet instrument, avec la même forme, dans des temps très
reculés et à des distances énormes.
. TABUT, Tambour des Welches. On voit que ces peuples
possédaient déjà cet instrument de percussion, tout primitif,
il est vrai, mais qui n'en fut pas moins le principe élémentaire.
TABWRDD. (Timbale, tambour, tambour de basque des
Galles). Instrument à percussion qui servait, en paix comme
en guerre, à accompagner les autres instruments; il avait la
forme de nos timbales actuelles.
TAILLE DE HAUTBOIS. Instrument à vent et à anche,
semblable, en tous points, au hautbois ordinaire, mais donnant
la quinte au-dessous. On s'en servit beaucoup, en France,
depuis la Renaissance jusqu'au siècle dernier.
TAKI-GOTO, KOTTO ou GOTTO. Instrument favori des
riches japonaises. Il est long de deux mètres et garni de treize
cordes en soie, accordées à volonté par des chevalets mobiles ;
le son en est très vibrant. C'est un peu comme le Ché des
Chinois. L'exécutant passe des sortes de dés, munis de petites
pointes en ivoire, dans ses doigts et effleure ainsi les cordes.
Son accord est p^ntatonique : ré^ sol, la^ si bémol, ré^ au-
dessous des lignes de la clef de sol; mi bémol, sol. la^ si bémol,
***~-|i^||4|g;ffl^JiMlessus des lignes delà
M|SJiH'||[<^<^||[in plateau en métal de
_ __._ ïï'fBW* P''"^ ■'* danse des
S'wi^ quinze ou de dix-sept
^fiff-t^'J^^i^^i'^i^ de cet instrument est
^îi»i«3^$^3Ë IND
ien)
,jj.,jj.,jj,,jj,,.jj,.
ur nègre, se frappant
:^>'if>n lugubre et sourd.
n italien Tambttro,
ZÈibur, Tabor, Tàbour.
3*
»®. _.-. ^„ :§!|:
lt!^^'*-^^"^»^S*StS^tf trg d^ l'Inde, importé en
ip^^^j||^-J|gtoBitMi ^n| g gHt en France, pour la première
É'^^tWjH.SratfSEIBti^tt â'^ouard III à Calais, et fut,
^'^^W (I ^Ji-^ySrM'Mvl["'^'iÇ^'sc3- II ^^^ formé d'un
''^'s ft^Ë^^v^e^'i VI
ilivre, dont les deux parties.
.*. .*. .•- .î!t.
.rnies de peaux; celle sur
's'appelle Peau de batterie;
est en chèvre et, dans ses
EjOi^ble corde de boyau, nommée
"Ijn le frappe à l'aide de deux
règne de Louis XIII, n'ont
hn milieu du XIX' siècle; le
Ifl^rte dimension; on peut s'en
l#âlfij[^ra''mf BllsêP tableau représentant
^,-..„ ._. ^jig^fjjjg^ gQ^g Charles IV,
|liw««fe à Ville-en-Woëvre,
i®jt du défenseur de ce
|^ifc,àlaCour de France,
JIS^s le XV» siècle, en
l^oudot, au Trésor des
^*.jC. .jj. .j(. .j(. .j(. .j(. .jj(. .j(.
^îp^^::^^ nommé Tàbourln des
* ' D"lê'*s|ualifié de Tabourin du
ÎAl&i^$.r<:liives lorraines lors
.mi
*SL^3i^^'&^$^^^^- I°»^^"'»^ii^ iDâienàtrois
Utt^Siy^tf&^ffC^^^yil P^^" ^^ serpent, collées sur
^S?||^^('^?t>^>'||l8l^ ^^ ^^^^^ d'harmoDÎe. On .
^K^B fl^'îîf'lAw'H Q^ lignes, mi, la, clef de sol.
^'ï4ft^'f^^JS^tS4s)(T^'?K^ ce mot). Les monu-
1»)^^?^'^^^'^'"^^°*^^^'^'^°"^ ^^ reproductions
ues, qui eet encore en usage
.*."S--S"iS"S-'
,«. .». .». ,». -À- ,», ,».
;|:*§=lB^c(||C»S^llnJMEKT INDIEN)
*''S*^^'fl^t^^^^P^F^'*'^^ '^^ ^'^' dessiné d'après
S^^^^^^^'^^^''^'"^'^' ^^ Londres, et qui
lïe de ce curieux instrument.
^ÎÉ^^cÊûne calebasse évidée, placée
' É44§^î^'' ^^ caisse de résonnance.
P&^anche, qui est terminé par
i<$|^arrière. Un chevalet soutieat
^i^icSis de l'instrument à l'aide de
|i£giond. On l'emploie beaucoup
§K^0^i^^ï3^*'^înboui^ ^ main, des Anciens,
Ë^Hii^teËxe nom. On s'en sert dans la
-2*
•m'
TAM 237
musique de danse ; il est formé d*une seule peâu, tendue sur
un cercle de bois par un cercle plus petit; des trous latéraux
sont munis de petites cimbales minces en cuiyre, glissant dans
une tige centrale. On l'emploie aussi quelquefois dans la
musique d*orchestre, mais presque toujours dans des motifs se
rapprochant de la danse. Les Espagnols, surtout, le jouent
avec beaucoup d'habileté en dansant.
TAMBOUR DE BISCAYE. Sorte de tambour de basque
muni de grelots et de sonnettes. Ce tambour de basque est
d'une assez forte dimension.
TAMBOUR DE IfOLOF. Instrument du centre de la
Sénégambie ; vu de profil et muni de ses cordes végétales, il
ressemble à une cage d'écureuil.
TAMBOUR DES KARAÏBES DE LA GUYANE. Il est
très bas de fût et ne sert que pour accompagner les danses; ce
fût est en bois creusé d'une seule pièce dans un tronc d'arbre.
TAMBOUR DES LAPONS. Instrument à percussion formé
d'un bois creusé en forme ovale et couvert d'une peau de renne
sur laquelle une petite lame de métal est maintenue aux angles.
Lorsqu'on frappe le tambour avec un marteau d'os, la lame
s'arrête à certains signes cabalistiques tracés sur la peau. Les
Lapons en tirent des augures. Un instrument, ayant la
même attribution, existe exL Syrie; cette coïncidence est curieuse
à remarquer ( Voyez Tambour magique).
TAMBOUR DES SUISSES. Instrument à percussion plus
haut que les tambours modernes et ayant beaucoup de sonorité*
Le peuple, ayant remarqué que les tambours des régiments des
Suisses, au service de la France, étaient des instruments très
puissants de son, disait et dit encore quelquefois en entendant
le tonnerre : c C'est le tambour des Suisses, t
TAMBOURIN. Instrument à percussion ayant formé le
tambour de basque. Actuellement, ce nom est donné à un
tambour allongé, à deux peaux, à cordes, à timbre, et se frappant
non plus de la main, mais avec une seule baguette, tenue de la
main gauche, tandis que la droite tient le galoubet. Les joueurs
228 TAM
de tambourin, très en vogue en Lorraine, au XV* siècle, puis-
qu'il y en eut qui furent anoblis, portaient le nom de Tahourins.
En Provence, encore actuellement, le tambourin est en
usage.
TAMBOURIN DE OASCOGNE. Comme le tambourin de
Provence, il se joue en même temps que le galoubet, mais il est
garni de six cordes de laiton, en guise de timbres ; celles-ci sont
accordées en quinte. On peut voir un instrument de ce genre,
au Musée du Conservatoire de Paris, sous le n® 702.
TAMBOURIN DE LOANGO. C'est un genre de tambour de
basque.
TAMBOURIN DE PROVENCE. Longue caisse en bois,
d'un petit diamètre. On l'attache au bras gauche ; pendant que
Ton joue du flûtet de la main gauche, on le bat de la droite,
avec une baguette. Le tambourin est muni de deux peaux, dont
Tune se frappe et s'appelle peau de batterie ; celle située en
dessous est plus mince et appelée peau de timbre, en raison
des cordes fines en boyau qui effleurent cette peau et résonnent
lorsque celle-ci est en vibration. On a aussi employé le tambourin
en Lorraine, depuis le XV« siècle.
TAMBOUR KANAK. Il a un mètre soixante-dix centimètres
de haut et il est posé sur un pied. C'est une peau de tapir qui
en garnit la partie supérieure. Le fût est en bois, ainsi que les
baguettes.
TABŒOUR MAGliEiUE. Sorte de tambour de basque de
Syrie, muni d'un manche et de deux baguettes suspendues à
une petite corde. Les Lapons ont aussi un tambour analogue
sur la peau duquel on a tracé des signes cabalistiques ; c'est
alors une lame métallique qui, maintenue aux angles et frappant
le tambour avec un marteau d'os, s'arrête sur tel ou tel signe et
rend ainsi l'oracle (Voyez Tambour des Lapons).
TAMBOUR ROULANT ou CAISSE ROULANTE. Tam-
bour du même diamètre que ceux dont on se sert ordinairement,
mais plus haut de moitié. Le son en est doux, c'est pourquoi on
l'emploie plutôt dans les orchestres et les musiques militaires.
TAN 229
Sa hauteur est semblable à celle des tambourins de Provence,
mais le diamètre en est moindre ; le tambour roulant ou caisse
roulante se joue à Taide de deux baguettes.
TAM-KIN. Instrument chinois assez semblaWe au Chang ; .
c'est un tuyau appliqué à une boîte ronde, dans laquelle on a
placé quinze à vingt tuyaux de bambou, munis de chalumeaux.
TAMPON ou TAPON. Sorte de tambour des Perses, ayant
la forme d'un gros baril. On le frappe avec la main ou avec une
baguette et il se porte suspendu à l'aide d'une lanière de cuir ou
d'un fort cordeau.
TAM-TAM. Plateau de cuivre, d'origine asiatique, se frap-
pant à l'aide d'un petit maillet garni de peau. Il fut employé
pour la première fois en France, lors des funérailles de Mira-
beau, en 1791, et à l'Opéra, en 1804, dans Ossian, de Lesueur;
on s'en servit aussi à la cérémonie funèbre du retour des restes
de Napoléon P', le 15 décembre 1840, et, depuis, on le fait
entendre dans un grand nombre de compositions orchestrales.
Les Chinois, qui s'en servent depuis des temps très reculés, le
nomment Gong (Voyez ce mot). L'effet du tam-tam est très
grand, et ses vibrations sont empreintes d'un sentiment impo-
sant et souvent lugubre.
TANBOUR. Sorte de grande mandoline persane, à long
manche, à cinq cases, à huit cordes, et à plectre d'écaillé ou de
plume d'aigle. Il y en a de beaucoup de variétés; le tanbour
boulghary, le tanbour bouzourk, le tanbour malgache, etc.
( Voyez ces mots).
TANBOUR BOUZOURE. Instrument à cordes pincées,
d'origine persane, à six chevilles, à six cordes et à vingt-cinq
cases. C'est, en réalité, une grande mandoline. Cependant, le
nombre des cases et des cordes n'est pas toujours le même; il
varie très souvent
TANBOUR BOULOHART. Grande mandoline bulgare,
elle est plus petite que le tanbour chargy ( Voyez ce mot) ;
Villoteau en a donné une description curieuse dans son travail
sur l'Egypte.
230 TAS
TANBOUR QANIBRT. Mandoline arabe à deux cordes,
dont le manche atteint quelquefois la longueur de celui du
tanbour hebyr. Le dos de l'instrument est souvent fait d'une
écaille de tortue.
TANBOUR MALQACHE. Grande mandoline à trois cordes,
ayant un peu la forme de la Kairata Vina {Voyez ce mot)* On
peut en voir un spécimen au Musée du Conservatoire national
de musique de Paris, sous le n^ 850. Le manche est assez
long.
TANBOITRA. ( Voyez Tambour^.
TAO-*EOU. Sorte de tambour chinois, de deux variétés ; un
petit comme un tambour de basque, et un grand qui indique,
dans les musiques chinoises, le commencement d'un morceau,
tandis que le petit en marque la fin. Une mince courroie traverse
instrument et sert à faire glisser une petite balle, frappant,
dans un mouvement d'oscillation, les deux peaux.
TAPHON ou TAPON. Tambour long et étroit, de Siam. On
s'en sert pour les cérémonies religieuses et pour les fêtes
militaires.
TAQA. Règle de bois ou de fer, employée par les Gophtes
pour remplacer les cloches pendant un certain temps. Ce sont
des sortes de cliquettes (Voyez ce mot).
TAR. Tambour de basque arabe ; il est orné bien souvent de
marqueteries de nacre et d'ébëne ou de palissandre. Les Arabes
s'en servent dans toutes leurs danses, ce sont principalement
les musiciens qui le jouent, plutôt que les danseurs; cependant,
il n'en est pas toujours ainsi.
TARABOUE. Tambour moderne égyptien, avec incrusta-
tions de nacre ; il est en terre cuite et a la forme d'une grosse
carafe avec le goulot renversé. L'exécutant tient ce goulot sous
son bras gauche et frappe du droit la peau tendue à l'autre
extrémité. C'est le même instrument que le Darral>oukah
{Voyez ce mot).
TASCHENOEIGE. Nom allemand de la Pochette (Voyez
ce mot).
TCH 831
TASEA. Tambour indien se frappant des deux côtés avec
des baguettes. L'exécutant porte ce tambour suspendu au cou
par une lanière ; le milieu de l'instrument est parfois légère-
ment déprimé, ce qui lui donne l'aspect d'un gros sablier.
TATABOANO. Petites timbales de cuivre, assemblées par
grandeurs et employées par les habitants de l'Ue d'Amboind ;
ces timbales donnent toutes un son différent, selon leur dimen-
sion respective.
TAUS(FbfrMATURI). C'est un dérivé de YEsrar, sorte
d'instrument à cinq cordes pincées et à onze cordes sympa*
fiiiques, s'accordant diatoniquement du fa des lignes de la clef
de sol. L'accord des cinq cordes est le môme que celui de
VJSsrar.
TCHANO«KOU. Tambourin japonais, en laque, ayant la
forme d'un sablier. La tension de la peau s'obtient à l'aide d'un
bâton transversal. U existe aussi en Chine un instrument
analogue au Tchang-Kou.
TCHAO. Nom ancien du Cheng chinois {Voir ce mot). Le
P. Amiot assure que c'est la deuxième dénomination de l'amé-
lioration du Cheng.
TCHE ou TSANO. Instrument chinois dans le genre de la
mandore. Le manche est assez long ; il est souvent monté de
trois cordes. La caisse sonore est percée de deux ouïes;
TCHONOOURJ* Guitare nationale arménienne, servant
pour les fêtes, ou comme soporiâque pour les malades.
TCHOU. Instrument chinois fait avec du bois de sapin de
neuf lignes d'épaisseur. La forme en est carrée, ouverte, et plus
large en haut qu'à la base, qui pose sur un pied isolateur. Au
milieu de la boite se trouve un marteau de bois appelé Tcké^
placé debout, et dont le manche entre dans un trou fait au fond;
il est arrêté par une goupille et peut cependant s'y mouvoir de
droite à gauche. Sur un des côtés de la boite se trouve une
ouverture circulaire, qui sert à passer la main pour prendre le
Tché et à en frapper les parois de l'instrument.
TCHOUNO* Carillon moderne de cloches chinoises.
TCHOUNG-TOU. Claquebois chinois, formé de douze
232 . TER
planchettes, rappelant Tinvention de récriture eji Chine, en ce
sens que les planchettes primitives servaient à écrire des
petites pièces dô vers; eJles avaient îes dimensions de celles de
l'instrument cité ici. Le Tchoung-Tou sert principalement aux
mendiants ; il avait le même usage au Moyen- Age, en France.
TE-BOUNI. Nom générique donné aux instruments à
cordes, dans l'ancienne Ethiopie.
TÉLÉPHONE. Instrument acoustique, mentionné ici seule-
ment au point de vue de son application à la musique; tout le
monde a pu entendre cet ingénieux appareil à l'Exposition
d'électricité, à Paris, reproduisant des morceaux d'orchestre et
de chant, exécutés à l'Opéra et entendus très distinctement au
Palais de l'Industrie.
TÉLIOGHORDE. Clagget imagina, à Londres, en 1775, cet
instrument à clavier, dont les différences enharmoniques
s'obtenaient à l'aide d'une pédale. .
TÉLIN ou TÉLYN. Harpe w^elche encore en usage en
Scandinavie. Cette harpe est le seul spécimen, sur notre
continent, des grandes harpes usitées par les anciens Égyptiens.
Il est curieux de remarquer qae sa forme en est absolument
semblable. Qui pourra résoudre le problème de la similitude
de ces deux instiuments se rencontrant semblables comme
forme, à des distances et à des intervalles aussi éloignés. On
sait que jusqu'alors aucune reproduction de grandes harpes ne
se Toit dans les découvertes grecques et romaines.
TENTONA. Instrument indien dans le genre des timbales,
n^ais assez grossièrement fait.
TÉORBE. (F(92/^^ Théorbe).
TEPONATZLE. Tambour des Péruviens, fait d'une seule
pièce en un morceau de bois; le dessous est fendu de façon à,
laisser sortir le son provoqué par des baguettes de bois termi-
nées par des tampons de laine.
TERPGDIUM. Instrument assez semblable au clavi-cylindre
(Voir ce mot), inventé par Buschmann, de Gotha, en 1817.
TERPOLIUM. Imaginé, en 1817, par Lœscbmann, à
Londres, cet instrument consistait en lames sonores de bois
\
THO 233
résonnant par là friction. Les sons avaient une grande
douceur.
TESTUDO. Lyre grecque, dont parle Horace; c'est le
principe du luth; la caisse était faite d'une écaille de tortue.
Nom latin donné quelquefois au luth.
TËTRACHORDON ou TËTRAGORDE. Instrument grec
à quatre cordes, dans le genre de la lyre. On s'en servait
beaucoup pour l'accompagnement des véix.
THËBAINE (FLUTE). Flûte grecque ancienne, formée de
de l'os de la jambe de l'âne. Cet os était recouvert de cuivre
jaune. Elle se jouait avec une anche et le son était rauque. On
a retrouvé dans les fouilles de la Grèce un spécimen de ce genre,
qui a permis de reconstituer cet intéressant instrument.
THÉORBE, THUORBE ou TÉORBE. Variétés du luth du
XIII« et du XVIP siècles, ayant une coquille très bombée et à
côtes. Il était à six ou à dix cordes graves et à quatorze
autres cordes; deux chevillers servaient à les monter. La
longueur de l'intérieur était à peu près de un mètre vingt-sept
centimètres, le manche, soixante-quinze centimètres. On le
montait par paire de cordes comme le luth. L'accord, fait à
la volonté des artistes, était très compliqué. Les Italiens
l'appelaient aussi : Chiltarone. La caisse sonore était bombée,
garnie de côtes. Certains théorbes avaient trois chevillers,
comme celui qui se voit au Musée du Conservatoire de Paris,
sous le n<> 221. Une rosette ornait la table et servait à en laisser
échapper le son. Le luth n'a qu'un cheviller, tandis que le
théorbe, comme Varchiluth a deux ou trois chevillers, qui se
trouvent à gauche du prolongement du manche.
THÉORBE-CLAVECIN. Jean Fleischer construisit, en
1700, trois genres de théorbes-clavecins, dont un monté de
cordes d'acier et les deux autres de cordes de boyau. Ils n'eurent
aucun succès, les cordes de boyau se désaccordant trop facile-
ment au moindre changement de température.
THIOU ou GIU. Caisse sonore en bois, usitée en Chine.
THOBLA ou TIKORA. Instrument indien, formé de deux
tambours, un en terre, l'autre en bois. On les frappe avec des
834 TIB
baguettes de bois dur, terminées par des tampons de peau.
THOPH. Tambour juif.
THOUMGO TUAPAN. Petit tambour plat siamois, en
usage dans les orchestres et pour les cérémonies funèbres.
THRÔ ou THEYAOU. Violon birman, à trois cordes de
soie.
THSANO. Nom chinois du Cheng ( Voir ce niot).
THURNER-HORN. Trompette droite allemande, en cuivre,
avec un pavillon efflanqué (XII® au XV' siècle).
TIBIA CURVA. Flûte phrygienne, courbée à son extrémité
inférieure ; elle servait surtout au culte de Cybèle. Il y en avait
aussi des doubles qui se séparaient dans la moitié de leur
longueur.
TIBIA DEXTRA et TIBIA SENESTRA. Un des tubes
(dans une double flûte) qui se tenait de la main droite ou de la
main gauche, chez les Grecs et les Romains.
TIBI^ BIFORES ou T|BIiE CONJONCT^. Nom de la
double flûte grecque et romaine, qui se jouait à Taide àe la
phorbeïa {Voyez ce mot).
TIBI^ IMPARES. Paire de flûtes inégales, se jouant
simultanément chez les Grecs et les Romains, à Taide de la
phorbeïa.
TIBI^ZB PARES. Paire de flûtes grecques, se jouant simul-
tanément, de même grandeur et de même tonalité.
TIBIA INCENTIVA. Flûte conductrice ou basse de flûte
des Romains et des Grecs.
TIBIA MILVIN^. Flûtes romaines à sons aigus.
TIBIA MULTISONANS. Flûte à son fort, des Egyptiens.
TIBIA OBLIQUE. Flûte des Laiins, ressemblant au
basson.
TIBIA SISTICINUM. Flûte des Grecs, employée dans les
funérailles.
TIBIA 8UCCENTIVA. Seconde flûte ou haute flûte des
Romains et des Grecs.
TIBIA UTRICULARI8. Nom de la cornemuse chez les
Romains.
«^. »■
235 TIM
TIBIA VASCA. Sorte de flûte légère se jouant chez les
Romains, à la façon du basson moderne. Un spécimen en sculp-
ture existe au Musée Britannique de Londres.
Tlâ«ZU« Cimbales chinoises, très petites et Jouées par des
femmes.
TIFA. Tambourin des habitants de Tlle d*Amboine.
TIKTIRI. G*est le nom en sanscrit du Tubri {Voyez ce
mot). On peut le classer parmi les instruments à anche, comme
les musettes.
TIMBAL ARION ou TAlfBOUR CHROMATIQUE. Grand
instrument fait en charpente et formé de huit tambours de
grosseurs différentes, correspondants à des pédales^ qui
permettent d'exécuter des accords dans tous les tons.
TIMBALES. En anglais, Kettle-Drum ; en italien, Tiniballe
ou Timpani; en allemand, Pauke. Instrument à percussion,
d'origine asiatique, nommé d'abord Nacaires ou Narquaires ;
introduit en Europe par les Sarrasins. Les timbales furent en
usage surtout dans la cavalerie ; elles étaient alors de petites
dimensions. Actuellement, on s'en sert dans les orchestres et
elles s'accordent à l'aide de vis tendant la peau qui recouvre les
demi-sphères de cuivre; deux baguettes, garnies d'épongés,
servent à les frapper. Dans une ambassade de Hongrie, qui
vint, en Î459^ en Lorraine, les timbales faisaient partie du
cortège. On les appelle aussi : Tanibour de faucon^ parce qu'on
les employait à la chasse au faucon. Les sons les plus graves ne
dépassent pas le fa en bas du violoncelle, et le si bémol ou
onzième en haut. Les timbales commencèrent à être usitées
au XVP siècle, en Allemagne. Elles furent introduites dans les
musiques militaires françaises sous Louis XIY, à l'occasion
suivante : Le colonel de la Bretëche s'étant emparé d'un quartier
ennemi et venant de faire enlever deux paires de timbales,
obtint de Louis XIY la permission de les employer dans sa
musique. On en accorda aussi aux compagnies de la Maison du
Roi. Les timbales étaient mises au rang des enseignes de guerre
et les soldats avaient à cœur de s'en emparer. Les timbaliers
devaient les défendre au péril de leur vie. Ils étaient protégés
236 TIT
par quatre cavaliers, ayant la carabine haute, et, dans les gar-
nisons, on les déposait, avec les étendards, chez le commandant.
Les timbales étaient garnies de riches tapisseries aux armes du
prince ou du mestre-de-camp. Les frères Philidor composèrent
un concerto pour quatre timbales.
TIMBALES. Jeu d*orgue à tuyaux de bois, sonnant à Tunisson
du bourdon de seize pieds.
TIMBALE HONGROISE. Sorte de psaltérion moderne,
muni de deux plectres et de chevalets. Les cordes se tendent à
l'aide d*une clef. Ce psaltérion est posé sur une table fixe.
TIMBRE. Cloche sans batail, frappée par un petit marteau.
C'est aussi une lame d'acier, dont la réunion d'un certain
nombre s'appelle leu de timbres. Ce sont les échelettes de bois
qui ont été les premiers instruments précédant les timbres en
acier ou en bronze. Il y a des jeux de timbres avec claviers; les
Allemands les nomment Clockenspiel. Mozart s'en est servi en
1791, dans la Flûte enchantée^ et, depuis, bon nombre de
compositeurs ont imité son exemple.
TIMBREL ou TOBRET. Tambour de la Nigritie, ayant la
forme d'un sablier, recouvert d'une peau d'iguane; il se porte
sous le bras et se joue avec les doigts de la main gauche.
TINTINNABULUM, ORËPITACULUM ou TIMBO-
LUM. Clochette romaine et petit carillon qui s'employèrent
jusqu'au IX« siècle.
TINTA. Instrument mexicain et péruvien, dans le genre de
la guitare, i cinq ou six cordes.
TIRANT. Pièce de cuir dur ou de buffle, servant à tendre le
cordeau des tambours et de certaines grosses caisses. Le tirant
est très ancien : on ne peut préciser son invention, mais il est
probable que. lorsque les Anglais introduisirent le Tanibour
en France (Voyez Tambour), cet instrument était déjà muni de
tirants.
TIRASSE. C'est le clavier de pédales qui fait baisser^ dans
les petites orgues, les basses du clavier à main.
TIRA TUTTO. Registre ouvrant tous les jeux de l'orgue.
TITHA. Flûte indienne à un son.
TOR 237
TLANQUIQUITLI. C'est le nom que les Aztèques donnent
au très ancien sifflet mexicain, en terre cuite, que les Espagnols
appellent Pito {Voyez ce mot).
TLOUM-POUH-POUM. Petit tambour de basque chinois,
à une seule peau. On le tient en l'agitant en l'air et on le frappe
à la main. Les Chinois s'en servent principalement pour
accompagner leurs danses.
TNUCI. Petites castagnettes métalliques des Arabes; les
femmes surtout s'en servent pour accompagner leurs danses.
Le son de cet instrument est très sec.
TOBILLETS. Petites timbales de la Mauritanie.
TOGKAN THIALONO. Instrument malais^ formé d'éche-
lettes de bambou frappées par deux baguettes recourbées en
bois dur. C'est, du reste, le jnème principe que celui de nos
anciennes Régales de bois. Les sons agréables qu'il rend ne
sont pas sans charmes.
TONG ou CLONG. Instrument siamois consistant en une
bouteille de terre, dont le fond est garni d'une peau attachée au
goulot par des cordons ; on le tient de la main gauche et on le
frappe de la droite. C'est le même instrument que les Égyptiens
nomment Daraboukha^ et les Arabes JDerboukeh (Voir ces
deux mots).
TONOLÛGUE. Cercle de carton mince, inventé par M. Bel-
lour ; ce cercle glisse dans une autre enveloppe circulaire, percée
à plusieurs endroits et garnie au centre d'un œillet. Ce système
indique, par un mouvement de rotation, le ton majeur ou mineur
d'un morceau de musique.
TONS DE RECHANGE. Tubes droits ou courbes que l'on
adapte au tube d'embouchure des instruments en cuivre, tels
que le cor, le piston, etc., afin d'en varier la tonalité. Dans
certains instruments, on se sert aussi de pompes de
rechange.
TONTONG. Tambour nègre formé d'un tronc d'arbre évidé.
Une peau garnit le dessus seulement de cet instrument primitif
à percussion.
TORRÈE. Trompette circulaire indienne. On la passe quel-
238 TOU
quefois autour du corps, à Taide d'une cordelette. On s'en sert
pour la chasse et pour la guerre.
TORROPIT. Nom ancien de la guimbarde ( Voyez^ ce mot).
TOUBLA. Petite timbale des anciens Égyptiens, encore en
usage actuellement dans ce pays,
TOUCHE. Dans le piano^ l'orgue, l'harmonium et tous les
instruments à clavier, les touches sontlespiëces d'ivoire, de bois ou
d'os qui forment ce clavier ; dans les instruments à cordes et à
archet, c'est la pièce de bois dur placée sur le manche, qui sert
à recevoir la pression des cordes par le doigt. Les touches de
violon et de violoncelle étaient autrefois en buis ; actuellement,
elles sont en ébène.
TOUMOURAH. Variété de la Vina indienne, montée de
treize cordes, dont trois sont pincées et vont d'un bout à l'autre
de l'instrument ; les autres sont sympathiques. Dix-huit cases
garnissent le manche. Son étendue est de deux octaves. On
l'emploie encore à Delhi. La caisse sonore est évidée dans sa
partie inférieure et se termine en pointe. C'est un très ancien
instrument, qui dérive toujours de VEoud, ancêtre de notre Luth;
l'emploi des cordes sympathiques est aussi à remarquer et prouve
que cette adjonction, faite dailâ le but d'augmenter les vibra-
tions, existait depuis longtemps dans ce berceau de la civilisation.
TOURNEBOUT. Instrument à anche battante, appelée aussi
Cro7}io7ne (Voir ce mot), servant de basse aux hautbois; usité
jusqu'au milieu du XVII' siècle. Des peintures murales, prove-
nant de l'ancienne église Saint-Epvre de Nancy, transportées
lors de la démolition de cette église au Palais-Ducal de la même
ville, montrent parmi des anges joueurs d'instruments diffé-
rents, un ange qui joue du tournebout. C'est le basson qui a
remplacé le tournebout dans la seconde moitié du XVII* siècle.
Un instrument du même genre se voit au Musée du Conser-
vatoire de Paris, sous le n^ 496. Le P. Mersenne dit que les
tournebouts d'Angleterre étaient les meilleurs et il ajoute aussi
que le son n'était pas aussi agréable que celui de la musette (1).
1 . Catalogue du Musée du Conserratoire de Paris, par Gustare Ghouquet;
Paris, Firmia-Didot, 1884.
■
I
l
J
TRI 239
TOURNE-PAGE ou TOURNE-FEUILLE. Mécanisme mis
en mouvement par une pédale, servant à tourner les feuillets
d'un cahier de musique à l'aide du pied.
TOURTI ou TOURRY. Musette indienne avec une outre
surmontée d'un tube insufflateur, qui en alimente un autre
muni d'une anche; celui-ci est percé de quatre trous. Le
son en est nazillard et, presque toujours, ces instruments
primitifs ne sont pas justes. Cette musette est fort ancienne ; on
peut supposer qu'elle est originaire de l'Inde, d'où un grand
nombre d'instruments nous sont déjà venus.
TOUTARL Petit cor indien, composé de cinq pièces,
s'emboitant et formant une courbe comme les cors des cheva-
liers du Moyen-Âge. Le son en est strident et s'entend de fort
loin. On l'emploie souvent, dans l'Inde, pour lés usages
pastoraux ou de la chasse.
TRAGIQUE (Flûte). Les Grecs s'en servaient dans les
chœurs de leurs tragédies. On ne jouait que des motifs dans des
tons mineurs.
TRANSMETTEUR DU SON. Sawyer, de Boston, imagina
ce tambour acoustique, en 1834.
TRANSPOSITEUR (Clavier). Mécanisme se plaçant sur le
piano et se glissant de demi-tons en demi-tons, permettant de
jouer dans tous les tons, sans changer la façon de lire dans un
autre ton que la musique placée sous les yeux de l'exécutant.
Pleyel en est l'inventeur (Voyez Clavier-Transpositeur).
TRAWANGSA. Guitare japonaise de trois à cinq cordes.
TREMBLANT ou TREMOLO. Registre de l'orgue ou de
l'harmonium faisant trembler les sons. Cet effet est aussi
produit, dans les harmoniums, par une soupape munie d'une
mince languette de cuivre, supportant un poids en plomb, qui
oscille par l'effet du vent de la soufflerie et produit des batte-
ments donnant un son non continu ou tremblant.
TRÉPIE. Nom donné au Triangle, au Moyen-Age (Voyez
Triànglb).
TRL Grande trompette siamoise, faite en cuivre et munie
d'un pavillon assez large; le son en est grave, mais vibrant. On
^
240 TRI
s*en sert à la guerre et dans les cérémonies publiques.
TRIANGLE. Instrument de percussion, originaire d*Asie,
formé d*ùne tige d'acier ayant la forme géométrique du triangle,
mais, à la droite et en bas, Tinstrument est ouvert, et un des
bouts est quelquefois retourné légèrement en dehors. On le
suspend à une corde et on le frappe avec un bâtonnet du même
métal. Il y a eu aussi des triangles à sonnettes. Une figure
du portail de la cathédrale de Strasbourg, remplacée au
XVIIP siècle, représente un joueur de triangle.
TRICCA-BALLACCA ou TRICH VARLACH. Nom
napolitain du Claqueboîs^ composé de trois marteaux creusés
légèrement du côté où Ton frappe et insérés dans deux traverses.
Les deux frappent sur celui du milieu . M. Gustave Chouquet
pense que le Tricca-Ballacca dérive' des anciennes Crotales
{Voyez Claquebois et Crotales).
TRICHORDON ou TRISIDIUM. C'est l'instrument à trois
cordes, des Hébreux, qui, selon le Père Bonanni, aurait été
joué avec un archet, mais c'était avec un plectre.
TRIC-TRAC DES LATINS ou CRÉPIT ACULUM. Sortes
de planchettes de bois avec deux poignées en fer, à charnières,
servaut dans certains pays, notamment en Italie, pour
remplacer les cloches pendant la semaine sainte. Il en existe
une autre variété, munie de roues et de pièces de bois frappant
une caisse vide et sonore. Le tout, mis en mouvement par une
manivelle, est à peu près semblable à la Matracca des
Espagnols. On appelle ainsi, de nos jours, un instrument
analogue usité en Italie : Tricca-Ballacca (Voyez ce mot).
TRIGONIUM.Instrument de musique à cordes, des Romains,
de forme triangulaire ; il est muni de cordes d'inégale longueur.
D'après les peintures de Pompeï, il se portait sur l'épaule et se
jouait ainsi. Le Triangle^ instrument à percussion, parait avoir
eu ce nom; on le voyait dans un bas-relief qui appartenait
autrefois à la famille Giustiniani, à Rome.
TRIGONON ou TRIGONE. Psaltérion primitif, des Syriens
et des Phéniciens (Voyez Psaltérion).
TRIMOLON. Harpe primitive, triangulaire, des Grecs.
TRO 241
TRIPEDISONO. Trépied métallique, inventé par Aguado,
en 1826, pour supporter la guitare et donner plus àe facilité à
l'exécutant ( Voyez Guitare).
TRIPHON. Sorte de clavecin droit donnant des sons de
flûte.
TRIPHONE. Sorte de Clavecin organisé (Voyez ce mot). •
TRIPLEHARP. Harpe à trois rangs de cordes, usitée
seulement vers le XVI« siècle, en Angleterre. On jouait les
dessus avec la main gauche, et les basses avec la main droite.
On raccordait de quinte en quinte.
TRITANTRI-VINA ou SITAR. G*est Tancien nom du
sitar indien ; les légendes de l'Inde disent qu'au XIII« siècle de
notre ère, Amir Khosrou lui donna le nom de Sitar; ce qu'il y
a de certain, c'est qu'il était monté, autrefois, de trois cordes
à!aciery et qu'actuellement cet instrument n'a plus que la
première, faite en ce métal, les deux autres étant en cuivre.
Le corps sonore est rarement en bois; il est plutôt formé d'une
gourde qui mesure i peu près seize centimètres dans sa plus
grande largeur sur quatre-vingt-huit centimètres de haut;
l'accord était le même que celui du Sitar ( Voyez ce mot).
TRITONICON. Pervenys construisit, en Bohême, en 1853,
ce genre de basson, qui, du reste, ne fut pas beaucoup employé.
TRO. Violon siamois, dans le genre du Rebab, mais à trois
cordes. L'archet, dont on se sert pour le jouer, est fortement
courbé et ressemble à l'ancien archet européen, du XVII* et du
XVIIP siècle.
TROCHLËON. Dietz inventa, en 1812, cet instrument formé
de touches métalliques circulaires, mises en vibration par un
archet de même forme, mû d'un mouvement rotatif.
TROMBA. Trompette basse italienne.
TROMBA SORDINA. Trompette du Moyen-Age, dont on
modifiait le son à l'aide de la main ou de certains accessoires;
On voit que les notes bouchées à la main, dans le cor
d'harmonie, ne sont pas d'invention récente, puisqu'au Moyen-
Age on employait déjà ce moyen pour certains instruments i
vent.
16
242 TRO
TROMBE. Nom donné au cornet à bouquin, au XYIP siècle.
G*est aussi le nom d'un instrument de percussion^ formé d'une
caisse de bois, carrée, posée sur quatre pieds. Au milieu de la
table se trouve un trou rond. Sur un des côtés est fixée une
grosse corde de boyau, donnant le sol; elle passe sur un chevalet
très haut et très fort et traverse la trombe en aboutissant à une
cheville ; le chevalet est placé plutôt à gauche qu'à droite. On
réunit toujours deux trombes ensemble et on en accorde une en
ut et une en sol; ce sont, de fait, deux genres de timbales
recouvertes ; on le frappe avec des baguettes à bourrelets de
gros fil.
TROMBONE. En dUemand^Posaune ; en italien, Trom&one ou
Tro7nbà; en anglais, Bass-Trumpett. Instrument à vent, en
cuivre, sans trous, avec un large pavillon et une large embou-
chure ; la colonne d'air est modifiée par une coulisse qui s'allonge
à volonté, dans le trombone à coulisse, et par des pistons dans
celui à pistons^ H y a plusieurs genres de trombones ; soprano^
alto, ténor et basse ; le trombone primitif s'appelait saquebute.
G*est, en réalité^ une grande trompette basse ; le nom vient de
ritalien trœnba. Le tortil que l'on plaçait au tube d'embouchure
de la saquebute la baissait d'une quarte. Le trombone ne fut
considéré comme instrument de soliste que vers la fin du
XVP siècle. En 1607, dans YOrféo de Montéverde, les trom-
bones se firent entendre d'une façon qui en mit en lumière les
ressources. Ils ne reparurent, à l'Opéra, qu'en 1776, dans
Saibinus, de Gossec {Voir les différents trombones). La partie
de trombone-alto se note sur la clef S! ut, troisième ligne, et celle
du trombone-basse sur la clef de fa.
TROMBONE A COULISSE, A OONES. Inventé par
Michaud, pour donner plus de justesse et d'égalité de son ; ce
système semble avoir été abandonné.
TROMBONE-ALTO A COULISSE. Instrument à vent, en
cuivre, inventé par Magnus Ehe, de Nuremberg, et usité en
Allemagne vers le milieu du XVI* siècle. On pouvait en voir un
spécimen à Fâris^ en 1878, à l'exposition de TArt ancien (section
belge) <
TRO 2m
TROMBONE A PISTONS. C'est rinstrument à trois ou à
quatre pistons, inventé pour faciliter l'exécution et remplacer
les coulisses. Le son est cependant moins beau que celui du
trombone à coulisses. Sa tonalité est se bémol pour les musiques
militaires et ut pour les orchestres. Son diapason est celui de
l'ophicléïde. Il comprend deux octaves et demie, du dô sur-aigù
au fa dièze au-dessous de la portée. Son apparition n'a- pas fait
regretter le trombone à coulisse, plus difficile à jouer, mais
ayant aussi en revanche, une qualité de sons bien supérieure.
TROMBONE-SAX. C'est un trombone à six pistons.
TROMBONE-TÉNOR A COULISSE. C'est celui dont on
se sert aujourd'hui. Cet instrument, en cuivre, est en si bémol,
à la première position, c'est-à-dire les coulisses étant fermées.
La musique, pour le trombone à coulisse s'écrit ordinairement
à la clef de fa et quelquefois à la clef d'ut^ quatrième ligne, pour
les notes élevées. Son étendue est de deux octaves et demie,
du 7711 au-dessous des lignes delà portée au contre-ut au-dessus
de cette portée. En tirant les coulisses, on obtient sept positions
différentes; l'oreille seule guide l'exécutant pour déterminer le
point de limite de ces positions.
TROMBOTONAR. Contre-basse d'harmonie, en cuivre,
inventée par Besson, en 1855.
TROMPE DITE DE CHASSE. En allemand, Waldhorn;
en italien, Coriio da Caccia; en anglais, Hunting-Horn^
Instrument circulaire, en cuivre, à deux et trois tours, se
terminant d'uiï côté par un large pavillon, de l'autre par une
embouchure ; le tout est maintenu par des supports. La longueur
totale, si les tubes étaient droits, serait de trois mètres. On
l'a appelé aussi Cor redoublé. Rameau fit entendre poiir la
première fois les trompes de chasse, à l'Académie royale de
musique, en 1751. Lully les avait employées avant cette époque,
dans le prologue divertissant de la Princesse d*Elide^ et
Campra les avait introduites à l'Opéra dans A chille et Déidanie
(34 février 1735). La trompe est en ré, mais la musique est
notée en ut, et le si bémol doit représenter à l'oreille un ut
naturel. Il y en a aussi en ut et en ré ou mi bémol ; certains
244 TRO
genres diffèrent de diamètre et de nom : on connaît les trompes
à la Dampierre^ de montagne^ etc.
TROBIPE DE BËARN. On donna autrefois, bien souvent,
ce nom à la Guimbarde {Voyez ce mot).
TROMPE DE LORRAINE. Inventée vers 1866, par Théodore
Grégoire, de Nancy ; elle à la forme d'un olifant, est en ré, et
contient, à Tintérieur, des tubes-spirales obtenus par la galva-
noplastie, dont Tun aboutit à Tembouchure et l'autre dans une
seconde enveloppe intérieure, qui double le pavillon. On a fait
des trompes en faïence, en fer, en verre, etc. Un spécimen de
Trompe de Lorraine se voit au Musée du Conservatoire de Paris,
sous le n® 582. La longueur de la spirale est de quatre mètres
soizante-dix centimètres.
TROMPE DE MONTAGNE. Modèle, réduit de forme, de la
trompe de chasse, avec les spirales rapprochées, ayant toutefois
la même longueur de tubes et un pavillon aplati, afin de donner
plus de commodité au chasseur pour porter cette trompe et
passer dans les taillis des bois.
TROMPETTE. En allemand, Tr^mpet; en italien, Tromba;
en anglais, Trumpet. Instrument à vent, en cuivre, avec
embouchure, pavillon, tubes et pompe d'accord. Le mot
trompette est français. Ménage le dérive du grec turbo; Du
Gange le dérive de l'italien trornba ou trom^etta^ ou du latin
corrompu trompa; d'autres le font tenir du mot celtique
trombill. Ce qui produit le son éclatant et strident, c'est que le
trou de l'embouchure est rétréci et que le bassin forme une
demi-sphère. Dès que, dans une embouchure, ces dispositions
prennent des proportions plus larges, les sons deviennent plus
doux. On pense que la forme de la trompette militaire fut donnée
définitivement, quoique n'ayant qu'un seul tour, vers la fin du
XV» siècle, c'est-à-dire sous le règne de Louis XII, par le
français Maurice. Ce genre de trompette subsista jusque vers la
fin du XVIIP siècle ; à partir de ce moment, on prit pour les
trompettes le timbre de ré ou de si bémol. On entendit la
trompette à sourdine^ en 1607, dans VOrféo de Monteverde^ et,
en 1674, dans Alceste.
l^lIC-âffl 'âitt^^llttrioutérent des tons de
|t'pli6ii'âf<i*âi'S<£>@4BVfi'd'>iai'm(inie. John Hide
LSoulisse, vers la fin du
ttftlË^flft, Bi}g^l|^M.4r«l0#S)ger, imagina de percer
w^v||ij0i|| 'S^tt4Sl> "^^'^ '^ résultat ne
■î^^
«^k flWk fl^k JWfc '''^-
:#LSl-î^^çfp^^^te, donnant toutes les
^^^^tgectaves. En 1827, Halary,
^i^^r^^ôi et le remplaça par deux
|i^i4i}^^tempérament de chaque
§::Si^âëÊ%@si|îi^s le OuUlauiM TeU, de
246 TRO
Rôssini, à l'Opéra. Plus tard, seulement, on replaça de nouveau
le troisième piston à la trompette. A propos de trompette, oeux
qui jouaient cet instrument portaient et portent encore, dA^s les
régiments, le titre de trompettis: J'ai donné dans, le travail sur
VAnoUissement d'artistes lorrains ^qh avril 1885, à la réunion
des Sociétés savantes, à la Borbonne, des renseignements qu'il
n'est peut-être pas inutile de placer ici. Dans toutes les
compagnies de cavalerie, il y avait des trompettes ; de plus,
dan^ chaque régiment, un trompette-mafor servait d'instructeur
et de surveillant, mais un trompette était choisi dans le nombre,
pour être spécialement attaché à la personne des capitaines. Cet
emploi, très recherché, équivalait à celui de porte-étendard.
Lorsque le trompette particulier du chef ou du régiment venait
à disparaître dans une bataille, cette perte était semblable à celle
du drapeau. Il en fut de même, dans la suite des temps, pour le
timbalier. Plus le rang du chef était élevé, plus les fonctions de
trompette étaient en honneur. Un prince ou un roi n'admettait
pour trompette qu'un gentilhomme ou un brave officier, et,
souvent, il l'anoblissait. On connaît, en Lorraine, deux cas
semblables : François Bouvet, gentilhomme d'Italie, anobli de
nouveau en Lorraine, par René II, en 1501, et Guillaume
Soldan, anobli en 1543. Il faut donc considérer cette charge
surtout comme honorifique. Cet usage s'est perpétué très
longtemps en France et en Lorraine, et, sous Louis XIV, un
trompette par compagnie restait auprès du roi, pour son. service
particulier sous le titre de trompette des plaisirs (1).
TROBfPETTE. Jeu d'orgue à anche, servant d'unisson au
Principal. Les orgues à manivelle ont aussi un jeu de trom-
pettes possédant réellement des tubes en cuivre terminés par
des pavillons de trompettes.
TROMPETTE A CYLINDRES ou A PISTONS. Cette
trompette est faite pour remplacer la trompette d'harmonie en
donnantplusdefacilité d'exécution. Sur les huit tons de rechange
qu'elle comporte, soh fa^ mi, mi bémoL, ré^ ré bémol, ut^ si
1. Léon Pillaut, Instruments et Musciens^ p. 69, et Kastner, Manuel de
musique militaire.
TRO 247
bémol, deux seulement sont employés ; ce sont : fa et mi bémol.
TROMPETTE CHINOISE. Trompette en bois, de la forme
d'une cloche, qui, selon Gemelli^ a trois pieds de long et est
entourée de cercles d*or.
TROMPETTE DE CANNE. C'est le roseau fendu, servant
de jouet aux enfants de la campagne ; ce roseau est évidé, &
l'exception d'une petite membrane, qui résonne. Cet instrument
n'est autre que le mirliton primitif.
TROMPETTE DE COUROE. C'est une courge longue et
évidée, percée vers l'extrémité inférieure, dans laquelle on a.
placé un chalumeau de roseau. Les paysans de Oaête s'en
servaient, aux XVII« et XYIII* siècles, dans leurs fêtes et pour
la chasse. Le Père Bonanni eh parle longuement dans ses
ouvrages sur la musique.
TROMPETTE DE LA FLORIDE. Faite d'écorce d'arbre,
ouverte aux deux extrémités. Des lames de métal, suspendues
dans sa longueur, augmentaient les vibrations et donnaient un
timbre métallique. Jacques le Moyne la cite dans son Histoire
de la Floride.
TROMPETTE DE LA VIELLE A ROUE. C'est, dans la
vielle à roue ou Rota., la corde posée sur un petit chevalet, à
laquelle une autre corde fine est attachée, aboutissant à une
cheville que l'on tourne de façon à produire un son nazillard
imitant la trompette.
TROMPETTE DE MER ou TROMPETTE PHONIQUE
ou PARLANTE. C'est le porte-voix variant de grandeur
{Voyez G^moX).
TROMPETTE D'ORDONNANCE. Instrument en cuivre,
usité dans la cavalerie, et presque toujours sans pistons ni tons,
mais avec .une pompe d'accord.
TROMPETTE DES NÈORES. C'est habituellement avec
l'ivoire des dents d'éléphant que les Nègres confectionnent
leurs trompettes^ qui varient ainsi de grandeur, selon la
longueur de ces dents.
TROMPETTE DU CONGO. Elle est composée de plusieurs
pièces d'ivoire percées et s'emboltant les unes dans les autres.
348 TRO
donnant la longueur du bras. Le bocal est de la longueur de la
main ; on y applique les doigts ; le son se forme selon qu'on les
serre plus ou moins.
TROMPETTE HARMONIEUSE. C'est le nom de l'ancien
Trombone ou Saquebute ( Voyez ces mots).
TROMPETTE MARINE. Il y a deux instruments de ce
nom : 1« Une conque, qui se voit dans les tableaux et statues
de la mythologie ; 2* Une longue caisse de bois, triangulaire, sur
laquelle une grosse corde était tendue et maintenue par un
chevalet; le pouce de la main gauche pressait la corde, la
droite tenait l'archet ; la corde, en vibrant, faisait résonner le
chevalet, dont un des pieds, mobile, frappait rapidement une
plaque de verre ou de métal fixée sur la table d'harmonie. La
basse des concerts de Rehecs était jouée par la trompette
marine; du reste, elle fut jouée dans la musique des rois de
France jusqu'en 1780. Les Italiens l'appellent Trombamarina^
et les Allemands Tympanischiza ou Trumbseheît; elle parait
dater du Moyen-Age, et aucune reproduction d'instrument ana*
logue ne se voit en dehors de ceux usités en Europe ; M. Gustave
Chouquet incline à croire, avec raison, qu'elle n'a pas toujours été
un monocorde, puisque le Bichordon ou Dichordium existaient,
ainsi que le Tricorde^ au XIV* siècle ; ces derniers instruments
ne sont que des variantes de la trompette marine, dont Molière
s- est moqué avec tant d'esprit dans le Bourgeois gentilhomme.
TROMPETTE PAPHLAOONIQUE. Ancien instrument
grec, à vent, dont le pavillon avait une tète de bœuf. Le son
était grave. C'était un peu la même forme du Tuba Curva^ que
les Romains employèrent plus tard, et qui se remarque dans
un grand nombre de leurs sculptures et de leurs bas-reliefs.
TROMPETTE PERSANE. Double de grandeur de la
trompette hébraïque; elle est aussi en cuivre et a des sons
plus bas.
TROMPETTE ROMPUE Nom donné souvent autrefois à
l'aftcien trombone à coulissç.
TROMPETTE SINGULIÈRE. Instrument cité dans les
mémoires de Bresse ; il avait trois trous, s'enflait selon le souffle
TUB 249
de l'exéeutant. Le bas de l'instrument était fermé et terminé en
pointe, mais le son s'échappait par Tenflure, qui est tailladée à
cet effet. Ce devait être une outre de peau qui formait l'appareil
insufflateur.
TROMPETTE TTRRHÈNIENNE. Trompette en cuivre,
des Romains, ayant précédé le Lituus; sa forme était celle
d'une énorme pipe. Il est curieux de comparer ce type avec
l'ancien chalumeau de bois, employé encore de nos jours en
Irlande : le Stock-fforn {Voyez ce mot).
TROMPETTINE. Petit cornet de poste en cuivre, inventé
par Stegmaler, d'Ingolstadt, en 1854.
TROUBA. Trompette russe, dé dimensions assez
f6Ttes.
TRUMBSCHEIT. Nom allemand de la Trompette marine
(Voyez ce mot). Les Allemands l'appelaient aussi Tympa-
nischîza.
TSË-KINO. Pierre sonore chinoise, ayant la forme d'un
poisson. On groupe des pierres suspendues pour en former un
instrument {Voyez Pien-King). Quelquefois ces pierres sont
sculptées et imitent parfaitement différents genres de poissons.
On les frappe à l'aide d'un marteau, qui est, soit en bois,
lorsqu'on veut que le son soit plus doux, soit en métal, quand
on veut l'obtenir plus fort.
TSELTSHIN. Gimbales juives.
TUBA CURVA. Trompette en bronze, des anciens Romains,
imitant le son du bugle, et sonnant à l'unisson du cor en $oL
Elle mesurait à peu près trois mètres quarante centimètres
avec l'embouchure, d'après celle qui fut trouvée à Pompeïa et
qui date de Fan 79 de notre ère. Dans un grand nombre de
sculptures et de bas-reliefs romains, on voit souvent des] Tuba-
Curva et des Lituus (Voir ce mot). Il est curieux d'établir le
rapprochement qui existe entre le Tuba-Curva et le Rana-
SrHngay des Indiens. '
TUBE DE KIRCHER. Invention du Père Eircher, qui n'est
autre qu'un tube elliptique monstre, supporté par des épieux et
des chaînes. Ce serait comme un énorme Tuba. Une embouchure
250 TUR
est située à rextrémité se rapprochant de la bouche de
Texécutant.
TUBRI. Instrument pastoral des charmeurs de serpents;
s'appelle aussi Tîhtiri en sanscrit; c*est une sorte de musette
de quarante-huit centimètres de long, ayant un tube d^insuffla-
tion de quinze centimètres de longueur; une gourde, formant
réservoir d'air; deux tuyaux de bambou, percés de sept trous
devant, et un des deux en ayant un huitième. Les deux anches,
placées dans le milieu de la gourde, vibrent en même
temps.
TUMBURU VINA. Instrument indien, à quatre cordes de
laiton pincées avec les doigts ; l'accord donne : $01 entre les
lignes, ut, ut au-dessus des lignes, et ut des lignes clef de fa^
Sa longueur est de un mètre vingt-huit centimètres; la largeur
de la table est de trente-quatre centimètres. On a donné le nom
de cet instrument en souvenir d'un personnage céleste, que les
légendes indiennes nomment Tumburu.
TUMBRI-NAGASARAM. Instrument indien, cité par les
voyageurs, mais sur lequel on n'a pas de données certaines.
TURI. Grande trompette indienne, ayant la forme de nos
trompettes-clairons ; elle est encore en usage actuellement dans
l'Inde.
TURLURETTE. Genre de guitare populaire, employée, en
France, sous Charles VI.
TURLUTAINE. Nom ancien de la serinette et de l'orgue à
manivelle. Ce mot n'est plus employé que pour désigner un
mauvais instrument.
TURR. Violon birman, & trois çordes> dont la caisse est
garnie de petites incrustations en verroterie; la tète, très
allongée, est remplie de sculptures, ainsi que l'archet. Les ff
sont peu ouvertes, 0t la forme de l'instrument est assez
semblable à celle de nos violons modçrnes. La tirette est toute
primitive ^t monte très haut su^ la table. Une pique, dans le
genre de celles de nos violoncelles^ maintient la tirette et sert à
appuyer l'instrument, qui se joue comme le Rebcib arabe.
L'archet a un peu la forme des archets de contrebasse.
TYM asi
TUYAU AU TAMBOUR ou TUBO TIMPANITE.
Instrument inveaté par le Père Kircher, mais dont on ne s'est
jamais servi. C'est un long tuyau, ressemblant à une trompette.
A son ouverture se trouve un petit tambour qui, dès qu'il est
frappé, augmente, au fur et à mesure, de son.
TUYAU BOUGHÉ. On sait que le tuyau bouché résonne
une octave plus haut qu'un tuyau ouvert de la même dim^osion.
Un tuyau cylindrique, s'embouchant avec une anch^^ résonne
de la même façon que s'il était feri^é,, cela diminue donc la
longueur du tuyau en donnant le même effet. Les Incas
connaissaient déjà ce principe.
TUYAUX D'ORGUE. Tubes de différentes grosseurs, en
étain ou en bois, donnant le son dans les orgues. On les subdivise
en tuyaux ouverts ou bouchés. Ils sont alimentés d'air par la
soufflerie et munis d'une anche vibrante ou d'un sifflet.
L'extrémité inférieure est terminée en pointe. Les tuyaux sont
en nombre considérable dans les grandes orgues, ce ne sont pas
seulement ceux que Ton voit à Textérieur, mais c'est surtout à
l'intérieur qu'ils forment une véritable forêt. On p^ut alors juger
du travail que comporte la facture des grandes orgues.
TY. Flûte traversière chinoise, à douze trous latéraux, formée
d'un roseaii renforcé par des anneaux de fil vernis. Un des
trous, voisins de l'embouchure, reçoit une pellicule mince de
bambou, modifiant le timbre de l'instrument. La longueur totale
est à peu près de soixante-dix centimètres. Le diamètre n'est
pas partout égal. Le son est un peu criard. Il en existe plusieurs
au Musée du Conservatoire de Paris.
TYMBRE. Nom du tambour de basque, au Moyen-Age.
TYMPAN. Nom ancien donné au tanahour, au Moyen-^Age.
C'est aussi l'appareil audiitif de résonnance, placé dans l'intérieur
de Toreille.
TYMPANISCHISA. Ancienne trompette marine, m forâOe
de caisse pyramidale de bois, d'environ sept pieds; la base
formait un triangle équilatéral^ dont chaque côté avait deux
pouces. Quatre cordes étaient tendues sur cet instrument et
donnaient les notes ut^ ut, sol, ut. Les Allemands rq[>pelaient
252 UGA
Tympanischiza ou Trumbscheit; les Italiens la nommaient
Tromba Marina; elle semble dater du Moyen-Age.
TTBfPANOLE. C'est le nom primitif de la Tarôle, inventée
par Grégoire, pour servir dans les musiques militaires ( Voyez
Tarole).
TYMPAsNON. En anglais. Dulcimer; en italien, Timpa^i>
en allemand, ffackbret. Instrument à cordes des Anciens, qui
n'est pas le même que le tambourin des Romains. C'est une
sorte de harpe horizontale, dérivant du Santir^ montée de cordes
métalliques, se frappant avec deux plectres. Souvent, il y avait
deux cordes à Tunisson, et son étendue variait de trois à cinq
octaves. On joue encore beaucoup le tympanon en Hongrie.
TTMPANULA. Nom que donne Gerson aux timbates da
Moyen-Age.
T YMPANUM. Tambour de basque des Romains, formé
d'un cercle de bois ou de métal, percé d'ouvertures contenant
des petites sonnettes ou des grelots et muni d'une peau tendue,
qui était frappée en même temps que l'exécutant faisait osciller
l'instrument pour produire le bruit des clochettes. Ce nom
désignait aussi la timbale, qui, comme de nos jours, se
composait d'une sorte de bassine en cuivre, recouverte d'une
peau serrée à l'aide de vis ou d'un autre appareil de pression.
Un tympanum, tambour de basque, se voit dans les mains d'un
personnage sculpté à la cathédrale de Metz, personnage que j'ai
reproduit sur le frontispice de ce livre.
TTPOTONE. Origine de l'accordéon, ayant servi de
diapason à bouche. C'est Pinssonnat, d'Amiens, qui l'inventa,
en 1829. On se sert encore actuellement de ce genre de diapason.
TITYRIAJN. Grande flûte courbe de la Grande-Grèce.
u
UOAB ou HUOOAD. Nom général donné aux instrumenta
à vent, chez les Hébreux.
UTR 253
UILAOAPITZTLI. Flageolet de I* Amérique centrale, fait
de terre cuite, percé seulement de quatre trous, et long de vingt
centimètres. Le nom de Uilaeapitztli lui fut donné par les
Aztèques. Ce flageolet est, en principe, ce que nous connaissons
sous le nom d'Ocarina ( Voyez ce mot).
UNDA MARIS. Nom d'un jeu d'orgue de tuyaux à anches,
de huit pieds, que Ton accorde plus haut que les autres jeux,
afin de former un battement imitant le bruit des ondes de la
mer; de là vient le nom d'Unda Maris donné à ce jeu.
UNICHORDIUM. Nom latin de la trompette marine,
signifiant une corde; effectivement, la trompette marine dérive
de l'antique monocorde (Voir ces deux mots).
UNIFLUTE* Sorte d'orgue à manivelle à un seul rang de
tuyaux de flûte.
URANION. Sorte de mélodium, inventé vers 1810, par le
Saxon Buschmann. C'est un cylindre recouvert de drap qui,
mis en mouvement par une roue à pédale, frotte sur des
planchettes de bois sonore. L'étendue est de cinq octaves et
demie. Son emploi est peu fréquent, et cependant les sons
obtenus ont une douceur qui plaît à Toreille et rappelle ceux de
la flûte.
URH-HEEN. Violon chinois, très primitif.
URNI. Monocorde des Indiens. Cet instrument, très primitif
et très ancien, est formé d'une moitié de grosse noix de coco ;
le manche est simplement un bambou. L'archet est souvent
décoré d'une variété d'ornements. Tout primitif qu'il est, cet
instrument a une origine fort ancienne et pourrait être considéré
comme un des premiers types d'instruments à archet, peut-être
antérieur au Rehab. Cette supposition peut avoir raison d'être,
puisqu'il est à présumer qu'un monocorde a dû exister avant
un instrument garni de plusieurs cordes.
UTRICULARIUM. Cornemuse des Romains, formée d'une
peau de bouc, cousue, et à laquelle sont ajoutés un tube
insufflateur et un tube percé de trous, terminé par un pavillon.
La cornemuse est un instrument de la plus haute antiquité; le
lecteur pourra remarquer aussi qu'elle a fourni le principe du
254 VEN
réservoir d'air, alimentant des tuyaux ; c'est l'origine de l'orgue
primitif ( Voyez Cornemuse).
V
VALOA. Guitare nègre à cinq cordes, en soie ou en boyau.
Les nègres dansent au son de cet instrument, dont la caisse
sonore est formée d'une grosse noix de coco, coupée en deux et
évidée, sur laquelle une peau mince a été collée. Un cheralet
mobile supporte les cordes.
VALIHA ou VALLTA. Instrument indien, semblable au
Marouvané {Voyez ce mot). Les Malgaches, qui l'emploient
beaucoup, le nomment Valiha ou Vallya. C'est un bambou
garni soit de sept, soit de treize cordes, qui sont détachées du
bambou même, en fibres minces et tendues par des sillets
mobiles. On le joue en le posant sur un genou et en le faisant
tourner sous les doigts. Les sons ne produisent pas d'éclat,
mais ne sont pas désagréables cependant. Cet instrument n'a
ni manche ni cadre. On peut en voir un spécimen sous le n» 818,
au Musée du Conservatoire national de musique de Paris.
' VALINOA. Cornet russe. Ce cornet métallique sert aux
pasteurs russes pour appeler leurs troupeaux. On l'employait
&ussi autrefois dans les armées de ce pays.
VANN. Psaltérion arabe, ayant la forme d'un rectancle ou
d'un trapèze. L'instrumentiste le joue à la manière de la cithare
tyrolienne, en le posant presque toujours sur ses genoux.
Quelquefois on se sert d'une bague à crochet, pour pincer les
cordes, mais ce sont plutôt les doigts qui font cet office*
VENEDGE. Luth arabe. C'est une variété et un perfection-
nement de l'Eoud, ancêtre du hith. Les chants arabes sont
accompagnés bien souvent par cet instrument à cordes pincées*
VENTILABRO. Nom italien des soupapes de l'orgue.
VSNTILLE. Nom. des pistons à rotation des Allemands. Ce
VIE 255
sont des tubes cylindriques en cuivre, é vidés aux places qui
correspondent avec l'ouverture des tubes devant lesquels il^
doivent se placer, dans le mouvement de va-et-vient que leur
communique une petite patte courbe. Ce mouvement produit un
changement de direction de la colonne d'air et, par conséquent,
un son différent. Ce sont les Allemands, surtout, qui emploient
ce mode de piston à mouvement latéral, produit par une sorte
de bielle. En France, on se sert du piston à mouvement vertical,
moins susceptible de se forcer, et n'exigeant aucùnénàent
l'emploi de l'huile, tandis que la veutille en nécessite; la
poussière, s'infiltrant dans le mécanisme, forme des matières
empêchant le parfait fonctionnement de cette ven tille.
VENTURINE. Petite guitare construite par Ventura, de
Londres, en 1851. C'était, afin de rendre la guitare moins
volumineuse, que ce facteur construisit ce modèle réduit, mais
lès sons n'eurent pas assez de volume, c'est pourquoi on
l'abandonna bientôt.
VERGE MÉTALLIQUE. Lame de métal suspendue à un
boyau, se frappant avec une tige métallique. C'est l'origine du
diapason ; l'acier donne le plus de résonnance et Varie moins
qu'aucun autre métal, tout en étant le plus dur. À cause de ces
différentes qualités, on l'a choisi pour la fabrication du diapason
{Voyez ce mot).
VERMILLON. C'est un genre d'harmonica, se composant de
huit à dix verres, de différentes grandeurs, accordés à l'échelle
• diatonique en les remplissant d'eau. Les verres sont posés sur
une planehe recouverte de drap. On joue soit en effleurant le
bord avec les doigts, soit en les frappant avec une baguette
garnie de drap {Voyez Harmonica).
VIELLE A ARCHET ou VIÈLE DU MOYEN-AGE*
Vièle du Moyen-Age, avec manches à corps ovale, sans
échancrure pour l'archet et ayant quatre et cinq cordes. Il ne
faut pas la confondre avec la vielle à roue ou Rota. La vielle est
la transition du Rebec à la Viole {Voir ces deux derniers
mots). Dans mon livre de la Musique en Lorraine^ on peut voir
un vitrail, de l'ancienne église de Laxou^ représentant saint
256 VIE
Genest, patron des ménétriers, jouant de la vièle à archet ; cette
vièle est de la fin du XV« siècle ; elle est sans échancrure et
munie de quatre cordes.
VIELLE A ROUE. En italien, Viola da orbo ; en anglais,
ffurdy-Gurdy ; en allemand, Leier on Bauerleyer. Le véritable
nom est Rote^ du mot rota on roue, qui sert à passer sur les
cordes. C'est l'ancienne Chiffonie ou Symphonie. Les cordes
sont frottées par une roue de bois enduite de colophane, et les
doigts de l'exécutant abaissent des cliquettes qui, appuyant sur
les cordes, en changent la tonalité. Cet instrument est très
ancien d'origine; vers le XI« siècle, il fut en grande faveur
jusqu'au milieu du XVIII« siècle ; nous donnons an mot Rote
{Voir ce mot), une reproduction de celle du XV* siècle,
usitée en Lorraine, d'après le dessin relevé par nous sur
une peinture d'un grand triptyque fait pour la duchesse
de Lorraine, Philippe de Gueldres, veuve de René II, lorsqu'elle
se fit religieuse au couvent des Glaristes de Pont-à-Mousson.
Les petits Savoyards emploient encore cet instrument de nos
jours, mais rarenient. On pense que le mot vielle vient de
l'espagnol vihuela^ il s'écrit aussi vièle. On la jouait beaucoup
à la cour d'Henri III. Au XVIP siècle, Laroze et Janot eurent
beaucoup de succès en exécutant sur la vielle des airs à danser
et en accompagnant ainsi le chant. Elle fut très goûtée vers
1718. On l'accordait en sol ou en ut et elle possédait deux
octaves. Les chanterelles faisaient entendre le sol à vide. Les
touches noires représentaient la gamme diatonique et les blanches .
les bémols et les dièzes. L'accompagnement était produit d'une
façon persistante par quatre cordes : la mouche^ le petit
bourdon^ la grosse mouche ou gros bourdon et la trompette
qui, par son chevalet, ressemblait à la Trompette mxirine.
Lorsque la vielle était accordée en sol^ la trompette donnait le
ré quarte au-dessous des chanterelles. Le petit bourdon était
délaissé; la mouche et le gros bourdon donnaient le sol octave
et double octave grave des chanterelles. En l'accordant en ut.,
la trompette donnait Yut à la quinte au-dessous des chanterelles
du clavier. A une quarte plus bas, le petit bourdon donnait Yut
VIN 257
octave basse de la trompette, le gros bourdon le sol octave
basse de la mouche, et la mouche -donnait le sol. Michel Leclerc
était un célèbre vielleur des rues, vers 1760. Il n'y eut primiti-
vement que quatre cordes, dont deux s'appelaient les bourdons
et s'accordaient à l'unisson ou à l'octave; les deux autres
faisaient fonction de monocordes. Les touches servaient à
appuyer sur deux cordes à la fois ; ces deux cordes étaient à
l'unisson. La main droite faisait tourner la manivelle et la
gauche appuyait sur les touches qui portent les cordes vers la
roue enduite de colophane. Les ouïes sont placées à l'extrémité
inférieure de la table. La façon de donner le coup de poignet
constitue la qualité de son ; il y avait des vielles en forme de
guitare. Louvet, de Paris, fut un facteur renommé.
VIELLE ORGANISÉE. Vielle à roue, dont la caisse
vibrante portait, outre les cordes, des petits tuyaux d'anches.
Un soufflet les alimentait d'jiir en même temps que la manivelle
faisait tourner la roue. Parmi les gravures de Gallot,, que j'ai
reproduites dans La Musique en Lorraine^ se trouve un joueur
de vielle organisée. On distingue parfaitement la soufflerie
fonctionnant en même temps que la roue à manivelle. On
l'employait, en Lorraine, aux XVI® et XVII® siècles.
VINA. Instrument indien, à cordes pincées, dont le corps
est formé d'un bambou long d'un mètre et de dix centimètres
de diamètre, sur lequel on a tendu sept cordes, dont deux en
acier et cinq en laiton. A chaque extrémité se trouvent deux
gourdes plus ou moins ornementées. Le musicien est assis
comme les Orientaux et tient l'instrument de façon que la
gourde supérieure passe sur son épaule gauche tandis que
l'inférieure passe sous le bras droit. L'accord est diatonique et
six des cordes donnent les sons de l'accord parfait majeur.
Les chevalets sont mobiles, afin de transposer, et se placent à
volonté à l'aide de cire molle. On pince à vide les cordes placées
en dehors du manche. La Fma, de Delhi, n'a que trois cordes
et ne possède pas de gourdes ( Voir Vixa. de Bénarés).
VINA DE BËNARÉS. Perfectionnement de la vina
indieïlne, appelée aussi vin et bin. Une des deux gourdes, qui
17
IMS VIO
ff ^^i4Niit dans la vina ordinaire, est ici remplacée par une
«»i««(9 wm^ formée de côtes assemblées. Les chevalets,
^oniaant «iuie échelle chromatique, sont fixes. Onze cordes
ganaîfi&entrinstrument; six sont dites sympathiques et ne se
piiftc^nt !»««. ïï y ^ dix huit sortes de Vinas : la Mahati-Vina^
la Macdkapi-Vina^ la Tritantri-Vina, la Bharata Vina^ la
Pmsâncmi'Vina^ etc., etc.
m&Lh ALLA SPALA ou DA SPELLA. Nom de la viole
italÂNiM 486 >ouant sur l'épaule, comme le violon moderne.
CTétoît, «a réalité, le ténor de la famille des violes.
f!3b9LA«ARPA. Genre de contralto en bois, ayant retendue
«t rae.QQO'i de Taito ordinaire, mais de forme nouvelle et à hautes
éclisses.
mOl^h IIA BBACCIO ou VIOLE A BRAS. Nom italien
4ie VAito 'Oa viole proprement dite, la seule que nous ayons
m»^tvAB^ msàs «^ ne lui laissant que quatre cordes au lieu de
jiiept jqti'Bile avait primitivement, sans compter les cordes
iS^ja^^ju^iques «n laiton, qui passaient dans des petits trous à
ia ba«« 4u ehesralet. L'archet, qui servait pour jouer ces violes,
it&U ce^urbé et affectait ainsi un peu la forme d'un arc.
VIOLA BA fiAMBA. C'est la basse de viole, ainsi nommée
ppse qiii*>dk s^ posait entre les jambes comme le violoRcelle
9jsi$uA\A\i^ avait six ou sept cordes. En Italie, on a joué aussi
i4i viole da Gamba, dans les processions et dans les fêtes
^^àAv^sJèB. A. cet effet, un bouton se trouvait placé dans le fond
àM rittâirUiB^nt, et l'exécutant y attachait un cordeau mince
siisjpepdAnt l'instrument en bandoulière, passant sur l'épaule
dje la perâonae, qui jouait ainsi en marchant. On £t de même,
ÂaBS la saiite, au violoncelle.
VlOiuA SA0B80 ou VIOLE D'AVEUGLE. C'est le nom
ioiiQé À ]^ ^idieà roue ou rote. Cet instrument fut longtemps en
VMff^ 4li XVi' sièda, parmi les mendiants et les aveugles ; on
fmijf'efi 0onva^aeire dans les nombreux tableaux et sculptures
des XV« et ÏVII* siècles, qui montrent des aveugles jouant de la
Bûi€> A ce. propos, citons comme exemple le panneau peint par
Q0}re. i0 ^tijiifBpê da Gueldres, veuve de René II duc de
VIO 259
Lorraine, peinture qui est du commencement du XVP siècle, et
que Ton voit à l'église Saint -Laurent, à Pont-à-Moussorf
(Meurthè-et-Moselle). C'est précisément, ici, un aveugle qui est
porteur de cet instrument {Voyez Rote).
VIOLA DI BORDONE ou VIOLA DI BARDONE ou
BARYTON. Sorte de petit violoncelle d'amour monté de six ou
de sept cordes en boyau, et de sept de onze jusqu'à vingt-deux
cordes vibrantes en laiton, placées sous la touche ; on l'accor-
dait : si grave au-dessous des lignes clef de /te, mz, la^ ré, fa^
si, mi au-dessous des lignes. Il était en usage aux XVIPet
XVIII« siècles. C'est en Allemagne, principalement, que l'on
s'en servait le plus, et Haydn écrivit spécialement, pour ce
genre de viole, plusieurs compositions.
VIOLA POMPOSA. Plus grande que la viole ordinaire et
munie de cinq cordes accordées en ut., clef de basse au-dessous
des lignes, et sol, ré, la^ mi; elle fut inventée par Sébastien
Bach, le fameux compositeur de musique.
VIOLE. Avant la formation du quatuor moderne, le jeu de
violes comprenait : une basse de viole, une taille de viole, une
haute-contre de viole et un dessus de viole. D'autres noms
étaient donnés aux violes, d'après la façon dont on les tenait;
ainsi^ la viole da braccio était celle qui ressemblait à l'alto et
se tenait au bras; viola da gamba., ressemblant au violoncelle;
viola da spalla^.se plaçant sur l'épaule et semblable au timbre
de ténor; la viole bâtarde^ ainsi nommée parce qu'elle
s'accordait par quintes et quartes ; la viola pomposa, inventée
par J.-S. Bach, s'accordait comme le violoncelle, mais avec une
cinquième corde à l'aigu ; viola di bordone ou baryton^ sorte
de petit violoncelle d'amour, à quarante-quatre cordes, y compris
les cordes sympathiques. Mais, auXV«, et jusqu'au XVIP siècle,
les dimensions et la manière de monter les violes subirent de
nombreuses variations. Elles eurent d'abord trois cordes, puis
quatre, et enfin cinq, dont la basse en avait six. Vers le milieu
du XVP siècle, les violes italiennes avaient six cordes et
s'accordaient de la façon suivante : alto et ténor (clef d'wf,
quatrième ligne), sol^ ré^ la, fa^ ut, sot; le dessus de viole (clef
260 VIO
d'ut^ première ligne), ré^ la, mi, ut, sol^ ré, La basse de viole
^ (clef de /a), ré, la, mi, ut, sol, ré. Vers 1675, Sainte-Colombe
ajouta la septième corde à la viole et introduisit en France l'usage
des cordes filées . Pour en revenir à la viole, les dimensions à
part, sa forme était la même, pour tous les genres, que celle de
la contrebasse moderne ; c'est-à-dire que le fond était souvent
plat ou légèrement bombé, la table était très bombée, les ouïes
avaient la forme de deux sangsues, les coins ne se relevaient
pas autant que ceux de nos violons, la table et le fond s'élevaient
en pointe à leur extrémité supérieure vers l'endroit aboutissant au
manche, et la tète était sans volute, mais terminée par une tête
de chimère ou de personnage quelconque. Quelquefois, cette
tête formait un ornement, et le fond était percé à jour, pour
faciliter de passer les cordes dans les chevilles.
VIOLE. Jeu d'orgue de tuyaux à bouche, ouvert, de quatre
pieds, servant d'unisson à l'octave.
VIOLE (BASSE DE). Ancien instrument à cordes et à
archet, qui précède le violoncelle. Son accord, de six ou de sept
cordes enr^, clef de basse au-dessous des lignes sol, mi, la, ré,
donnait des sons nazillards. Au XVP siècle, l'accord des six
cordes donnait : ré, la, mi, ut, sol, ré (clef de /îz, quatrième
ligne). C'est Sainte-Colombe qui ajouta la septième corde^ vers
la fin du XVIP siècle, afin d'en augmenter l'étendue d'une
quarte. L'archet de la basse de viole avait la forme d'un arc,
comme les archets des Orientaux, mais d'un modèle mieux
construit. Le Musée des instruments de musique, de Paris,
possède une belle collection de basses de viole des XVI*, XVII«
et XVIIP siècles.
VIOLE BATARDE. Viole des XVIP et XVIIP siècles, à
six cordes en ut, clef de basse au-dessous des lignes fa, ut, mi,
la, ré. Son corps était plus étroit et plus long que celui de la
viole. Un beau spécimen de la viole bâtarde existe au Musée du
Conservatoire de musique de Paris; elle porte le numéro 153
du catalogue, et a été faite à Paris, au commencement du
XVIIP siècle. Elle a été laquée au Japon. La viole bâtarde fut
ainsi nommée parce qu'elle s'accordait par quintes et quartes.
1
VIO 261
VIOLE D'AMOUR ou VIOLA D'AMORE. Ancien instru-
ment à cordes et à archet^ plus grand de corps et de manche
que la viole simple. Il avait six ou sept cordes et donnait
raccord en sol, clef de basse première ligne : ut^ sol^ ut, mî^ sol^
ut ou sol^ ut s mi^ la^ ré^ sol. ut. Des cordes sympathiques,
dont le nombre variait de six à dix-sept, complétaient les violes
qui étaient surtout usitées en Europe aux XVI% XVII' et
X^T[II' siècles. Il y a des grandes violes d'amour, qui se jouaient
inclinées sur la cuisse, à la façon des pifferari.
VIOLE (DESSUS ET PARDESSUS DE). C'était^ au
XVIIP siècle, la taille et la haute-contre de la viole, appelées
Vlolino piccolo alla francese parce qu'elles furent adoptées par
les Français. Elles avaient cinq ou six cordes. On a appelé
improprement les pardessus de viole, Quintons^ puisqu'ils
n'étaient pas toujours à cinq cordes, mais aussi à six cordes.
VIOLET ANGLAIS ou VIOLETTE. Genre de viole
d'amour, à six cordes au lieu de sept usitée aux XVP et
XVIP siècles, et nommée ainsi en Angleterre.
VIOLIGEMBALO ou VIOLON-CTMBALO. Jean Haydn,
de Nuremberg, inventa, en 1609, cet instrument, qui ressemblait
au clavecin par la forme, et qui devait tenir les sons. L'abbé
Trentin, de Venise, a essayé, de nos jours, de perfectionner cet
instrument, mais sans mieux y réussir.
VIOLI-CLAVE. Morin de la Gkierinière imagina cet
nstrument à anches libres, en 1847.
VIOLINO. En italien, nom du violon ou de la petite viole.
VIOLON. En allemand, Vîolîn, Geige; en anglais, Fiddle,
Violîn; en italien, Violino, Ce roi des instruments n'est parvenu
tel que nous le connaissons actuellement qu'après des perfec-
lionnements si nombreux qu'on peut dire que c'est un
instrument presque contemporain. On devrait l'appeler violin,
puisque ce mot vient de Violino en italien, et que Violone^
dans cette même langue, désigne la contrebasse. L'origine de
l'instrument à archet qui nous occupe, appartient au berceau
de la civilisation : à l'Inde. Le Ravanastron peut ajuste titre,
passer pour l'un des premiers essais, l'OmerW, le Kemangeh
t'9'^W(lttll'1iC^'W'S'$i''°''' ''°''° A<^'><!<^>' voilà qui
^gM1|<l^it£|8i^j>I y 3 d'étonnant c'est queles
^MaiM|S^âi|84fl^K^Bif^i'ent pas les instruments à
^ ^^5nfi^W*fliufi^SIS^&{|iii)D0U3 ont laissé de souvenirs
^N')SlS^^^8^w*^'W^^^'°''' °^ V^^^ donner une
|llBk9qfilî^*Sifiau9kl?iflol de ces instruments chez
^StJÎ^'lli 9^^<i^'ni^{>rté à la suite des croisades,
■^:
lagons, les noms de Rabel, chez
%ous. Le Rebec, modifié de
fe^ (à archet) pour devenir la
i^yïj^ d'essais, que d'expériences
;ijftmer un instrument qui occupe
ifyg4S|ti^*^moderneI II faut arriver à la
:ga':^'igDÎ^4|êment du XVI* pour le voir
VIO 'M
apparaître en Italie. Enfin, Kerlino, DuiffoprU<5gttîi*; imUëS^y
LinaroUi, Zanetto, Morella etPézaro construisirent le vMtd?Mte^
type. Ce n'est qu'à la fin du XYII® et au coinûiieHciîM^ïi^ Jrf
XVIIP siècle qu'apparaissent : Amati, Stradivarius-, SuarïitétiHi^,
qui donnèrent au violon, en même temps que FéMgâiiâàô^ de* M
forme, du vernis et de la coupe, les qualités d'ac^ii«0q#^, ^
force et de moelleux, qui sont ses propriété* iîicoxritesi*âMte# é'ft
si appréciées. Les épaisseurs du violon jouent Uîfr grâald' Mte^
dans sa fabrication ; elles ne sont pas partout égalé^^; î& élkx)fi
du bois est aussi très important; un bois trop seri*é ë^ik&ë ëeÈ
sons durs, un bois trop large de côtes donne dfes^ ÉoûW i6M.'§.
Le violon est monté de quatre cordes s'accordant pair qjBÉîrtes';
SiOl (corde filée), re, Za, mi^ cordes de boyau. Sott* é^fiéèt4
est de trois octaves et une sixte en notes naftufélïé^, (M
sol au-desaous des lignes, clef de sol^ au mî suraîgiîf f il a, éê
plusj quatre octaves et une tierce, y compris les so^ iariHo^
niques (du sol au si suraigu) ; c'est ce qui en fait un îttsftBfâ^ÉK
si complet. Il est formé de deux tables de bois supe^po^ée^ à
l'aide d'éclisses suivant la forme du gabarit qui ert marfilemï ê
ces tables par six pièces de bois, appelées taceaux, ceSéeS? 6û
dessus et en dessous. Le manche, taillé en biseau, Vien^f é^â^-
puyer sur le taceau et l'extrémité des éclisses supérieÈi^ea?, pomt
supporter la touche, la tension des cordes et les chevtBeë fâl
sont ajustées dans une tète creusée et terminée par une graôîétrstif
volute. Une tirette, placée au bas, tient les cordes et fi'apptflè à
l'aide d'un fort boyau à un bouton introduit par un trott rfj^)*tf^
reusement ajusté dans le taceau du bas. La table d'hai^inoniè et
le fond sont creusés dans l'épaisseur du bois, afin d'ofctéftrfi^
une voûte résistante ; celle de dessus se nomme d!harnwfiié^
car c'est elle qui reçoit les sons par le chevalet, quilesfèftfofcé
par la barre et les transmet au fond par l'âmè. La tabîé
d'harmonie est en sapin (jpinus epicea) ; la table du îcmà e^ lé
repoussoir dn son, c'est pourquoi on a choisi un bois résiiffitff,
Yérdble^ ou plaine de Suisse, du Tyrol ou de Transylvanie.
Cette table et ce fond sont souvent faits en deux plîè^s*
ce qiïi permet de mieux choisir le bois. Les éclîsse^ et fe
î264 VIO
manche sont en bois de cette espèce. Le fond repousse
donc le son qui sort par les ouvertures pratiquées sur la
table d'harmonie et appelées ff. La barre d'harmonie fait,
pour ainsi dire, contrepoids à Fâme. Il faut remarquer que,
sous le rapport de l'accord, le violon a plus de ressemblance
avec le Rchec qu'avec la Viole^ qui cependant le précède direc-
tement. Le Rebec, quoiqu'à trois cordes, s'accordait comme le
violon, par quintes j tandis que la viole, à six cordes, s'accordait
par quartes et par tierces. L'accord par quintes est le plus
convenable, en ce qu'il est particulièrement propre à la confor-
mation delà main et, j)ar conséquent, du doigté. Il a, de plus,
l'avantage de donner, avec la moins grand nombre de cordes,
l'échelle des sons la plus variée. Il y a soixante-neuf pièces dans
la construction du violon ; sa tension est de quarante à quarante-
deux kilogs, au diapason normal. Les violonistes sérieux datent
du milieu du XVIP siècle, et, dès ce moment, le violon fut
considéré comme un instrument de soliste. Parmi les plus
célèbres violonistes, il convient de citer Simone Arîetto, qui
vivait en 1630, à la cour de Savoie; Corelli, de 1653 à 1713,
Geminiani, 1680 à 1762; Somis, Baptiste Anet; Locatelli,
Baptiste, Tartini, LuUi, Pugnani, Senaille, Leclair, Guignon,
le dernier Roi des violons ; Cupis, frère de la Camargo ; d'Au-
vergne, Gaviniés, Kreutzer, Viotti, Jarnowick, Baillot, Paganini,
Léonard, Bériot, Yieuxtemps, Rode, etc., qui, tous dans leur
genre, furent les maitres* du violon. De nos jours, leurs
traditions sont continuées et même étendues par Alard, Dancla,
Maurin, Wieniawski, Sarasate, M"»« Parmentier née Thérésa
MilanoUo et tant d'autres. Il serait trop long ici d'énumérer
les violons fameux des écoles italiennes, françaises et
allemandes; les amateurs pourront trouver dans des ouvrages
spéciaux ce qui les intéresse à ce point de vue, particulièrement
dans Vlflstoire des instruments à archet^ de M. A. Vidal; dans
le remarquable ouvrage sûr Les luthiers italiens aux XVII^ et
XVII P siècles, par M. Jules Gallay (Paris, Jouaust, 1869); dans
les catalogues des Musées des Conservatoires de musique, etc.
Il taut dire cependant, à la gloire de la lutherie française, que
VIO 365
c'est à elle que nous devons^ non seulement Thabile restauration
des instruments de l'école italienne, mais la progression de
cette école, avec des luthiers comme Médard, de Nancy;
Panormo; Bertrand; Bocquay; Pierray; Guersan; Chappuy;
Renaudin; Fent; Pique; Lupot; Gandpère;GandetBernardel;
J.-B. Vuillaume; Jacquotpère; Chanot; S. Vuillaume; Menne-
gand; Hel; Colin-Mézin; Miremont; Audinot; Charles Jacquot,
de Nancy, et ses fils; Germain; Silvestre, oncle et neveu; etc.
Un des plus beaux types de violons de l'école italienne, est
celui de Stradivarius, qui appartient à M. Delphîn Alard,
réminent violoniste, gendre de notre regretté luthier J.-B.
Vuillaume. Ce magnifique instrument est désigné sous le nom
de Messie^ et a une valeur considérable : il n'a presque pas été
joué ; on croirait, en le voyant, qu'il sort des mains de l'illustre
Stradivarius; son vernis d'un beau rouge vif, ses coins finement
coupés, ses ff adxnirables, sa coquille délicate, tout enfin, dans
son ensemble, nous donne un modèle parfait, unique en son
genre. M. Alard a bien voulu laisser admirer ce chef-d'œuvre
dans les différentes Expositions, notamment à l'Exposition de
Kensington, à Londres, en 1872; à Paris, au Musée du
Trocadéro, en 1878. Le dessin que nous donnons ici en est
la reproduction, d'après une photographie prise à Londres, par
la direction du Musée de Kensington, en 1872. Le nom de
Messie lui est donné parce que la tirette en buis, qui tient les
cordes, représente la naissance de Jésus-Christ. Les sons de
( e violon si curieux sont empreints d'un caractère de force et
d'éclat remarquables ; en le jouant, on croirait l'entendre au
moment où le maître Crémonais vient de le terminer.
VIOLON. Jeu d'orgue de tuyaux à bouche, ouvert, de deux
pieds, servant d'unisson au principal.
VIOLON OU VIOLINO CHITARRA. Violon d'un très
grand modèle, imaginé par le prince Grégoire Stourdza. On
pensait obtenir un son plus considérable, mais cet essai n'a pas
eu les résultats espérés, et on l'abandonna bientôt.
VIOLONARO. Nom donné quelquefois à VOcto Basse de
Vuillaume. (Voyez ce mot.)
266 VIO
VIOLONCEAU. Contralto du violon, fait par Vuillaume de
Paris. Cet essai ne fut pas continué.
VIOLONCELLE. Perfectionnement de la basse de viole,
inventé en Italie vers 1550, malgré les fausses assertions de de .
la Borde, qui dit^ que ce fut le Père Tardieu , de Tarascon,
qui en serait Tinventeur au commencement du XVIII* siècle.
Il avait, à son origine, cinq cordes ut^ sol^ re, la^ ré. Actuel-
lement il n'en a que. quatre, et on a garni les deux plus
grosses de trait de laiton argenté. Elles sont accordées en u/,
clef de basse au-dessous de la portée, et donnent W, sol^ re, la.
Le timbre du violoncelle est plus grave que celui du violon et
de Talto. Il a été introduit à Torchestre par Batistini, en 1710.
Son étendue est de près de quatre octaves, de Vut au-dessous
des lignes clef de /îz jusqu'au la au-dessus des lignesclef de sol.
De la Borde, dans son essai sur la musique, dit que le P.
Tardieu, inventeur du violoncelle, fit une prodigieuse fortune
avec cet instrument, dont il jouait bien. Ce n'est que vers 1720
que Ton réduisit les cinq cordes au nombre de quatre. Tout
ceci est une légende. Les perfectionnements excessifs qui furent
apportés à sa construction, en France, sont dus principalement
àBertaud, professeur contemporain de de la Borde. On a appelé
aussi basse et on appelle encore ainsi^ de nos jours, le violoncelle.
Cet instrument, ainsi qu'il a été dit pour les basses de violes, était
employé dans les églises en Italie, depuis le commencement du
XVIII® siècle, et on le portait suspendu par un crochet ou
bouton attenant au fond et à la ceinture de l'exécutant. Parmi
les plus célèbres violoncellistes, il faut citer : Duport, Janson,
Franchomme, Jacquart, etc.
Amati, Gaspard de Salo, Stradivarius, Guarnerius et quantité
d'autres facteurs italiens et français produisirent des violoncelles
qui resteront, surtout ceux de Stradivarius, des modèles parfaits
d'élégance et de sonorité. Quel beau timbre que celui du violon-
celle, et comme il se rapproche bien de la voix mâle et vibrante
de l'homme ! Son étude est difficile, ainsi que celle du violon, et
les démanchés exigent beaucoup d'exercices. Son étendue est
de quatre octaves, plus le ré et le mi de Vut jgrave jusqu'au bas
VIO 367
du manche sur le la. Rarement on donne le fa appuyé ; on
l'obtient plutôt en harmonique. Ces harmoniques peuvent
même produire sur le Za, les notes : /a, ut dièze et ?m' suraigus.
Le violoncelle, bien originaire dltalie, se compose d'une
caisse sonore, formée de deux tables reliées entre-elles par des
éclisses, d'un manche termiiîé par une tête en volute, percée de
quatre trous dans lesquels jouent quatre chevilles servant à
tendre les cordes. La table d'harmonie est en sâpin, plus large
défibres que pour le violon et Tait o, bien sec et choisi sans
défauts ; elle est percée de deux /'/'qui laissent échapper le son.
Une barre placée dans le sens de cette table et à sa gauche, fait
équilibre à Tâme qui est placée verticalement à droite, commu-
niquant le ion de la table au fond. La table du fond est faite,
ainsi que les éclisses, çuLplatane^ en érable, appelé vulgairement
plaine de Suisse ; cette table est choisie dans un bois dur et
résistant, afin de renvoyer le son, qui s'échappera par les ff.
Une tirette percée de quatre trous, maintient les cordes en bas ;
elle est attachée par un fort boyau à un bouton, qui^ bien
souvent porte une pique afin de donner une élévation plus
grande et un point d'appui plus fort à l'instrument. L'archet du
violoncelle est plus court et plus gros que celui du violon ( Voir
Archet). Une touche en ébène collée sur le manche forme à
gauche une sorte de pan qui permet à la plus grosse corde {ut)^
de ne pas vibrer contre la courbe de cette touche. Le violoncelle
exige, comme tous les instruments à archtt, une grande
application de la part de l'exécutant, pour la justesse. Les doigts
doivent être appuyés fortement, le pouce de la main gauche
servant seul d'appui contre le manche.
VIOLON D'AMOUR. Violon du XVIIP siècle, à douze cordes
sympathiques et à quatre cordes s' accordant ainsi : mi^ la^ ré^ la,
VIOLONCELLE DE CAMPAGNE. Instrument à forme
carrée et à angles irréguliers, dont le fond mesure soixante-
quatorze centimètres de long, le haut de la table d'harmonie a
treize centimètres de large, et le bas, vingt-quatre centimètres.
C'est J.-L. Lambert, appelé le Charpentier de la lutherie, qui
rimagina, à Paris, en 1759.
368 VIO
VIOLON DE FER. Appelé Nail Violin en anglais et
Nagel Harmonica en allemand. Nom donné à la guimbarde.
C'est aussi une guimbarde demi-circulaire, comprenant une
échelle de trois octaves; les branches en fer ou en acier,
résonnent facilement sous un archet de crins noirs. Un spécimen
de ce dernier genre existe au Musée du Conservatoire de
musique de Paris.
VIOLON DE HARDANOER. Violon norvégien, à quatre
cordes de boyau et à quatre cordes sympathiques. C'est une j
réminiscence de la viole à cordes sympathiques du XVI1« siècle.
VIOLON DE VOYAGE. Imaginé par J.-B. Vuillaume, de
Paris; il était de forme allongée^ sans volute, les éclisses
droites, le manche se démontait. Nous possédons un spécimen
de ce genre.
VIOLON DES CAFRES. Instrument à une seule corde et à
archet. Ce genre de violon est bien un monocorde, mais à
archet, comme la Trompette Tnarine, tout en conservant les
dimensions du Reldby ancêtre de notre Rebec (Voir ces mots).
VIOLONS. Grosse contrebasse primitive^ à cordes et à
archet, semblable à VAccordo ou Accord {Voir ce mot).
VIOLON ÉOLIEN. Isouard imagina, en 1835^ cet instrument^
dont les cordes vibraient sous Taction d'un courant d'air. C'est
le même genre, mais en dimensions plus restreintes, que la
harpe éolienne.
VIOLON PERSAN. Instrument à quatre cordes et à archet
circulaire adapté à un manche, cité par Kempfer, dans ses
Voyages.
VIOLON PICCOLO ou VIOLINO PICCOLO ALLA
FRANCESE. Ancien violon, qui n'est plus usité et qui
s'accordait ainsi : ut au-dessous des lignes, soty ré^ la. C'est le
nom que les Italiens donnaient au pardessus de viole qui fut en
vogue, surtout en France, aux XVI* et XVIP siècles.
VIOLON-SOURDINE ou VIOLON MUET, Violon sans
caisse de résonnance. Il est fait d'un bois plein, et il a des
formes variées, mais portant toujours les quatre cordes et
mesurant la grandeur du violon ordinaire; il s'appelle aussi
VOI 269
Violon-Muet. Au Musée du Conservatoire de Paris, on voit
plusieurs genres très curieux de violons-sourdines.
VIOLON TRAPEZOÏDAL DE SAVART. Cet instrument,
ainsi que son nom l'indique, avait la forme d'un trapèze avec
éclisses droites ; il avait un gi'and inconvénient : c'était pour
le passage de l'archet; Tacoustique ne donna pas, comme
résultat, ce que Ton espérait, et l'essai en resta là.
VIOLON TROMPETTE. Instrument à cordes et à vent,
imaginé, en 1854, par Hell> de Vienne. Dans Tintérieur se
trouvaient des tubes de trompette, dont le tube d'embouchure
suivait le manche et sortait par la tète. Cet essai n'est nullement
pratique.
VIOLON TURC. ( Foye^ Kermangeh) .
VIPANCI VINA. {Voir Bipanghi Vina). Instrument à
cqMes pincées, originaire de l'Inde et monté de cinq cordes. La
gourde, qui sert de coquille, se nomme Tità Lau. Le Musée du
Conservatoire de musique de Paris possède une belle Vipanci
Vina^ qui fut donnée par le rajah Sourindro Mohun Tagore.
VIRGINALE. Genre de clavicorde à caisse carrée, dont
rétendue était habituellement de deux, de trois et de quatre
octaves. Il était usité au XVP et au XVIP siècle. Les touches
sont de couleur inverse à celle de nos pianos modernes ; c'est-
à-dire que les dièzes * et bémols sont blancs et les notes
naturelles noires. Une épinette- virginale, ayant appartenue à
la reine Elisabeth, est représentée au mot Épinette (Voir ce
mot).
VIS A VIS. Genre de piano double, construit en 1789 par
Stein, d'Augsbourg. Il lui donna plus tard le nom de
Harmonicon.
VIZE. Nom donné à l'ancienne cornemuse.
VOIX. Système vocal de l'homme, prenant naissance dans
la glotte au moyen d'une respiration un peu forcée. L'air, chassé
des poumons, gagne, par un canal d'abord large^ une fente
étroite, dont les ouvertures sont formées de deux lames
vibrantes, semblables à celles des anches, déterminant les
ondulations dans le courant d'air qui les frappe. Le palais, la
270 VOI
langue^, les lèvres, les dents, la trachée-artère, les sinus frontaux
et maxillaires, les fosses nasales, les poumons et le larynx,
concourent à la production de la voix. Il y a diflféreates voix, qui
varient suivant les constitutions et les dimensions des organes
vocaux des sujets. Ces voix sont : la basse, le baryton ou
mezzo-soprano, le soprano, le ténor, le contralto. D'autres voix
intermédiaires existent aussi, mais celles qui sont citées plus
haut sont les véritables genres distincts que Ton rencontre. La
voix est le plus bel instrument qui existe, et que tous les
instruments inventés cherchent à imiter. C'est certainement un
besoin naturel à l'homme^ d'exprimer par un chant quelconque,
sa joie, sa tristesse, sa colère, sa plainte et tous les sentiments
qui font sa vie; aussi, ce besoin est-il aussi ancien que
Texistence de l'homme, qui a dû, au début, chercher à imiter
par la voix, tous les bruits qu'il entendait autour de lui :#les
cris, les paroles sont des chants, des eSeU^ qui, certainement,
ont dû précéder le chant véritable, mais pas, cependant, de si
longtemps qu'on pourrait le supposer. C'est la voix qui, seule,
peut résumer aussi parfaitement l'expression différente des
sentiments à reproduire. C'est surtout en cette faculté de la voix
qui provient si directement de l'intelligence, qu'éclate la supé-
riorité de l'homme sur toutes les créatures qui l'entourent. La
voix est le plus bel instrument de musique, puisqu'il émane de
Celui qui créa l'homme, mais c'est aussi le plus fragile et celui
qui s'altère le plus facilement par suite des intempéries des
saisons, de l'âge et de plusieurs autres causes. Un livre excellent
a été écrit à ce sujet par le docteur Mandl : YEygiène de la
voix. Quel charme comparable à celui que nous fait éprouver
une belle voix d'enfant, s'élévant à des hauteurs étonnantes
dans la nef des temples, de celle d'une femme qui, gracieuse et
souple, caresse une mélodie de Gounod ou d*Ambroise Thomas ;
enfin les voix d'hommes, baryton ou basse, entonnant, dans un
caractère qui leur est propre, un chant national ou un hymne
guerrier f
VOIX ANGÉLIQUE. Jeu d'orgue sonnant à l'octave de la
Voice humaine.
r
1
WAL 271
VOIX HUMAINE. Jeu d'orgue imitant la voix humaine.
C'est aussi le nom donné, en Italie, au cor anglais Voce
Umana, Ce jeu^est certainement un des plus beaux de Torgue.
VOLUTE. Tête ou coquille sculptée, terminant la partie
supérieure du manche des violons, altos, violoncelles et contre-
basses. La tète est pourvue de chevilles, qui sont destinées à
tendre les cordes. Dans les beaux modèles italiens, la volute,
par son élégance, par sa coupe, termine dignement ces instru-
ments, véritables types consacrés par les maîtres. Les Stradi-
varius ont une coquille qui s'enroule gracieusement et se termine
des deux côtés latéraux par deux boutons suivant exactement
une ligne horizontale dans le sens des chevilles, tandis que
dans les Guarnerius, les boutons relèvent légèrement et sont
•en harmonie avec les coins et les ff, qui, plus allongés,
affectent cette forme. Les Amati sont mignons dans leurs
proportions comme dans leur structure, et ajoutent ainsi à l'école
italienne un troisième genre qui, dififérant des deux autres,
n'en est pas moins très gracieux et délicat.
VOUTE. Se dit de la partie bombée, ?pit de la table ou du
fond des instruments à cordes. La voûte, dans les instruments à
archet, est creusée, à l'aide de la gouge, dans l'épaisseur du bois ;
dans les violons, les altos, les violoncelles et les contrebasses,
elle ne doit être ni trop plate, ni trop élevée ; dans ce dernier cas, .
ainsi qu'on le remarque pour la presque totalité des violons alle-
mands, une voûte trop bombée donne un son qui porte à l'oreille
du violoniste, en ce sens que la vibration reste dans l'intérieur
de l'instrument, l'exécutant la ressent, mais l'auditeur ne
l'entend pas aussi bien. C'est une question des plus importantes
en lutherie, et il faut toujours se défier des instruments trop
bombés, à cause de ce désavantage sérieux.
w
WALNICA. Cornemuse russe. Cet instrument est abso-
lument semblable à notre cornemuse, à l'exception de certains
\
272 XYL
»
ornemeuts décoratifs qui se trouvent sur les tubes d'insufflation
et du pavillon. Parfois, ces tubes sont bariolés de couleurs
éclatantes. C'est un instrument essentiellement pastoral ; Toutre
est souvent formée d'une vessie de bœuf.
WEBEB ou WEBER. Violon à deux cordes, des côtes de la
Barbarie. Cet instrument est joué à la façon du Rebab des
Arabes. L'archet qui sert à faire vibrer les deux cordes est tout
à fait primitif et a la forme d'un arc tendu, dans le genre de ceux
qui servaient encore en France au XVIIP siècle.
X
ZÉNORPHIÇA. Clavecin à archet, inventée par Roellig, à
Vienne, vers la fin du XVIIP siècle. C'est toujours l'application
du cylindre enduit de colophane passant sur les cordes; ce
système est semblable à celui employé de nos jours aux pianos
à archet (Voyez Clavecin a archet).
XILANDRE. Instrument de bois des anciens Grecs, se
frappant avec deux marteaux de fer, pour avertir le peuple des
heures des fonctions publiques.
XILOMÉLODICOR. Genre d'harmonica inventé en 1848, à
Berlin, par Nâter.
XILOROANO. Instrument du genre du Claquebois^ frappé
par deux petits marteaux ou par une petite verge. Il était
composé de quelques cylindres soutenus par deux filets et
placés en gradation. Cette sorte d'Hannonica est appelée aussi
Tambour^ en Toscane.
ZILORGANON. Claquebois à touches. On lui a souvent
donné le nom de Xîtarga^wn.
XITAROANON. (Voyez Xylorganon).
XYLHARMONICON ou XYLOSISTRON. Sorte d'Eu-
phone^ inventé par Uthe, au commencement du XIX' siècle
(Voyez Euphone).
Y U 273
XYLOPHONE. Instrument à percussion, composé de
planchettes de bois ou de paille, ayant au moins deux octaves
chromatiques d'étendue. Ces planchettes sont placées sur des
cordelettes de boyau et isolées entre elles, afin que les vibrations
puissent se produire aisément. Deux marteaux à tiges minces^
terminées par des boules ou par des tampons sont destinés à
frapper les planchettes. (Fozr Harmonica).
XYLOUSTRON. Sorte de grand piano faif par Uthe, en
1807.
y
YA, YU, KOU ou U. Instrument chinois à percussion,
formé d'une caisse de bois, garnie de chevilles. C'est une sorte
de cîaquebois frappé avec un marteau.
YA KOU. Petit tambour chinois, suspendu à une cordelette.
YANG-KIN. Doulcemer chinois, sorte de flûte à bec.
YE-YIN. Violon chinois.
YO. Flûte chinoise à six trous. C'est aussi un chalumeau
fort usité en Chine.
YOU KINN ou YOUT-KOMM- Instrument chinois de
forme arrondie ; les deux tables d'érable reposent sur deux
taceaux ; une éclisse circulaire joint les deux tables ; trois ou
quatre cordes de soie se pincent ou se frappent avec le plectre.
Ces cordes se montent par paires et par quinte : fa, ut, de la
clef de sol. Les Anglais l'appellent Moon Guitar^k cause de sa
ressemblance avec la pleine lune.
YOUNG, Tambour Japonais.
YU. Nom donné primitivement en Chine, selon le P. Amiot,
à l'orgue portatif, qui, dans la suite, s'appela successivement :
Tchao, Ho et Tcheng. Le P. Amiot, pense que le Yu avait
vingt-quatre tuyaux. Les Chinois nomment aussi Yu, une sorte
de cîaquebois,
18
y\
L
274 ZIL
YUN-LU ou YUN-LO. Sorte de tympanon chinois, du
genre de l'harmonica, avec des lames de métal ou de bois
sonore.
YUN-LU. Assemblage de dix bassins métalliques, formant
un instrument à percussion usité en Chine.
z
ZAOOUF. Flûte éthiopienne à trois et à six trous. {Voyez
KwETz). Le son est dans le genre de celui du hautbois et
rinstrument a beaucoup d'analogie avec le Natj dès Égyptiens.
ZAMPOGNE. Nom de la cornemuse arabe et de l'ancienne
cornemuse italienne.
ZAMR ou ZAMYR. Sorte de douçaine bu hautbois arabe
(Voyez Zourna). Il y en a de trois sortes, selon la grandeur.
C'est absolument la Dulzaina espagnole et, d'après cette
dénomination, il est absolument certain que ce sont les Maures
qui l'importèrent en Espagne. On la connaît en Perse sous le
nom de zourna ou de zournay. Il y a trois sortes de zamr : le
grand zamr ou Quaba^ le moyen zamr ou Zourna-el-Kéhyr^ et
le petit zamr ou Zarrir-el-Soghayr.
ZANKOULAH. Crotales à sonnettes des Persans.
ZANZË ou ZANZE. Instrument des Sauvages de l'Afrique,
formé d'un assemblage de tiges de roseau que l'on frappe à
l'aide d'une baguette. Le zanze a une curieuse ressemblance
avec l'harmonica de Franklin. Le zanze des habitants du Congo
est formé d'une vingtaine de lames métalliques vibrant par la
pression des doigts. Les lames sont placées sur une boîte creuse
et, par conséquent, sonore.
ZENDJE. Tambour arabe.
ZEUGOS. Nom de la flûte conjointe des Grecs.
ZÉZÉ. C'est le banjo {Voir ce mot).
ZIL ou ZILL. Cimbales orientales.
t
ZWO 375
ZIMBALE. Trompette du Moyen- Age.
ZINKE. Nom allemand du corriet à bouquin (Voir ce mot).
ZISTRE. Guitare allemande à sept cordes, donnant : sol,
7m, ut, sol, fa, ut, fa. On l'emploie depuis le commencement
du XIX« siècle.
ZITAR60N0N ou ZILOGORDÉON. (Foi/^^Xilorganon).
ZITHER. Nom allemand de la cithare (Voyez ce mot).
ZITHER PLAN. Sorte de cistre fait par Huther, de Vienne,
en 1851. Cet instrument n'a pas de manche; c'est la prolon-
gation de la table d'harmonie,
ZITTY. Musette indienne dont le tuyau attaché à Foutre, est
percé de sept trous.
ZNOUDJ. Cymbales arabes.
ZOUQQARAH. Cornemuse arabe.
ZURNA ou ZOURNA. Cornemuse arménienne, formée de
deux outres et d'un pavillon formé en forme de conque, garni
de six trous. C'est aussi le nom de la douçaine employée en
Perse.
ZUGCA. Courge contenant des pierres qui résonnent en les
balançant à l'aide d'un bâton transversal. Les peuples de
l'Amérique l'employaient beaucoup au XVIIP siècle.
ZUMMARAH KHAMSAONIA. Instrument égyptien,
formé de deux roseaux d'inégale longueur, ajustés et percés de
cinq trous chacun. Chaque tuyau porte une anche simple. Il y a
des zummarahs à six trous, qui se nomment alors Settaonia;
lorsqu'il y a (juatre trous on appelle le zummarah : sabaouia et
à quatre trous, (trbaoïUd.
ZWOLFCHÔRIGE CITHER. Nom allcmaad du cistre-
théorbe français ; le mot zwolfchorige désigne les douze notes
différentes qui garnissaient cet instrument au dix-huitième
iècle; zwolf signifiant douze, on allemand.
.)J..)J..^..^..^..^.
I
TABLE DES GRAVURES
Pages
1 — Frontispice-Dédicace.
2 — Archiluth 9
3 — Bedon , . . 20
4 — Joueuses de cithare 39
5 — Douçaine ou grand hautbois 75
6 — Épinette virginale 79
7 — Flageolet double ancien , 85
8 — Flageolet indien en ivoire 85
9 — Flageolet double 85
10 — Guiterne 103
11 — Harpes égyptiennes 109
12 — David et sa harpe 111
13 — Enfant jouant du luth .• 133
14 — Lyre 136
15 — Lyres grecques et romaines 137
16 — Orgue espagnol 158
17 — Orgue de la Cathédrale de Metz 160
18 — Joueur d'orgue portatif . . . 165
19 — Pochette 18S
20 — Joueur de rebec 191
21 — Aveugle joueur de rote . . . , 194
- 280 —
22 — Rubébe (cathédrale de Saint-Dié) 196
23 — Joueur de rubèbe (cathédrale de Strasbourg) 197
24 — Serpent (cathédrale de Strasbourg) 207
^5 — Sistres théorbes 212
28 — Stock-honi écossais 218
27 — Talain 223
28 — Tambour suédois , 224
29 — Tambour lorrain 225
30 — Tambourah (instrument indien) 226
31 — Trompette péruvienne antique, en terre cuite (Musée de
Sèvres) 245
32 — Trompette de chasse italienne, en bronze 245
33 — Le Messie, violon de Stradivarius 262
34 — Grouped'instruments de musique.
Nancy. — loip. Nouvelle, rue de Serre, 15.
LISTE ALPHABÉTIOUË DES SOUSCRIPTEURS
AU
DICTIONNAIRE
DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
MM.
Madame Ellen Arpwedson, Stockholm.
Amard, Nancy.
Madame Ammamn, Nancy.
Madame la baronne Anselme, Saiat-Benolt.
AuBRY, professeur de musique, Nancy.
Armbruster, Nancy.
Adt, industriel, Pont-à-Mousson.
AuDiNOT, luthier, Paris.
Angsl, industriel, Saint-Nicolas-du-Port.
Angel-Crêmel, Saint-Nicolas.
d'Arbois de JUBAINVILLE9 Neufchàteau.
Madame Allan, Paris.
AsHER ET G^0, libraires^ Berlin.
Académie de Stanislas, Nancy.
Comte d'Ai^agb, château de Bourlémont.
B
MM.
Berthier-Gkoffray. Villefranche.
Léon Le Brun, arocat, Lunéyille.
19
- 282 —
MM.
Comte DE BouRGiER, 2 exemplaires, château de Bathlémont.
Vicomte de Bâillon, Nuits.
Beaunis, professeur à la Faculté de Médecine, Nancy.
Bouchon, chef de musique, Voids.
D. BoïAROL, Nancy.
E. Barbey, Nancy.
E. Ballet, libraire, 6 exemplaires, Metz.
Le Bègue, banquier Nancy.
Brunox, libraire, Paris.
Madame la Baronne douairière de Bouvet, 25 exemplaires, Nanc5\
Mademoiselle Roza Bézin, Metz.
BoRRANi, Paris.
Bloch, industriel, Nancy.
Boulfray, Nancy.
Bonnaire-Zimmermann, négociant, Nancy.
Emile Bary, négociant, Nancy.
P. de Balasghoff, Président honoraire du comité des Artistes
musiciens de Nancy, Paris.
Madame Perrin, née Baudot, Nancy.
Madame Auguste Bauquel, Girey.
F.-X. Berger, Nancy.
F. Besson, facteur d'instruments de musique, 2 exemplaires, Paris.
Albert Bordier, négociant, Nancy.
D. BouRGON, architecte, Nancy.
Bretagne, Nancy.
E. Brlvrd, Nancy.
Albert Briquel, Nancy.
BouR, Nancy.
Bertrand Oser, Nancy.
BoGARD, Maxime, négociant, Neufchâteau.
BoLZiNGER, Pont-à-Mousson.
Blêsi, facteur d'orgues, 3 exemplaires, Nancy.
Albert Blosse, industriel, Nancy.
Beaugé, négociant, Ghâteau-SaÛns.
V. Beaudot, Nancy.
BouR, Toul.
Bagnéris, Paris.
Mesdames Brandon, Dommartemont.
Brunel, Directeur du Conservatoire de musique de Nancy.
Léon Bouché, Toul.
Benjamin, industriel, Rosières-aux-Salines.
Benjamin-Gaen, négociant, Rosières-aux-Salines.
Bouley, Nancy.
Beller, industriel, Nancy.
Bentz, propriétaire, Nancy.
- 283 -
MM.
BiAssE, Paris.
Blau, Nancy.
Bénard, professeur au collège d'Argentan (Orne).
Mademoiselle Boileau, Neufchâteau.
BôuGHEL, chef de musique au 26* de ligne, Nancy.
Gustave Bernardel, luthier, Paris.
Ernest Bernardel, luthier, Paris.
Ernest Blouet, industriel, Nancy.
Madame veuve J. Bourgon, Nancy.
Monseigneur le Comte de Briey, évoque de Saint-Dié.
BiHOURD, ^ancien préfet, Paris.
L. Bathlot, éditeur de musique, Paris.
Berlet, sénateur de Meurthe-et-Moselle, Nancy.
Bernard, professeur de musique à Neufchâteau.
Edouard Bureau, homme de lettres, Nancy.
MM.
A. de Gonty, avocat, Nancy.
Cherpitel, luthier, Paris.
CouESNON ET G»«. facteurs d'instruments de musique, Paris.
Gonte, négociant, Nancy.
Mademoiselle Marie Gognard, Lérouville.
R. GouRROUY, sous-chef de musique au 69^ de ligne, Nancy.
Mademoiselle Louise Goubard, Toul.
A. Gherbuliez, libraire, 2 exemplaires, Genève.
Ghatot, éditeur de musique, Paris.
Gavàillé-Goll, facteur d'orgues, 4 exemplaires, Paris.
Glapiês, négociant, Pont-à-Mousson.
Gustave Ghardard, Pont-à-Mousson.
Léon Garry, Pont-à-Mousson.
Ghardon, luthier, Paris.
Albert Gloghette, Paris.
Collin-Mézin, luthier, Paris.
Albert Garré, artiste dramatique, Paris.
Paul Gornu, Paris.
Gharbonnier, industriel, Nancy.
Docteur Eugène Chardin, Nancy.
Emile Ghamagne, Dombasle.
Le Chevalier, directeur de la librairie Notre-Dame, 2 exemplaires
Nancy.
— 284 -
MM.
le docteur Clément, Saint-Nicolas-du-Port.
Madame Clavier, Nancy.
Mademoiselle Corrard, Varangéville.
E. GoLLiN, Nancy.
Albert Coanet, Nancy.
Eugène Coanet, négociant, Nancy.
CouRNAULT, Malzéville.
CosTÉ, ancien conseiller de préfecture, Nancy.
Madame Veuve Constantin, Nancy.
Crépin-Leblond, imprimeur, Nancy.
Albert Cuny, architecte, Nancy.
Mademoiselle Jeanne Cuny, Lunéville.
CuRiEN, Nancy.
CouRTEAU, Nancy.
Alphonse Chevreux, Nancy.
Camend, Nsuf château.
Mademoiselle Chevallier, Neuf château.
le docteur Claudot, Neuf château.
(]!arpentier, artiste-musicien, Nancy.
Chappier, industriel, Neuf château.
Crenier, industriel^ Nancy.
Charbonnier, peintre, Nancy.
Chassignet, sous-intendant militaire en retraite, Nancy.
Mademoiselle Laure Cahen, Nancy.
Cassei, Nancy.
GoRRiGEUx, Nancy.
Mademoiselle Céline Contal, professeur de musique, Nancy.
Mademoiselle Pauline Contal, professeur de musique, Nancy.
Madame Gaspard, Pont-à-Mousson.
Gustave Chouquet, directeur du Musée du Conservatoire national
de musique de Paris.
Collette, imprimeur, Nancy,
le pasteur Guvier, Nancy.
Colmet-Daage, président de l'Association des Artistes-Musiciens de
France, Paris.
MM.
A. DuvAL, Nancy.
Desbleumortiers, avocat, Nancy.
A. DoLMAiRE, professeur de musique, Saint-Dié.
- 285 —
MM.
Daubrée, orfèvre, Nancy.
Dames Dominicaines, Neuf château.
Alfred David, Nan«y.
Mademoiselle Marie Dron, Dombasle.
Mademoiselle Maria Dron, Dombasle.
Paul Dumont, Nancy.
Madame Veuve Depierre, Nancy.
Théophile Durand, négociant, Nancy.
Emile Durand, nég^ociant, Nancy.
P. Durand, négociant, Nancy.
Madame Emmanuel Durlagh, Nancy.
Madame. A. Durlagh, Nancy.
DuLuc, professeur de musique, Nancy.
Gh. Dron, pharmacien, Nancy.
Madame Dieudonnê, Nancy.
DoLLOT, maire de la Ville de Toul.
Madame Veuve Debain, Paris.
Paul DiDiOT, Saint- Nicolas-du-Port.
A. Davesne, Paris.
DuvAux, ancien ministre, député de Meurthe-et-Moselle.
Madame H. Durollet, Saint-Nicolas-du-Port.
Paul Demussy, Paris.
Drouville, industriel, Ghampigneulles.
E
MM.
Madame Érard, manufacture de pianos, 20 exemplaires, Paris.
Enoch et Gostallat, éditeurs, de musique, Paris.
EuRY, Nancy.
ETIENNE, Nancy.
Mademoiselle Enel, Girey.
M. N. Erard, manufacture de pianos, Paris.
MM.
Madame Eugène Feltz, Nancy.
Fresée, curé aux Grandes-Gôtes (Marne).
- 286 —
MM.
FLA.GH, notaire, Nancy.
le baron de Fériet, Nancy.
Paul Feltz, Nancy.
le baron de Forelle, Nancy.
Frantz, manufacture de pianos, Paris.
Madame la baronne de Fontmagne, Paris.
Farrough, négociant, Nancy.
Madame Floriot-Henry, Nancy.
E. Frœligher, lieutenant au 2» spahis, Sidi-Medjahad.
Madame Felber, Varangéville.
Mademoiselle Frœmer, institutrice, Pont-à-Mousson.
Fétet, Neufchâteau.
G
MM.
Léon Grillon, avocat, Nancy.
Alphonse Gille, négociant, Nancy.
GouMAs et €»•, facteur d'instruments de musique, Paris.
Jules GoûY, ancien magistrat, Nancy.
GuGUMus, industriel, Nancy.
Gérold et G»«, libraires, Vienne.
GuÉRiN, libraire, deux exemplaires, Paris.
Ch. Gandoin, professeur de musique, Nancy.
Emile Galle, industriel. Nancy.
Gand et Bernardel, 2 exemplaires, Paris.
Madame Galliard, Nancy.
Genay, architecte, Nancy.
Madame A. Gérardin, Nancy.
Léon Germain, Nancy.
Julien Gérardin, Jaryille.
E. Gérard, éditeur de musique, Paris.
A. Génin, ancien auditeur au Conseil d'État, Nancy.
Mademoiselle Mathilde Giros, Nancy.
Mademoiselle Ermance Giros, Nancy.
E. GoNTiER, librairie Kienné, Neufchâteau.
Tabbé Gondrexon, curé de Saint-Nicolas-du-Port.
Edmond Gouttière, facteur de pianos, Paris.
A. GoMiEN, industriel, Nancy.
J.-R. Grosjean, organiste, Saint-Dié.
Grandeau, Nancy.
Db Guerle, trésorier- payeur général, Nancy.
r
- 287 —
MM.
GuiNET, entrepreneur, Nancy.
Henri Guttox, architecte, Nancy.
GiLLE, négociant, Nancy.
Fernand Gille-Bernard, Nancy.
Mesdemoiselles Girardix, Saint Nicolas du Port.
Gey, lieutenant au 4« bataillon de chasseurs, Saint-Nicolas-du-Port.
GuiGHARD, Nancy.
Grimau-Maubon, négociant, Nancy.
Achille Gault, pharmacien, Nancy.
Madame Nicolas Grosjean, libraire, Nancy.
Victor Guir.LAUME, négociant, Nancy.
GoDFRiN, professeur à FEcole de pharmacie, Nancy.
Grosjean-Maupin, libraire, 2 exemplaires, Nancy.
Madame Guilleminot, Pontoise.
Géhin, chef de musique. Luné ville.
Gérard, industriel, Nancy.
Jules Gallay, Paris.
Charles Gounod, membre de l'Institut, Paris.
GuGBNHEiM, imprimeur, Nancy.
MM.
F. HuET, violoniste, maître de chapelle de Notre-Dame de Ghâlons-
sur-Marne.
Hérand, Nancy,
Albert Hue, président de l'Académie normande, Garentan.
Hekking, professeur au Conservatoire de Nancy.
Henri Hess, organiste de la Cathédrale de Nancy.
Henry Hogquard, négociant, Nancy.
Paul Hanzo, Nancy.
Le général Hanrion, Nancy.
Hannequin, conseiller à la Cour, Nancy.
Alexandre Herbin, industriel, Nancy.
Hellé, maître de chapelle de la Basilique Sàint-Epvre, de Nancy.
HuYAUX frères, marbriers, Nancy.
Husson-Lemoine fils, libraire, Nancy.
Victor HÔNER, peintre-verrier, Nancy.
Hennequin, négociant, Nancy.
HoFFER, négociant, Nancy. «
Madame Albert Husson, Pont-à-Mousson.
— 288 -
I J
MM.
Mademoiselle Joséphine Jacquot, Nancy,
Charles Jacquot, Paris.
Emile Jacquemin, entrepreneur, Nancy.
J.-G. Jendré, Nancy.
Le docteur Job, Lunéville.
Jallon, professeur de musique, Nancy.
Le baron de Joybert, Nancy.
Henri Jacquemin, peintre, Nancy.
Charles Jacquot, luthier, Nancy.
Jules Jacquot, luthier, Nancy.
Henry Jouin, lauréat de l'Institut, Paris.
MM.
Le baron de Klopstezn, Ville-en-Woôvre.
J.-B. Katto, éditeur de musique, Bruxelles.
Daniel C. Klein, élève à l'Ecole forestière, Nancy.
Kroell, notaire, Pont- à-Mousson.
Kensigher, propriétaire, Pont-à-Mou8Son.
Charles Kissel, Malzéville.
KuBLER, Nancy.
Kleine, Nancy.
Madame Klein, professeur de musique, Lunéville.
Mesdemoiselles Kleinhold, professeurs de musique, Nancy.
Madame Koszutski, Nancy.
Krommenagker, Insming.
MM.
Luxer, magistrat, Nancy.
Gustave Lefevre, directeur de l'Ecole de musique religieuse, Paris.
*^
— 289 —
MM.
Ladeuze, Nancy.
De Ladokchâmps, Nancy.
Lambert, Nancy.
Le docteur Lallement, Nancy. j
Lallement, ancien avoué, Nancy.
Lexoir, professeur de musique, Pont-à Mousson.
Lemoine, artiste-musicien. Nancy.
Louis Lapierre, Nancv.
Laurent, sculpteur, Nancy.
Jules Lambert, serrurier, Nancy.
De Landrian, banquier, Nancy.
Louis Lallement, avocat, Nancy.
Langlard, Nancy.
Mademoiselle Julia Lamotte. professeur de musique. Nancy.
E. Lederltn, doyen de la Faculté de droit, Nancy.
Madame A. Lœtsgh, Nancy.
Legros, entrepreneur, Saint-Nicolas-du-Port.
Mademoiselle Lucie Libault, Nancy.
Lespine, avocat, Nancy.
J. Luc. industriel, Nancy.
Mademoiselle Labereme, Malzéville.
Louis Leroy, négociant, Nancy.
P. Lejeune, négociant, Nancy.
Madame Lejeune, Nancy.
Mademoiselle Leclaire, professeur de musique, Mttz.
Mademoiselle Louis, Nancy.
Largher, avocat, Nancy.
Madame de Ladonchamps, 2 exemplaires, Nancy,
Langlois, Neufchâteau.
Madame L. Lemoine^ Lunéville.
Madame Lefèvre, Essey.
Henri Lepage, archiviste, Nancy.
M
MM.
Eudoxe Margille. conservateur du Musée d'Orléans. Paris.
Victor Mahillon, conservateur du Musée du Conservatoire royal de
musiquQ, Bruxelles.
L. Mangel, Lille.
Mota, artiste-musicien, Lay-Saint-Chrîstophe.
MussARD aîné, facteur de pianos, Paris.
1
M
- 290 —
MM.
Victor Martin fils, propriétaire, Neufchâteau.
MuNTZ, ingénieur, Nancy.
MiLLOT, chef de musique au 37« de ligne, Nancy.
Madame de Molon, Nancy.
Mazerand^ industriel, Girey.
Henri Ménard, Paris.
MuTELÉ, percepteur, Nancy.
Madame Malapert, Girey.
Mademoiselle G. Matthis, Nancy.
Gamille Maillot, architecte, Nancy.
E. Marchal, ancien adjoint, Nancy.
Emile Manqenot, pharmacien, Pont-à-Mousson.
Menjaud, Nancy.
Mélin, Nancy.
Mesdames Ménestrel,- institutrices^ Nancy.
Henri de Misgault, Nancy.
Le comte Molitor, Nancy.
Le vicomte Molitor, 2 exemplaires, Senones.
Emile Moulins, professeur de musique, Malzéville.
Le comte de Montferrier, Nancy.
Gustave Mourquin, Nancy.
MuNiER, député de Meurthe-et-Moselle, Pont-à-Mousson.
F. Muscat, architecte, Nancy.
MoREY, architecte, Nancy.
Le Mercier de Moriére, Nancy.
Prosper Moulins, professeur de musique, Nancy.
MoiTRiER, industriel, Metz-
Mérendet, Nancy.
Masson, industriel, Pont-à-Mousson.
Mademoiselle Mangin, professeur de musique, Dombasle.
Marchal, maire d'Arn avilie, Arnaville.
MoNAL, pharmacien, Nancy.
Mademoiselle Mersey, institutrice, Nancy.
Madame Mouchette, professeur de musique, Nancy.
Mathieu, Neuves-Maisons.
Méaux, négociant, Pont-à-Mousson.
Arthur Metzner, négociant, Angers.
Le docteur Mossmann, Tours-sur-Marne.
Anton y-Millery, peintre, Nancy.
Mademoiselle Marguerite Masson, Nancy.
Moulé, maison Deprouw-Aubert, PariJï.
Meisterzen, Neufchâteau.
Mademoiselle Matthis, professeur de musique, Nancy.
Maljean, banquier, Neufchâteau.
Mademoiselle Marie Maugourt, Neufchâteau.
291 -
MM.
Mademoiselle Maïaux, institutrice, Nancy.
Mademoiselle Mougin, Blenod-lès-Pont-à-Mousson.
Fernand Millegamps, Paris.
Royer Marx, attaché au ministère des Beaux-Arts, Paris.
N
MM.
NiÉGER, Nancy.
L'abbé Julien Nicolas, vicaire, Château-Salins.
NoEL, négociant, Saint-Nicolas-du-Port.
Mademoiselle Amélie Navier, Arnaville.
Edouard Nadaud, Paris.
Le colonel Noirot, Nancy.
NoBLOT, député de Meurthe-et-Moselle, Nancy.
Mademoiselle Noël. Nancy.
NoBL, chirurgien-dentiste, Nancy.
MM.
OuRY, organiste de la cathédrale de Toul.
Olivier, industriel, Nancy.
MM.
H. PaRisoT, percepteur, Pont-à-Mousson.
Th. PoiROT, malteur. Pont-à-Mousson.
Piquemal, château de Gentilly, Maxéville.
Le général Parmentier et madame Parmentier, née Térésa
Milanollo, Paris.
Paul Pannier, Lille.
PuTTON. directeur de l'Ecole forestière, Nancy.
Léon Parisot, maire de Rosières-aux-Salines.
Madame Parisot-Ghatel, Nancy.
— 292 —
MM.
Madame Paillot, Vandœuvre.
André Petit jean, Saint-Nicolas- du-Por t.
Pernot du Breuil, Nancy.
Alfred Pierre, Nancy.
Pierson de Brabois, Nancy.
Louis Pommier, Luné ville.
B. DE PoMMERY, Nancy.
Mademoiselle E. Protte, professeur de musique, Nancy.
Mademoiselle Alice Prévôt, professeur de musique, Malzé ville,
Paul, notaire, Nancy.
A. Pillement, sculpteur, Nancy.
Prévôt, Nancy.
Madame Perrin, Grenoble.
Peltier, brasseur, Toul.
Madame Pierron, professeur de musique, Lunéville.
Mademoiselle B. Picard,, professeur de musique, Nancy.
Madame Prestreau, Nancy.
Picard, Nancy.
PiLLOY, professeur de musique, Pont-à-M6usson.
Emile PoiROT, brasseur, Pont-à-Mousson.
Perche, imprimeur, Paris.
Mesdames Pelgrin, Ghampigneulles.
L. PiQNON, archiviste de Tétat-major, Toul.
Q
MM.
Léopold Quintard, Nancy.
Jules QuEUGHE, avocat, Saint-Dié.
Albert Quantin, imprimeur de la Chambre des députés. Paris.
MM.
Rapflin-Mailliard Bouzy.
RoGH-GiRi, Pont-à-Mousson.
E. RoYER, négociant, Nancy.
A. Randon, Nancy,
Madame la générale Reybell, Nancy.
— 293 -
MM.
L'abbé Régnier. Nancv.
A. RiGAUx. professeur de musique, Nancy.
S. RuBiN, professeur de musique, Nancy.
DES Robert, Nancv.
DES Robert. Arn avilie.
Madame Roob, professeur de musique, Pont-à-Mous»on.
Mesdames Rousset, professeurs de musique, Nancy.
Constant Roy, Nancy.
J. Royer, lithographe, Nancy.
Roussel, négociant, Nancy.
A. RoLLiN, industriel, Nancy.
Rouyer, Nancy.
Madame Ragonot, Nancy.
Rebattet, négociant, Nancy.
Richard, Nancy.
Madame veuve Remy, Nancy.
Rapin, percepteur, Saint-Nicolas-du-Port.
S
MM.
DE Sarjas, officier, Nancy.
Siegriest, chef de musique en retraite, Laon.
Jules ScHiEFKER, chirurgien-dentiste, Nancy.
SiGHEL père, 2 exemplaires, Paris.
César Snœck, avocat, Renaix.
Madame delà SaLLE, château de Phlin.
DE Saint-Remy, Nancy.
Sidot frères, libraires, 13 exemplaires, Nancy.
Geerges Sghwenninger, Nancy.
Henri Schwenninger, Nancy.
Fernand Simonin,. Nancy.
P. Staub, facteur de pianos, Nancy.
G. Schneider, avoué à la Cour, Nancy.
Charles Schmitt, Nancy.
Saint-Omer, avocat, Paris.
Sterne, négociant, Nancy.
Madame E. Sturel, Pont-à-Mousson.
Schetzler-Schlagden, Nancy.
Schiffer, lieutenant au 4* bataillon de chasseur, St-Nlcolas-du-Port.
Madame Saunier, Nancy.
Mademoiselle de Suçy, d'Auteuil, 2 exemplaires, Nancy.
i
I
1
- 294 —
MM.
Victor Seighepine, professeur de musique, Château-Salins.
Madame Sorel, Nancy.
Sauvât, chef de musique, Gérarmer.
Madame de Serlay, Pont-à-Mousson.
Auguste Stéyeniers, professeur a» Conservatoire de Nancy.
ScHLOssER, Nancy.
ScHWARTZ, professeur an Conservatoire de Nancy.
Stolz, professeur de musique, Nancy.
Simon, ingénieur, Pompey.
SoYER, professeur de musique, Nancy.
DU Seuil, conseiller à la Cour des comptes, Paris.
Sérot-Alméras Latour, magistrat, Nancy.
Mademoiselle Maria Samson, institutrice, Nancy.
Société d'Archéologie Lorraine.
MM.
Eugène Thibouville et fils, Ivr^ -la-Bataille.
Thouvenin, Rosières-aux-Salines.
C. Trombetta, artiste-musicien, Paris.
Maiemoisalle Mélina Thomassin, Pont-à-Mousson.
Thomassin, négociant, Saint-Nicolas-du-Port.
L'abbé Thiriet, professeur au Séminaire, Nancy.
Monseigneur Turinaz, évêquede Nancy et de Toul.
Thiéry, banquier, Chateau-Salins.
Thiéry-Solet, Nancy.
Paul Thomas, compositeur, Nancy.
Amédée Thibout, manufacture de pianos, Paris.
Madame Thisselin, professeur de musique, Rosières-aux-Salines.
Mesdemoiselles Thiriet, Saint-Nicolas-du-Port.
Louis Thiriot, photographe, Malzé ville.
Stanislas Thomas, Nancy.
Le docteur Tourdes, Nancy.
Monseigneur Trouillet, curé de la Basilique St-Epvre de Nancy.
ToRRA-MoREL, Naucy.
TiLLY, professeur de musique, Pont-Saint- Vincent.
Thouvenel, Neuf château.
Mesdames Tkirion, négociantes, Saint-Nicolas-du-Port.
295 —
U
MM.
Emile Urion, Nancy.
MM.
Le Comte de Vilatte fils, Nancy.
Jules ViON, chef de fanfare, Thiaville.
Gaston Vallin, Paris.
Vautrain, architecte, Nancy.
Charles Vêry, professeur de musique, Pont-à-Mousson.
Mademoiselle Virginie Viellard, professeur de musique, Malzéville,
Jules et Léon Voirin, peintres, Nancy.
Emile Volfrom, négociant, Nancy.
Mademoiselle Cécile Vançon, Nancy.
ViVENOT, Nancy.
VmioT, lieutenant, Nancy.
VoiNiER, propriétaire, Essey.
Valentin, notaire, Saint-Nicolas du Port.
Vincent, Château-Salins.
Mademoiselle Vaillant, professeur de musique, Metz.
Le comte Valdrighi, directeur de la Bibliothèque-Estense, Modène.
V/
MM.
Le curé Wagner, Frei-Altorf .
J.-B. Wegkerlin, bibliothécaire du Conservatoire national de
musique, de Paris.
A. Wagkenthaler, professeur de musique, Blâmont.
Weill, Nancy.
Wolf-Pleyel, facteurs de pianos, Paris.
IftBCjr. — mp. nouvelle rue de Serre là.
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